{"id":2618,"date":"2008-05-29T13:34:56","date_gmt":"2008-05-29T11:34:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=2618"},"modified":"2011-11-09T00:04:23","modified_gmt":"2011-11-08T22:04:23","slug":"dissoudr","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/dissoudr\/","title":{"rendered":"Dissoudre"},"content":{"rendered":"<p>Les choses passent.<\/p>\n<p>Comme passent les choses !<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Parvenir \u00e0 se dissoudre\u00a0\u00bb, c&rsquo;\u00e9tait la rengaine d&rsquo;une chanson un peu facile&#8230; mais parfois, printemps faisant, je parviens \u00e0 des \u00e9tats d&rsquo;extr\u00eame asth\u00e9nie, des moments d&rsquo;une profonde indiff\u00e9rence \u00e0 tout. Et ce n&rsquo;est ni l&rsquo;ennui, ni le d\u00e9go\u00fbt, ni l&rsquo;angoisse, soyons clairs, non, c&rsquo;est un \u00e9tat proche d&rsquo;une latence permanente, ou de la permanence m\u00eame.<\/p>\n<p>Je dois dire que cet \u00e9tat est tr\u00e8s confortable, un \u00e9tat sans d\u00e9sir, sans attente, un \u00e9tat du moment m\u00eame.<\/p>\n<p>Est-ce l&rsquo;ataraxie, est-ce l&rsquo;\u00e9poch\u00e8 ? Comme je m&rsquo;en contrefous ! Est-ce le tao, le nirvan\u00e0 ? Comme je m&rsquo;en branle !<\/p>\n<p>Je suis l\u00e0 simplement, en train de dispara\u00eetre sous vos yeux, en train de me dissoudre, dans un esprit \u00ab\u00a0confortably numb\u00a0\u00bb, loin de tout ce qui casse, loin de ce qui agace, loin aussi, beaucoup, des gens, et parmi les gens, des cons et des connes.<\/p>\n<p>Grande solitude rampante, solitude qui marcotte, je mets des barri\u00e8res concentriques autour de mon \u00eatre qui s&rsquo;\u00e9vanouit, comme les bou\u00e9es du Pays de la Magie : dans chaque bou\u00e9e : un mort.<\/p>\n<p>Pas envie de lire, pas envie d&rsquo;\u00e9crire, ne pas se laisser prendre \u00e0 l&rsquo;image non plus, car sur la couche sensible du dissoudre, se colle presque de mani\u00e8re imperm\u00e9able la couche de la fatigue ou de l&rsquo;abandon. C&rsquo;est cette couche, une fois d\u00e9pos\u00e9e, qui se manifeste lorsque, l\u00e0, on rentre, on s&rsquo;assoie dans un canap\u00e9 et on allume la t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p>Ou on va au bar.<\/p>\n<p>Ou on va au cin\u00e9ma.<\/p>\n<p>Ou on se suicide.<\/p>\n<p>Mais voil\u00e0 : je n&rsquo;ai jamais voulu de canap\u00e9, et je n&rsquo;ai pas la t\u00e9l\u00e9vision non plus.<\/p>\n<p>Je suis renfrogn\u00e9 derri\u00e8re la lavande, tapi comme la coronille ou l&rsquo;astragale, et noble aussi comme la phalang\u00e8re, ou avec go\u00fbt comme l&rsquo;ophrys, je me suis dissous dans un morceaux des hubacs \u00e0 Po\u00ebt-Laval, \u00e9vapor\u00e9 en fragrance de thym, \u00e9parpill\u00e9 en fleurs de brizes, prostr\u00e9 comme l&rsquo;ascalaphe, mais qui diable pourra jamais comprendre combien je suis adh\u00e9sif \u00e0 cet espace (et tout ce qu&rsquo;il implique, de v\u00e9nerie, de sec, de piquant, mais d&rsquo;odorant, de blanc cass\u00e9, de r\u00e9clamant je ne sais quelle eau sourde) !<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas de ville dans mon monde &#8211; il n&rsquo;y a d&rsquo;ailleurs pas \u00e2me qui vive.<\/p>\n<p>Qui se soucie du <em>Th\u00e9sium couch\u00e9<\/em> ?<\/p>\n<p>De l&rsquo;<em>Argyrolobe de Zanon<\/em> ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les choses passent. 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