{"id":8738,"date":"2014-07-21T18:14:36","date_gmt":"2014-07-21T16:14:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=8738"},"modified":"2014-07-21T20:21:58","modified_gmt":"2014-07-21T18:21:58","slug":"lasagnes-16","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/lasagnes-16\/","title":{"rendered":"Lasagnes \u2022 Chapitre 16"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/P1100194.jpg\" rel=\"lightbox[8738]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/P1100194-300x168.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"168\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-9423\" srcset=\"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/P1100194-300x168.jpg 300w, https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/P1100194-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/P1100194.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<h3><font color=\"#990000\">Chapitre 16<\/font><\/h3>\n<p><br ><\/p>\n<p>Dans ce chapitre, il est propos\u00e9 de donner la parole \u00e0 T., mais cette entreprise est d\u2019autant plus p\u00e9rilleuse que personne, \u00f4 grand personne, n\u2019a pu l\u2019approcher r\u00e9ellement. Des all\u00e9gations, tout au plus, ce sont les phrases qui suivent. Ou des fantasmes ou des d\u00e9sirs, mais dans ce cas, c\u2019est \u00e0 la fois une erreur et un \u00e9chec.<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><em>J\u2019ai ouvert quatorze fois les yeux et puis je me suis rendormie.<\/p>\n<p>Je ne t\u2019ai pas vu quatorze fois. La plupart du temps, je voyais l\u2019Autre. L&rsquo;Amour, mon Amour, mon Vraizamour, mon Grantamour. Toi, tu sais, tu ne comptes pas plus pour grand\u2019chose. Tu es distrayant c\u2019est vrai, et tu es tr\u00e8s beau surtout quand tu pleures et que tu te retiens de pleurer et que j\u2019ai l\u2019\u00e9l\u00e9gance de d\u00e9signer la fatigue comme responsable. Oh comme tu m\u2019as faite rire. Mais c\u2019\u00e9tait avant tu sais.<\/p>\n<p>Ce que tu croyais \u00eatre, j\u2019esp\u00e8re ne pas t\u2019avoir dissuad\u00e9 de continuer \u00e0 y croire. Mais ce que tu crus devenir, je te garantis que je ne t\u2019ai pas encourag\u00e9 \u00e0 y croire. Tu pensais me prendre, tu pensais pouvoir m\u2019extraire de cette condition, de cette boue o\u00f9 je r\u00e9side. Ce n\u2019est pas de la boue, tu sais, c\u2019est au contraire de l\u2019or. Ou du plomb, de l\u2019or chang\u00e9 en plomb. Je p\u00e8se huit-cent quatre-vingt quinze kilogrammes tu sais. Tu crois m\u2019avoir, mais plus tu m\u2019approches, plus je t\u2019\u00e9chappe. Ce n\u2019est pas que j\u2019en sois tellement responsable. Comment veux-tu que je m\u2019extirpe pour \u00e9pouser le r\u00e9el ? <\/p>\n<p>Tu dis toi-m\u00eame que ce r\u00e9el n\u2019existe pas, et tu continues de m\u2019\u00e9crire. Je ne te suis plus. Pas. Je ne t\u2019ai pas suivi, du reste, jamais ; j\u2019\u00e9tais l\u00e0, un \u00e9garement, un rel\u00e2chement, tu as cru dormir \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s, tu as cru me serrer contre ton torse velu. Oh que tu es velu.<\/p>\n<p>Un instant, un instant de n\u00e9gligence et \u00e7\u2019aurait pu \u00eatre pire tu sais.<\/p>\n<p>Tu sais quand je suis pass\u00e9e par-dessus toi pour aller v\u00e9rifier que la porte d\u2019entr\u00e9e \u00e9tait bien verrouill\u00e9e. Eh bien l\u00e0, \u00e0 cet instant pr\u00e9cis, je sentais ton \u00e9rection, je te plaquais les bras, j\u2019aurais pu, oh. Tu m\u2019as dit <\/em><font face=\"century gothic\">Ne fais pas \u00e7a<\/font><em> tu l\u2019as dit n\u2019est-ce pas ? Tu l\u2019as dit ou tu ne l\u2019as pas dit ? Tu l\u2019as dit. Et ce disant, tu nous as sauv\u00e9s, tu ne te rends pas compte.<\/p>\n<p>Non ne r\u00e9ponds pas, ne parle pas. Ne fais pas l\u2019enfant. Ne vient pas g\u00e2cher tout \u00e7a. Ne viens pas g\u00e2cher la nuit que nous avons \u00e9pargn\u00e9e et accomplie. Tu l\u2019as dit toi-m\u00eame, ton portable et le mien entre nos deux corps, <\/em><font face=\"century gothic\">On vient d\u2019inventer l\u2019amour courtois deux point z\u00e9ro<\/font><em>, ou quelque chose comme \u00e7a.<\/p>\n<p>Oh tu m\u2019as fait rire. Oui. Avant.<\/p>\n<p>Je me suis ressaisie. Rattrap\u00e9e aux branches. \u00c7\u2019a \u00e9t\u00e9 moins une. De justesse. J\u2019ai failli venir m\u2019incarner dans ton monde. Mais j\u2019ai tenu bon. J\u2019ai tenu le choc. <\/p>\n<p>Je ne t\u2019apporterai rien de bon tu sais. Je suis un fardeau. Un fardeau l\u00e9ger, intangible, multiple, mais un fardeau. <\/p>\n<p>Je suis une plume, celle de trop. Celle qui fait d\u00e9border le sac de plomb. Ne regrette rien, surtout, car ce qu\u2019on a v\u00e9cu restera grav\u00e9 dans nos c\u0153urs. A jamais. Et o\u00f9 qu\u2019on aille, quoi qu\u2019on fasse, d\u2019o\u00f9 qu\u2019on parle.<\/p>\n<p>Tu ne peux pas savoir le bien que tu m\u2019as fait en me for\u00e7ant \u00e0 dormir et en me faisant rire. Avant.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui (?) je te laisse, tu me quittes. On verra bien quel croisement on op\u00e9rera une autre fois, dans cette vie ou une autre, c\u2019est toujours \u00e7a de pris.<\/p>\n<p>C\u2019est toujours \u00e7a de pris sur la Vie.<\/p>\n<p>Va, b\u00eate velue, va voir ailleurs. Va voir ailleurs si je n\u2019y suis d\u00e9j\u00e0 plus.<\/em><\/p>\n<p><br ><br \/>\n<font size=\"1\"><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/lasagnes-15\">< Pr\u00e9c\u00e9dent<\/a> \u2022 <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/lasagnes-17\">Suivant ><\/a><\/font><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 16 Dans ce chapitre, il est propos\u00e9 de donner la parole \u00e0 T., mais cette entreprise est d\u2019autant plus p\u00e9rilleuse que personne, \u00f4 grand personne, n\u2019a pu l\u2019approcher r\u00e9ellement. Des all\u00e9gations, tout au plus, ce sont les phrases qui suivent. Ou des fantasmes ou des d\u00e9sirs, mais dans ce cas, c\u2019est \u00e0 la fois&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[242,1090,2484,2525],"tags":[373,1461],"class_list":["post-8738","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chantiers","category-fiction","category-le-dossier-carlos-futuna","category-les-chroniques-de-carlos-futuna","tag-amour","tag-lettre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8738","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8738"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8738\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9432,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8738\/revisions\/9432"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8738"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8738"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8738"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}