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Louis Guilloux, La confrontation

Posted on 28 avril 201828 avril 2023 by Benoît Vincent

 

Voilà donc grosso modo comment nous débutâmes. Finalement, je débarrassai une chaise et vous l’offris. Vous avez pris ce geste pour un consentement de ma part. Je l’ai parfaitement compris mais je n’ai rien dit.
Vous, vous êtes tout de suite entré en affaires.
La main sur votre portefeuille – déjà ! – vous m’avez tout de suite déclaré que la question d’argent ne serait en aucun cas un obstacle. Pour les voyages que j’aurais à faire où qu’ils pussent me conduire, je les ferais en première classe, en sleeping, en avion. Je prendrais toutes les voitures que je voudrais.
Vous alliez séance tenante déposer entre mes mains une « provision » dans laquelle je puiserais à mon gré pour tout ce qu’exigerait l’enquête, y compris ce que vous appeliez les « faux frais ». Je pourrais me trouver dans le cas d’avoir à racheter certains documents comme par exemple de vieilles lettres, j’aurais à donner des pourboires pour faire parler les gens.
— Les gens ne demandent pas mieux que de parler pour rien, mais si on leur glisse la pièce…
Je devrais faire parler les amis, anciens et nouveaux, les domestiques, les concierges, les frères et les sœurs, etc. Vous vouliez tout savoir de ladite personne, ses faits et gestes, ses passions, ses pensées, ses turpitudes, en un mot ses « antécédents ».
Vous vouliez un « rapport ».
Sur le moment, je n’ai rien répliqué. Mais aujourd’hui, permettez-moi de vous faire observer qu’un « rapport » n’est pas une « confession ». Quel abîme entre le « je » et le « il » ! Peut-il jamais être comblé ?
C’est bon ! Je comprenais fort bien ce que vous vouliez. Il fallait tenir compte des « on-dit » de ce qu’on appelle l’opinion, et pourquoi pas des fiches de police s’il en existait. Allait-il me falloir au Palais de justice aller chercher un extrait de son casier judiciaire ? Digne ! Était-ce un certificat de bonne vie et mœurs que vous me demandiez de vous rapporter ?
L’idée me vint qu’il devait s’agir d’une femme abandonnée, ou d’un enfant. Il arrive que sur le tard le besoin de réparer occupe certains hommes. Vous sembliez devenu un peu fébrile. Soyons clair : vous étiez peut-être un vieux criminel impuni et la personne à rechercher, qui sait, le fils ou la fille de votre victime ?
Ne sourcillez pas. En bon policier, puisque vous le vouliez j’avais parfaitement le droit et le devoir de me poser aussi cette question.

 

Je me demande encore aujourd’hui comment je me suis laissé aller à vous écouter. Ce n’était pas pour cela que j’étais venu rue Saint-Louis-en-l’Ile. Ce n’était pas pour me laisser distraire.
Vous, vous parliez toujours de ladite personne répétant qu’il vous faudrait des preuves qu’elle serait digne de recevoir votre trésor. Mais sur ce que vous entendiez par « dignité » vous ne disiez rien.
Savez-vous que vous m’avez soudain fait l’effet d’un drôle de M. Prudhomme ?
Un instant je n’ai plus vu en vous que la médiocrité d’un triste bourgeois qui veut bien donner mais à la condition que de ses dons on ne fera pas ce qu’il appelle un mauvais usage. Et qui offre de payer plus cher qu’il ne vaut le service qu’il attend d’un autre. Cette provision, ces honoraires dont je fixerais moi-même le montant !
Allons donc ! Si vous vouliez donner il fallait le faire les yeux fermés et si vous réclamiez un service il fallait en offrir le juste prix et rien de plus. Excusez cette colère rétrospective. Sur le moment elle faillit tout compromettre. Savez-vous ce qui me ramena ? Je vais vous le dire : la curiosité, le désir que j’avais de découvrir votre arrière-pensée.

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