{"id":1905,"date":"2011-02-17T18:00:27","date_gmt":"2011-02-17T23:00:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=1905"},"modified":"2011-11-11T12:33:40","modified_gmt":"2011-11-11T10:33:40","slug":"suffit-sa-peine-49","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/suffit-sa-peine-49\/","title":{"rendered":"Suffit sa peine 49"},"content":{"rendered":"<p>O\u00f9 l&rsquo;on apprend que&#8230;<\/p>\n<p align=\"right\"><font size=\"1\"><i>\u00e0 H\u00e9l\u00e8ne Sturm<\/i><\/font><\/p>\n<p>\u00a7 Dimanche j&rsquo;ai vu la fleur d&rsquo;amande, la seule, la premi\u00e8re. Je barulais dans un gourd, au milieu des ronces, les pieds tremp\u00e9s, et les \u00e9pines. En sortant du trou, j&rsquo;\u00e9tais au milieu de champs de vignes. Il n&rsquo;y avait aucun souffle, aucun bruit. Et l\u00e0, majestueusement ouverte sous les premiers soleils, la fleur d&rsquo;amande. Je n&rsquo;ai pas pris cela comme une parole, c&rsquo;\u00e9tait chose neutre, \u00e9clat certes, mais au-del\u00e0 du plaisir qui rassure \u2014 le printemps, enfin le printemps \u2014 un des nombreux accrocs \u00e0 la routine, de ces riens que nous investissons de b\u00e9ate admiration.<\/p>\n<p>\u00a7 Lundi, lorsque j&rsquo;ai rouvert mes volets vers l&rsquo;ouest, j&rsquo;ai rep\u00e9r\u00e9 dans le furieux entrelacs de marnes et de choses vertes et piquantes et grises et piquantes et bleues et piquantes, j&rsquo;ai rep\u00e9r\u00e9 une masse sombre \u00e0 terre, pile dans l&rsquo;axe de mon horizon. Cette masse sombre, je l&rsquo;aurais prise pour quoi que ce soit, si elle n&rsquo;avait tourn\u00e9 la t\u00eate au cliquetis de ma persienne. Un grand rapace au torse et au chaperon blanc, un circa\u00e8te, qui ne parvenait pas \u00e0 d\u00e9coller faute de l&rsquo;impulsion d&rsquo;une bourrasque, et qui demeurait perch\u00e9 sur rien, un peu honteux, au beau milieu. Majestueux, inapte.<\/p>\n<p>\u00a7 Mardi, alors que rien ne l&rsquo;avait pu laisser supposer la veille, au petit matin, alors que j&rsquo;\u00e9carquillais la bu\u00e9e sur le fenestrou, je remarquai qu&rsquo;il avait neig\u00e9. Ces choses arrivent, bien s\u00fbr, en cette saison, mais l&rsquo;encha\u00eenement des trois apparitions alors me gla\u00e7a les sangs. Je restai assis contre un mur sans bouger. Lorsque j&rsquo;ai pu me d\u00e9cider \u00e0 sortir, quelques heures plus tard (la neige avait d\u00e9j\u00e0 laiss\u00e9 place au soleil, et ne restaient que quelques ilots perdus de neige) une autre chose m&rsquo;attira vers l&rsquo;un de ces minuscules fjords. On y voyait trois gouttes de sang. Ou comment le monde, qui est ameublement \u00e9pars et roturier du r\u00e9el, devint signe et pr\u00e9cipita ici les empreintes du destin. Je ne savais plus ou me mettre et il a fallu que je l&rsquo;accepte.<\/p>\n<p>\n<font size=\"1\"><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/suffit-sa-peine-48\">< Pr\u00e9c\u00e9dent<\/a> \u2022 <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/suffit-sa-peine-50\">Suivant ><\/a><\/font><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>O\u00f9 l&rsquo;on apprend que&#8230; \u00e0 H\u00e9l\u00e8ne Sturm \u00a7 Dimanche j&rsquo;ai vu la fleur d&rsquo;amande, la seule, la premi\u00e8re. Je barulais dans un gourd, au milieu des ronces, les pieds tremp\u00e9s, et les \u00e9pines. En sortant du trou, j&rsquo;\u00e9tais au milieu de champs de vignes. Il n&rsquo;y avait aucun souffle, aucun bruit. 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