{"id":2104,"date":"2007-07-20T05:39:53","date_gmt":"2007-07-20T10:39:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=2104"},"modified":"2023-04-24T09:29:12","modified_gmt":"2023-04-24T07:29:12","slug":"pink-floyd-encore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/pink-floyd-encore\/","title":{"rendered":"Pink Floyd encore"},"content":{"rendered":"<p>La musique de Pink Floyd, malgr\u00e9 sa grande vari\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e9poques et de styles, poss\u00e8de toujours un pouvoir de fascination sur l&rsquo;auditeur. Qui dit fascination dit image : nous sommes litt\u00e9ralement emport\u00e9 par une vision sonore et si le terme de psych\u00e9d\u00e9lique signifie quelque chose, c&rsquo;est peut-\u00eatre cela : emport\u00e9 sur un prisme sonore, un paysage auditif ; et alors que le groupe n&rsquo;a jamais c\u00e9d\u00e9 ni au d\u00e9lire \u00ab\u00a0psych\u00e9\u00a0\u00bb ni aux machinations \u00ab\u00a0hippies\u00a0\u00bb, et s&rsquo;est toujours trouv\u00e9 aux marges de ces mouvements, tout comme des auteurs de la beat generation, il c\u00e8de volontiers au spectacle, de par son attrait pour les films, la danse, le th\u00e9\u00e2tre, jusque dans le pompier (meilleurs exemples : <em>Atom heart mother<\/em> et <em>The wall<\/em>).<\/p>\n<p>Le groupe aussi, notamment par le biais du canal textuel de Roger Waters s&rsquo;approche volontiers de l&rsquo;all\u00e9gorie, comme dans les albums de la maturit\u00e9, \u00e0 partir de <em>Dark side of the moon<\/em>.<\/p>\n<p>Ce dernier conserve toute mon affection, mais je voulais toutefois revenir sur deux autres albums, moins souvent appr\u00e9ci\u00e9s \u00e0 leur juste valeur : <em>Animals<\/em> et <em>The final cut<\/em>.<\/p>\n<p>Pourquoi ces deux albums ? Assur\u00e9ment sont-ils les deux disques dont la musique a le moins mal vieilli (et surtout <em>Final cut<\/em>), mais leur puissance vient non seulement de la musique, mais encore de l&rsquo;interpr\u00e9tation, des arrangements et des textes. Ce sont des disques complets, totalement uniques dans l&rsquo;histoire d&rsquo;un rock duquel ils se trouvent sans doute \u00e0 la fronti\u00e8re.<\/p>\n<p><em>Dogs<\/em>, par exemple, sur <em>Animals<\/em> est une chanson incroyable, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00e0 sa juste valeur par Waters (et Jon Carin) lors de sa tourn\u00e9e actuelle ; et tout <em>Final cut<\/em> n\u00e9cessite une approche lente et tranquille : les deux disques sont sombres, comme <em>The wall<\/em> (ou <em>Wish you were here<\/em>), mais moins port\u00e9 qu&rsquo;eux \u00e0 la d\u00e9monstration.<\/p>\n<p>La construction sonore (harmonique et rythmique) de <em>Final cut<\/em> est ahurissante de finesse et de force ; sa production est impeccable, et le son est incroyable : je rappelle qu&rsquo;en 1983, la tendance est \u00e0 la bo\u00eete \u00e0 rythme \u00e0 la musique futile, aux synth\u00e9tiseurs mal utilis\u00e9s, aux costumes idiots. Je trouve enfin que l&rsquo;engagement de ce disque, de son auteur, bien s\u00fbr, \u00e0 la fois dans la politique et l&rsquo;autobiographie, est plus que respectable (avec attaque directe de Maggie Thatcher et de sa politique internationale, d&rsquo;Isra\u00ebl aux Malouines). Et l&rsquo;ensemble pr\u00e9sente plus de recul que la simple folie de <em>The wall<\/em>, dont l&rsquo;exploration a commenc\u00e9 dans<em> Wish you were here<\/em> et la chanson <em>Brain damage<\/em> : \u00ab\u00a0The lunatic is on the grass\u00a0\u00bb de <em>Dark side<\/em>&#8230; Ici les racines sont plut\u00f4t \u00e0 chercher dans<em> Free four<\/em> sur <em>Obscured by clouds<\/em> et peut-\u00eatre <em>Cymbaline<\/em> sur <em>More<\/em>.<\/p>\n<p>Ces quelques phrases trop courtement d\u00e9velopp\u00e9es ne veulent pas faire une revue de texte ou de disque, simplement redonner \u00e0 \u00e9couter des monuments de la musique contemporaine trop souvent m\u00e9pris\u00e9s parce qu&rsquo;ils sont exigeants.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La musique de Pink Floyd, malgr\u00e9 sa grande vari\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e9poques et de styles, poss\u00e8de toujours un pouvoir de fascination sur l&rsquo;auditeur. 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