{"id":464,"date":"2010-05-21T03:49:14","date_gmt":"2010-05-21T08:49:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=464"},"modified":"2010-09-19T07:53:13","modified_gmt":"2010-09-19T12:53:13","slug":"foce-projet-mafia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/foce-projet-mafia\/","title":{"rendered":"Foce | le texte"},"content":{"rendered":"<hr \/>\n<p><br ><\/p>\n<p><em>Dans le cadre du festival Terrain Vague organis\u00e9 par le Mouvement Artistique Festif Inter Actif (MAFIA) \u00e0 Francardo (Haute-Corse), j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 une esp\u00e8ce de raccourci ou d&rsquo;interface entre les deux projets en cours d&rsquo;\u00e9criture, GEnove d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, GI-Climax de l&rsquo;autre. Je propose ces pages brouillonnes \u00e0 la lecture, et les accompagne d&rsquo;<a href=\"?p=468\">une bande son totalement incongrue<\/a>. L&rsquo;exposition au Centre des Arts et du Feu (Prumitei) de Francardo se poursuit jusqu&rsquo;au 30 mai.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Foce\u00a0| D\u00e9rive \u00e0 partir de deux fils d&rsquo;eau<\/h3>\n<p><br ><br \/>\nDes vagues, des cordes.<br \/>\nDes vagues des cordes \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0qui portent et transportent des mots, \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 des sons.<\/p>\n<p>Des vagues, des cordes, qui portent des navires comme des caissons, des cargaisons, des carcasses, des \u00e9cussons. On est parti de l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Et pour aller o\u00f9 ?<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>On est parti de l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>On est parti.<br \/>\nOn a l\u00e2ch\u00e9 la terre, puis on a l\u00e2ch\u00e9 la c\u00f4te, et on n\u2019a plus vu \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0que la mer.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>On est parti.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>On commence par de petits objets, des esquisses. C\u2019est une astuce, pour figurer ce qui vient. Le voyage, l\u2019inconnu.<\/p>\n<p>On commence par planter des pieux, qui sont l\u2019attente, l\u2019espoir.<\/p>\n<p>Plus tard, on posera des routes, des ponts, des tunnels, puis des carrefours pour les routes.<\/p>\n<p>On construit la ville : fonctionnelle, au besoin : belle ; en regard, par la bande : rieuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Le fleuve qui passe la ville sur son est se jette dans la mer au niveau d\u2019un village de p\u00eacheurs. Aujourd\u2019hui quartier r\u00e9sidentiel sans \u00e9clat.<\/p>\n<p>On dit que ce site, jadis, \u00e9tait le lieu de d\u00e9barquement des Focei soit les Phoc\u00e9ens, les marchands grecs qui ont fond\u00e9, non loin, une colonie du nom de Massalia.<\/p>\n<p>On ne sait pas, au regard des chiffres et des tonnages, de Massalia\/Marseille\/Marsiglia ou de Xenoa\/Genova\/G\u00eanes, lequel des deux est le port le plus important de la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n<p>On sait toutefois que les deux villes se ressemblent.<\/p>\n<p>On dit que les deux villes sont en t\u00eate du classement des villes les plus d\u00e9test\u00e9s de leurs habitants.<\/p>\n<p>Il existe un r\u00e9seau qui f\u00e9d\u00e8re ces villes.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Renzo Piano dit : \u201cL\u2019eau est une mati\u00e8re reposante. J\u2019aime l\u2019eau qui, dans un lieu, rassemble et rassure les visiteurs.\u201d<\/p>\n<p>Il dit aussi : \u201cLa cale d\u2019un bateau c\u2019est comme une \u00e9glise : un espace r\u00e9serv\u00e9 au recueillement personnel ; un espace spirituel.\u201d<\/p>\n<p>L\u2019eau. Repr\u00e9sente la fronti\u00e8re, l\u2019inconnu qu\u2019on r\u00eave d\u2019\u00e9treindre. Mais l\u2019eau est un plein trompeur : elle est plut\u00f4t signe, et signalement, et signalisation, du vide. Personne ne marche sur l\u2019eau.<\/p>\n<p>L\u2019eau ne porte rien, sinon des bateaux, qui sont des morceaux d\u00e9tach\u00e9s des c\u00f4tes, des \u00e9cueils, d\u00e9rivant sur l\u2019eau.<\/p>\n<p>L\u2019eau ne porte rien, sinon des \u00eeles, qui sont des morceaux d\u2019ailleurs, des choses bouillantes, des choses en attente, des choses aux aguets, pr\u00eates \u00e0 crier.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Scolie. Lettre d\u2019un marchand g\u00e9nois ; d\u2019un prisonnier sicilien ; ou d\u2019un soldat romain \/ retrouv\u00e9e par miracle dans un r\u00e9cipient \u00e9tanche, dans la cale d\u2019un navire coul\u00e9 \u00e0 \u00e9gale distance entre Marseille, G\u00eanes et la Corse, lors de travaux scientifiques dans le \u201csanctuaire des c\u00e9tac\u00e9s\u201d. Les passages entre crochets sont des adaptations subjectives, la qualit\u00e9 du texte ne permettant pas de saisir le mot exact. La ponctuation est imaginaire.<\/p>\n<p>Ch\u00e8re A,<\/p>\n<p>J\u2019ai gard\u00e9 l\u2019os.<\/p>\n<p>Comme un souvenir, comme un [gri-gri], j\u2019ai gard\u00e9 l\u2019os.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai que \u00e7a qui me [rappelle]&#8230; J\u2019ai froid. La pluie, toujours, comme je suis loin de mon pays. J\u2019en n\u2019ai gard\u00e9\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0que l\u2019os.<\/p>\n<p>Nous sommes toujours ensemble. Nous ne nous connaissons pas. Nous apprendrons \u00e0 mieux nous conna\u00eetre. La pluie, le froid, nous contraint \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Moi qui viens de [loin], si loin. Et eux, d\u2019o\u00f9 viennent-ils ? Qui sont-ils ? Je ne les connais pas. Ce sont des \u00e9trangers pour moi. Dans ma main, il y a l\u2019os grav\u00e9. L\u2019os \u00e9crit. Je l\u2019ai gard\u00e9, c\u2019est le seul pont qui me rappelle. C\u2019est le seul [passage] que je tiens. C\u2019est le seul souvenir que je garde. De toi.<\/p>\n<p>L\u2019os de seiche.<\/p>\n<p>L\u2019os de baleine.<\/p>\n<p>Nous sommes souvent les uns sur les autres, il n\u2019y a pas d\u2019intimit\u00e9 ici, nous devons composer avec \u00e7a. Avec nos [corps], qui nous g\u00eanent tous. Avec nos membres qui prennent tant de place.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai que quelques affaires personnelles. Le minimum. Nous avons march\u00e9 longtemps, nous avons navigu\u00e9 longtemps. Nous avons vu du pays, oui. Il fallait \u00eatre l\u00e9ger.<\/p>\n<p>Comme nous n\u2019imaginions pas que le plus encombrant dans c e voyage, \u00e7\u2019aura \u00e9t\u00e9 le [corps] !<\/p>\n<p>Nous marchons ensemble, avons march\u00e9. Nous mangeons ensemble, avons mang\u00e9. Nous dormons ensemble avons dormi.<\/p>\n<p>Nous couchons ensemble. Nous nous lavons ensemble. Tout se fait par petits groupes. Tout ceci fait du groupe. A vrai dire nous ne sommes plus tellement des noms, mais des num\u00e9ros [illisble, NdE].<\/p>\n<p>J\u2019admire le [illisible], l\u2019autorit\u00e9 qui parvient \u00e0 distinguer les engrenages de notre arm\u00e9e, les rouages de notre [machine], \u00e0 la contr\u00f4ler, \u00e0 l\u2019huiler, \u00e0 la ch\u00e9rir, afin de nous mener au but.<\/p>\n<p>[Long passage illisible]<\/p>\n<p>Il y a des pelouses partout.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>L\u2019eau ne porte pas les hommes. Les hommes sont des paysans. Des agriculteurs. Tout juste bons a mener \u00e0 peine un b\u0153uf et \u00e0 tra\u00eener mis\u00e9rablement un soc d\u2019une charrue dans une terre tant\u00f4t trop grasse tant\u00f4t trop pierreuse.<\/p>\n<p>Vous ne les mettrez pas sur ces esquifs, ils pr\u00e9f\u00e9reront la terre. Vous caboterez. Le voyage sera interminable. Vous serez d\u00e9cim\u00e9s par les bombardements pisans. Vous serez infest\u00e9s de rats et de puces, vous vous battrez entre vous, vous vivrez la mutinerie, la col\u00e8re, le mal de la mer, qui n\u2019est pas qu\u2019un d\u00e9sordre gastrique ; pensez que vous allez rester sur ces planches des mois durant.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>J\u2019admire le pharmacien, qui cueille de petits bouquets tout au long du voyage. Il dispose de grands \u00e9tuis de cuir que portent deux de ses [illisible]\u00a0\u00a0 \u00a0; il y dispose d\u00e9licatement des [\u00e9chantillons] de plantes, auxquelles il donne des noms qu\u2019il invente, pour le plupart. Sa collection est importante.<\/p>\n<p>J\u2019aime bien \u00e9couter le [pharmacien]. Il nous sera utile, car il conna\u00eet les plantes qu\u2019il nomme.<\/p>\n<p>Dans la longue marche, en queue de colonne, nous \u00e9tions loin des chevaux soufflant (leurs naseaux exhalaient toute la chaleur de la machine). Nous pouvions discuter, loin des oreilles de notre chef, mais nous ne parlions pas. Nous observions les \u00e9paules [m\u00e9caniques]de celui qui nous pr\u00e9c\u00e9dait. Nous nous fondions dans ce bruit de caligae d\u00e9multipli\u00e9. Nos esprits se perdaient dans les champs r\u00e9sonnant de nos pas. Ainsi nous avancions. Enfin nous suivions.<\/p>\n<p>Nous avons march\u00e9 sur toutes les terres du monde, puis il y eut la mer. Et il fallait qu\u2019on la traverse ! Les navires \u00e9taient bond\u00e9s et nous conn\u00fbmes alors les limites : pour nos yeux, pour nos esprits et pour nos corps. La travers\u00e9e ne fut pas tr\u00e8s longue, mais elle fut terrible. La mer nous annon\u00e7ait [la terre qui viendrait], mal. Les dieux nous molestaient. Nous conn\u00fbmes non seulement la mer et sa violence qui fracassait certains bateaux contre des \u00e9cueils insoup\u00e7onn\u00e9s, contre d\u2019autres de nos bateaux. mais la mer n\u2019\u00e9tait rien face au flux des corps, des membres, des yeux qui faisaient un \u00e9trange spectacle. Nous habitions la cale, et nous ne parlions pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Interruption temporaire de la transmission.<\/p>\n<p><em>e sun chi affacci\u00f2u<br \/>\na sta b\u00e0ule da main\u00e0<br \/>\ne sun che a mia<br \/>\ntr\u00e8i camixe de velluu<br \/>\ndu\u00ec cuverte u mandurl\u00ecn<br \/>\ne &lsquo;n caima de legnu duu<br \/>\ne &lsquo;nte &lsquo;na beretta neigra<br \/>\na teu fotu da fantin-a<br \/>\npe pu\u00e8i baxa ac\u00f9n Zena<br \/>\n&lsquo;nsci\u00e0 teu bucca in naftalin-a<\/em><\/p>\n<p>Fin de l\u2019interruption temporaire de la transmission.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Et comment aurions-nous pu parler ? Chacun d\u2019entre nous venait d\u2019un endroit diff\u00e9rent [illisible] nous ne savions m\u00eame pas o\u00f9 cela se situait. Nous formions une masse grouillantes, d\u2019yeux, de membres et de corps, et nous devions faire un.<\/p>\n<p>J\u2019admire le grammairien ou l\u2019orateur, l\u2019autorit\u00e9 qui parvenait \u00e0 dicter ses volont\u00e9s, \u00e0 donner des [ordres], dans ce brouhaha, cette litanie de souffles, dont seuls l\u2019uniforme et les besoins \u00e9l\u00e9mentaires rapprochaient entre eux.<\/p>\n<p>[passage illisible] [Ses yeux] \u00e9taient d\u2019un blanc jaun\u00e2tre et on y lisait comme dans un livre. C\u2019est sans doute ce qui me rassura. Nous nous rapproch\u00e2mes encore lorsque les premiers cadavres se mirent \u00e0 pourrir. Il fallait les jeter par-dessus bord, mais le tangage emp\u00eachait qu\u2019on p\u00fbt le faire sereinement. Je me rappelle les [cordes] nombreuses dont les volontaires s\u2019entouraient, le corps du d\u00e9funt envelopp\u00e9 dans un voile putride, je me rappelle ces [cordes], pour rester amarr\u00e9 \u00e0 son [cercueil] !<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>La ville nous met dehors, nous n\u2019avons plus d\u2019espace, alors nous avons pris les bateaux.<\/p>\n<p>Et nous avons navigu\u00e9.<\/p>\n<p>Pas que nous soyons de grands navigateurs, mais c\u2019est comme si quelque chose de la ville nous poussait vers l\u2019ailleurs, vers l\u2019inconnu, vers l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Vers la mer.<\/p>\n<p>Vers l\u2019eau.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Ces cordes ne sauv\u00e8rent pas tous les volontaires. Et certains subirent le m\u00eame sort que celui qu\u2019ils avaient fait subir aux plus faibles.<\/p>\n<p>Ces cordes on aurait dit des [serpents]. Ces cordes on aurait dit les doigts des dieux. Parfois je les voyais en r\u00eave. Je r\u00eavais des cordes, qui portent, qui serrent, qui \u00e9tranglent, je r\u00eavais des cordes puis je n\u2019eus plus de r\u00eave. Je devenais la corde.<\/p>\n<p>Lorsque nous d\u00e9barqu\u00e2mes, nous \u00e9tions devenus des cordes. R\u00eaches, raides, inertes. Il nous faudrait r\u00e9apprendre \u00e0 [parler], bien que cela ne fut pas n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Interruption ind\u00e9pendante de notre volont\u00e9.<\/p>\n<p>Les cordes, dedans, \u00e9taient ce qui \u00e9tait l\u2019eau dehors : les vagues. Les cordes c\u2019\u00e9tait comme si l\u2019eau avait envahi le bateau. Comme si les voyageurs,n devenus cordes, devenaient des vagues, et que, mourant, ils \u00e9copaient, ou \u00e9cop\u00e9s parce que mourant, il fallait les \u00e9liminer, les rendre \u00e0l\u2019eau, les rendre \u00e0 la mer.<\/p>\n<p>C\u2019est comme si le corps communiquait, de par son devenu-corde, avec l\u2019eau, et son \u00eatre-vague. L\u2019eau jamais ne s\u2019arr\u00eate. Il n\u2019y a aucune fin \u00e0 l\u2019eau. L\u2019eau est la fin elle-m\u00eame, l\u2019eau est la fronti\u00e8re.<\/p>\n<p>Aller sur \u2018leau, \u2018cest tester cette fin unique en soi, c\u2019est chevaucher les bords du monde, c\u2019est chevaucher le limites de notre compr\u00e9hension.<\/p>\n<p>C\u2019est sur le fil de l\u2019eau que l\u2019homme se fait face.<\/p>\n<p>Fin de l\u2019interruption ind\u00e9pendante de notre volont\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>On disait que l\u2019Empereur faisait des guerres toujours plus lointaines non pas pour l\u2019Empire, mais pour maintenir l\u2019arm\u00e9e. Que ces p\u00e9riples incessants, \u00e9reintants et horribles \u00e9taient la meilleure solution d\u2019\u00e9viter une mutinerie. Que de la sorte les soldats \u00e9taient assomm\u00e9s, devenus-cordes. On disait que de la sorte, le soldat retrouvait une fonction docile et muette, redevenait les doigts et les bras de l\u2019Empire, les doigts et les bras de l\u2019Empereur et que celui-ci r\u00e9pondait ainsi \u00e0 la sommation de l\u2019\u00e9lan qui demande d\u2019aller toujours plus loin.<\/p>\n<p>Nos corps nous encombraient parce qu\u2019ils \u00e9taient devenus les membres de [notre chef]. Ils ne nous appartenaient plus. Et il ne nous appartenait plus d\u2019en souffrir, de le regretter car nous ne parlions pas, nous n\u2019\u00e9changions rien, \u00e0 peine nous conquerrions, et encore avec politesse, en levant des cartes, en amenant l\u2019eau, en cr\u00e9ant des villes, et en baisant avec les autochtones.<\/p>\n<p>\u2014 Ne semons-nous pas&#8230; la paix ?<br \/>\n\u2014 N\u2019amenons-nous pas&#8230; l\u2019amour ?<br \/>\n\u2014 Ne sommes-nous pas&#8230; les envoy\u00e9es des dieux ?<\/p>\n<p>Graneam triticeam sic facito. Selibram tritici puri in mortarium purum indat, lavet bene corticemque deterat bene eluatque bene. Postea in aulam indat et aquam puram cocatque. Ubi coctum erit, lacte addat paulatim usque adeo, donec cremor crassus erit factus. Comme le dit Caton avec justesse.<br \/>\nAu d\u00e9but je ne comprenais rien \u00e0 ce paysage, aussi \u00e0 cause de la pluie, du vent, du froid. Tout est plat, il n\u2019y a rien qui fait obstacle. Alors nous nous m\u00eemes \u00e0 construire un mur.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Le fleuve qui passe la ville sur son ouest se jette dans la mer au niveau du centre commercial, et ce pauvre rio tourbeux croise de nombreux sites d\u2019industrie lourde, des infrastructures complexes, et de nombreuses installations portuaires.<\/p>\n<p>On a construit des digues pour permettre depuis longtemps d\u00e9j\u00e0, le d\u00e9veloppement p\u00e9trolier, chimique et m\u00e9tallurgique de la ville : Ansaldo, Italsider, r\u00e9servoirs et hauts-fourneaux, p\u00e9trole, coke et acier, aujourd\u2019hui centre commercial et r\u00e9sidentiel.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p><em>Vedo i fiumi dentro le mie vene,<br \/>\ncercano il loro mare,<br \/>\nrompono gli argini,<br \/>\ntrovano cieli da fotografare. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>J\u2019admire le g\u00e9ographe, l\u2019autorit\u00e9 qui parvient \u00e0 d\u00e9celer des chemins sur cette terre, malgr\u00e9 le vide, et qui nous m\u00e8ne les dieux seuls savent o\u00f9.<\/p>\n<p>Pourquoi alors nous regarde-t-on ainsi ?<br \/>\nPourquoi alors nous regarde-t-on ainsi ?<br \/>\nPourquoi alors nous regarde-t-on ainsi ?<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>Trois chemises de velours<br \/>\nDeux couvertures<br \/>\nUne mandoline<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le cadre du festival Terrain Vague organis\u00e9 par le Mouvement Artistique Festif Inter Actif (MAFIA) \u00e0 Francardo (Haute-Corse), j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 une esp\u00e8ce de raccourci ou d&rsquo;interface entre les deux projets en cours d&rsquo;\u00e9criture, GEnove d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, GI-Climax de l&rsquo;autre. 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