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Archivive — un ours qui fume, je n’en crois rien

Posted on 31 mai 20241 novembre 2024 by Benoît Vincent

 

Il me dit bonjour et je reconnais Bertand Belin, je n’en croyais rien.

Mais c’était bien lui ; chose surprenante, c’est avec Yann Dissez que je l’avais vu en concert, à Poitiers, alors que j’étais en résidence dans le Centre (cette fois au Blanc).

Encore une chose étonnante, en ce lieu qui n’en manque pas. Croiser l’un de nos meilleurs chanteurs à la cantine, tandis qu’à Dino et Quentin, je raconte mes exploits de la veille.

Je n’en croyais rien : rentré de concert (fortement sollicité par Cyril) avec Quentin, que je laisse à son camion (on se balade ici n’est-ce pas), et lorsqu’il est loin, mon badge refuse de fonctionner. Je suis coincé dehors. Je refuse d’abord d’aller le déranger, ni même de déranger le veilleur (dont ce serait pourtant l’occasion). Comme je connais ce site que j’ai arpenté et cartographié, je pense tout d’abord faire le tour et passer par la prairie. Je sais qu’il y a là des éboulements dans le mur qui peut-être me permettront d’entrer. Il se met à pleuvoir.

Je traverse les grandes herbes, comme un désespéré, mes pantalons sont trempés détrempés en moins de temps qu’il ne fat pour l’écrire. Les grandes fétuques n’est-ce pas. L’orifice dans le mur n’est pas loin, mais cela suffit ; & il pleut de plus belle. Une grille de chantier bouche le passage des bêtes sauvages et des auteurs importuns. Avec la pluie, malgré les « escaliers » formés par les pierres déchaussées sur les côtés, impossible de grimper, ça glisse trop ; la ferraille scie les doigts, les chaussures ne tiennent pas et de toute manière il y a bien deux mètres à chevaucher, ce n’est pas mon genre.

Je poursuis mon inspection de l’enceinte plus au sud et je trouve finalement un petit affaissement qui me permet de faire le mur. Mais comme je m’en doutais, j’aboutis derrière les limites de la prairie officielle, derrière la haie. Et mes espoirs sont vite éteints : une autre clôture, en plus de la haie, empêche toute chance de passage ; encore deux mètres, encore ferraille, et impossible de passer entre le poteau externe et le mur, et encore moins sous la clôture.

Je reviens à l’entrée — grandes herbes à nouveau. Je vois une lumière dans l’une des chambres des veilleurs. J’essaie la technique des petits cailloux, mais j’abandonne assez vite : je ne trouve que de gros cailloux. Manquerait plus que je brise une vitre ! Du reste, quand je cesse, la lumière s’éteint. Je saurais par la suite que c’est une stagiaire qui, effrayée, a dévoilé ma présence à une partie de l’équipe technique — en vain.

Je tente le mur ouest. Il y a le grand portail en bois, mais il est lisse et bien trop haut, j’abandonne. Je note que plus je descends vers le sud, plus le mur apparaît à portée de main, de bras… Il pleut. Je vois bien que je suis trop loin, mais je tente tout de même, je franchis le mur à nouveau, cette fois en pleine forme de mur, ce qui me vaudra de belles éraflures sur le torse. Je pose pied à nouveau dans la prairie, et à nouveau du mauvais côté de la haie+clôture, mais j’espère trouver un passage… une nouvelle fois en vain.

Las et dépité, je reviens à l’entrée. Je crois que je pousse de sérieuses insultes, très fort. Plusieurs fois j’ai glissé et me suis affalé lourdement dans les putains d’orties, je me suis empêtré dans les putains de ronces, je me suis retrouvé plus d’une fois grenouillé sur moi-même, une chance que je n’ai pas touché une pierre de la tête. Je ne sais plus quoi faire. Je me refuse encore à déranger Quentin dans son camion (je suis passé deux fois devant tout de même — il m’a dit le lendemain qu’il lisait, qu’il avait lu jusque tard.).

Après une bonne paire d’heures de ce cirque, je me résous à appeler Dino, qui n’était pas venu au concert parce qu’un peu grippé. Je le réveille, le fais se lever, s’habiller et sortir sous la pluie vers les 2h du matin. C’est comme s’il était allé au concert, mais sans musique. Je le remercie encore.

Le lendemain matin Damien me raconte le message envoyé par la stagiaire effrayée. Au repas de midi, Quentin me dit qu’il avait les clés, par hasard.

Plus tard j’apprends par Pierre que mon badge a été désactivé à minuit ; ma chambre n’avait pas été faite le lundi alors que j’arrivais, et le mardi je n’ai pas eu confirmation d’une réunion à laquelle je devais assister, enfin l’empreinte de la caution pour le vélo a été prélevée par erreur. Si je n’avais pas eu mon totem avec moi, je jurerai que ma présence cette semaine-là, à défaut d’avoir été signée, n’a peut-être pas eu lieu du tout.

Imagine-t-on un prisonnier tout mettre en œuvre pour rentrer dans sa prison ? Non, mais un ours qui fume, oui, je veux bien le croire.

 

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