{"id":7733,"date":"2013-01-16T11:58:15","date_gmt":"2013-01-16T09:58:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=7733"},"modified":"2013-08-07T01:45:07","modified_gmt":"2013-08-06T23:45:07","slug":"les-proces-verbeux-04","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/les-proces-verbeux-04\/","title":{"rendered":"Les proc\u00e8s verbeux (4)"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2013-01-16-a\u0300-10.40.32-300x263.png\" alt=\"Capture d\u2019e\u0301cran 2013-01-16 a\u0300 10.40.32\" width=\"300\" height=\"263\" class=\"alignnone size-medium wp-image-7734\" srcset=\"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2013-01-16-a\u0300-10.40.32-300x263.png 300w, https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2013-01-16-a\u0300-10.40.32.png 573w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<blockquote><p>Les Proc\u00e8s verbeux sont des statuts publi\u00e9s sur Facebook, au fil des jours, sans queue ni t\u00eate, num\u00e9rot\u00e9s et rassembl\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement par vingt. Pas de quoi s&rsquo;exciter, peu r\u00e9-\u00e9crits, je les livre tels quels.<\/p><\/blockquote>\n<p><font size=\"1\"><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/les-proces-verbeux-03\">< Pr\u00e9c\u00e9dent<\/a> \u2022 <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/les-proces-verbeux-05\">Suivant ><\/a><\/font><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><strong>61_ Comme je travaillais dans les coupes de bois et va savoir, soit le soleil, tr\u00e8s doux et huileux aujourd&rsquo;hui, les brumes d&rsquo;apr\u00e8s-midi qui caressaient tout le paysage ou que je me rende compte que de l\u00e0 on portait comme un faucon sur toute la vall\u00e9e et m\u00eame le Rh\u00f4ne et l&rsquo;Ard\u00e8che, alors que tu sais bien qu&rsquo;on n&rsquo;est pas tr\u00e8s haut, eh ben j&rsquo;ai tout l\u00e2ch\u00e9, les buches, la tronco, tout ; je suis descendu, comme appel\u00e9, comme happ\u00e9. J&rsquo;ai march\u00e9 tout l&rsquo;apr\u00e8s-midi jusqu&rsquo;\u00e0 la rivi\u00e8re. J&rsquo;ai mis un pied dedans, puis les deux. Je voulais tout, tout arr\u00eater&#8230;<\/strong><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>62_ Tu sais je me bordais dans ces paroles, et rien ne m&rsquo;atteignait. J&rsquo;avais pass\u00e9 ce cap-l\u00e0 tu sais, o\u00f9 ce n&rsquo;est plus seulement du d\u00e9sir. Et je m&rsquo;enroulais comme un chat.<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><strong>63_ Du jour o\u00f9 la bagnole a l\u00e2ch\u00e9, je me suis retrouv\u00e9 comme un con, chez moi, tout seul. Tu penses, rien que pour l&rsquo;amener au garage ! Je suis rest\u00e9 comme \u00e7a deux mois, deux mois putain ! Deux mois sans boulot, sans voir personne, sans bouffer. Deux mois comme un eunuque, putain.<\/strong><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>64_ \u00ab Mais tu vois peut-\u00eatre que si les gens prennent pas la parole qu&rsquo;on leur offre c&rsquo;est qu&rsquo;ils ont rien \u00e0 dire. \u00bb<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><strong>65_ Et toi qui disais On s&rsquo;accroche \u00e0 pas grand chose tu sais pour tenir ; une \u00e9toffe, un rayon de lumi\u00e8re, l&rsquo;id\u00e9e du plaisir solitaire&#8230;<\/strong><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>66_ Et moi qui disais Mais le r\u00e9el lui se rappelle bien \u00e0 nous, s&rsquo;accroche, comme de grosses graines de bardane. Vulgaire et sec. &#038; vuln\u00e9rant.<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><strong>67_ Le chien, fin <em>connoisseur<\/em> d&rsquo;\u00e9trons et grand amateur de la merde des autres, regarde pourtant toujours son ma\u00eetre avec piti\u00e9 \u2014 qui ramasse les siennes avec un sourire satisfait.<\/strong><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>68_ Le chat, quand il est parvenu a embrocher la bonne grosse mouche noire (celle qui n&rsquo;a qu&rsquo;un souhait : se tirer de la maison), quelque chose le pousse \u00e0 la gober ; et l\u00e0 il se rend compte que c&rsquo;est aussi d\u00e9gueulasse qu&rsquo;imb\u00e9cile ; mais il ne peut plus s&rsquo;arr\u00eater ; car il ne repr\u00e9sente plus seulement son petit monde coquet \u00e0 pr\u00e9sent, il est l&rsquo;Histoire des chats, il est tous les Chats, dans leur glorieux apparat de chasseur s\u00e9culaire.<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><strong>69_ L&rsquo;illusion du livre total n&rsquo;a d&rsquo;\u00e9gal que le r\u00eave d&rsquo;une biblioth\u00e8que compl\u00e8te. <\/strong><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>70_ Le chat ressemble fort au Parisien. Totalement adapt\u00e9 \u00e0 son environnement quotidien il devient aussi sot que ridicule d\u00e8s qu&rsquo;on l&rsquo;en extirpe.<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><strong>71_ Seul un chat innocent et espi\u00e8gle est \u00e0 m\u00eame d&rsquo;ouvrir la porte du coffre-fort.<\/strong><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>72_ Le monde n&rsquo;est pas r\u00e9ductible \u00e0 une formule math\u00e9matique, depuis que les math\u00e9matiques nous cassent les couilles, \u00e7a se saurait.<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><strong>73_ Au contraire le monde est complexe, comme les hommes ou les livres, et c&rsquo;est pour \u00e7a qu&rsquo;il existe encore et des hommes et des livres.<\/strong><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>74_ J&rsquo;aurais tout fait pour enregistrer ce larsen \u2014 mais c&rsquo;est aussi de savoir que la pluie \u00e9chappe.<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><strong>75_ Une fois que tu as compris que toute entreprise scientifique mod\u00e8le le r\u00e9el qu&rsquo;elle pr\u00e9tend objectivement conna\u00eetre ou d\u00e9couvrir.<\/strong><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>76_ Et quand tu prends conscience que le langage est une membrane pour toute chose, de sorte que le monde n&rsquo;est qu&rsquo;une collection de pelures, un mille-feuille, un magasin de pr\u00e9servatifs, une garde-robe.<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><strong>77_ On se retrouverait les uns chez les autres, heureux d&rsquo;ouvrir une bouteille de vin tr\u00e8s sec, un air de sentoline flottant dans le roulis des vagues ; une l\u00e9g\u00e8re musique atonale en fond, sur des tapis boucl\u00e9s aux couleurs extravagantes ; dans des habitats dessin\u00e9s par Niemeyer ou Franquin ; et presque nus, on adorerait se souhaiter la nouvelle ann\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>78_ L&rsquo;\u00e9gouttoir en inox est la chose au monde la mieux partag\u00e9e.<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><strong>79_ Et parfois c&rsquo;est un tout autre destin pour le chat : qu&rsquo;il s&#8217;emmerde grave.<\/strong><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>80_ Steak de cheval et sol invictus.<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><font size=\"1\"><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/les-proces-verbeux-03\">< Pr\u00e9c\u00e9dent<\/a> \u2022 <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/les-proces-verbeux-05\">Suivant ><\/a><\/font><\/p>\n<p><br ><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Proc\u00e8s verbeux sont des statuts publi\u00e9s sur Facebook, au fil des jours, sans queue ni t\u00eate, num\u00e9rot\u00e9s et rassembl\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement par vingt. Pas de quoi s&rsquo;exciter, peu r\u00e9-\u00e9crits, je les livre tels quels. < Pr\u00e9c\u00e9dent \u2022 Suivant > 61_ Comme je travaillais dans les coupes de bois et va savoir, soit le soleil, tr\u00e8s&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[242,1904,2109],"tags":[2395,2114,2389,2391,1091,442,259,2394,2393,2390,2392,1117,1832,2367,682,2388],"class_list":["post-7733","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chantiers","category-echanges","category-facebook-echanges","tag-andre-franquin","tag-ardeche","tag-bois","tag-chat","tag-chien","tag-couple","tag-livre","tag-oscar-niemeyer","tag-parisien","tag-parole","tag-pierre-senges","tag-reel","tag-rhone","tag-son","tag-travail","tag-tronconneuse"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7733","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7733"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7733\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8398,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7733\/revisions\/8398"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7733"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7733"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7733"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}