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Archivive – première spirale

Posted on 30 mai 20247 janvier 2025 by Benoît Vincent


 

Je réalise en venant une nouvelle fois à l’IMEC que lorsque je suis en résidence, où j’ai généralement un thème précis de travail, qu’il soit imposé par d’autres ou par moi-même, j’en profite pour creuser une galerie de travail latérale, qui pourrait si l’on veut faire office d’échappatoire, si cela était aussi simple.

Plus précisément, je crains que ce ne soit devenu une espèce de méthode de travail, créer une diversion… mais une diversion pour quoi faire ? Est-ce une reculade devant la responsabilité, renâcler à la tâche ? Ou bien une mise sous pression présumée formatrice ou contraignante ? Ou bien une vraie méthode de travail d’un nouveau type, fractal ou coupé-décalé, je ne sais, mais c’est de toute manière apparemment contre-productif.

Mais j’ai noté également que cette voie de traverse, ou cette voie parallèle plus exactement, à moins que ce ne soit une voie de garage, ou bien est-ce entre les deux, était nourrie par ma présence en ces lieux.

Dans le Jura, j’ai repris les bases de la botanique en me fabriquant un herbier ad hoc de plantes relativement communes ; dans le Centre, j’ai initié Cap au seuil ; à Fontainebleau, j’ai réélaboré radicalement les « Augustes » ; à la Poudrerie de Saint-Chamas, j’ai initié la Cartographie des habités… à chaque fois je travaillais sur un autre projet, celui de la résidence.

Et ici, où je suis venu travailler l’inventaire, je ne peux que constater que je passe un temps considérable à classer et marquer (d’un mot-clef) plus de soixante-mille photos réalisées depuis plus de dix ans. Pourquoi ici, pourquoi maintenant ? Une heure le matin, surtout lorsque j’ai la flemme d’établir la cartographie des pays de France, autre projet dont je parlerai peut-être un jour… Je réalise aujourd’hui que c’est de l’archivage, et que c’est de la proximité de l’archive que cela vient. J’ai même le culot de poursuivre, cahin-caha, Bobines, qui demande tout un tas de branchements et de… circonstances, donc, à provoquer…

Oui, je crois qu’il faut le formuler comme cela : je suis impressionné par la collation, le catalogage et l’archivage. Il y a des loisirs moins nobles — mais sans doute en trouverait-on de plus sexy. J’aime faire des listes, je fais des listes, pour le travail et hors du travail, mais aussi des regroupements, des typologies.

je me surprends à chercher sur internet la typologie des objets, qui m’aide à cataloguer les très nombreux détails que je prends en photo. Car en parcourant mon stock de photo dont je n’avais aucune conscience avant d’avoir commencé de son étendue, je vois que mes photos sont le plus souvent des détails, des éléments dans les éléments.

Ainsi des fleurs, organes de la plante entière, à son tour éléments constituant un habitat puis un paysage. Mais c’est égal pour le meneau, l’interrupteur, les fissures, les graffitis, les enduits, les boutons de porte, les fenêtres, les bouches d’aération, les panneaux, les jointures des pierres… Par exemple cette planche contact que je capture à l’instant :

Et je parle ici d’Architecture, mais c’est égal aussi pour mes grands thèmes : Nature & paysages, Flore, Faune, Sites & Monuments, Urbanisme, Objets & artefacts, Véhicules, etc. Il n’y a que les humains, en somme qui manquent. Je crois avoir plus de photographies de nostoc, de cloportes ou de goémon que d’être humains — si l’on excepte tout de même un peu de famille, et pas mal d’amis.

Mettons cela pour l’instant de côté : il y a les photographies du Dehors (c’est l’objet d’un autre texte de Laragne, que je n’ai pas encore publié ici), villes et maisons comprises, et puis il y a la figure humaine. Certes je vole des portraits à droite à gauche, parfois une main, une épaule, mais ce n’est vraiment pas l’objet de ma recherche. (Encore faut-il que ma photographie est documentaire, et n’a aucune prétention artistique !). Je mets donc ceci de côté car j’ai l’intuition que cela pourrait venir nourrir la réflexion suivante.

Hier à table il était question d’obsession… Comment changer d’obsession ? Obsession… n’est-elle pas inextinguible ? Suis-je obsédé par les plantes, comme on me le dit ? Comme mon ami Luc, je ne le crois pas. En revanche, par le fait de faire des listes, des boîtes… c’est bien possible.

Aussi en dérivant mentalement comme je le fais présentement, j’en viens à me demander s’il n’y aurait pas deux manières (ou plus, il faudrait voir) d’aborder la compréhension du monde… j’ai dit par ailleurs qu’on pouvait y accéder de trois manières : par les sens, par la mémoire et par la raison. Assurément l’archive (inventaire+typologie = catalogue) relève d’une démarche qui n’est pas strictement scientifique, au sens où les sens comme la mémoire sont investis, au sens où une part de l’observateur est impliquée dans le geste. Soit, on retrouve les « modèles » qu’on avait relevés avec Emmanuel Catteau de la déduction, de l’induction, de l’abduction, . Ce qui m’apparaît nouveau ici est la faculté de l’archive de faire partie de l’objet ; c’est-à-dire que survient un petit évènement topologique, avalanche ou tourbillon, qui dénote un tremblement dans l’ordre du réel (et par conséquent de la noèse qui l’analyse).

Reprenons : dans la méthode scientifique, déduction, induction et abduction sont trois possibilités, parfois enchaînées ou tressées d’ailleurs. Le sujet négocie avec l’objet son cheminement de compréhension.

Dans la méthode commune à ces lieux et à mon travail, ces opérations sont sans doute réalisées ; mais j’ai la sensation qu’en plus, ici, sujet et objet sont en mesure d’interchanger leurs positions, leurs postes. Peut-être n’est-ce dû qu’à moi, à la recherche que je mène. Mais si on pose que l’activité d’archive est largement subjective plutôt qu’objective, on n’est pas loin de penser que l’archive peut également être une espèce de sujétion ou de soumission au dehors. On comprendrait mieux alors le rôle de la fascination ou de l’obsession que toute collection peut exciter.

Le sujet négocie : alors, qu’en est-il de la séduction ?

C’est absurde : le monde ne crie pas « Archive-moi ! », la fleur ne crie pas : « Arrache-moi, mets-moi dans un bel herbier ! ». C’est l’humain qui — au mieux — peut se laisser convaincre de cela.

Mais alors de deux choses l’une : ou bien l’humain se trompe (et l’histoire montre qu’il s’est trompé souvent), ou bien il faut aller à la racine de ce sentiment, le décrire, le comprendre, et s’il le faut, le corriger ou le soigner ? Mais alors, si l’on considère, comme je le fais, que le vivant est une pellicule accidentelle du réel, et qu’il n’a, littéralement, ni queue ni tête (la plupart du vivant n’a d’ailleurs ni queue ni tête), le côté absurde ne s’estompe-t-il pas, ne serait-ce qu’un tout petit peu ?

 

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