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Maurice Blanchot, L’attente, l’oubli

Posted on 28 avril 201328 avril 2023 by Benoît Vincent

C’est une chambre assez longue, anormalement étroite, il s’en est déjà aperçu ; mais ce resserrement d’une pièce légèrement mansardée lui donne l’aspect d’un couloir, par suite de cette présence à l’une des extrémités, présence qui accentue le déséquilibre des dimensions.

Ce qui fait penser qu’elle connaît familièrement la chambre, c’est que lorsqu’elle y entre, probablement sans frapper, et d’une manière si abrupte qu’il a l’impression d’être lui-même entré chez elle et de la surprendre dans cette attitude d’immobilité étonnée, gênée, indignée, elle ne regarde pas, même fugitivement, autour d’elle (comme ne peut manquer de le faire celui qui arrive dans un endroit inconnu), mais se fixe exactement dans la seule direction où il importe qu’elle soit tournée. Vers lui. C’est naturel. À condition qu’elle vienne bien pour le voir, et non pas pour d’autres raisons qui lui échappent encore et qui justifieraient d’une façon plus satisfaisante sa démarche : si, par exemple, elle a saisi ce prétexte pour s’introduire dans la chambre à laquelle la rattacherait le souvenir de quelque épisode antérieur, d’où l’impression de familiarité, d’intimité, mais aussi de mésentente qu’il croit avoir discernée entre elle et le milieu. Il se pourrait que sa présence, le signe qu’il lui a adressé, les avances qu’il lui a faites, aient brusquement réveillé un passé dont elle a subi l’attrait avant de le contrôler ou, plus simplement, qu’il y ait eu méprise et que, de loin, elle l’ait pris pour quelqu’un qu’elle a déjà rencontré, mais qu’elle découvre à présent n’être pas celui qu’elle avait identifié, encore qu’il garde avec ce personnage les traits d’une ressemblance assez troublante pour empêcher l’erreur de se dénoncer tout à fait. Naturellement, il est libre de croire qu’en répondant comme machinalement et obligatoirement à son invite, elle ne fait que se soumettre à la pratique du lieu, s’il est vrai, comme il croit le savoir, qu’une partie de l’hôtel est réservée à de tels va-et-vient. Cette idée ne lui déplaît pas.

 

◊ Quand il lui avait dit : « Venez. » – et elle s’approche aussitôt lentement, non pas malgré elle, mais avec une simplicité qui ne rend pas sa présence plus proche –, n’aurait-il pas dû, au lieu de formuler cette invitation impérieuse, se porter à sa rencontre ? Mais peut-être a-t-il eu peur de l’effrayer par son geste ; il veut la laisser libre et, si elle ne l’est pas de son initiative, libre encore de son mouvement. (Elle choisit un mouvement très lent, le plus étranger à l’hésitation à cause même de sa lenteur, mouvement où se retient l’immobilité qui lui est propre et qui contraste avec la brièveté de l’invitation autoritaire.) C’est donc bien un mot d’autorité ? – Mais aussi d’intimité. – Un mot violent. – Mais ne portant que la violence d’un mot. – La portant loin. – Atteignant le lointain sans lui porter atteinte. – Par ce mot, ne l’arrache-t-il pas au lointain ? – Il l’y a laissée. – Elle est donc toujours au plus loin ? – Mais c’est le lointain qui est proche.

Le mot n’est que le prolongement du signe qu’il lui a fait. Le signe en durant se change en un mot d’appel prononcé nécessairement à voix basse sur un ton d’impersonnalité où s’affirme l’attrait de l’étendue. Mais le signe ne disait rien ? Il faisait signe en désignant. Mais l’appel est plus exigeant ? Il va vers ce qu’il appelle. Mais il fait venir ? Seulement ce qui demande à venir en l’appel. Mais il interpelle ? Il répond en appelant.

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