{"id":415,"date":"2009-01-26T05:34:21","date_gmt":"2009-01-26T10:34:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=415"},"modified":"2023-04-24T09:29:11","modified_gmt":"2023-04-24T07:29:11","slug":"memoires-de-francois-bon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/memoires-de-francois-bon\/","title":{"rendered":"M\u00e9moires. De Fran\u00e7ois Bon"},"content":{"rendered":"<p>Fran\u00e7ois <a>B<\/a> <a><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/on-nous-et-eux\/\">o<\/a><\/a> <a>n<\/a> (<b>Note<\/b> : les liens sont vides encore pour cause de refonte des anciens textes du Chantier ; ils renvoient \u00e0 trois textes d\u00e9j\u00e0 \u00e9crits sur le bonhomme) travaille essentiellement sur la m\u00e9moire. Dans tout ce qu&rsquo;elle induit de marche-pied pour l&rsquo;\u00e0-venir, ainsi que de tout ce qu&rsquo;elle porte de signes du vivant (c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;un pr\u00e9sent, qui bien que r\u00e9volu, n&rsquo;en est pas toujours un ancien pr\u00e9sent). Aussi bien lit-on chez lui la <a href>passion du num\u00e9rique<\/a> parfois matin\u00e9e d&rsquo;une confiance excessive dans le mat\u00e9riel (et qui plus est dans le virtuel), ou lisible dans une certaine insistance sur certains aspects techniques (rss\/blogue, <i>son<\/i> Facebook &#8211; m\u00eame si on lit, <a href=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/spip\/spip.php?article949\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">enfin<\/a>, que <i>nous resterons des associaux quand m\u00eame<\/i>, liseuse Sony&#8230;). Mais qu&rsquo;on s&rsquo;y laisse pas prendre : c&rsquo;est une fa\u00e7ade, comme <a href=\"tierslivre.net\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><i>tierslivre.net<\/i><\/a> est une fa\u00e7ade (n&rsquo;est-ce pas d&rsquo;ailleurs sa banni\u00e8re ?). Utiliser du reste un titre vieux de cinq si\u00e8cles pour un site appel\u00e9 <i>litt\u00e9rature et Internet<\/i> (mais pourquoi ce I majuscule ?), n&rsquo;est ce pas l&rsquo;insolence m\u00eame ?<\/p>\n<p>L&rsquo;insolence, c&rsquo;est le t\u00e9lescope, c&rsquo;est le parapluie de Lautr\u00e9amont, le m\u00e9lange des <a>genres<\/a>&#8230; et des \u00e2ges<\/p>\n<p>Son travail traite de la m\u00e9moire :<\/p>\n<ul>\n<li>dans ses livres\/romans<\/li>\n<li>dans ses ateliers d&rsquo;\u00e9criture, et <i>Tous les mots sont adultes<\/i><\/li>\n<li>dans ces \u00ab\u00a0biographies\u00a0\u00bb de rock&rsquo;n&rsquo;roll (et combien de fois le lecteur s&rsquo;identifie \u00e0 ce \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb ou ce \u00ab\u00a0on\u00a0\u00bb dont j&rsquo;ai parl\u00e9 par ailleurs, o\u00f9 scrutant le spectacle du rock&rsquo;n&rsquo;roll, c&rsquo;est soi-m\u00eame qu&rsquo;on scrute)<\/li>\n<li>dans sa syntaxe (me rappelle une discussion avec lui o\u00f9 il d\u00e9clarait tout le mal qu&rsquo;elle lui avait donn\u00e9 pour certains \u00e9diteurs)<\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.publie.net\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><i>publie.net<\/i><\/a>, o\u00f9 il s&#8217;empresse de publier Rimbaud, Mallarm\u00e9, Lautr\u00e9amont et Balzac !)<\/li>\n<li>jusqu&rsquo;au <i>tierslivre<\/i> o\u00f9 l&rsquo;on trouve un agenda, une biographie presque imaginaire, ou les images archiv\u00e9es des premi\u00e8res apparences du site.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Bon travaille avec le temps, comme une mati\u00e8re premi\u00e8re. Non pas une informe mall\u00e9able dont on d\u00e9piaute des morceaux ; mais comme mat\u00e9riau creus\u00e9 par le mot, rameut\u00e9 par le mot, ou encore dans lequel le mot creuse des galeries, des raccourcis, de nouvelles passerelles. Il nous fait croire qu&rsquo;il travaille sur l&rsquo;espace (<i>\u00e9crire la ville<\/i>, ou la <i>face B<\/i> du <i>tierslivre<\/i>) mais ce qui le passionne c&rsquo;est le passage, la succession, le d\u00e9placement. (C&rsquo;est peut-\u00eatre \u00e7a la cat\u00e9gorie nouvelle, qui m\u00eale temps et espace.) Ce qui le passionne &#8211; parfois, j&rsquo;en suis s\u00fbr, jusqu&rsquo;aux larmes &#8211; c&rsquo;est le vieillissement. Le devenir. Des choses, des \u00eatres, des villes, des habitudes. Le vieillir des livres. Le vieillir de la musique, et comment le corps fait le pont entre celui qu&rsquo;on \u00e9tait gamin et celui qu&rsquo;on devient, vers qui trop s\u00fbrement on se dirige&#8230;<\/p>\n<p>Cherchez qui est \u00ab\u00a0on\u00a0\u00bb ? C&rsquo;est toujours \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb qui se cache, qui se planque, qui se travestit. Qui se m\u00eale de <a>g\u00e9n\u00e9ration<\/a>. C&rsquo;est je quand il prend conscience de la masse qu&rsquo;il est. Aussi peut-on dire, <a href=\"http:\/\/sebastienrongier.net\/article92.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">avec S\u00e9bastien Rongier<\/a>, que Fran\u00e7ois Bon nous ment, car il ne ment pas &#8211; et c&rsquo;est peut-\u00eatre bien le seul !<\/p>\n<p>Mais l\u00e0 o\u00f9 la nostalgie emp\u00e8gue, Bon d\u00e9veloppe une autre tactique, celle du r\u00e9troviseur. Savoir d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;on vient pour pouvoir avancer, o\u00f9 la recherche non d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9 mais d&rsquo;une sinc\u00e9rit\u00e9 (ce qui est fort diff\u00e9rent et l&rsquo;\u00e9loigne de toute tentative d&rsquo;<a href=\"\">autofiction<\/a>), de laquelle il souhaite porter t\u00e9moignage. Car c&rsquo;est bien l\u00e0 le r\u00f4le de l&rsquo;\u00e9crivain selon Bon. Un greffier plus qu&rsquo;un b\u00e2tonnier. Le t\u00e9moin de la m\u00e9moire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fran\u00e7ois B o n (Note : les liens sont vides encore pour cause de refonte des anciens textes du Chantier ; ils renvoient \u00e0 trois textes d\u00e9j\u00e0 \u00e9crits sur le bonhomme) travaille essentiellement sur la m\u00e9moire. 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