{"id":9037,"date":"2014-01-05T01:22:00","date_gmt":"2014-01-04T23:22:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=9037"},"modified":"2023-04-24T10:01:32","modified_gmt":"2023-04-24T08:01:32","slug":"salvatore-niffoi-retour-au-pays-01","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/salvatore-niffoi-retour-au-pays-01\/","title":{"rendered":"Salvatore Niffoi \u2022 Retour au pays (1)"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><img decoding=\"async\" class=\"alignleft\" title=\"Salvatore Niffoi, 'Ritorno a Baraule'\" alt=\"Salvatore Niffoi, 'Ritorno a Baraule'\" src=\"http:\/\/www.adelphi.it\/spool\/d251b84864e8ad47415c1a59351fa353_w_h_mw650_mh.jpg\" height=\"176\" \/><\/p>\n<p>Je me suis lanc\u00e9 dans la traduction d&rsquo;un livre complet, le livre de l&rsquo;\u00e9crivain sarde et malheureusement peu connu Salvatore Niffoi, que j&rsquo;ai traduit temporairement par <em>Retour au pays<\/em> [<em>Ritorno a Baraule<\/em>]. Niffoi appartient \u00e0 ce qu&rsquo;on pourrait appeler un r\u00e9alisme magique \u00e0 la m\u00e9diterran\u00e9enne, et on sent bien d\u00e9j\u00e0 que ces termes clochent. Voici quelques extraits de ces pages cruelles et po\u00e9tiques, vulgaires et m\u00e9lancoliques, choisies dans la relecture.<\/p><\/blockquote>\n<p><br ><\/p>\n<p>La premi\u00e8re chose que vit Carmine Pullana quand il arriva \u00e0 Baraule \u00e9tait une vieille qui saluait tous les passants en se touchant les parties g\u00e9nitales barbouill\u00e9es d\u2019argile rouge. Elle se tenait sur un monticule de sable, et hululait de d\u00e9sespoir comme une chienne menstru\u00e9e. Elle n\u2019avait pas d\u2019ombre. Le contour des haillons qui volaient autour d\u2019elle se refl\u00e9tait comme une paire d\u2019ailes bris\u00e9es sur le vert moussu de la mer. Derri\u00e8re elle, au-del\u00e0 de la derni\u00e8re langue de pierre saum\u00e2tre, les toits des cabanons brillaient. Argent fondu qui se m\u00e9langeait aux derni\u00e8res fils du soleil.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0T\u2019as vu t\u2019as vu comme il est beau celui-l\u00e0<sup class='footnote'><a href='#fn-9037-1' id='fnref-9037-1' onclick='return fdfootnote_show(9037)'>1<\/a><\/sup> ? \u00bb<\/p>\n<p>La vieille chantait et dansait, psalmodiant : \u00ab\u00a0T\u2019as vu t\u2019as vu qu\u2019il est beau celui-l\u00e0 ? \u00bb en s\u2019enfilant le majeur entre les cuisses, et simulant un plaisir qui lui venait de loin, de la cale de quelque navire coul\u00e9, de la r\u00e9verb\u00e9ration chaude des montagnes, qui plus au nord se d\u00e9coupaient, fr\u00e9missantes, contre le ciel humide. Son visage semblait se dessiner sur le sable, ses lin\u00e9aments d\u00e9faits par le temps, le front creus\u00e9 d\u2019un \u00e9chiquier de rides ; une tranch\u00e9e lui creusait les joues d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, comme si quelqu\u2019un lui avait donn\u00e9 un coup de faux dans la bouche.<br \/>\n<b>Chapitre 1<\/b><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><br \/>\nUn belle vermine, tziu Marine Ragas, un fils de putain qu\u2019il avait fini par faire mourir de chagrin. Un salopard de premi\u00e8re qualit\u00e9 qui, s\u2019il n\u2019obtenait pas ce qu\u2019il voulait, se baladait le briquet allum\u00e9 et la langue pendue, \u00e0 mettre le feu aux fenils et exciter les \u00e2mes avec ses balivernes. Il \u00e9tait ma\u00eetre dans l\u2019art des mensonges, qu\u2019il pr\u00e9parait dans la solitude de son cabanon comme des engins explosifs, un type \u00e0 tenir \u00e9loign\u00e9, \u00e0 ne pas croiser m\u00eame par hasard.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cette semaine achetez les anguilles d\u2019Ilaria Arghentu, que l\u2019assaisonnement je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 ajout\u00e9 moi : pisse de vieux gros bouc, ah ah ah\u00a0!\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Mais vous le savez, que chez Ignazia Ogai, la patronne s\u2019est enfil\u00e9 le cigare de Dillu Papalai entre les cuisses ? Hi hi hi \u00bb. \u00ab\u00a0Avant P\u00e2ques, a Mimmiu Istropiau, le sacristain, ils lui ont trouv\u00e9 le dentier du cur\u00e9 encore accroch\u00e9 \u00e0 la queue ! Un beau couple, \u00e7a oui, que Dieu les fasse cramer ! H\u00e9 h\u00e9 h\u00e9 h\u00e9 !\u00a0\u00bb.<br \/>\n<strong>Chapitre 4<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><br \/>\nElle retourna aux fourneaux et retira l\u2019ail \u00e0 peine revenu dans l\u2019huile qui \u00e9tait entrain de frire doucement, elle r\u00e2pa rapidement la poutargue et, bouchant la bouteille du pouce, aspergea l\u2019ensemble de vernaccia. Etourdies par la lumi\u00e8re qui passait des vitres embu\u00e9es, les choses s\u2019enivraient d\u2019ar\u00f4mes puissants et commenc\u00e8rent \u00e0 danser sur les murs. Le vent s\u2019\u00e9tait remis \u00e0 hurler dans les rues, teignant le ciel de sombre de sa langue fumante. Les doigts de Carmine Pullana cess\u00e8rent de trembler seulement lorsqu\u2019il empoigna fermement la coquille salie de cendres. Un instant il regarda la femme avec suspicion, puis il accepta une nouvelle goutte de vernaccia et se mit \u00e0 d\u00e9piauter un petit morceau de poutargue avec de petits gestes. Ils la mang\u00e8rent avec les doigts, tandis que les p\u00e2tes cuisaient dans une casserole d\u2019aluminium. Les meubles et les carreaux grin\u00e7aient de froid. Elle \u00e9goutta les spaghetti encore durs, et les retourna deux ou trois fois dans la po\u00eale avec une fourchette de bois. A table, alors qu\u2019ils mangeaient et buvaient, ils continuaient \u00e0 se regarder dans les yeux pour mieux comprendre ce qu\u2019il y avait au-del\u00e0 du mur d\u2019air et de salive des mots.<br \/>\n<strong>Chapitre 5<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><br \/>\nMais depuis ce jour Carmine Pullana devint bizarre. Il continua \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer la solitude, parlant avec les choses, angoiss\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e de devoir comprendre le monde sans savoir qui il \u00e9tait. Il pensait avoir le sang maudit, plein de la maladie des Mazza-Molas, une race d\u2019insulaires m\u00e9lang\u00e9e \u00e0 celle des Sarrasins, comme disaient les jeunes de Lerizori qui s\u2019\u00e9taient moqu\u00e9s de lui. Il s\u2019observa cinq minutes dans le miroir pour avoir la confirmation de sa peau cuivr\u00e9e et brillante. Le matin o\u00f9 on fit l\u2019appel pour le lyc\u00e9e, afin de se blanchir la peau, il se fit la boule \u00e0 z\u00e9ro et s\u2019enduit tout le corps d\u2019un onguent de c\u00e9ruse, de lait de figue et d\u2019huile d\u2019olive. En \u00e0 peine quelques heures il se mit \u00e0 gonfler comme une bugne tremp\u00e9e dans l\u2019huile bouillante et fut intern\u00e9 d\u2019urgence \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Noroddile pour intoxication grave. Il y resta trois semaines. Toutes les nuits l\u2019infirmi\u00e8re de garde l\u2019entendait crier dans son sommeil :<br \/>\n\u00ab\u00a0Mais de qui suis-je le fils ? Qui m\u2019a mis au monde ? O\u00f9 suis-je n\u00e9 ? Est-ce que je suis vraiment le fils de Bertu Mazza et Sidora molas ? \u00bb<br \/>\n<strong>Chapitre 6<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><br \/>\nRamass\u00e9e, yeux ferm\u00e9s, sur le banc de pierre, tout pr\u00e8s du grand oranger qui dominait le centre du clo\u00eetre, s\u0153ur Mariangela Trubbas ressemblait \u00e0 un l\u00e9zard endormi entre les mains chaudes du soleil. Plus loin, les lames de lumi\u00e8re qui filtraient entre les fruits dor\u00e9s se plantaient en un cercle d\u2019ombre douce et profonde. Quand elle per\u00e7ut l\u2019odeur de la fum\u00e9e, s\u0153ur Mariangela \u00e9ternua plusieurs fois et se leva en d\u00e9froissant l\u2019ourlet de la tunique du bout des doigts. Debout, elle donnait une autre impression, car elle ressemblait \u00e0 un jockey, la t\u00eate engonc\u00e9e dans un vase de nuit. Elle \u00e9tat petite, et le dos vo\u00fbt\u00e9, qui lui obligeait de tenir le menton vers le haut pour respirer, la peau s\u00e8che et un fil de moustache mal ras\u00e9 qui encadrait des l\u00e8vres grasses, d\u00e9chir\u00e9es par endroit de crevasses qui semblaient faites au rasoir. Dans le pass\u00e9 peut-\u00eatre ses yeux avaient eu la couleur dor\u00e9e de ces fruits qui r\u00e9pandait dans toute la cour une odeur de f\u00eate, une odeur de Paradis terrestre. Aujourd\u2019hui ses yeux \u00e9taient \u00e9teints, d\u2019un gris semblable \u00e0 la limaille de fer qu\u2019on voit sous les \u00e9tablis des ma\u00eetres ferronniers. Elle \u00e9tait devenue s\u0153ur tr\u00e8s jeune, fatigu\u00e9e qu\u2019on l\u2019appelle \u00ab hommette \u00bb par les adultes comme par les enfants. Elle avait attendu ses dix-huit ans, puis ayant constat\u00e9 qu\u2019elle ne grandirait plus, et que ses moustaches devenaient dures comme des \u00e9pines de cirse, elle avait contact\u00e9 une tante qui \u00e9tait responsable de l\u2019Action Catholique et lui avait dit : \u00ab\u00a0Tante Mar\u00ec, si la famille n\u2019y voit pas d\u2019inconv\u00e9nient, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de me donner \u00e0 Dieu et \u00e0 la pri\u00e8re. \u00bb C\u2019est ainsi que Mariangela \u00e9pousa le Seigneur, qui veut le bien de tous, et ne perd pas son temps \u00e0 observer les poils superflus des gens.<br \/>\n<strong>Chapitre 8<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><br \/>\nSur la fontaine \u00e0 l\u2019angle, au premier \u00e9tage des appartements abbatiaux, il lui sembla voir s\u0153ur Mariangela et une autre moniale jouer avec le fauteuil roulant o\u00f9 \u00e9tait assises s\u0153ur Elisabetta, se la lancer \u00e0 qui mieux mieux le long du couloir au milieu des rires hyst\u00e9riques de s\u0153ur Elisabetta qui criait, bras ouverts : \u00ab\u00a0Je vole, je vole ! Merci, P\u00e8re \u00e9ternel, de m\u2019avoir priv\u00e9 de mes jambes et de m\u2019avoir donn\u00e9 des ailes ! \u00bb<\/p>\n<p>Il secoua la t\u00eate comme quelqu\u2019un en proie \u00e0 une hallucination et il alla s\u2019assoir sur une chaise \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du lit de l&rsquo;infirmerie, devant le petit meuble qui contenait les ustensiles et les m\u00e9dicaments. Bistouris, aiguilles filles, gaze, rouleau de pansements de toutes tailles, seringues, flacons de solutions hom\u00e9opathiques, clyst\u00e8res, pinces, une machine \u00e0 pompe pour la tension, un st\u00e9thoscope avec le tube de caoutchouc rouge. Il se leva d\u2019un coup, ouvrit la porte vitr\u00e9e et pris l&rsquo;instrument entre ses mains : le m\u00e9daillon d\u2019acier \u00e9tait froid comme une hostie du diable. Jetant un coup d\u2019\u0153il autour de lui, il enfila les petits becs dans les oreilles, d\u00e9boutonna un peu sa chemise et tenta d\u2019\u00e9couter son c\u0153ur. Plouf, plouf, plouf. Des gouttes de sang qui tombaient lentement dans un c\u0153ur d\u00e9sormais \u00e9teint, tenu en vie par un un morceau de poumon pourri.<br \/>\n<strong>Chapitre 9<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><br \/>\nCet enfant, aux lin\u00e9aments effil\u00e9s et aux yeux iris\u00e9s, Gantine Pullana et Carmela Navalis l\u2019avaient achet\u00e9 pour investir en lui de l\u2019affection, de l\u2019argent, des terres et du b\u00e9tail. Ils voulaient en faire un tr\u00e9sor ambulant, le remplir de tout ce qui leur avait manqu\u00e9. Quand le fils n\u2019avait pas encore seize ans, si quelqu\u2019un lui demandait ce qu\u2019elle voulait qu\u2019il devienne plus grand, donna Carmela secouait la poitrine comme une grosse poule et r\u00e9pondait :<\/p>\n<p>\u00ab Parce que tu crois que je vais l&rsquo;envoyer garder le b\u00e9tail, pour qu\u2019il me revienne tous les soirs avec les chaussures d\u00e9gueulasses de merde de mouton et les v\u00eatement qui puent le caill\u00e9 ? Nous en ferons un docteur, un docteur un sp\u00e9cialiste, de ceux qui op\u00e8rent et recousent, pas de ceux qui font des additions et ouvrent par hasard le carnet d\u2019ordonnances. Pour \u00e7a il y a d\u00e9j\u00e0 le docteur Miragliu, qui en enterre plus d\u2019une, de maladie. \u00bb<br \/>\n<strong>Chapitre 10<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><\/p>\n<p>Le roquainerolle lui procurait de la joie, le lib\u00e9rait de sa folie, le portait loin des mauvaises langues de ses camarades qui l\u2019appelaient \u00ab deux fois b\u00e2tard \u00bb, et le faisait entrer en cachette dans le c\u0153ur de Remedia Bullas, son amoureuse, qui le fuyait comme l\u2019orvet dans le foin. Pour elle, il se d\u00e9teignait les cheveux avec de l\u2019eau oxyg\u00e9n\u00e9e, pour elle il remplissait sa braguette avec un pistolet d\u2019arrosage, pour elle il se parfumait d\u2019anis et il baissait sa culotte trois fois par jour. Remedia Bullas s\u2019en foutait, et si elle le rencontrait dans la rue, elle d\u00e9tournait son regard vers le mur, elle se grattait le nez ou les oreilles et continuait \u00e0 se promener comme une petite jument dress\u00e9e.<br \/>\n<strong>Chapitre 11<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><br \/>\nElle puait le pelage et la sueur cette corde, comme ces nuits sans sommeil pass\u00e9es la t\u00eate sous l\u2019oreiller \u00e0 souffler entre les l\u00e8vres le nom de Remedia. Il se couchait effray\u00e9 pour sombrer dans une grande cohue d\u2019\u00e9pouvantables visions et se r\u00e9veillait comme quelqu\u2019un qui sort de plusieurs ann\u00e9es de coma.<\/p>\n<p>\u00ab \u00d4 Remedia, prends-moi et aide-moi \u00e0 comprendre qui je suis ! Prends-moi et fais-moi na\u00eetre de nouveau ! \u00bb<\/p>\n<p>Sous l\u2019arbre qu\u2019il cherchait il trouva la carcasse d\u2019un chien que le fleuve avait laiss\u00e9 sur la rive. Il \u00e9tait gonfl\u00e9 et pel\u00e9, les orbites vid\u00e9es et les entrailles r\u00e9duites \u00e0 une grappe de p\u00e9pins vert m\u00e9tallique. De temps en temps, une nu\u00e9e de mouches descendait en piqu\u00e9 et le couvrait d\u2019une main obscure et vibrante. Bzzzz bzzzz bzzzz. Elles su\u00e7aient le nectar de mort et repartaient ivres \u00e0 fleur de l\u2019eau. Carmineddu monta sur le prunier et d\u00e9roula la corde. Il mesura \u00e0 vue la distance entre la branche et le sol, il fit le n\u0153ud coulant et l\u2019ajusta comme un collier. Il tira la langue et esquissa une grimace en tordant les l\u00e8vres ; il ouvrit grand les yeux au soleil qui aveuglait.<br \/>\n<strong>Chapitre 11<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><\/p>\n<p>A cet instant passa sous l\u2019arbre Lione Cacarizzu, l\u2019idiot du village qui, \u00e0 part ses nombreux p\u00e8res, n\u2019avait qu\u2019un exemplaire de tout : une jambe, un bras, un \u0153il, un testicule. Il avan\u00e7ait appuy\u00e9 sur sa canne, et il chantait<\/p>\n<p><em>Sur la croix clou\u00e9<br \/>\nappelle le fils de Dieu<br \/>\nR\u00e9ponds, \u00f4 mon peuple<br \/>\nPourquoi m\u2019as-tu crucifi\u00e9 ?<\/em><\/p>\n<p>On l\u2019appelait Cacarizzu parce qu\u2019il ne pouvait pas se nettoyer le cul et parce qu\u2019il faisait ses besoins dans la rue comme les chiens. Il \u00e9tait comme \u00e7a parce que sa m\u00e8re, Giula Padedda, on lui avait jet\u00e9 un sort alors qu\u2019elle le portait depuis quatre mois.<br \/>\n<strong>Chapitre 11<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n[&#8230;]<br \/>\n<br ><\/p>\n<div class='footnotes' id='footnotes-9037'>\n<div class='footnotedivider'><\/div>\n<ol>\n<li id='fn-9037-1'> En sarde dans le texte. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-9037-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je me suis lanc\u00e9 dans la traduction d&rsquo;un livre complet, le livre de l&rsquo;\u00e9crivain sarde et malheureusement peu connu Salvatore Niffoi, que j&rsquo;ai traduit temporairement par Retour au pays [Ritorno a Baraule]. Niffoi appartient \u00e0 ce qu&rsquo;on pourrait appeler un r\u00e9alisme magique \u00e0 la m\u00e9diterran\u00e9enne, et on sent bien d\u00e9j\u00e0 que ces termes clochent. Voici&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[242,2010],"tags":[303,2577,2011,2012,2518],"class_list":["post-9037","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chantiers","category-traduire","tag-italie","tag-ritorno-a-baraule","tag-salvatore-niffoi","tag-sardaigne","tag-traduction"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9037","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9037"}],"version-history":[{"count":17,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9037\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9704,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9037\/revisions\/9704"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9037"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9037"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9037"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}