{"id":2167,"date":"2007-08-23T07:59:03","date_gmt":"2007-08-23T05:59:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=2167"},"modified":"2011-11-09T00:06:31","modified_gmt":"2011-11-08T22:06:31","slug":"les-yeux-seuls-trahissent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/les-yeux-seuls-trahissent\/","title":{"rendered":"Les yeux seuls trahissent"},"content":{"rendered":"<blockquote><\/blockquote>\n<p><i>Ce texte a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9, l\u00e9g\u00e8rement remani\u00e9, dans <\/i>Po&#038;sie<i>.<\/i><\/p>\n<p align=\"right\"><font size=\"1\">\u00ab\u00a0&#8230;l&rsquo;ouverture mortelle de l&rsquo;\u0153il&#8230;\u00a0\u00bb (Derrida)<\/font><\/p>\n<p>les yeux seuls trahissent, tes plus profondes \u00e9motions, ton vice cach\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>les yeux seuls ne vieillissent pas, ne se rident pas, quoique parfois ils se ferment. ils ne vieillissent pas car ils sont constamment sous-marins. les yeux de mer.<\/p>\n<p>les yeux seuls trahissent, non parce qu&rsquo;ils voient, \u00e9ventent le secret, mais parce qu&rsquo;ils laissent voir. les yeux seuls sont le secret.<\/p>\n<p>quel est le plus beau cadeau qu&rsquo;il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 de donner : d&rsquo;\u00eatre invisible ? ou d&rsquo;\u00eatre aveugle ?<\/p>\n<p>je peux \u00e9teindre tout mon corps, m\u00eame la peau, m\u00eame la muqueuse, mais les yeux non ; ils vivent d&rsquo;eux-m\u00eame, abreuv\u00e9s du monde qu&rsquo;ils illuminent.<\/p>\n<p>femmes, femmes dans les yeux qui poignardent en souriant.<\/p>\n<p>femmes, femmes dont les villes en ruines demeurent encombrant la vue.<\/p>\n<p>femmes, femmes dans la nuit s&rsquo;\u00e9chappent, hop, retrouv\u00e9es en r\u00eave, d\u00e9sert\u00e9es au petit matin quand le tram passe et te r\u00e9veille ; que la lumi\u00e8re n&rsquo;est m\u00eame pas assez de grain pour briser le gris ; le corps qui \u00e9tait l\u00e0, bien pr\u00e9sent quoique dans la nuit, n&rsquo;est plus.<\/p>\n<p>invisible dans la nuit, mais tr\u00e8s concret, le grain neutre du matin, pointill\u00e9 de quelques cloches qui tintent, et d&rsquo;un grand secours sans soleil, le grain neutre du matin a effac\u00e9 le corps.<\/p>\n<p>le lit n&rsquo;est m\u00eame pas ti\u00e8de. les formes n&rsquo;appuient plus sur les draps.<\/p>\n<p>et voil\u00e0 le jour sec.<\/p>\n<p>pourquoi avons-nous des paupi\u00e8res ? afin de dissimuler les yeux qui d\u00e9voilent tout. les paupi\u00e8res sont nos secrets, comme les pages qui se fanent et qu&rsquo;on referment chaque soir ; on y a \u00e9tal\u00e9 nos mots secrets. si l&rsquo;\u0153il est une voix qui suit partout, la paupi\u00e8re est le livre.<\/p>\n<p>m\u00eame enfuie, j&rsquo;ai tout enregistr\u00e9. il n&rsquo;y a aucune justification \u00e0 demeurer. je pr\u00e9f\u00e8re clignoter, non, je pr\u00e9f\u00e8re cligner en m&rsquo;effa\u00e7ant.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce texte a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9, l\u00e9g\u00e8rement remani\u00e9, dans Po&#038;sie. \u00ab\u00a0&#8230;l&rsquo;ouverture mortelle de l&rsquo;\u0153il&#8230;\u00a0\u00bb (Derrida) les yeux seuls trahissent, tes plus profondes \u00e9motions, ton vice cach\u00e9&#8230; les yeux seuls ne vieillissent pas, ne se rident pas, quoique parfois ils se ferment. ils ne vieillissent pas car ils sont constamment sous-marins. les yeux de mer. les yeux&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[242,1905,1056],"tags":[1021,262,457,643,545,51],"class_list":["post-2167","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chantiers","category-continue-poesie","category-poesies","tag-femme","tag-jacques-derrida","tag-jour","tag-lit","tag-oeil","tag-posie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2167","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2167"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2167\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4499,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2167\/revisions\/4499"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2167"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2167"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2167"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}