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Bobines 01

Posted on 24 mars 202414 novembre 2025 by Benoît Vincent

 

Le signe ܍ indique de futurs développements au sein d’un appareil complémentaire

 

« Vu d’ici les dégâts n’ont pas l’air considérables », dit Z-6PO (C-3PO) au début le premier film de la saga Skywalker de La guerre des étoiles, alors qu’avec R2D2 — à qui la princesse Leia a confié les plans secrets de l’Étoile de la Mort — il dérive dans une capsule de sauvetage du vaisseau alderaandais arraisonné par l’immense Star Destroyer de Darth Vader (Dark Vador) lui-même, qu’ils observent donc de loin, depuis cette capsule qui va les envoyer sur Tatooine à la rencontre du héros (et par ailleurs encore ignorant frère de l’une et tous les deux enfants de l’autre — je parle des humains cités, bien sûr).

Vu de loin tout désastre est un accident, voire un phénomène.

C’est parce que nous sommes impliqués qu’ils nous touchent. Ceci explique l’indifférence générale, malgré les indignations, de la plupart des massacres et des catastrophes dont notre monde a le secret. Et explique aussi peut-être cet autre phénomène courant en été, lorsqu’à la suite d’un accident sur l’autoroute, un bouchon se créé sur la voie adverse (et donc séparée) à cause de la nécessité du témoignage, c’est-à-dire de la confrontation, c’est-à-dire de la projection de soi dans le destin de l’autre ; effet de la morbidité ? passion collective ?

Ce jour-là, où je découvre le désastre, je fais l’expérience de cette douloureuse proximité.

J’avais rejeté souvent ce passé, pour des raisons que ces textes vont peut-être déceler (sans pour autant me les expliquer : je n’écris pas ici pour l’analyse psychique ou la biographie), et le voilà qui me revenait dans sa crudité.

Ici d’abord, ce qui me saisit le plus, c’est l’incarnation de la mémoire en ces lieux : ces lieux de mémoire étaient mon territoire. Et ce passé était un espace. Et, rejetant le passé, je rejetai l’espace. Territoire organique, indissociable de moi, qui était soudain dépecé, éventré, éviscéré. Or ce qui était aussi insupportable que violent, en outre, c’était qu’il était mis à nu, dévoilé aux yeux de tous. Chacun pouvait passer ici, et même entrer sans trop d’effort, constater l’étendue des dégâts. Chacun, depuis les fenêtres des « HLM » qui, sur la colline des Rouvières܍, donnaient sur le site, ou depuis les Hubacs܍, où vivait mon ami d’enfance N., depuis les fenêtres de sa maison par exemple, voyait ce terrassement, cette excavation, de « trou des Halles » béant, qui peu à peu se modifierait jusqu’à une hypothétique résorption complète.

Vus de près, cette fois, les dégâts étaient, en effet, considérables.

La maison d’enfance et ses ouvertures jamais plus calfeutrées, tout comme l’usine, dont la carcasse de ferraille avait été percée comme on voit sur le flanc, mais dont la même carcasse encore debout masquait le démontage total des pierres de l’ancienne usine Morin܍, derrière.

Les arbres avaient été coupés, et tout comme les machines sans doute, découpées à la pince monseigneur de compétition, et les meubles, réduits en pièces et ces pièces emportées ou brûlées.

Je fis d’abord un tour de l’usine, et m’en rendis compte. Je gardais la maison pour la fin.

Comme souvent chez nous, une douce lumière vespérale venait couler les formes dans son air orangé, et cette douceur venait distraire l’hiver, qui ne résonnait plus que dans le lourd bouillon, froid et retentissant du Fau܍, la petite rivière, affluent du Jabron, qui coulait en bas.

Le flux de la rivière englobait alors le sang dans mes tempes, la colère, l’angoisse, et l’accablement qui m’étreignaient. C’était comme si une partie de moi, mon corps et mon esprit, éprouvait la débâcle : des pans entiers se détachaient à la douceur angevine de Dieulefit, ce pays sans date sis entre Dauphiné et Provence, entre Valdaine, Diois, Baronnies et Tricastin, le pays que j’avais aimé au point de revenir, par deux fois, y vivre (en 2000 pour deux années, et en 2004 pour six), loin de ces lieux subitement maudits, loin des Reymonds܍, loin de l’usine et de la maison.

 

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