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Marcel Arland. La musique des anges, 1967

Posted on 29 juin 202224 avril 2023 by Benoît Vincent

Je me suis enfin étendu ; la fatigue m’a fermé les yeux, cloué les membres, rivé le corps, vidé l’âme. Mais voici: Je n’étais rien, cependant je ne me sentais plus seul. C’est une approche qui s’annonce, je la devine, je l’approuve ; elle est en moi qui suis en elle. Immense, profonde, elle me distend à mesure ; sa respiration, peu à peu, je la partage, et ses rumeurs, son cours, sa propre vie. Ce n’est pas, ce ne peut être encore la paix ; c’est plus beau, meilleur, presque déchirant. Je suis devenu ce pays, cette province d’élection, ce pur royaume, cette Auvergne que j’ai toujours aimée, que je craignais de revoir, et qui m’accueille. Toutes ses formes, je les épouse, vallées ou monts, chemins tortueux, terres perdues ; je reçois le ruissellement de ses eaux ; cette lande, piquée de pins, tachetée de joncs et de mousses, je l’ai vue ce soir, je l’ai saluée comme le premier signe de l’Auvergne. Sur les hauteurs, cette croix qui se penche vers l’étendue, je la reconnais, et ce petit bon Dieu qui ne fait qu’un avec l’abandon. Cette longue voûte ténébreuse, ces odeurs humides, ce silence d’outre-tombe, ou cet appel d’un oiseau nocturne, au loin : ce sont les bois que nous avons parcourus jadis, au temps des jeunes amours, quand nous cherchions ce qui reste d’Urfé. Non, ce n’est pas la paix ; beaucoup de plaines dans la nuit, en tous ces lieux où nous fûmes ensemble, où le maigre mot de « bonheur » nous eût paru dérisoire. Et vous, qui dormez dans la chambre voisine, si vous ne les entendez pas, ces plaintes, je les entends pour tous les deux. Je les accepte : ce fut ; il est beau de le savoir.

Je sais aussi qu’il est en ce moment d’autres plaintes, plus douloureuses, sans rémission. J’entends une vieille femme qui se tourne dans son lit, et se retourne, et pleure, parce que son fils est aîné est mort et que nul ne peut l’en consoler. J’entends une voix plus jeune, qui appelle comme on accuse, et à qui ne répond que le silence. je n’oublie point. Tout est en moi : ce qui fut et ce qui demeure, vous qui dormez, nuit et royaume où nous passons. Ô nuit d’un royaume sur sa fin, mais qui ne m’a jamais semblé plus précieux, se ce n’est peut-être l’apaisement, c’est une fraîcheur dans la brûlure, un peu de force, un peu de grâce — jusqu’au jour.

 

Marcel Arland en est à une si grande domination de son art… Jean Grosjean.

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