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Emanuela Schiano di Pepe PERMANENZEViaggi in Italia 2.0© 2020- www.lesmotstraduits.com & www.amboilati.org |
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Tufs
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Ainsi d'autres voyages existent ; et quand je dis d'autres voyages, j'entends "d'autres cartes". Il est un temps où, innocemment, tout un autre monde recouvrait les mêmes terres. On l'a vu en Sardaigne, mais plus généralement, on peut le saisir de maints morceaux de territoire italique que les Romains, colonisateurs, ont accaparé : on l'a vu pour les Sabins, on le voit pour Volsques, pour les Picènes, pour les Gaulois... C'est d'ailleurs l'un des brins de la fibre italienne que de ne pas considérer leurs origines ethniques anté-, pré- ou trans-romaines. Les Longobards, comme on dit ici, ou les Grecs, les Normands ou les Arabes, viennent tous d'ailleurs, parfois de loin. SUrtout s'ils viennent à dos d'éléphant ou de dauphin. Mais le cœur romain bat plus fort, sans doute, et écrase un peu ce qui serait une historiographie. Ainsi des Etrusques : quel progrès depuis 25 ans sur la considération à leur égard et sur leur inscription dans le paysage archéologique national ! On allait à Cerveteri comme on se promenait dans les bois, sans aucun panneau, ni aucune installation -- et en un sens c'était bien mieux comme ça, pour le voyageur ! La Dodécapole, la méga cité-état de l'Etrurie, s'étend sur une partie de la Toscane, de l'Ombrie et du Latium, où se déploie la fédération : les centres les plus importants, au nombre de douze, Veio (Roma, Isola Farnese), Caere (Cerveteri RM), Tarquinia (VT), Vulci (Canino et Montalto di Castro, VT), Roselle (Grosseto), Vetulonia (Castiglione della Pescaia, GR), Populonia (Piombino, LI), Volsinii (Orvieto, TR), Chiusi (SI), Perusia (PG), Arretium (Arezzo) e Volterra (PI). En reliant ces points, on mesure ce relatif désintérêt des Italiens pour la chose étrusque. Comme si aucun sang étrusque ne fluait chez les Italiens ! Ce serait qussi absurde de penser cela que de penser que des Longobards, originaires de Scandinavie, s'associent à leur tour en Ligue et revendiquent la patrité de la patrie ! On aurait peine à y croire. On doit alors utiliser d'autres méthodes de voyages. L'Area del tuffo, la Zone du tuf comme on traduit bizarrement, vaste secteur géographique dont le sous-sol est donc essentiellement composé de tuf volcanique (roche sédimentaire pyroclastique), se situe dans la province de Grosseto, en Toscane, sur les pentes du Mont Amiata, et non loin de la chaîne des Volsini. Les Etrusques, en perpétuelle concurrences avec les peuples voisins, dont les futurs vainqueurs romains, ont mis en place un système de défense et de communication original, en creusant dans le tuf, friable, des tranchées extrêmement profondes, de l'ordre de 20 à 30 mètres, entre les communes actuelles de Sovana, Sorano et Pitigliano, le vie cave, ou cavoni. Totalement délaissées par les guides, elles ont toutefois été réutilisées successivement par les Romains comme voie (via Clodia), les chrétiens comme lieu de rencontre ou abri, les bergers comme voie et abri... chacun laissant, gravé dans le tuf, les traces de son passage. Des Etrusques, on ne sait pas grand chose de plus, on n'a aucun texte important direct, et on suppose parfois même que leur langue n'est pas indo-européenne. Comme les nécropoles elliptiques de Cerveteri, les Vie cave apparaissent plutôt comme la marque d'une population alienne, supérieure, peut-être géante. Le secret qui les entoure, enrobé de tuf, est un mythe, friable dans le temps. ▲ |
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