Emanuela Schiano di Pepe
Benoît Vincent

PERMANENZE

Viaggi in Italia 2.0

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Topolove
(UD01)


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Quelques temps plus tard...

Nous avons suivi les traces, si possible, de la poétesse Bukovaz, et depuis le petit pays de San Pietro al Natisone (UD), où nous résidons, nous grimpons les hautes et majestueuses monatagnes de frontière vers le hameau de Topolò (commune de Grimacco).

En dialecte slovène local, Topolò est écrit Topolove : c'est une espèce d'épithète pour le parcours que nous voudrions réaliser, ces passages par l'Italie, cette... adhérence, au terroir, à la région, au patrimoine.

Nous savons bien que ces mots sont surfaits, mais ils sont aussi polysémiques. Nous resterons sobres, si nous y parvenons.

Tout à la jovialité du bon mot, nous découvrons une espèce de village du far-west, mais alpin. C'est sans doute dû à l'une des caractéritique des maison frioulanes (et slovènes), qui portent souvent une espèce de coursive de bois, suspendue à la façade principale.

Le village, bien qu'étant la fraction la plus populeuse de la commune, est essentiellement vide : quelques chats, quelques voix, des chaises inocupées pour une projection de cinéma sur le mur d'une placette. La Bukowaz a en effet contribué à créer à Topolò un festival de poésie, assez important d'ailleurs, s'appuyant sans doute sur la forte autonomie de la "Slava italiana", dont la vivacité nous avait déjà frappés à San Pietro (musée de la culture slovène).

Cet écart, familier de la poésie, et propre à la région, cette marginalité non de rejet mais choisie, cela donne une cohérence à ce projet et prodigue, il faut le dire, une sérénité à couper le souffle, similaire en cela, à l'âpreté des roches, à l'acéré des poésies de Bukovaz. Une forme se détache dans la lumière, il me faut en rendre compte.

Quand, au détour d'une ruelle, nous tombons sur ce panneau indiquant : "Istituto di Topologia di Topolò/Zavod za Topologijo iz Topolovega", nous sommes aux anges.

Ce lieu excentré et vide pourrait être donc une espèce de nouveau centre, centre poétique, pour la mise en œuvre de notre parcours. Eh oui, après tout, c'est bien cela : nous avons compris, interdits devant ce panneau, que ce voyage serait aussi hasardeux que surprenant, et que les cartes, comme les listes des provinces ou les calendriers, ne seraient qu'un viatique d'excuses pour se frotter au paysage.