{"id":3031,"date":"2011-06-20T15:21:06","date_gmt":"2011-06-20T20:21:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=3031"},"modified":"2021-11-20T18:56:18","modified_gmt":"2021-11-20T16:56:18","slug":"de-quoi-le-nom","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/de-quoi-le-nom\/","title":{"rendered":"De quoi le nom"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Dans le cadre de la tr\u00e8s belle <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?article4342\">Nuit Remue #5<\/a>, j&rsquo;ai lu ce texte \u00e9crit pour l&rsquo;occasion. Mais je tiens \u00e0 pr\u00e9ciser que ce texte, bien qu&rsquo;original, n&rsquo;est pas le texte que j&rsquo;aurais voulu \u00e9crire ; je n&rsquo;en ai pas eu le temps. Je reviens donc ici sur des th\u00e8mes \u00e9voqu\u00e9s, largement, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?article3125\">ailleurs<\/a>, <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/le-devenir-vegetal\/\">ailleurs<\/a>, et <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/ecrire-horizhome\/\">ailleurs<\/a>. Une recherche est toujours revenante, ressassante, et il faut ressasser, revenir longtemps pour toucher \u00e0 peine du doigt le doigt qu&rsquo;on cherche. Je tiens \u00e9galement \u00e0 pr\u00e9ciser que, dans leur saison, je suis tr\u00e8s pr\u00e9occup\u00e9 par les plantes ; venir r\u00e9citer chez Remue est un \u00e9v\u00e8nement, pour nous tous, je pense ; c&rsquo;est ainsi l&rsquo;occasion de montrer une partie de son travail, quand m\u00eame le cadre est serr\u00e9, huit minutes. Emport\u00e9 par mes inventaires j&rsquo;ai choisi de traiter de ceux-ci, accompagnant ma lecture d&rsquo;un diaporama pour distraire&#8230; Mon propos est ici le nom, la botanique ici n&rsquo;est pas chose exotique, distrayante ; elle colle pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la recherche litt\u00e9raire, qui est toujours celle d&rsquo;un nom.<\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p>Remercier aussi <a href=\"<a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot464\" class='spip_out'>Gu\u00e9na\u00ebl Boutouillet<\/a>, pour son accueil permanent, et heureux d&rsquo;avoir connu ou revu (c&rsquo;est l&rsquo;ordre chronologique) <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot284\" class='spip_out'>Fran\u00e7oise Ascal<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot419\" class='spip_out'>Dominique Hasselmann<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot27\" class='spip_out'>Dominique Dussidour<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot819\" class='spip_out'>Alain Subilia<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot453\" class='spip_out'>Pierre-Antoine Villemaine<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?article3980\" class='spip_out'>Rosanna Warren<\/a>, traduite et lue par par <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?article4107\" class='spip_out'>Aude Pivin<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot371\" class='spip_out'>Catherine Pomparat<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot890\" class='spip_out'>Laurence Skiv\u00e9e<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot58\" class='spip_out'>Philippe Rahmy<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot563\" class='spip_out'>Mathieu Brosseau<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot1323\" class='spip_out'>Emmanu\u00e8le Jawad<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot1359\" class='spip_out'>Joachim S\u00e9n\u00e9<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot1258\" class='spip_out'>Anthony Poiraudeau<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot904\" class='spip_out'>H\u00e9l\u00e8ne Fr\u00e9d\u00e9rick<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot91\" class='spip_out'>Cathie Barreau<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot653\" class='spip_out'>Pierre Senges<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot782\" class='spip_out'>C\u00e9cile Portier<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot758\" class='spip_out'>Lucie Ta\u00efeb<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot440\" class='spip_out'>Dominique Qu\u00e9len<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot823\" class='spip_out'>Antoine Dufeu<\/a>, <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?mot914\" class='spip_out'>Valentina Tra\u00efanova<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<script type=\"text\/javascript\">\r\n<!--\r\n\tvar myQTObject = new QTObject(\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/De_quoi_le_nom_diaporama.mov\", \"De_quoi_le_nom_diaporama\", \"500\", \"416\"); \n\tmyQTObject.addParam(\"autostart\",\"false\");\n\tmyQTObject.addParam(\"targetcache\",\"true\");\r\n\tmyQTObject.write();\r\n\/\/-->\r\n<\/script>\r\n<noscript><p><em>[ Javascript required to view QuickTime movie, please turn it on and refresh this page ]<\/em><\/p><\/noscript>\r\n\n<p>De quoi ?<\/p>\n<p>De quoi&#8230;\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom est-il fait ?<br \/>\nDe quoi&#8230;\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom se nourrit-il ?<\/p>\n<p>Une question, \u00e9nonc\u00e9e sur le ton de la boutade sur un r\u00e9seau social [espace dont on n\u2019a plus le droit de dire le nom \u2014 espace r\u00e9serv\u00e9, nom interdit], <\/p>\n<p>une question vient, lancine, instille, revient me secouer, me retourner, <\/p>\n<p><i>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tDe quoi &nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\test-il \t&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\t?<\/i><\/p>\n<p>me r\u00e9veille la nuit<\/p>\n<p><i>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tDe quoi &nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\test-il \t&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\t?<\/i><\/p>\n<p>me distrait le jour<\/p>\n<p><i>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tDe quoi &nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\test-il \t&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\t?<\/i><\/p>\n<p>revient tout \u00e0 trac<\/p>\n<p><i>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tDe quoi &nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\test-il \t&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\t?<\/i><\/p>\n<p>&#038; comme un ressac<\/p>\n<p><i>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tDe quoi &nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\test-il \t&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\t?<\/i><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>Je marche, dehors, \t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tdans le dehors, &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tdans le sauvage, le spontan\u00e9, le d\u00e9sert, l\u2019inculte, l\u2019idiot je marche, je me prom\u00e8ne, je me d\u00e9ambule, je me prends par la main, je me sors. <\/p>\n<p>Je marche dehors, \t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tdans le dehors \tet je prends des notes, j\u2019\u00e9cris, j\u2019\u00e9cris des mots, j\u2019\u00e9cris des mots qui sont des noms. J\u2019\u00e9cris des noms de plantes. Je nomme. Dans mon petit carnet \u00e0 spirales, je note le nom des plantes.<\/p>\n<p>Je n\u2019arrache plus les plantes pour les coudre dans l\u2019herbier. Ses pages en sont d\u00e9sormais vides, vid\u00e9es. Cette cicatrice suffit. Cette cicatrice s\u2019efface. Je rapporte chez moi, dedans, \t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tdedans chez moi, dedans mon carnet, dedans ma maison, &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tje ne rapporte plus que le nom des plantes. Des listes de plantes consign\u00e9es dans le petit carnet \u00e0 spirales.<\/p>\n<p>Facile comme \u00e7a de croire pouvoir emporter, facile comme \u00e7a de croire pouvoir comprendre le monde. \tLitt\u00e9ralement. Emporter le monde Dans le nommer ; emporter le monde Dans l\u2019\u00e9crire.<\/p>\n<p>B\u00e2tir des listes, nommer, compter, \t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tnommer, compter, \t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tet c\u2019est aussi l\u2019origine d\u2019un possible litt\u00e9raire. Compter les maigres ch\u00e8vres ou les b\u0153ufs \u00e9maci\u00e9s, nommer les arpents et leurs propri\u00e9taires, consigner les setiers ou les boisseaux des c\u00e9r\u00e9ales qui nous ont appris \u00e0 vivre, \t\u00e0 habiter \tet \u00e0 li&#038;crire.<\/p>\n<p>Je nomme et puis je compte, j\u2019affecte un indice et mes listes sont des lexiques et des registres et mes listes sont des cartographies. Je d\u00e9cris l\u2019espace : je construis mon territoire. Le marquer, comme un chien : \u00e9crire.<\/p>\n<p><em>J\u2019\u00e9cris pour me parcourir<\/em>, dit Michaux : je parcours l\u2019espace pour \u00e9crire et lire le territoire, et ce lir&#038;crire est ma maison.<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><i>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tDe quoi &nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\test-il \t&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\t?<\/i><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>Parfois on se trompe de nom. Parce qu\u2019on ne conna\u00eet pas la plante (nommer c\u2019est conna\u00eetre), parce que le mot nous \u00e9chappe, parce que le mot reste sur le bout de la langue, parce que la plante a chang\u00e9 de nom (et cela arrive) : elle \u00e9chappe alors \u00e0 la vue, elle est introuvable. Invisible, elle est innommable. <\/p>\n<p>Parce que nommer c\u2019est \u00e9crire, parce que nommer c\u2019est lire. Lire le paysage, lire le pays. C\u2019est traduire. <\/p>\n<p>D\u00e9couper, \u00e0 l\u2019aide du ciseau-mot, un grand incertain vert en une multitude de petits compartiments : arbres, arbustes, herbes.<\/p>\n<p>D\u00e9couper, \u00e0 l\u2019aide du scalpel-mot, un grand incertain vert en une s\u00e9rie de petites maisons qu\u2019on appelle habitats. Le foss\u00e9 en eau, le foss\u00e9 sans eau, la lande d\u00e9sol\u00e9e, le champ abandonn\u00e9 ; la truffi\u00e8re assassine ; la lavandaie qui crache \u00e0 la gueule du badaud ; la garrigue \u00e9pineuse ; la dalle ; la roseli\u00e8re, la cari\u00e7aie et la m\u00e9gaphorbiaie ; la pelouse calcicole, o\u00f9 croissent les orchid\u00e9es ; la tourbi\u00e8re carnivore ; la tonsure \u00e9corch\u00e9e aux fleurs miniatures ; l\u2019\u00e9boulis qui toujours \u00e9boule ; la marne qui sans cesse s\u2019\u00e9croule, la dune argent\u00e9e, mue sous le vent ; la cr\u00eate vent\u00e9e qui surplombe 1500 m\u00e8tres de vide ; la friche, le fourr\u00e9, la for\u00eat ; la for\u00eat, son manteau, son ourlet ; la for\u00eat notre <em>Climax<\/em>.<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><i>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tDe quoi &nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\test-il \t&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\t?<\/i><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>Nommer c\u2019est habiter. Habiter c\u2019est accepter d\u2019aller dehors, c\u2019est accepter le dehors, se rendre \u00e0 lui, sortir.<\/p>\n<p>Je nomme : je d\u00e9limite, je ligne, je s\u00e9pare. Je piquette, je cantonne, je quartier. Je circonscris, j\u2019ordonne, j\u2019oriente.<\/p>\n<p>Je dedans, vs. dehors. Je d\u00e9clare le reste du monde. Je dis nous vs. les barbares. J\u2019habite : j\u2019\u00e9tablis la cha\u00eene des flux, des circulations possibles, l\u2019ordonnancement des passages et l\u2019agencement des espaces. Je pose une fl\u00e8che, je pose deux fl\u00e8ches : une croix. Le livre : une intersection de lignes sur une \u00e9tendue vide.<\/p>\n<p>Je nomme. Je couvre le monde d\u2019une pellicule de mots. J\u2019\u00e9monde.<\/p>\n<p>Couvrir de noms le monde : pr\u00e9servatif-langue.<\/p>\n<p>Le nom : couverture sur le monde, un tapis que la science jette ajuste et pi\u00e9tine.<\/p>\n<p>&#8230;<\/p>\n<p><i>Parce que tu l\u00e2ches des noms, tu crois t\u2019en sortir&#8230; Parce que tu balances, tu penses t\u2019en tirer. Il y a tant de myst\u00e8res encore \u00e0 \u00e9voquer ensemble :<\/p>\n<ul>\n<li>le myst\u00e8re du rythme et des gouttes<\/li>\n<li>le myst\u00e8re de l\u2019araign\u00e9e, et celui de l\u2019ampoule<\/li>\n<li>le myst\u00e8re du revenir<\/li>\n<li>le myst\u00e8re de la ville <\/li>\n<li>le myst\u00e8re de la plume<\/li>\n<li>le myst\u00e8re de l\u2019eau<\/li>\n<li>et le myst\u00e8re du nom<\/li>\n<\/ul>\n<p><\/i><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><i>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tDe quoi &nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\test-il \t&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\t?<\/i><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>Ecrire, lire, lir&#038;crire : permanent va-et-vient, entr\u00e9e\/sortie, mais \u00e0 qui est-il ce nom que tu prends, \u2022 VIENS ! que tu voles \u2022 VAS ! que tu roules de bouche en bouche, oh&#8230; langue ?<\/p>\n<p>Partir de chez soi \u00e0 l\u2019aube et par tous les temps, comme hier, raser la campagne de ses noms, comme hier, comme on cueille des fleurs, comme on r\u00e9colte ou on fauche, bouquet de noms, un chapelet de noms, \tdes noms,\tdes noms, \tdes noms !<\/p>\n<p>La panac\u00e9e, non pas le nom pour la plante qui gu\u00e9rit de tous les maux, mais la plante qui porte tous les noms. Le texte : un croisement de noms, un hybride de noms. Un nom de noms.<\/p>\n<p>Je cherche un nom de noms et d\u00e9j\u00e0 le texte cro\u00eet, s\u2019exprime de lui-m\u00eame, s\u2019extrait \u00e0 lui-m\u00eame, comme une essence, il pousse, marcotte, stolonne, il radique, rhizome. Il prolif\u00e8re. Reproduction v\u00e9g\u00e9tative, parth\u00e9nogen\u00e8se, ou bouture, ou greffe. <\/p>\n<p>Le tissu est l\u00e2che, le texte s\u2019effiloche, perfor\u00e9 de racines, infest\u00e9 de racines, il y a sutures des tissus, les textes sont li\u00e9s, reli\u00e9s par radicelles, par myc\u00e9lium, il y a adh\u00e9rence, parasitisme, il y a symbiose, il y a r\u00e9seau.<\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 r\u00f4dait le nom propre s\u2019\u00e9tirent et s\u2019agitent \u00e0 pr\u00e9sent un collectif de multiples voix.<\/p>\n<p>Racines contre racines contre racines vous \u00eates textiles.<\/p>\n<p>Langue : tu es blessure et je te soigne par baume, onguent, pharmakon.<\/p>\n<p>Je &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; est pas gu\u00e9ri.<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><i>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tDe quoi &nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\test-il \t&nbsp;&nbsp;&nbsp;\tle nom &nbsp;&nbsp;&nbsp;\t?<\/i><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>Langue ; tu es douleur et je n\u2019ai pas de voix pour t\u2019apaiser ou t\u2019aseptiser. <\/p>\n<p>Marcher l\u00e0, dans le dehors, dans l\u2019incertain, l\u2019indivis, et le vide,\tSeul, esseul\u00e9, je nomme des plantes.<\/p>\n<p>Parce que je n\u2019ai pas de nom propre, dans mon propre nom, parce que dans mon propre nom ce sont deux pr\u00e9noms, parce que je n\u2019ai pas de nom, je cherche la formule qui change le monde en hors, en dehors, je cherche dans le substantif la substance, la cha\u00eene de sons qui fera sens, la cha\u00eene de mots qui fera nom. Qui me fera don du nom.<\/p>\n<p>Qui me donnera nom.<\/p>\n<p>Je cherche un nom moi-m\u00eame.<\/p>\n<p>Je cherche un nom moi-m\u00eame.<\/p>\n<p>Je suis l\u2019homme qui plantait des noms.\f<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p>Je parle au nom du G\u00e9n\u00e9ral. <i>Mais le dernier mot est-il dit\u00a0? L\u2019esp\u00e9rance doit-elle dispara\u00eetre\u00a0? La d\u00e9faite est-elle d\u00e9finitive\u00a0? Non\u00a0!<\/i><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<p><center>HOMINES\u2022NONNULIUS\u2022IN\u2022LITTERIS\u2022NOMINIS<\/center><\/p>\n<p><br ><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le cadre de la tr\u00e8s belle Nuit Remue #5, j&rsquo;ai lu ce texte \u00e9crit pour l&rsquo;occasion. Mais je tiens \u00e0 pr\u00e9ciser que ce texte, bien qu&rsquo;original, n&rsquo;est pas le texte que j&rsquo;aurais voulu \u00e9crire ; je n&rsquo;en ai pas eu le temps. Je reviens donc ici sur des th\u00e8mes \u00e9voqu\u00e9s, largement, ailleurs, ailleurs, et&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[242,1905],"tags":[278,1181,162,138,1743,762,383,217,1744,1466,524,567,55],"class_list":["post-3031","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chantiers","category-continue-poesie","tag-botanique","tag-dehors","tag-ecrire","tag-henri-michaux","tag-la-nuit-remue-evenement","tag-langue","tag-lircrire","tag-lire","tag-liste","tag-monde","tag-nom","tag-plante","tag-remue-net"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3031","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3031"}],"version-history":[{"count":27,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3031\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15963,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3031\/revisions\/15963"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3031"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3031"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3031"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}