{"id":8213,"date":"2013-08-06T16:14:13","date_gmt":"2013-08-06T14:14:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=8213"},"modified":"2021-10-04T17:15:10","modified_gmt":"2021-10-04T15:15:10","slug":"les-proces-verbeux-05","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/les-proces-verbeux-05\/","title":{"rendered":"Les proc\u00e8s verbeux (5)"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2013-08-06-a\u0300-16.09.10.png\" rel=\"lightbox[8213]\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2013-08-06-a\u0300-16.09.10-300x188.png\" alt=\"Capture d\u2019e\u0301cran 2013-08-06 a\u0300 16.09.10\" width=\"350\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-8375\" srcset=\"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2013-08-06-a\u0300-16.09.10-300x188.png 300w, https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2013-08-06-a\u0300-16.09.10.png 684w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<blockquote><p>Les Proc\u00e8s verbeux sont des statuts publi\u00e9s sur Facebook, au fil des jours, sans queue ni t\u00eate, num\u00e9rot\u00e9s et rassembl\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement par vingt. Pas de quoi s&rsquo;exciter, peu r\u00e9-\u00e9crits, je les livre tels quels.<\/p><\/blockquote>\n<p><font size=\"1\"><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/les-proces-verbeux-04\">< Pr\u00e9c\u00e9dent<\/a> \u2022 <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/les-proces-verbeux-06\">Suivant ><\/a><\/font><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><strong>81_ Le mongolien qui aide \u00e0 vider l&rsquo;armoire de la remorque s&rsquo;arr\u00eate lorsque passe le cantonnier qui rentre du boulot. Fascin\u00e9 par le fluo de sa vareuse, le contemple longuement, son h\u00e9ros.<\/strong><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>82_ Le plat de p\u00e2te de ce soir sera-t-il meilleur que celui de ce midi ? Ou celui-d&rsquo;hier au soir ? Ou celui d&rsquo;hier midi ? Ou celui de demain ? C&rsquo;est une force \u00e7a, tu disais, garder toujours \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9paisse l&rsquo;envie de la rengaine. (C&rsquo;\u00e9tait pareil pour tout le reste.)<br \/>\n<br ><br \/>\n<strong>83_ Le cantonnier en vareuse fluo regarde \u00e0 peine la maison qu&rsquo;il longe, celle qui a br\u00fbl\u00e9 tu sais, et de laquelle il n&rsquo;a pas pu sortir sa m\u00e8re, qui criait.<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n84_ \u00ab Rien ne le passionnait tant que d&rsquo;observer le ballet agonisant des artisous tomb\u00e9s de la cro\u00fbte de fromage dans son assiette. Les petites b\u00eates, \u00e9lev\u00e9es (comme les vaches) pour garantir le go\u00fbt patrimonial de la tomme, lui rappelaient tellement l&rsquo;agitation des villes, des gens, du monde. On se marchait dessus sans \u00e9l\u00e9gance. On allait chacun sa direction sans projet. La plupart du temps on se m\u00ealait les uns aux autres sans savoir pourquoi, ragaillardis par cette chaleur gr\u00e9gaire, assomm\u00e9s par le contact de nos corps mous. Puis il croquait tout cela avidement, comme un enfant ou un dieu, rien \u00e0 branler, c&rsquo;est moi le d\u00e9luge. \u00bb<br \/>\n<br ><br \/>\n<strong>85_ Le vieillard, assis \u00e0 la terrasse qui fait face \u00e0 mon entr\u00e9e, est le seul qui m&rsquo;a vue sortir, qui m&rsquo;a rep\u00e9r\u00e9e. Il s&#8217;emmerde copieusement avec deux ou trois spectres de sa famille, des h\u00e9r\u00e9ditaires qui ne le cajolent par pour sa conversation, sa barrette du m\u00e9rite ou les voix froiss\u00e9es d&rsquo;hier qu&rsquo;il a gard\u00e9es dans son ventre. Lui m&rsquo;a vue sortir, n&rsquo;a rien perdu, pas une goutte, le seul ici encore connect\u00e9 \u00e0 la vie, au monde, \u00e0 ce qui tant soit peu remue. Saligaud, rien perdu.<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n86_ Quand il ouvre la bo\u00eete de thon \u00e0 l&rsquo;huile Bom (\u00ab\u00a0atum posta em \u00f3leo vegetal\u00a0\u00bb), m\u00eame dans son studio de Choisy, c&rsquo;est tout ce qu&rsquo;il a pu trouver, il se voit se revoit \u00e0 Manarolo, l&rsquo;\u00e9t\u00e9, la jeunesse, la mer noire, les fleurs d&rsquo;agaves comme palmier, rien \u00e0 faire, juste attendre tout le jour que rien ne se passe, une partie de scopa et un verre de vin blanc.<br \/>\n<br ><br \/>\n<strong>87_ Puis tu poses dans cette enveloppe la lettre, puis l&rsquo;enveloppe dans la bo\u00eete, la bo\u00eete \u00e0 oublis, la bo\u00eete \u00e0 secrets, la bo\u00eete comme le sommeil ou la nuit.<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n88_ Parfois doux comme une chanson de Paul Simon peut \u00eatre douce, mais douce et cynique ou douce et am\u00e8re ou douce et maligne, parce qu&rsquo;on peut \u00eatre gentil aussi, sans \u00eatre con, voil\u00e0 tu m&rsquo;avais dit \u00e7a.<br \/>\n<br ><br \/>\n<strong>89_ Le propri\u00e9taire est pass\u00e9, et il a arrach\u00e9 toutes les plantes au pied du mur, et il y en avait un paquet. C&rsquo;est la maison du botaniste, aussi. Les laitues, les laiterons, les pari\u00e9taires, les cymbalaires, c&rsquo;\u00e9tait joli. Bah, ce qu&rsquo;il ne sait pas c&rsquo;est qu&rsquo;en agissant ainsi, il pr\u00e9pare l&rsquo;arriv\u00e9e de la for\u00eat, des plantes de plus en plus difficiles \u00e0 arracher. D\u00e9j\u00e0 un sureau, un tro\u00e8ne ; puis bien vite un \u00e9rable, bien ancr\u00e9, puis un ch\u00eane ou un h\u00eatre, qui sait, tu seras bient\u00f4t dans la for\u00eat.<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n90_ Toi tu disais Je ne vois pas bien l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de poss\u00e9der deux mains si, dans chaque situation ou presque, l&rsquo;une ne peut pas se d\u00e9brouiller sans l&rsquo;autre.<br \/>\n<br ><br \/>\n<strong>91_ Le propri\u00e9taire est pass\u00e9 : car la propri\u00e9t\u00e9 est pass\u00e9e.<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n92_ \u00ab Je retrouve ses lares et p\u00e9nates, c&rsquo;est-\u00e0-dire le scorpion et le petit-duc, c&rsquo;est-\u00e0-dire la solitude et le d\u00e9sir. \u00bb<br \/>\n<br ><br \/>\n<strong>93_ Il pouvait devenir fou \u00e0 la seule id\u00e9e que, sur les moissons de cigales en pleine sieste, le voisin du dessus vienne percer ce froufrou avec les \u00ab\u00a0tic, tic\u00a0\u00bb de ses ongles de pied, qu&rsquo;il coupait par la fen\u00eatre.<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n94_ Elles m&rsquo;ont demand\u00e9 de les aider ; elles avaient d\u00fb changer de chambre \u00e0 air, et ne parvenait pas \u00e0 la remettre dans la roue. Elles \u00e9taient parties de Dijon. Elles \u00e9taient hollandaises, toutes les deux. Pas tr\u00e8s jolies, mais enfin on a r\u00e9ussi \u00e0 replacer la roue avec sa chambre. L&rsquo;une d&rsquo;elle n&rsquo;avait pas de main gauche. Elles allaient aux Saintes-Maries-de-la-Mer.<br \/>\n<br ><br \/>\n<strong>95_ Pour \u00e9vincer l&rsquo;ennui pesant qui garnissait sa vie pendant les vacances estivales, il avait mis au point, en moins d&rsquo;une journ\u00e9e, une chor\u00e9graphie pour cuisine sur la musique de <em>The wall<\/em> de Pink Floyd. <\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n96_ Le vent qui rabat les essences de lavande dans les rues, la suspension progressive des cigales dans les arbres, la montagne qui dispara\u00eet dans les nuages : c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;orage.<br \/>\n<br ><br \/>\n<strong>97_ La jeune fille a lu pr\u00e8s de mille pages en trois jours, et lui n&rsquo;en a pas \u00e9crite une enti\u00e8re.<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n98_ Le botaniste a rang\u00e9 son herbier, et s&rsquo;est rendu compte qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais pris qu&rsquo;une seule plante, toujours la m\u00eame, \u00e9parpill\u00e9e sur des dizaines de planches. Toujours une seule. Enfin parfois elle change, mais g\u00e9n\u00e9ralement elle est la m\u00eame. 517 fois la m\u00eame plante, en fleur, en fruit, en pousse, en paille, une seule plante, une seule et m\u00eame plante.<br \/>\n<br ><br \/>\n<strong>99_ \u00ab\u00a0J&rsquo;attache le chat de Schr\u00f6dinger au ruban de M\u00f6bius, et r\u00e9ciproquement.\u00a0\u00bb<\/strong><br \/>\n<br ><br \/>\n100_ Le seul fait que personne ne d\u00e9mente que le r\u00e9el existe joue sacr\u00e9ment en sa d\u00e9faveur.<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><font size=\"1\"><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/les-proces-verbeux-04\">< Pr\u00e9c\u00e9dent<\/a> \u2022 <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/les-proces-verbeux-06\">Suivant ><\/a><\/font><\/p>\n<p><br ><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Proc\u00e8s verbeux sont des statuts publi\u00e9s sur Facebook, au fil des jours, sans queue ni t\u00eate, num\u00e9rot\u00e9s et rassembl\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement par vingt. 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