{"id":17908,"date":"2024-02-11T01:59:22","date_gmt":"2024-02-10T23:59:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=17908"},"modified":"2026-02-02T02:00:31","modified_gmt":"2026-02-02T00:00:31","slug":"notes-cenologiques-05","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/notes-cenologiques-05\/","title":{"rendered":"Notes c\u00e9nologiques 05"},"content":{"rendered":"<p>Il faudrait peut-\u00eatre commencer par le commencement. Recommencer donc. Pourquoi ces notes c\u00e9nologiques ? Qu&rsquo;entend-on par c\u00e9nologie ? Et qu&rsquo;est-ce que la c\u00e9nose ?<\/p>\n<p>Le sujet est vaste et p\u00e9rilleux, aussi pour introduire cette note, j&rsquo;\u00e9voquerai le phytosociologue Philippe Julve, qui parle de la phytosociologie<sup class='footnote'><a href='#fn-17908-1' id='fnref-17908-1' onclick='return fdfootnote_show(17908)'>1<\/a><\/sup> comme d&rsquo;une pratique scientifique, mais \u00e9galement artistique, politique, et m\u00eame \u00e9thique. C&rsquo;est en effet une blague, un peu. Mais ce n&rsquo;est pas totalement d\u00e9nu\u00e9 de bon sens.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas de d\u00e9finition universelle de la c\u00e9nologie, comme on peut l&rsquo;imaginer, mais pour paraphraser le mot, si j&rsquo;ose dire, on peut affirmer que 1. la c\u00e9nologie est la \u00ab\u00a0science\u00a0\u00bb de la c\u00e9nose. Par science ici, sous-entendu une science \u00ab\u00a0naturelle&rsquo;, on entend l&rsquo;<strong>observation<\/strong>, la <strong>description<\/strong>, la <strong>classification<\/strong> d&rsquo;un objet particulier, la <strong>c\u00e9nose<\/strong>.<\/p>\n<p>Ceci \u00e9tant entendu, reste le plus difficile : d\u00e9finir la c\u00e9nose.<\/p>\n<p>La c\u00e9nose, du grec <em>koyn\u00e9<\/em>, le commun, est une entit\u00e9 discr\u00e8te du vivant, ind\u00e9pendamment 1. de la phylog\u00e9n\u00e9tique, 2. des besoins nutritionnels, 3. de l&rsquo;\u00e9cologie&#8230; ou plus exactement, combinant <i>n\u00e9cessairement<\/i> les trois &#8212; image saisissante mais compr\u00e9hensible, comme j&rsquo;ai t\u00e2ch\u00e9 de le d\u00e9montrer dans un article dit \u00ab\u00a0scientifique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les communaut\u00e9s sont diff\u00e9rentes, qui sont reli\u00e9es uniquement par la g\u00e9ographie (en v\u00e9rit\u00e9 un espace-temps circonstantiel), ou bien par la g\u00e9n\u00e9tique, ou par la ressource ; on peut imaginer des communaut\u00e9s li\u00e9es par deux de ces traits combin\u00e9s : la g\u00e9n\u00e9tique + l&rsquo;espace-temps (4) ; l&rsquo;espace-temps + la ressource (5) ; la g\u00e9n\u00e9tique + la ressource (6) ; . On peut \u00e9galement donner un nom \u00e0 chacune de ces communaut\u00e9s (\u00e9tablir une typologie). Ainsi, respectivement, premi\u00e8re orbite : (1) clade ; (2) assemblage ; (3) type biologique [\u00e9galement parfois nomm\u00e9e synusie] | deuxi\u00e8me orbite : (4) population ; (5) guildes ; (6) peuplement.<\/p>\n<p>On est li\u00e9 \u00e0 autrui par le sang, le sol et une troisi\u00e8me chose qu&rsquo;on ne sait d\u00e9crire ou saisir : je dirai le droit, au sens o\u00f9 l&rsquo;entend Aldo Schiavone (<em>Ius<\/em>) : il y a n\u00e9gociation et intercession, et par cons\u00e9quent, n\u00e9cessairement, un fond commun d&rsquo;accord, qu&rsquo;il soit linguistique ou culturel, voire religieux.<\/p>\n<p>Mais je vais vite en besogne ; disons qu&rsquo;il y a <em>relation<\/em> (c&rsquo;est parfois l&rsquo;une des conditions de d\u00e9finition du vivant).<\/p>\n<p>Diff\u00e9rents types de communaut\u00e9s sont alors envisageables, qui \u00e9chappent aux seuls liens de sang, de sol ou de relation, mais combine par deux ou trois ces traits : chacune de ces communaut\u00e9 est une c\u00e9nose, la c\u00e9nose enti\u00e8re ou pleine est celle qui combine les trois. On ne peut raisonnablement d\u00e9finir une guilde ou un clade comme c\u00e9nose pleine ou enti\u00e8re, mais comme une parac\u00e9nose.<\/p>\n<p>Mais avant de multiplier le jargon malheureux, retenons ceci : la c\u00e9nose est une communaut\u00e9 d&rsquo;\u00eatres vivants, ayant des liens phylog\u00e9n\u00e9tique entre eux (et ils en ont n\u00e9cessairement), qui partagent un extrait du dehors (la circonstance ou les coordonn\u00e9es : la g\u00e9ographie, mais n\u00e9cessairement aussi un temps, donc un espace-temps), et entretiennent une relation intentionnelle (pr\u00e9dation, reproduction ou leurs types d\u00e9riv\u00e9s).<\/p>\n<p>La relation est un aspect fort complexe \u00e0 d\u00e9crire ou diviser. Si les \u00eatres vivants n&rsquo;ont que deux fonctions oblig\u00e9es (se nourrir\/respirer, et se reproduire), celles-ci ne peuvent exister qu&rsquo;en relation avec d&rsquo;autres vivants (proies ou partenaires ; si ce sont des relations de protection, ou d&rsquo;opportunisme, cela ne change rien au probl\u00e8me. Dans tous les cas on doit n\u00e9cessairement se nourrir de vivant ou se reproduire avec des vivants ; on peut \u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;une des deux conditions mais pas aux deux conditions \u00e0 la fois. Sinon c&rsquo;est la mort, pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui n&rsquo;est pas le vivant. Les cas extr\u00eames restent toujours des cas extr\u00eames (\u00eatre autogames et autotrophes, \u00eatres humains, virus).<\/p>\n<p>Ces conditions pos\u00e9es, peut-\u00eatre alors pourra-t-on aborder les m\u00e9andres d&rsquo;une communaut\u00e9 particuli\u00e8re, la soci\u00e9t\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class='footnotes' id='footnotes-17908'>\n<div class='footnotedivider'><\/div>\n<ol>\n<li id='fn-17908-1'> Une sous-branche de la c\u00e9nologie, j&rsquo;y reviendrai. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-17908-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il faudrait peut-\u00eatre commencer par le commencement. Recommencer donc. Pourquoi ces notes c\u00e9nologiques ? Qu&rsquo;entend-on par c\u00e9nologie ? Et qu&rsquo;est-ce que la c\u00e9nose ? 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