{"id":18417,"date":"2024-05-31T10:58:49","date_gmt":"2024-05-31T08:58:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=18417"},"modified":"2024-11-01T11:15:42","modified_gmt":"2024-11-01T09:15:42","slug":"archivive-un-ours-qui-fume-je-n-en-crois-rien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/archivive-un-ours-qui-fume-je-n-en-crois-rien\/","title":{"rendered":"Archivive &#8212; un ours qui fume, je n&rsquo;en crois rien"},"content":{"rendered":"<p><center><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/DSC07487-300x169.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"169\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-18779\" srcset=\"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/DSC07487-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/DSC07487-1024x575.jpg 1024w, https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/DSC07487-768x431.jpg 768w, https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/DSC07487-1536x863.jpg 1536w, https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/DSC07487-2048x1150.jpg 2048w, https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/DSC07487-850x478.jpg 850w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/center><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il me dit bonjour et je reconnais Bertand Belin, je n&rsquo;en croyais rien.<\/p>\n<p>Mais c&rsquo;\u00e9tait bien lui ; chose surprenante, c&rsquo;est avec Yann Dissez que je l&rsquo;avais vu en concert, \u00e0 Poitiers, alors que j&rsquo;\u00e9tais en r\u00e9sidence dans le Centre (cette fois au Blanc).<\/p>\n<p>Encore une chose \u00e9tonnante, en ce lieu qui n&rsquo;en manque pas. Croiser l&rsquo;un de nos meilleurs chanteurs \u00e0 la cantine, tandis qu&rsquo;\u00e0 Dino et Quentin, je raconte mes exploits de la veille.<\/p>\n<p>Je n&rsquo;en croyais rien : rentr\u00e9 de concert (fortement sollicit\u00e9 par Cyril) avec Quentin, que je laisse \u00e0 son camion (<i>on se balade ici<\/i> n&rsquo;est-ce pas), et lorsqu&rsquo;il est loin, mon badge refuse de fonctionner. Je suis coinc\u00e9 dehors. Je refuse d&rsquo;abord d&rsquo;aller le d\u00e9ranger, ni m\u00eame de d\u00e9ranger le veilleur (dont ce serait pourtant l&rsquo;occasion). Comme je connais ce site que j&rsquo;ai arpent\u00e9 et cartographi\u00e9, je pense tout d&rsquo;abord faire le tour et passer par la prairie. Je sais qu&rsquo;il y a l\u00e0 des \u00e9boulements dans le mur qui peut-\u00eatre me permettront d&rsquo;entrer. Il se met \u00e0 pleuvoir.<\/p>\n<p>Je traverse les grandes herbes, comme un d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, mes pantalons sont tremp\u00e9s d\u00e9tremp\u00e9s en moins de temps qu&rsquo;il ne fat pour l&rsquo;\u00e9crire. Les <a href=\"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/archivive-epithetes\/\">grandes f\u00e9tuques<\/a> n&rsquo;est-ce pas. L&rsquo;orifice dans le mur n&rsquo;est pas loin, mais cela suffit ; &#038; il pleut de plus belle. Une grille de chantier bouche le passage des b\u00eates sauvages et des auteurs importuns. Avec la pluie, malgr\u00e9 les \u00ab\u00a0escaliers\u00a0\u00bb form\u00e9s par les pierres d\u00e9chauss\u00e9es sur les c\u00f4t\u00e9s, impossible de grimper, \u00e7a glisse trop ; la ferraille scie les doigts, les chaussures ne tiennent pas et de toute mani\u00e8re il y a bien deux m\u00e8tres \u00e0 chevaucher, ce n&rsquo;est pas mon genre.<\/p>\n<p>Je poursuis mon inspection de l&rsquo;enceinte plus au sud et je trouve finalement un petit affaissement qui me permet de faire le mur. Mais comme je m&rsquo;en doutais, j&rsquo;aboutis derri\u00e8re les limites de la prairie officielle, derri\u00e8re la haie. Et mes espoirs sont vite \u00e9teints : une autre cl\u00f4ture, en plus de la haie, emp\u00eache toute chance de passage ; encore deux m\u00e8tres, encore ferraille, et impossible de passer entre le poteau externe et le mur, et encore moins sous la cl\u00f4ture.<\/p>\n<p>Je reviens \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e &#8212; grandes herbes \u00e0 nouveau. Je vois une lumi\u00e8re dans l&rsquo;une des chambres des veilleurs. J&rsquo;essaie la technique des petits cailloux, mais j&rsquo;abandonne assez vite : je ne trouve que de gros cailloux. Manquerait plus que je brise une vitre ! Du reste, quand je cesse, la lumi\u00e8re s&rsquo;\u00e9teint. Je saurais par la suite que c&rsquo;est une stagiaire qui, effray\u00e9e, a d\u00e9voil\u00e9 ma pr\u00e9sence \u00e0 une partie de l&rsquo;\u00e9quipe technique &#8212; en vain.<\/p>\n<p>Je tente le mur ouest. Il y a le grand portail en bois, mais il est lisse et bien trop haut, j&rsquo;abandonne. Je note que plus je descends vers le sud, plus le mur appara\u00eet \u00e0 port\u00e9e de main, de bras&#8230; Il pleut. Je vois bien que je suis trop loin, mais je tente tout de m\u00eame, je franchis le mur \u00e0 nouveau, cette fois en pleine forme de mur, ce qui me vaudra de belles \u00e9raflures sur le torse. Je pose pied \u00e0 nouveau dans la prairie, et \u00e0 nouveau du mauvais c\u00f4t\u00e9 de la haie+cl\u00f4ture, mais j&rsquo;esp\u00e8re trouver un passage&#8230; une nouvelle fois en vain.<\/p>\n<p>Las et d\u00e9pit\u00e9, je reviens \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e. Je crois que je pousse de s\u00e9rieuses insultes, tr\u00e8s fort. Plusieurs fois j&rsquo;ai gliss\u00e9 et me suis affal\u00e9 lourdement dans les putains d&rsquo;orties, je me suis emp\u00eatr\u00e9 dans les putains de ronces, je me suis retrouv\u00e9 plus d&rsquo;une fois grenouill\u00e9 sur moi-m\u00eame, une chance que je n&rsquo;ai pas touch\u00e9 une pierre de la t\u00eate. Je ne sais plus quoi faire. Je me refuse encore \u00e0 d\u00e9ranger Quentin dans son camion (je suis pass\u00e9 deux fois devant tout de m\u00eame &#8212; il m&rsquo;a dit le lendemain qu&rsquo;il lisait, qu&rsquo;il avait lu jusque tard.).<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une bonne paire d\u2019heures de ce cirque, je me r\u00e9sous \u00e0 appeler Dino, qui n&rsquo;\u00e9tait pas venu au concert parce qu&rsquo;un peu gripp\u00e9. Je le r\u00e9veille, le fais se lever, s&rsquo;habiller et sortir sous la pluie vers les 2h du matin. C&rsquo;est comme s&rsquo;il \u00e9tait all\u00e9 au concert, mais sans musique. Je le remercie encore.<\/p>\n<p>Le lendemain matin Damien me raconte le message envoy\u00e9 par la stagiaire effray\u00e9e. Au repas de midi, Quentin me dit qu&rsquo;il avait les cl\u00e9s, par hasard.<\/p>\n<p>Plus tard j&rsquo;apprends par Pierre que mon badge a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sactiv\u00e9 \u00e0 minuit ; ma chambre n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 faite le lundi alors que j&rsquo;arrivais, et le mardi je n&rsquo;ai pas eu confirmation d&rsquo;une r\u00e9union \u00e0 laquelle je devais assister, enfin l&#8217;empreinte de la caution pour le v\u00e9lo a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9e par erreur. Si je n&rsquo;avais pas eu mon totem avec moi, je jurerai que ma pr\u00e9sence cette semaine-l\u00e0, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 sign\u00e9e, n&rsquo;a peut-\u00eatre pas eu lieu <i>du tout<\/i>.<\/p>\n<p>Imagine-t-on un prisonnier tout mettre en \u0153uvre pour rentrer dans sa prison ? Non, mais un ours qui fume, oui, je veux bien le croire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/archivive-la-bibliotheque-de-troie\/\">\u279f<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Il me dit bonjour et je reconnais Bertand Belin, je n&rsquo;en croyais rien. Mais c&rsquo;\u00e9tait bien lui ; chose surprenante, c&rsquo;est avec Yann Dissez que je l&rsquo;avais vu en concert, \u00e0 Poitiers, alors que j&rsquo;\u00e9tais en r\u00e9sidence dans le Centre (cette fois au Blanc). 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