{"id":9143,"date":"2014-03-10T10:02:57","date_gmt":"2014-03-10T08:02:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=9143"},"modified":"2021-10-03T16:57:03","modified_gmt":"2021-10-03T14:57:03","slug":"salvatore-niffoi-retour-au-pays-04","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/salvatore-niffoi-retour-au-pays-04\/","title":{"rendered":"Salvatore Niffoi \u2022 Retour au pays (4)"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><img decoding=\"async\" class=\"alignleft\" title=\"Salvatore Niffoi, 'Ritorno a Baraule'\" alt=\"Salvatore Niffoi, 'Ritorno a Baraule'\" src=\"http:\/\/www.adelphi.it\/spool\/d251b84864e8ad47415c1a59351fa353_w_h_mw650_mh.jpg\" height=\"176\" \/><\/p>\n<p>Je me suis lanc\u00e9 dans la traduction d&rsquo;un livre complet, le livre de l&rsquo;\u00e9crivain sarde et malheureusement peu connu Salvatore Niffoi, que j&rsquo;ai traduit temporairement par <em>Retour au pays<\/em> [<em>Ritorno a Baraule<\/em>]. Niffoi appartient \u00e0 ce qu&rsquo;on pourrait appeler un r\u00e9alisme magique \u00e0 la m\u00e9diterran\u00e9enne, et on sent bien d\u00e9j\u00e0 que ces termes clochent. Voici quelques extraits de ces pages cruelles et po\u00e9tiques, vulgaires et m\u00e9lancoliques, choisies dans la relecture.<br \/>\nVoir les extraits : <a href=\"salvatore-niffoi-retour-au-pays-01\">\u20221\u2022<\/a> <a href=\"salvatore-niffoi-retour-au-pays-02\">\u20222\u2022<\/a> <a href=\"salvatore-niffoi-retour-au-pays-03\">\u20223\u2022<\/a> <a href=\"salvatore-niffoi-retour-au-pays-04\">\u20224\u2022<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><br ><\/p>\n<p>Entre Baraule et Obidui il n\u2019y avait que deux rivi\u00e8res, deux pissoti\u00e8res d\u2019eau verd\u00e2tre r\u00e9unies par une demi-douzaine de pans de pierrres et de troncs d\u2019eucalyptus. Carmine Pullana employa plusieurs mois \u00e0 trouver le courage de les traverser : peut-\u00eatre parce qu\u2019il avait l&rsquo;intuition qu\u2019il trouverait l\u00e0-haut le fragment le plus douloureux de son pass\u00e9, peut-\u00eatre parce que l\u2019effrayait d\u2019entreprendre ce voyage vers la d\u00e9solation.<br \/>\n<strong>Chapitre 22<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><\/p>\n<p>Carmine cueillit une herbe et, d\u2019une main, se prot\u00e9gea les yeux du soleil. Vu depuis les champs de bl\u00e9 de Cutza Manna, l\u2019h\u00f4pital psychiatrique criminel d\u2019Obidui semblait se trouver \u00e0 la cime du monde, sur un pic rocheux au-dessus duquel volaient les vautours en attente des restes de cuisine ou des carcasses de chiens que de temps en temps les infirmiers lan\u00e7aient dans le vide du pierrier. Les chiens errants qui arrivaient l\u00e0-haut, ils les utilisaient pour faire peur aux intern\u00e9s, ou comme cible pour le tir, et quand ils crevaient ils \u00e9taient bons \u00e0 jeter dans la falaise.<br \/>\n<strong>Chapitre 23<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><\/p>\n<p>L\u2019infirmier le d\u00e9visagea d\u2019un air suspicieux. Il avait les cheveux cr\u00e9pus, la barbe hirsute, les yeux p\u00e2teux de quelqu\u2019un qui d\u00e9teste l\u2019eau sur le visage. Cinquante ann\u00e9es mal port\u00e9es, la panse qui lui cachait le sexe, et les flancs d\u00e9bordants qui l\u2019obligeaient \u00e0 garder sa blouse d\u00e9boutonn\u00e9e jusqu\u2019au nombril.<br \/>\n<strong>Chapitre 23<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0H\u00e9, alors je vous en prie, m\u00eame s\u2019il vous le demande, ne lui donnez pas de cigarette ! Vous avez bien compris, docteur Pull\u00e0 ? Et ne lui en laissez pas, sachez qu\u2019ici il est interdit de fumer. Et il ne peut pas plus goutter d\u2019alcool, s\u2019il touche cette bouteille il peut devenir une b\u00eate f\u00e9roce. Je vous le signale au cas o\u00f9 dans cette bouteille d\u2019eau b\u00e9nite vous auriez mis de la liqueur ou quoi que ce soit d\u2019autre. Moi je ne r\u00e9ponds pas de votre s\u00e9curit\u00e9, vous avez bien compris, n\u2019est-ce pas ? \u00bb<br \/>\n<strong>Chapitre 23<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><\/p>\n<p>Diegu Arrampiles se tenait assis \u00e0 proximit\u00e9 de la fen\u00eatre, et claquait des dents \u00e0 cause du froid. Il \u00e9tait blanc comme le ventre d\u2019une hirondelle. Sur la t\u00eate il avait un dessin \u00e9trange, comme si on lui avait viss\u00e9 de force un casque de cycliste. Le nez impressionnait beaucoup, il ressemblait v\u00e9ritablement \u00e0 un p\u00e9nis endormi. Une cicatrice en forme de V lui partait, comme un bouc, du milieu de la l\u00e8vre inf\u00e9rieure jusqu\u2019\u00e0 la paume d\u2019Adam. Aux poignets et aux chevilles il avait deux bracelets violac\u00e9es de peau br\u00fbl\u00e9e et une multitude de petites incisions. Sur le torse et sur le ventre des taches sombres, des blessures cicatris\u00e9es et d\u2019autres encore fra\u00eeches. Le soleil dessinait des traces lumineuses sur l\u2019aine ras\u00e9e et sur les mains d\u00e9charn\u00e9es qui cherchaient \u00e0 cacher leur propre nudit\u00e9. Les testicules \u00e9corch\u00e9s pendaient dans leur bourse poreuse qui semblait de papier paille.<br \/>\n<strong>Chapitre 23<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><\/p>\n<p>\u00ab Elles arrivent, \u00e7a y est, elles arrivent !\u00bb r\u00e9p\u00e9ta Diegu. Il descendit de son si\u00e8ge, ouvrit l\u2019armoire, pris la cuvette de zinc avec son chiffon dessus et le d\u00e9posa au pied du lit. \u00ab\u00a0Mes amies arrivent, vous les entendez ? Vous entendez la musique de leurs ailes ?\u00a0\u00bb. A peine eut-il enlev\u00e9 le chiffon couleur rouille que la pi\u00e8ce se remplit de tipules au point de changer la couleur des murs. Diegu se mit \u00e0 danser en suivant le bourdonnement de ces insectes qui semblaient le soulever de terre avec leurs multiples pattes. Il se mit \u00e0 jouer d\u2019un violon invisible et il chanta : \u00ab\u00a0Regarde la carte, regarde le caca, regarde le sang, suce la vie, la mienne est finie ! Regarde la fen\u00eatre, regarde le ciel, regarde le sang, suce la vie, fais-moi voler ! \u00bb<br \/>\n<strong>Chapitre 23<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Allez, allez ! Ne fais pas ta bonne femme, que tu es mal toi aussi et que tu dois te pr\u00e9parer \u00e0 affronter la mort ! Mais qu\u2019est-ce que tu as, c\u2019est quoi cette mauvaise chose qui n\u2019a pas de nom ? Et o\u00f9 l\u2019as-tu chop\u00e9e hein ? Au cul, aux poumons, aux couilles, \u00e0 l\u2019estomac, au foie ou au cerveau ? Va t\u2019en va t\u2019en ! reste pr\u00e8s de la porte jusqu\u2019\u00e0 ce que j\u2019aie fini la bouteille. D\u00e8s que tu entendras le bruit des mes os qui frappent le sol, ferme-la et dis \u00e0 mes ge\u00f4liers que tu m\u2019as laisser m\u2019endormir comme un sac. \u00bb<br \/>\n<strong>Chapitre 23<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><\/p>\n<p>Le maire l\u2019accueillit en habit de c\u00e9r\u00e9monie, avec l\u2019\u00e9charpe tricolore, comme dans les grandes occasions. Trois-pi\u00e8ce azur qui puait le cigarillo et la lavande, l\u2019apr\u00e8s-rasage anis\u00e9, une cravate couleur colique de nouveau-n\u00e9.<\/p>\n<p>Les deux hommes se serr\u00e8rent la main chacun sondant profond\u00e9ment le regard de l\u2019autre pour savoir ce qu\u2019il voulait.<br \/>\n<strong>Chapitre 24<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Honor\u00e9 de vous rencontrer et de vous savoir encore parmi nous \u00bb ricana le maire. \u00ab\u00a0Mes concitoyens m\u2019ont indiqu\u00e9 que cela fait presque un an que vous vous promenez \u00e0 Baraule et alentours, \u00e0 la recherche d\u2019informations au sujet d\u2019une certaine histoire. Je comprends votre r\u00e9serve mais sachez que vous ne risquiez pas de passer inaper\u00e7u durant tout ce temps. Le village est petit et les gens murmurent des choses, vous savez. Vous, peut-\u00eatre contre votre volont\u00e9, vous \u00eates d\u00e9sormais devenu un personnage c\u00e9l\u00e8bre par chez nous m\u00eame si vous avez quitt\u00e9 votre profession. La radio, la t\u00e9l\u00e9vision et les journaux parlent encore des miracles que vous avez accomplis dans la salle d\u2019op\u00e9ration. Et pourquoi n\u2019op\u00e9rez-vous plus ? Je sais bien que vous avez commenc\u00e9 \u00e0 travailler t\u00f4t, mais vous avez l\u2019\u00e2ge de la retraite ? Ah, c\u2019est sur que vous les chirurgiens, de l\u2019argent, vous en faites ! \u00bb<br \/>\n<strong>Chapitre 24<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><\/p>\n<p>Madame Antioca Stefania Putgione prenait soin de la table comme l\u2019odalisque du pacha. Beignets de cardons, antipasti de petits supions, moules, palourdes et crevettes noy\u00e9es dans la cr\u00e8me d\u2019oursin et tapenade d\u2019olive nouvelle, <em>fregula<\/em> \u00e0 la sauce d\u2019anguille et d\u2019\u00e9crevisse, risotto \u00e0 la poutargue, mulet aux herbes palustres, langoustines \u00e0 la vernaccia, mostaccioli, g\u00e2teau au miel et nieddera mis au frais dans le puits de la grande cour. La femme d\u2019Antoni Lupittu se d\u00e9lectait de tout en bavant sur la serviette du plaisir. <\/p>\n<p>Carmine Pullana, devant toute cette gr\u00e2ce de Dieu, quelque chose remua en lui. Le sang lui affluait au visage et au sexe, et il sentit une bouff\u00e9e d\u2019excitation forte comme comme celle qu\u2019il avait ressenti devant les seins de madame Guspicia Turrai avant qu\u2019elle ne le rende fou \u00e0 coups de langue. <\/p>\n<p>Pour ce qu\u2019il \u00e9tait en train de ressentir, il s\u2019\u00e9tonna d\u2019abord un peu et il eut aussi un peu honte. Il rapprocha le si\u00e8ge de la table pour chercher \u00e0 couvrir le bas-ventre de la nappe.<\/p>\n<p>Finalement le docteur \u00e9tait dur comme le jour o\u00f9 il s\u2019\u00e9tait dipl\u00f4m\u00e9 en m\u00e9decine quand la professeur Jolanda Asquer, pr\u00e9sidente du jury, s\u2019\u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9e devant lui avec une telle poitrine qu\u2019on aurait dit qu&rsquo;elle avait sa chatte entre ses seins. \u00ab\u00a0Par les pouvoirs qui me sont conf\u00e9r\u00e9s par le Recteur, je vous d\u00e9clare Docteur en M\u00e9decine&#8230;\u00a0\u00bb\u00a0Chaque mot \u00e9tait un centim\u00e8tre de queue qui tirait sur l\u2019ouverture de ses cale\u00e7ons neufs.<br \/>\n<strong>Chapitre 25<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><\/p>\n<p>Carmine referma sa braguette et regarda ses mains. Des mains de squelette, longues et disproportionn\u00e9es par rapport \u00e0 ses bras. Des mains de chirurgien, de harpiste, de voleur d\u2019histoires qui \u00e9taient devenues les siennes, depuis l\u2019enfant mal fait issu des abysses. Des mains de d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 qui devait embrasser la mort sans savoir qui chercher au paradis. Il les enfila comme des peignes dans ses cheveux, en un geste de d\u00e9sespoir qui allait au-del\u00e0 des fronti\u00e8res de la m\u00e9moire en se raclant la peau des ongles. Sillons de sang et de pellicules. En bas les ondes obscures se jetaient contre les moles de ciment construits \u00e0 m\u00eame la roche et retombaient sur leur dos avec le grondement de bidons de lait li\u00e9s par des cordes. La vie de Carmine Pullana \u00e9tait une grappe de bidons vides, rempli de mauvais sort, d\u2019insultes d\u2019enfants, d\u2019amours g\u00e2ch\u00e9es, de salles d\u2019op\u00e9ration, de prunes mures et de manque de chance. Dans le ciel on vit une lumi\u00e8re immense, blanche et ronde comme l\u2019hostie de la foi qui se condense les nuits de pleine lune. Elle tourna rapidement sur elle-m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 dispara\u00eetre dans l\u2019horizon.<br \/>\n<strong>Chapitre 26<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><\/p>\n<p>L\u2019aube n\u2019avait pas encore point quand il quitta la maison. Il avait d\u00e9cid\u00e9 qu&rsquo;avant de prendre la mer il auraitgravi la petite montagne de sable o\u00f9, le jour o\u00f9 il \u00e9tait arriv\u00e9, il avait vu la vieille qui montrait ses parties g\u00e9nitales barbouill\u00e9es d\u2019argile rouge.<\/p>\n<p>Il commen\u00e7a la mont\u00e9e en laissant des empreintes difformes sur le sable qui \u00e9tait comme de la semoule filtr\u00e9e au tamis. Il ne portait qu\u2019une veste de lin gr\u00e8ge et il sentait sur ses \u00e9paules une croix lourde, qui le ralentissait et l&rsquo;inqui\u00e9tait. Qui sait o\u00f9 serait cette vieille qui avait dans les yeux les couleurs de nombreux arcs-en-ciel ? Qui sait si elle \u00e9tait encore en vie, si elle s\u2019\u00e9tait cach\u00e9e pour mourir dans la crypte de l\u2019\u00e9glise ou si elle toussait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment dans la grotte de l\u2019\u00eelot de Ferrulais. A peine surgit-il sur le replat du cimeti\u00e8re antique qu&rsquo;il la vit, d\u00e9coup\u00e9e sur une plaque de bleu divis\u00e9 en deux par le fil de la mer. Il la trouva dans la m\u00eame position, \u00e0 demi-nue, qui chantait et dansait en s\u2019enfilant le majeur entre les jambes. Sous ses pieds, durs comme la pierre, jaillissait un jet d\u2019eau qui se brisait dans l\u2019air et retombait tout autour en un cercle de pluie l\u00e9g\u00e8re. A la place d\u2019un sein, elle avait un orifice qui semblait avoir \u00e9t\u00e9 creus\u00e9 r\u00e9cemment par des corneilles affam\u00e9es et, juste sur le c\u0153ur, quelqu\u2019un lui avait tatou\u00e9 au feu les m\u00eames initiales que sur les monnaies d\u2019argent. De la main droite elle indiquait la blessure fra\u00eeche et les marques sur sa poitrine, en invitant \u00e0 la lecture.<\/p>\n<p>\u00ab T\u2019as vu, t\u2019as vu, tu lis tu lis celui-l\u00e0 ? \u00bb<br \/>\n<strong>Chapitre 27<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je me suis lanc\u00e9 dans la traduction d&rsquo;un livre complet, le livre de l&rsquo;\u00e9crivain sarde et malheureusement peu connu Salvatore Niffoi, que j&rsquo;ai traduit temporairement par Retour au pays [Ritorno a Baraule]. Niffoi appartient \u00e0 ce qu&rsquo;on pourrait appeler un r\u00e9alisme magique \u00e0 la m\u00e9diterran\u00e9enne, et on sent bien d\u00e9j\u00e0 que ces termes clochent. Voici&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[242,2010],"tags":[303,2577,2011,2012,2518],"class_list":["post-9143","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chantiers","category-traduire","tag-italie","tag-ritorno-a-baraule","tag-salvatore-niffoi","tag-sardaigne","tag-traduction"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9143","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9143"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9143\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9181,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9143\/revisions\/9181"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9143"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9143"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9143"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}