{"id":5056,"date":"2012-01-08T22:43:56","date_gmt":"2012-01-08T20:43:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=5056"},"modified":"2023-04-30T14:59:14","modified_gmt":"2023-04-30T12:59:14","slug":"pericoloso-porgermi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/pericoloso-porgermi\/","title":{"rendered":"Pericoloso porgermi"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/scivoloso2.jpg\" rel=\"lightbox[5056]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/scivoloso2-150x150.jpg\" alt=\"\" title=\"scivoloso\" width=\"150\" height=\"150\" class=\"aligncenter size-thumbnail wp-image-5065\" srcset=\"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/scivoloso2-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/scivoloso2-59x59.jpg 59w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><br \/>\n<br ><\/p>\n<p>A quoi sert-il d&rsquo;\u00eatre seul si pas de r\u00e9elle mise au point, de bras le corps, son propre corps ?<\/p>\n<p>Le temps passe trop vite, je dors trop, je mange trop, je perds trop de temps \u00e0 trop de choses. Pourtant je suis seul, sans quasi d&rsquo;internet, je suis libre d&rsquo;horaires et j&rsquo;ai sous la main tout ce qui faut (et m\u00eame de l&rsquo;internet \u00e9ch\u00e9ant).<\/p>\n<p>Avec la nouvelle ann\u00e9e peut-\u00eatre et tous les changements encourus, je me sens comme un grain dans un transfert d&rsquo;engrenages, dans un ballet de roues, o\u00f9 je n&rsquo;aurais pas d&rsquo;air. Moucheron dans la tectonique. Et les plaques me prom\u00e8nent, m&rsquo;effleurent, me broient, selon.<\/p>\n<p>Tout de m\u00eame en aveugle, il y a eu du travail, mais toujours comme si je parlais dans la bouche de quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre. La premi\u00e8re achoppe que j&rsquo;ai saisie a \u00e9t\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/suffit-sa-peine-101\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>Suffit sa peine<\/em><\/a>. Mais lass\u00e9 du petit jeu, ou plut\u00f4t peu disponible pour ce faire, bien, et mieux, je n&rsquo;ai pas accentu\u00e9 le travail au point d&rsquo;en faire sillon. Puis est venu <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/farigoule-bastard\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">farigouleBASTARD<\/a>, pour lequel je nourris plus qu&rsquo;une affection passag\u00e8re \u2014 h\u00e9las sa langue est \u00e0 ce point singuli\u00e8re, je ne m&rsquo;en suffirais pas <em>ad vitam<\/em>.<\/p>\n<p>Alors trouver entre-deux, comme par hasard.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/fred_griot_refonder.jpg\" rel=\"lightbox[5056]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/fred_griot_refonder-198x300.jpg\" alt=\"\" title=\"fred_griot_refonder\" width=\"198\" height=\"300\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-5057\" srcset=\"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/fred_griot_refonder-198x300.jpg 198w, https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/fred_griot_refonder.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 198px) 100vw, 198px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Etrange instant nocturne, car apr\u00e8s avoir relu <em>Le fil de l&rsquo;horizon<\/em> pour <em>GEnove<\/em> (quand m\u00eame enfin \u2014 et troisi\u00e8me ou quatri\u00e8me lecture soi-dit en passant), je me suis promen\u00e9 \u00e0 effeuiller des pdf de la machine : les lettres du <em>Voyant<\/em> de Rimbaud et le <em>Refonder<\/em> de Griot. Et de ces ponts entre les deux (de ces ponts d\u00e9j\u00e0 per\u00e7us par Blanchot, que cite Griot). <\/p>\n<p>C&rsquo;est peu dire que j&rsquo;aime le travail de Fred Griot, mais son \u201cjournal\u201d est d&rsquo;autant plus passionnant qu&rsquo;il est toujours s\u00e9v\u00e8re mais bienveillant, jamais m\u00e9chant, jamais p\u00e9dant. Et entier comme le gars. Dense comme ce texte, tout contre le silence.<\/p>\n<p>Si Rimbaud te recase un peu, pourquoi tu es venu l\u00e0 quoi, Griot te rappelle aussi qu&rsquo;il faut encore reprendre l&rsquo;\u00e9cheveau, reprendre l&rsquo;\u00e9cheveau encore et encore, jusqu&rsquo;\u00e0 la trouver, foutue, cette voix. <\/p>\n<p>Je crois que je passerais des nuits \u00e0 \u00e9crire s&rsquo;il n&rsquo;y avait ce foutu besoin de vivre, \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Et comme je suis passionn\u00e9 par mon m\u00e9tier, celui-ci bouffe le temps comme un ivrogne. Aussi que c&rsquo;est plus facile et rassurant de compter des fleurs que de se jeter tout nu dans l&rsquo;encre, mais quoi. Ce que dit Rimbaud me rappelle quand j&rsquo;ai commenc\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire. Ce que dit Duras, \u00e0 travers Griot, c&rsquo;est ce que je ressens encore aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Fait expr\u00e8s, ou pas, je les retrouve tous les deux chez le second (dont je reparlerai) :<\/p>\n<blockquote><p>Ne valent que ces moments o\u00f9 mon texte est au-del\u00e0 de moi<br \/>\nO\u00f9 l\u2019auteur n\u2019est plus<br \/>\nO\u00f9 l\u2019objet qu\u2019il a produit, qu\u2019il a \u00ab\u00a0m\u00e9diatis\u00e9\u00a0\u00bb, est objet sans lui.<br \/>\nJe suis je me retrouve je me trouve sur ce chemin c\u2019est \u00e0 moi que tout cela arrive. Mais si j\u2019utilise JE \u2014 \u00e7a m\u2019arrive tout le temps, malgr\u00e9 moi \u2014 si j\u2019utilise JE, ce n\u2019est pas moi mais lui celui-l\u00e0 un autre\u2026<\/p><\/blockquote>\n<p><br ><\/p>\n<p>Je vais donc ouvrir mon cahier tiens. Mon cahier journal \u00e0 moi, et se remettre un peu \u00e0 la plume, \u00e7a ne fera pas de mal aux doigts. Parce que vois-tu, pour l&rsquo;instant ce n&rsquo;est pas d&rsquo;une terrifiante coh\u00e9rence ton parcours :<br \/>\n\u2014 <em>La litt\u00e9rature inqui\u00e8te<\/em> qui r\u00e9clame du temps (encore Mora, Chatelier, &#038;Griot, donc, que j&rsquo;ai sous la main, mais que  \u201cil faut s&rsquo;y mettre\u201d) ;<br \/>\n\u2014 <em>farigouleBASTARD<\/em> qui s&rsquo;agite comme tout seul sur sa colline et dans son bain de mots ; bien envoy\u00e9 \u00e0 qui de droit, mais r\u00e9ponse ne viendra sans doute pas ;<br \/>\n\u2014 Instin qui pr\u00e9occupe plus qu&rsquo;il n&rsquo;occupe, entre le <em>Climax<\/em> qui ne sort jamais et les traductions que je me suis impos\u00e9es <em>Spoon River<\/em> (parler dans la bouche d&rsquo;un autre, tiens ?) ;<br \/>\n\u2014 <a href=\"http:\/\/www.ge-nove.net\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>GEnove<\/em><\/a>, qui pour l&rsquo;instant touche \u00e0 tout \u00e0 tout sans appara\u00eetre tr\u00e8s clairement d\u00e9fini \u2014\u00a0et puis qui tarde \u00e0 finir.<br \/>\n et tout le reste comme les parasites <em>Pas rien<\/em> (avec ces <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/pas-rien\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">contre<\/a>&#8211;<a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/quiproquos-1\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">indications<\/a> que je balance \u00e0 chaque fois aussi maintenant), le boulot <em>Hors-Sol<\/em>, la recherche de r\u00e9sidences qui ne se fait pas, les traductions de l&rsquo;italien \u00e0 envisager s\u00e9rieusement, avec l&rsquo;\u00e9change Niffoi, l&rsquo;index du site qui n&rsquo;avance pas plus, le site qui bancale, la musique o\u00f9 on tourne en rond ! Et puis le manger-dormir qui broute et ronfle le lir&#038;crire.<\/p>\n<p>Pourtant il y a eu des moments de pr\u00e9cision, c&rsquo;est-\u00e0-dire de r\u00e9currence dans le boulot : Suffit sa peine, quotidienne depuis G\u00eanes jusqu&rsquo;aux fleurs (11 avril me rappelle), ce retour au net en d\u00e9but d&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re qui a fait avancer LI, ce farigoule-hebdo depuis (le garder, garder ce lien avec le <a href=\"http:\/\/leconvoidesglossolales.blogspot.com\/2011\/12\/760-vendredi-30-decembre-2011.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Convoi des Glossolales<\/a>, jusqu&rsquo;au num\u00e9ro 1000 au moins).<\/p>\n<p>Mais peut-\u00eatre c&rsquo;est juste \u00e7a, qu&rsquo; :<\/p>\n<blockquote><p>\u00e9crire c\u2019est seul<\/p><\/blockquote>\n<p><br ><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/tabucchi_filo_dell_orizzonte.jpg\" rel=\"lightbox[5056]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/tabucchi_filo_dell_orizzonte-186x300.jpg\" alt=\"\" title=\"tabucchi_filo_dell_orizzonte\" width=\"186\" height=\"300\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-5062\" \/><\/a><\/p>\n<p>[Ajout du lendemain, c&rsquo;est-\u00e0-dire aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Etrangement, <a href=\"http:\/\/www.fgriot.net\/notes\/dotclear\/index.php?post%2F2012%2F01%2F08%2Fnoter-et-%C3%A9crire-%283%29\" target=\"_blanck\" rel=\"noopener noreferrer\">Fred Griot publie un texte<\/a> sur son site ce jour, qui parle justement de ces journaux d&rsquo;\u00e9crivain, de son rapport \u00e0 eux.<\/p>\n<blockquote><p>peut-\u00eatre plus alors qu&rsquo;une \u00e9criture en soi, c&rsquo;est une \u00e9criture de ce travail conduit, une \u00e9criture du temps du travail, une \u00e9criture du travail men\u00e9 dans le temps.<\/p><\/blockquote>\n<p><br ><\/p>\n<p>J&rsquo;ai pos\u00e9 donc des lignes dans le cahier (le trente-deuxi\u00e8me chez moi, mais ce sont des cahiers d&rsquo;\u00e9colier, pas Moleskine\u00ae !), l\u00e0, fait accompli : pas tortiller. On connait la chanson, faut \u00e9crire. Pas que j&rsquo;ai pas de projet. Au contraire : finir le commenc\u00e9, et d&rsquo;abord GE-nove, trouver \u00e9diteur pour les autres (encore ce vieux r\u00eave).<\/p>\n<p>Heureusement il y a les \u00e9changes, nombreux, stimulants : la revue D&rsquo;Ici L\u00e0 de Pierre M\u00e9nard, les Vases communicants (justement j&rsquo;accueille Pierre M\u00e9nard), et c&rsquo;est b\u00eate mais cet autre journal qu&rsquo;est Facebook, qu&rsquo;est Twitter. L\u00e0 encore co\u00efncidence mais <a href=\"http:\/\/guenaelboutouillet.livreaucentre.fr\/2012\/01\/06\/trente-deux-sur-quatre-vingt-dix-neuf-collectif\/\">Gu\u00e9na\u00ebl Boutouillet insiste, encore ce jour !, sur la n\u00e9cessit\u00e9<\/a> de ces correspondances, et oui on acquiesce, bien s\u00fbr on acquiesce. Plus on se dissoudra dans le texte autrui, plus on devra retrouver son stylet, plus on se rameute, comme dit Farigoule, apr\u00e8s \u00e9parpillement.<\/p>\n<blockquote><p>&#038; merveille d\u2019affirmer que ce hasard n\u2019en est pas un, que les signes s\u2019organisent intelligent, que cela signifie fort, qu\u2019il y a de quoi poursuivre, <b>qu\u2019il faut<\/b> : collectif, i.e : ensemble, i.e comme un ensemble, ouvert, mouvant \u2013 vivant.<\/p><\/blockquote>\n<p>La proximit\u00e9 de quelques-uns, Gu\u00e9na\u00ebl ou Pierre, <a href=\"http:\/\/brigetoun.blogspot.com\/2012\/01\/juste-le-journal-dun-jour-vide-et-de.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Brigite C\u00e9lerier par exemple<\/a>, qui soutient, qui soutient, que je cite parce qu&rsquo;elle aussi, elle dit des choses qui prennent dans un jour vide.<\/p>\n<p>Mais je m&rsquo;\u00e9tais donn\u00e9 une r\u00e8gle pour ces cahiers, ne pas en faire un journal, jamais. Un journal intime, non : s\u00fbr, un journal d&rsquo;\u00e9criture c&rsquo;est diff\u00e9rent, plut\u00f4t l&rsquo;arri\u00e8re-boutique, la salle des machines, et puis c&rsquo;est l\u00e0 aussi o\u00f9 il y a f(r)iction dans l&rsquo;\u00e9criture (comme la critique est f(r)iction dans la lecture), c&rsquo;est-\u00e0-dire va-et-vient, et passages, et tout ce qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 dit du &#038;, de l&rsquo;entre-deux et compagnie. En effet, c&rsquo;est dans le journal (la correspondance avec soi-m\u00eame), c&rsquo;est donc dans la correspondance qu&rsquo;on peut d\u00e9poser les balises de son \u00e9criture, non pour se soupeser, pas \u00e0 l&rsquo;encontre, pas agressif, mais l\u00e0 : dire voil\u00e0, <em>moi<\/em>, <em>eccomi<\/em>. M\u00eame si ce territoire est n\u00e9gatif ou ombr\u00e9. M\u00eame si ce territoire est absent. M\u00eame si invagination, ou revers. M\u00eame si on a rat\u00e9. D&rsquo;ailleurs si on a rat\u00e9. Du temps qu&rsquo;on a rat\u00e9 comme il faut.<\/p>\n<p>Finalement le journal de soi, le journal des autres c&rsquo;est pareil, \u00e7a \u00e9crit pareil, \u00e7a lit pareil, pourquoi on irait r\u00e9p\u00e9ter ce que d&rsquo;autres font mieux ? A moins qu&rsquo;on n&rsquo;y mette de sa voix, de son truc \u00e0 soi. Sacr\u00e9 Tabucchi : ce bouquin de rien du tout (je l&rsquo;ai trouv\u00e9 en PDF : 33 feuillets ! Farigoule p\u00e8se triple !) te rebranche, t&rsquo;\u00e9lectrocute, te fout \u00e0 l&rsquo;eau.]<\/p>\n<blockquote><p>Il filo dell\u2019orizzonte, di fatto, \u00e8 un luogo geometrico, perch\u00e9 si sposta mentre noi ci spostiamo. Vorrei molto che per sortilegio il mio personaggio lo avesse raggiunto, Perch\u00e9 anche lui lo aveva negli occhi.<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A quoi sert-il d&rsquo;\u00eatre seul si pas de r\u00e9elle mise au point, de bras le corps, son propre corps ? 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