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La haine le peuple, acte II

Posted on 19 novembre 201818 janvier 2019 by Benoît Vincent

Ce texte fut écrit à chaud à la fin de novembre. Un autre texte verra le jour sans doute en 2019, avec le recul des évènements de la fin d’année.

 

Il y a quelques années, j’avais déjà regreté une certaine rupture dans notre pays entre des groupes des citoyens socialement et culturellement intégrés – groupe qu’il m’arrive de côtoyer puisqu’il est très largement présent dans le domaine de la culture et du livre – et les groupes des citoyens qui peinent à se retrouver dans le monde connecté contemporain (ceci pour aller vite).

Je dis groupe de citoyens par euphémisme. Il s’agit bel et bien de classes sociales.

Il faut dire que nous revenons de loin. On nous a dit qu’il n’y avait plus de classes sociales (et donc par conséquent qu’il n’y a pas de lutte des classes). Puis on nous a dit que la lutte des classes avait été gagnée, par celle des dominants (cela dit, ce n’est pas faux). Puis on nous a dit qu’on avait mal voté (par exemple en votant contre le traité de Lisbonne, qui est passé quand même ; ou pour le Brexit, alors il faudrait voter à nouveau ???), etc.

Dans tous les cas on retrouve un élément commun : depuis le malvote du traité de Lisbonne (trois pays tout de même : Irlande, Pays-Bas et France), les cas s’enchaînent : Brexit au Royaume-Uni, élections de Donald Trump aux USA, élections de la coalition M5S et Lega en Italie1, et aujourd’hui, après la crise des élections, la crise des gilets jaunes. Et cet élément est : les gens, les petites gens, font décidément n’importe quoi.

(Voilà pour les évènements marquants ; en France on prendra le temps de vérifier les tenants et les aboutissants d’autres évènements comme le mouvement dit des Charlie, la Nuit debout, la Manif pour tous : on tâchera d’y déceler cette rage populaire désespérée.)

Du n’importe quoi qui ne cadre pas avec nos valeurs, nos visions, nos cultures. Mais qui est nous ici ? Chose étrange : que le groupe des citoyens socialement et culturellement intégrés soit immédiatement assimilable à des « valeurs » de « gauche », et celui des citoyens qui peinaient à se retrouver dans le monde connecté contemporain immédiatement à des « valeurs » de « droite ». Nos valeurs, les seules justes moralement2, seraient celles de la gauche (comme si la droite n’avaient pas de valeur moralement justifiables !), et ces gens, qui osent se faire appeler le peuple, est le peuple de droite.

40 millions de personnes, les retraités, agriculteurs, fonctionnaires hors éducation nationale et fonction territoriale, artisans, routiers, et chômeurs seraient, par définition, exclus de la gauche. La grande majorité des gens, la classe de ceux dont on dit qu’ils ont disparu. Eh bien non ils sont sur les ronds-points ! Ils sont également pour partie la fameuse France périphérique (Guilluy, en pleine actualité avec No society).

En réalité ce qu’il se produit, c’est que 1. les valeurs de droite et de gauche ne sont plus à l’ordre du jour. Il n’y a pas de valeurs de droite ou de gauche dans ce monde ; 2. si le concept de classe moyenne apparaît toujours plus comme creux et légèrement fantasmatique (dans la classe moyenne il y a des pauvres, il y a des riches) ; 3. la lutte se fait non sur des aspects moraux (la juste gauche contre la méchante droite) mais, beaucoup plus finement (alors que cela paraît plus grossier), sur des aspects politiques : ceux qui ont tout gardent tout et prennent encore à ceux qui n’ont rien.

Même si le « peuple » se voit envahi des réflexes et des désirs du capitalisme, est donc vidé de son âme, comme le regrettait déjà Pasolini dans les Cahiers luthériens, et condamné à disparaître en tant que tel, on est surpris de voir comment s’est maintenue une petite flamme politique, aussi ténue soit-elle, qui embrase l’inconscient politique collectif.

Surtout que – ô miracle – il n’y a aucun parti, aucun syndicat, qui le représente effectivement (le vote RN est le fruit d’un malentendu, ou d’un stratagème, politique : les présidents de la république en savent quelque chose).

Je ne sais pas jusqu’où vont aller les gilets jaunes, mais ce qui frappe c’est qu’ils sont très nombreux et que l’opinion les soutient3. Les tentatives de discrédit ont fonctionné à plein tube dans tous les partis et autorités : ils sont sales, mal éduqués, pauvres. Puis on a parlé de peste brune. Puis finalement on a cherché à les récupérer. Et peut-être va-t-on finalement négocier. C’est tellement gros, ce revirement, que c’en est choquant.

C’étaient les mêmes « connards » qui avaient fait élire la Lega, qui avaient voté Trump, qui avaient fait le Brexit.

Sur le sens et la portée de ces actes, on peut discuter, certes. Mais personne ne voit que ce sont des gestes politiques de désespérés qui ne veulent pas du monde tel qu’il a l’air de prendre forme, un monde libéral globalisé, sans frontière, sans nations et – puisque c’est l’aboutissement logique : sans peuple ?

Le corps organique du peuple l’avait compris, comme une bête à l’agonie, l’espèce jouait le tout pour le tout. Avant de disparaître (ou de se radicaliser encore plus).

Mais sans peuple, rappelons-nous, sans peuple, pas de nation certes, mais pas de politique non plus. Évincer le peuple, dans toute sa diversité bien sûr, c’est nier le politique – et assouvir les rêves les plus fous de l’oligarchie : que l’économique soit séparé du jeu politique, c’est-à-dire (car économique = politique) que les règles soient gérées ailleurs que dans la démocratie.

Et pour finir, si on voulait parler de valeur (donc de hiérarchie), alors oui bien sûr, dans le peuple il y a des connards illettrés, des alcooliques, des gens qui s’en foutent, des gens qui consomment mal, des gens qui ne votent pas ou qui votent à l’extrême-droite, des gens pour qui la voiture ce n’est pas un luxe mais un outil… Pas besoin de refaire la liste de Coluche à la présidentielle de 1981. Mais c’est depuis les débuts du marxisme que la question de la solidarité se pose non ? Ce ne serait pas celle-là l’unique « valeur » de « gauche »?

Le monde où nous baignons (monde de la culture barricadé intra muros urbis Parisorium en tête) est un monde qui méprise le peuple, et le stigmatise. Il n’est pas beau ce monde, et je n’en suis pas fier. Je ne porte pas de gilet jaune, mais depuis des mois je le dis, et même publiquement, au point que ça m’a valu maints reproches et acrimonies : écoutons ce que dit le peuple, au lieu de le dénigrer et de le moquer, parce que sa parole, contrairement à toutes nos misérables actions, aussi balbutiante soit-elle, sa parole est politique.

 

Mise à jour 03 décembre : Emmanuel Todd, limpide

  1. Trois pays parmi les dix plus riches du globe. ↩
  2. On lira avec intérêt deux textes récents de Frédéric Lordon qui semble avoir compris l’une des raisons de l’échec de la Nuit debout : https://blog.mondediplo.net/appels-sans-suite-1, https://blog.mondediplo.net/appels-sans-suite-2 ↩
  3. Pas avec la même force selon les classes sociales toutefois. ↩

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1 thought on “La haine le peuple, acte II”

  1. brigetoun dit :
    3 décembre 2018 à 14 h 00 min

    tellement, tellement d’accord
    mais une crainte : constater que les jeux des pouvoirs ne sont pas mort, que quand on commence à parler de dialogue ceux qui se proposent pour « représenter » la colère et que le gouvernement accepte (ceux qui ont écrit dans le JDD) sont tous, sans s’en revendiquer provisoirement, discrètement, plus ou moins – et plutôt plus que moins – d’extrême droite… que les autres conscients, inconscients de la chose leur laisse le ministère de la parole, au risque d’être déconsidérés, de donner raison aux provocateurs gouvernementaux (Darmanin et autres) qui les assimilent à « la peste brune »

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