Skip to content

Menu
  • La maison
    • Benoît Vincent…
    • 20 ans d’Ail !
    • Index
    • Finie la serendipité, vive la folksonomie
    • Thèque
    • Liens
    • Sur le logo
  • Publications
    • Paramar | avec Emanuela Schiano di Pepe
    • Synovie (Rhizes – Pholques) | Avec Laurence Morizet
    • Féroce
    • La littérature inquiète
    • L’entreterre
    • Un de ces jours
    • GEnove. Villes épuisées
    • Local héros
    • Farigoule Bastard
    • Pas rien
  • Textes
    • Fragments
    • Continue poésie
    • Critique chronique
    • Notes cénologiques
    • Pistes et sillages
    • Polémiques
    • Secrétaire
    • Vademecum
  • La littérature
    inquiète
  • Chantiers
    • Travaux en cours
      • De par la ville de par le monde
      • Résidences
      • L’affaire Panitza
      • Bobines
      • Vorace
    • Général Instin
    • Travaux non édités
    • Musique
  • Rencontres
    • Agenda
    • Résidences de création
      • Conversation Générale
        avec Emanuela Schiano di Pepe | CHBD 2024
      • Archivive | IMEC 2024
    • Ateliers
    • Contact
  • ĐeĦors >>>
Menu

Archivive — Derrida, la Vivante

Posted on 9 juillet 20241 novembre 2024 by Benoît Vincent

 

Retour à l’Imec pour une dernière phase avant l’été.

Je repasse les herbes de tout le domaine, je note les nouveautés, les estivales — en particulier, belle croissance de Picris, de Crépis et tout une jonchaie naine de Joncs des crapauds. D’ailleurs, ainsi, les bêtes : la nichoule, comme on dit chez moi, l’effraie, vient côtoyer le crécerelle ; des chiroptères, encore non identifiés, viennent concurrencer les hirondelles dans le petit crépuscule ; et surtout, surprise numéro un, un crapaud accoucheur, justement, se tient près du bassin du jardin, bassin d’ailleurs plein de spirodelles et d’ostracodes — tout aussi inattendus.

Crapaud accoucheur, le bien nommé, Alytes obstetricans, l’alyte maïeuticien… qui nous renvoie d’une part à la thématique qui justifie ma présence ici, le vivant, d’autre part l’objet peut-être plus précis, ou tout du moins toujours plus précis, de mon « rendu » de résidence, la naissance du texte.

Crapaud contextuel, supplément d’âme (ou génie du lieu), diable, crapaud textuel, crapaud qui produit du texte, n’est-ce pas précisément l’image juste ? Le mâle de ce crapaud tient les œufs de sa portée, chapelet attaché à ses pattes, et les protège, c’est assez inattendu.

Inattendu est le vivant. J’arrive à l’Imec un lundi soir, et, inattendu, la soirée d’équipe estivale, barbecue, pétanque, etc. J’apprends en outre que se tient cette semaine le séminaire annuel des traducteurs de Derrida.

Nouvelle surprise, nouvel inattendu. L’occasion, donc, de rencontrer, vingt ans après la disparition de Derrida, son biographe Geoffrey Bennington, Pascale-Anne Brault, Peggy Kamuf, Michael Naas, parmi d’autres avec lesquels je n’ai pas eu l’occasion d’échanger, ainsi qu’une série d’étudiants aussi passionnés que passionnants et alors qu’ils viennent bosser sur la traduction du texte qu’en février j’ai lu, l’ayant découvert alors : le séminaire La vie-la mort.

Une surprise à cause de cette date anniversaire, déjà, et puis, puisque je suis à l’Imec pour parler d’archive et d’inventaire, et alors que j’avais réservé la consultation du dossier de Mal d’archive, de devoir me confronter, en quelque sorte, à mon propre passé, un passé qui me semblait révolu (tel que décrit dans Quelque chose s’est passé) et en quelque sorte doublement révolu, puisque ce temps m’est à présent lointain, et celui qui le vivait n’est plus, cet enfant d’alors qui avait ses deux parents, ce n’est pas moi aujourd’hui, qui ai en quelque sorte abandonné Derrida (trahi ?) et qui n’ai plus aucun parent vivant.

Et c’est une nouvelle surprise, cette nécessaire confrontation à soi, alors même que je tâche à grand peine à imaginer Derrida lecteur de soi, c’est-à-dire un Derrida plus philologue que philosophe, et en fin de compte, plus écrivain que philosophe.

Or ces questions sont précisément celles de Mal d’archive, où le « problème » du-père-et-de-la-mère (à travers Freud) est central. Mais ce sont également celles de La vie-la mort de l’équipe citée ci-dessus, justement ici, à l’Imec. Derrida y parle, à travers Nietzsche, du père et de la mère, du père comme mort et comme la mort et de la mère comme la vie, la vivante1.

Donc, en tant que je suis mon père, je suis mort, le mort, la mort, en tant que je suis ma mère, je suis la vie qui persévère, le vivant, la vivante. Je suis mon père ma mère et moi, mon père ma mère et donc mon fils et moi, la mort et la vie, le mort et la vivante, etc. Voilà qui je suis, « ich bin der und der », cela veut dire tout ça et on ne peut entendre mon nom si on ne l’entend pas comme celui du mort et de la vivante, du père mort et de la mère qui survit, qui m’aura survécu et enterré, d’ailleurs, car la vie vivante m’aura enterré, et le nom de ma vie vivante est le nom de la mère, le nom de ma vie morte le nom de mon père.

Je garde pour un prochain texte la descente en ce texte dense, et dans l’autre, et ne le cite que pour cette occasion. Ce sera l’occasion d’une nouvelle occasion, d’ailleurs. Mais je veux souligner ici simplement à cette étrange corrélation du vivant, de Derrida, et de l’archive. Et cette étrange identification, non seulement de soi à ses parents, de soi à un autre, mais de soi comme moi comme un Derrida. Derrida la Vivante. Et j’ajouterais ce mystère, que j’ai tenté ailleurs de cerner (La vie) : la mort-vivante.

Comment mieux débuter, littéralement « écarter du but la boule d’un autre joueur », alors qu’à ce barbecue déjà Jean-Luc nous convie à une pétanque collective, comment mieux débuter cette nouvelle semaine ?

 

➟

 

  1. Contemporainement, je colle la première partie de la citation dans mon travail sur ma matrice à moi, usine+maison, dans Bobines. ↩

Partager la publication "Archivive — Derrida, la Vivante"

  • Facebook
  • X

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Livres

Benoît Vincent - Féroce - Bakélite 2024

Benoît Vincent - La littérature inquiète - Publie.net 2020 Benoît Vincent - Un de ces jours - Publie.net 2011, 2020 Benoît Vincent - L'anonyme - Publie.net 2010, 2020

 Benoît Vincent - Farigoule Bastard - LNA 2015 Benoît Vincent - GEnova - LNA 2017

Benoît Vincent - Un de ces jours - Publie.net 2018  Benoît Vincent - Local héros - Publie.net 2018

Général Instin - Climax - LNA 2015  Général Instin - Spoon River - LNA 2016

Articles récents

  • RIP Hélène Sturm 16 février 2026
  • RIP Francis Hallé 1 janvier 2026
  • La nature est politique 10 août 2025
  • Vorace §77 1 août 2025
  • L’attrait des larmes 4 juin 2025
  • Instances et régimes de réalité
    (Notes cénologiques 6)
    19 avril 2025
  • Objet de culte 16 avril 2025
  • Fragment 6 avril 2025
  • Fuck news 3 avril 2025
  • Fragment 2 avril 2025
  • Fragment 1 avril 2025
  • Fragment 31 mars 2025
  • Vive la guerre ! 6 mars 2025
  • Films 2025 6 février 2025
  • RIP Marianne Faithfull 31 janvier 2025
  • Le — prologue 18 janvier 2025
  • RIP David Lynch 15 janvier 2025
  • Dans cette maison, sur ce matin 25 décembre 2024
  • Stufo dell’America 23 novembre 2024
  • Vorace §83 21 novembre 2024
  • Vorace §82 21 novembre 2024
  • Organon général 29 octobre 2024
  • Archivive — conclusion 25 octobre 2024
  • Archivive — sous nos yeux 24 octobre 2024
  • Archivive — fleurs 21 octobre 2024
  • Archivive — le souterrain numéro 7 19 octobre 2024
  • Archivive — on n’en sort jamais 17 octobre 2024
  • L’odeur d’un cri 13 octobre 2024
  • Archivive x Conversation générale — note croisée du soin et de la vie 9 octobre 2024
  • Archivive — chassez le naturel 26 septembre 2024
  • Archivive — L’IMMOBILITE 26 septembre 2024
  • Archivive — détour paysage 24 septembre 2024
  • Archivive — patrimoines ? 24 septembre 2024
  • Cartographie des habités — note d’intention 22 septembre 2024
  • Archivive — archimorte 20 septembre 2024
  • Archivive — deux ou trois mots sur la critique 20 septembre 2024
  • Archivive — catalogue du catalogue 20 septembre 2024
  • Vorace §14 25 août 2024
  • Vorace §43 16 août 2024
  • Vorace §95 8 août 2024
© 2026 | Sur une base de thèmes préconcus