{"id":15264,"date":"2020-09-27T22:35:42","date_gmt":"2020-09-27T20:35:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=15264"},"modified":"2023-04-30T12:53:43","modified_gmt":"2023-04-30T10:53:43","slug":"tour-des-suds","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/tour-des-suds\/","title":{"rendered":"Tour des suds"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Du fait de la pand\u00e9mie de Covid19, j&rsquo;ai d\u00fb regrouper un certain nombre de missions que je n&rsquo;ai pu r\u00e9aliser au d\u00e9but du printemps. Du 15 (ouverture de la fronti\u00e8re fran\u00e7aise) au 26 juin, j&rsquo;ai ainsi parcouru plus de 2500km, traversant (parfois \u00e0 peine \u00e0 la marge : Dr\u00f4me, Rh\u00f4ne, Gard, Vaucluse) 15 d\u00e9partements<sup class='footnote'><a href='#fn-15264-1' id='fnref-15264-1' onclick='return fdfootnote_show(15264)'>1<\/a><\/sup>, et les nombreuses r\u00e9gions naturelles correspondantes<sup class='footnote'><a href='#fn-15264-2' id='fnref-15264-2' onclick='return fdfootnote_show(15264)'>2<\/a><\/sup>. Voici le journal de cette travers\u00e9e<sup class='footnote'><a href='#fn-15264-3' id='fnref-15264-3' onclick='return fdfootnote_show(15264)'>3<\/a><\/sup>.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>1<\/strong>. Arriv\u00e9e en train, depuis G\u00eanes, en temps de gel hydroalcoolique, distanciation sociale et activit\u00e9s quasi nulles. Du monde \u00e0 la gare, mais des masques. Je trace directement \u00e0 mon v\u00e9hicule, que je loue, et une fois les papiers faits, je file direction le Haut-Var. \u00c0 Saint-Martin-du-Var, je passe rive gauche et j&rsquo;entreprends la gorge ; la route est plaisante : l&rsquo;ex N202 (devenue, apr\u00e8s &lsquo;d\u00e9classement&rsquo; due \u00e0 l&rsquo;acte II de la d\u00e9centralisation [Chirac-Raffarin] en 2003-2004 portant notamment cr\u00e9ation des DIR, la D6202 et D4202), sur laquelle je roule d&rsquo;ailleurs depuis Nice (jusqu&rsquo;\u00e0 Gillette), car elle est d\u00e9doubl\u00e9e de part et d&rsquo;autre du Var, se d\u00e9double \u00e0 nouveau, au lieu-dit Baus Roux (La Roquette-sur-Var), puis sur Plan-du-Var, Utelle, Malauss\u00e8ne, dans le d\u00e9fil\u00e9 de Chaudan. Ce passage est magnifique, imposant de calcaires \u00e9crasant, les fronton et colonnades des Alpes, les Grandes. La route d&rsquo;ailleurs, pour l&rsquo;anecdote, est \u00e9galement la Route des Grandes Alpes qui, pratiquement jusqu&rsquo;au bout, traverse donc les Alpes, depuis Menton m\u00eame, \u00e0 travers nombre de cols<sup class='footnote'><a href='#fn-15264-4' id='fnref-15264-4' onclick='return fdfootnote_show(15264)'>4<\/a><\/sup>.<br \/>\nArriv\u00e9 \u00e0 Puget-Th\u00e9niers, je m&rsquo;arr\u00eate pour prendre un sandwiche, dans un PMU. Je suis frapp\u00e9 par l&rsquo;absence de masques, ici, et de la relative tranquillit\u00e9 qui r\u00e8gne.<\/p>\n<p>Avec les magnifiques village Entrevaux et Annot, nous entrons dans les Alpes de Haute-Provence et dans le pays de Digne-les-Bains (lac de Castillon, Saint-Andr\u00e9-les-Alpes, Barr\u00eame, puis Malijai et Ch\u00e2teau-Arnoux-Saint-Auban) et apr\u00e8s Peypin, je dois bifurquer pour les Baronnies.<\/p>\n<p>La route est tranquille le long de (l&rsquo;autre) Jabron, jusqu&rsquo;\u00e0 Montfroc (Noyers, Saint-Vincent), pays de Farigoule mais aussi de Andr\u00e9 Bucher. Ma premi\u00e8re \u00e9tape se trouve sur la commune des Omergues, \u00e0 la fronti\u00e8re de la Dr\u00f4me (que je dois investir pour la quitter de suite, sur la route de Revest-du-Bion, au bord du plateau d&rsquo;Albion). En v\u00e9rit\u00e9 le pays est celui de Giono. Je vois mes premi\u00e8res lavandes de l&rsquo;ann\u00e9e. Elles sont presque fleuries.<\/p>\n<p>La soir\u00e9e d\u00e9bute, et je d\u00e9bite, moi, mes relev\u00e9s. J&rsquo;ai mis\u00e9 sur la longue journ\u00e9e (les plus longues de l&rsquo;\u00e9t\u00e9, en tenant compte bien s\u00fbr de l&rsquo;obscurit\u00e9 qui malgr\u00e9 tout saisit le cr\u00e9puscule). Je passe le col du N\u00e9gron \u00e0 1242m ; je n&rsquo;imaginais pas d\u00e9j\u00e0 \u00eatre aussi haut ! La lumi\u00e8re est fantastique, de celle de nos pays, dor\u00e9e et g\u00e9n\u00e9reuse. Je tourne autour de la borie, distrait, comme distanci\u00e9 par la beaut\u00e9 incarn\u00e9e. Autour la lande (gen\u00eat cendr\u00e9) soutient, retient, la for\u00eat g\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>Je pensais dormir chez quelqu&rsquo;un mais je suis fatigu\u00e9, las de conduire, et la lumi\u00e8re est si belle. Je remonte vers S\u00e9deron, j&rsquo;aime ce pays. (Comme j&rsquo;aime ce pays !) Je me dirige vers M\u00e9vouillon, mais le vent au pied du rocher (versant est) est trop soutenu. Je reprends la route, vers l&rsquo;ouest des Baronnies, mais, arriv\u00e9 \u00e0 la Roche du Buis, je d\u00e9cide d&rsquo;aller vers Montauban-sur-l&rsquo;Ouv\u00e8ze et de chercher \u00e0 passer le col de Perty, sur lequel, finalement, je m&rsquo;arr\u00eaterai (finalement il n&rsquo;y a pas plus de vent, sinon moins, ici). Premi\u00e8re nuit dehors (1302 m).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>2<\/strong>. Le lendemain, je redescends le col, et je traverse rapidement le Bu\u00ebch ; je dois arriver \u00e0 ma deuxi\u00e8me \u00e9tape, \u00e0 Crolles, pour 9h, je suis \u00e0 2h30 de route. \u00c9videmment, je me l\u00e8ve t\u00f4t, mais toutefois c&rsquo;est le r\u00e9veil qui m&rsquo;\u00e9veille, pas le froid ou la lassitude du dos, ni m\u00eame la lumi\u00e8re ou les oiseaux d&rsquo;aube.<\/p>\n<p>On passe un tout petit noyau en Drome dont un petit ergot de Diois (Lus), pour d\u00e9boucher dans le Tri\u00e8ves, qui prend d\u00e9j\u00e0 des allures nord-alpines. La route est laborieuse, le trafic de la grande ville s&rsquo;\u00e9paissit. A Vif, je passe rive droite du Drac, et je dois encore d\u00e9passer Grenoble (en cherchant de ne pas passer par le centre). Press\u00e9 par le temps, je pr\u00e9f\u00e8re tout de m\u00eame \u00e9viter Bri\u00e9 et Argonnes, pour retomber sur Eybens, Saint Martin d&rsquo;H\u00e8res et le Gr\u00e9sivaudan qui s&rsquo;ouvre alors.<\/p>\n<p>Je <a>reviendrai sans doute<\/a> et chercherai \u00e0 prendre le temps de mieux comprendre cet encha\u00eenement qui glisse du littoral \u00e0 l&rsquo;Alpe maritime, \u00e0 la Provence (ou Haute-Provence), aux diff\u00e9rents cha\u00eenons des Alpes.<\/p>\n<p>Le marais de Montfort est une grande roseli\u00e8re g\u00e9r\u00e9e, dans un contexte de plaine agricole et, \u00e0 cause de cela, il est relativement peu mouill\u00e9. Les roseaux sont bas, ils sont fauch\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement ; de fait, les escargots proprement hygrophiles en ont p\u00e2ti. Je trouve beaucoup plus de richesse dans les for\u00eats humides autours, avec des esp\u00e8ces montagnardes nombreuses ; je ne trouve pas de vertige (<em>Vertigo spp.<\/em>). L&rsquo;\u00e9tude s&rsquo;\u00e9tale sur deux journ\u00e9es, et entre les deux je dors \u00e0 Grenoble chez mes amis N, C et J. quartier Malherbe. Du marais post glaciaire relictuel \u00e0 la cit\u00e9 post-soixante-huitarde, il y a des pas de g\u00e9ants&#8230; mais venir &#8211; en quelque sorte &#8211; chez J., apr\u00e8s ce que nous avons travers\u00e9 dans nos vies respectives (des bouleversements mais on ne peut plus positifs), est aussi un pas de g\u00e9ant. Sur le balcon du sixi\u00e8me \u00e9tage (tiens, pas de vertige non plus ?), on donne plein nord sur la Dent de Crolles justement, mais aussi le reste de Chartreuse \u00e0 l&rsquo;ouest, la Belledonne \u00e0 l&rsquo;est (Chamrousse).<\/p>\n<p>J&rsquo;\u00e9tais pass\u00e9 \u00e0 Grenoble il y a quelques mois, et j&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 eu la m\u00eame impression qui m&rsquo;assaille ici : j&rsquo;y ai habit\u00e9 pr\u00e8s de dix ann\u00e9es (de 1994 \u00e0 2001) et, durant tout ce temps, je faisais tout sauf regarder les montagnes, les paysages, les v\u00e9g\u00e9tations, le territoire. Pendant huit ann\u00e9es je ne suis quasiment jamais sorti de la ville pour explorer ses alentours : une fois \u00e0 Vars, un peu de balades \u00e0 Venon, une fois dans un lac je ne sais m\u00eame plus o\u00f9 avec les coll\u00e8gues de la fac, et la Bastille. Je ne connais pas les noms des montagnes, sauf le N\u00e9ron et Moucherotte. Je n&rsquo;ai aucune id\u00e9e \u00e0 peu pr\u00e8s des v\u00e9g\u00e9tations qu&rsquo;on y trouve. Pendant longtemps je ne savais distinguer les trois massifs. \u00c7a me bouleverse, en quelque sorte, non pas tellement pour le fait en lui-m\u00eame, mais de visiter que j&rsquo;ai compl\u00e8tement chang\u00e9 mon fusil d&rsquo;\u00e9paule quand je suis retourn\u00e9 dans la Dr\u00f4me la premi\u00e8re fois, et avec piq\u00fbre de rappel la deuxi\u00e8me fois (et d&rsquo;autant plus maintenant, que j&rsquo;ai quitt\u00e9 la Dr\u00f4me) ! J&rsquo;ai compl\u00e8tement chang\u00e9 de vie. Et quand j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier l&rsquo;\u00e9cologie et, par d\u00e9rive, la phytosociologie, je ne pouvais devenir qu&rsquo;un autre homme, qu&rsquo;une autre personne (\u00e7a aurait d\u00fb m&rsquo;alerter).<\/p>\n<p>De la m\u00eame mani\u00e8re, je peine \u00e0 me rep\u00e9rer dans la ville : certes, elle a chang\u00e9 depuis vingt ans, et comment ! Mais je constate que certains petits bouts de quartier, certaines rues, je les ai compl\u00e8tement oubli\u00e9s, et c\u2019est une \u00e9trange exp\u00e9rience de trouver une rue \u00ab\u00a0en plus\u00a0\u00bb quand on croit passer d&rsquo;un point A \u00e0 un point B. Comment a-t-on pu construire ces rues sans \u00e9craser l&rsquo;espace environnant ? Ou bien : comment puis-je encore \u00eatre moi-m\u00eame si des morceaux de m\u00e9moire ont \u00e9t\u00e9, dans mon cerveau, bonnement supprim\u00e9s ?<\/p>\n<p>Je suis d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9 depuis chez J. \u00e0 Teisseire, qui auparavant habitait vers la rue Berthelot, et finalement, m\u00eame si l\u00e0 aussi il y a beaucoup de changements, je retrouve assez bien mes marques des Grands Boulevards \u00e0 la Villeneuve et l\u2019Arlequin o\u00f9 j&rsquo;ai beaucoup tra\u00een\u00e9 mes gu\u00eatres. Sauf qu&rsquo;il y a des trams partout ! Foch, Vallier, Jean-Jaur\u00e8sn rue des Alli\u00e9s : jadis c&rsquo;\u00e9tait le royaume du pied (ou du cycle) ! \u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;elle-m\u00eame, la ville s&rsquo;agrandit&#8230;<\/p>\n<p>En revanche le centre-ville, que j&rsquo;ai toujours \u00e9vit\u00e9 (certaines rues en particulier) me revient par bribes, souvent, g\u00e9olocalement incertaines, voire falsifi\u00e9es par la m\u00e9moire. J&rsquo;y vais en tram et descends place Verdun ; je constate que j&rsquo;avais totalement \u00e9vacu\u00e9 la rue Voltaire, l&rsquo;arri\u00e8re du quartier des Antiquaires, la place des Halles Sainte-Claire, et, pis encore, la rue Brocherie, la rue Renauldon, la rue Cujas, la rue Chenoise ! J&rsquo;avais oubli\u00e9 la rue Lafayette et la place Claveyson ! J&rsquo;y ai pourtant pass\u00e9 pas mal de temps ! Je n&rsquo;ai pas oubli\u00e9 la place du Trib&rsquo;, mais j&rsquo;avais oubli\u00e9 qu&rsquo;elle s&rsquo;appelait place Saint-Andr\u00e9 et je n&rsquo;avais pas conscience de la pr\u00e9sence du parlement du Dauphin\u00e9. Je m&rsquo;arr\u00eate alors l\u00e0 pour m\u00e9diter sur cette amn\u00e9sie. J&rsquo;ai pu finir dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi et m&rsquo;accorder cette vacance, utile \u00e0 dissiper les zones d&rsquo;ombre, dans ma cartographie mentale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>3<\/strong>. Mais d\u00e9j\u00e0 je dois poursuivre la route. Le quatri\u00e8me jour, je dois me rendre \u00e0 Balan, dans l&rsquo;Ain, \u00e0 la fronti\u00e8re des Dombes, du Bugey et du pays Lyonnais. Je n&rsquo;ai certes pas beaucoup de temps, il est plus que compt\u00e9 (j&rsquo;ai lou\u00e9 la voiture pour quinze jours et j&rsquo;ai cinq sites \u00e0 visiter, Omergues, Crolles, Balan, Prades, Montpellier, plus deux r\u00e9unions \u00e0 S\u00e8te et Collobri\u00e8res) m\u00eame, mais c\u2019est l&rsquo;occasion sinon rien de traverser l&rsquo;Isle-Cr\u00e9mieu, que j&rsquo;avoue (l\u00e0 encore) ne pas conna\u00eetre (alors que j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 voisin, \u00e0 la C\u00f4te-Saint-Andr\u00e9, deux ann\u00e9es).<\/p>\n<p>Je retourne vers Voreppe, traverse le pied de Chartreuse, un peu des Terres Froides, et \u00e0 Bourgoin je bifurque pour Cr\u00e9mieu. Je suis ravi par cet \u00eele calcaire qui porte bien son nom mais je d\u00e9laisse le chef-lieu pour Hi\u00e8res-sur-Amby, le site de Larina et la Balme-les-Grottes. J&rsquo;arrive dans l&rsquo;Ain au camp militaire de la Valbonne sur deux l\u00f4nes du Rh\u00f4ne (la Gravi\u00e8re et la Violette) ; je d\u00e9couvre que ce plateau steppique, c\u00e9l\u00e8bre justement pour ses pelouses steppiques (et bord\u00e9 du Rh\u00f4ne et de ses l\u00f4nes, la majestueuse Ain non loin) forment une v\u00e9ritable r\u00e9gion naturelle qui ne fait pas partie de notre liste initiale (la C\u00f4ti\u00e8re). Mais je suis, moi, dans un cadre fluvioglaciaire, pour un marais d&rsquo;une part et la l\u00f4ne en tant que telle d&rsquo;autre part. Les militaires m&rsquo;accueillent, apr\u00e8s checkpoint, v\u00e9rifications d&rsquo;identit\u00e9 et permis de circuler, et m&rsquo;accompagnent pour voir ce que je fais. Le marais est peu mouill\u00e9 (je sens que la l\u00f4ne est incis\u00e9e, et la nappe doit \u00eatre basse), mais la l\u00f4ne de la Violette est totalement inond\u00e9e, ce qui m&#8217;emp\u00eache d&rsquo;acc\u00e9der aux points que j&rsquo;avais cibl\u00e9s sur la carte. Ce ne sont que touradons de grands carex (notamment faux-souchet, pas courant), et n\u00e9nuphars et nymph\u00e9as ; c&rsquo;est d&rsquo;autant plus ravissant qu&rsquo;\u00e0 deux pas il y a les b\u00e2timents militaires et qu&rsquo;on entend les tirs d&rsquo;entra\u00eenement du polygone&#8230; J&rsquo;ai trouv\u00e9 les vertiges dans les deux sites (une coquille dans le marais, une petite population dans la l\u00f4ne) ; je me suis aussi perdu, apr\u00e8s la Violette, dans une bifurcation de celle-ci que je croyais suivre. L\u00e0 encore c&rsquo;est \u00e9tonnant de voir des champs, et quelques entreprises (casse, p\u00e9pini\u00e8re) si proches du camp. Mais je ne sais pas qui est le plus surpris : le militaire qui me voit d\u00e9barquer en qu\u00eate de coquilles millim\u00e9triques, ou moi qui vient d&rsquo;Italie pour faire cela dans un camp militaire&#8230;<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9tude, je retourne vers les Terres froides, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment en pied de Chartreuse, dans le val d&rsquo;Ainan, qui forme une marge large, une transition nette entre les galets et la roche. Je ferai une visite \u00e0 un petit \u00e9tang, Malseroud, pr\u00e8s les Abrets(-en-Dauphin\u00e9). Je reste au calme, en famille, le samedi, tout en m&rsquo;avan\u00e7ant vers la seconde semaine, beaucoup plus au sud. et le dimanche soir, je file depuis l&rsquo;Ard\u00e8che (\u00e9tape du dimanche) vers Montpellier, puis Narbonne et Perpignan, pour un nouveau site qui se trouve \u00eatre la RN116 entre Prades et Ille-sur-T\u00eat, dans les Pyr\u00e9n\u00e9es Orientales ! Ce travail ne l\u00e9sine pas sur l&#8217;empreinte carbone.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>4<\/strong>. Autoroute jusqu&rsquo;\u00e0 Perpignan, sans arr\u00eat, avec simplement le plaisir de remettre les pieds en Languedoc ; je note simplement en passant Gigean, et plus au sud, pour le paysage, Sigean ; j&rsquo;ai plaisir \u00e0 longer les Corbi\u00e8res (l&rsquo;un de mes pays favoris), Salses-le-Ch\u00e2teau et Leucate et, \u00e0 partir de Narbonne j&rsquo;entre en territoire in\u00e9dit. Je prends la route que je vais devoir parcourir \u00e0 pied, mais justement \u00e0 Ille, je monte vers Sournia, o\u00f9 j&rsquo;ai r\u00e9serv\u00e9 une chambre. D&rsquo;abord un peu soulag\u00e9 et replet de tant de route, j&rsquo;ouvre bient\u00f4t de grands yeux \u00e9merveill\u00e9s. D&rsquo;abord les orgues de d&rsquo;Ille, puis l&rsquo;ouverture du paysage des Fenouill\u00e8des entre Ballesta et Montalba ! C&rsquo;est une vraie surprise et une grande d\u00e9couverte et j&rsquo;en suis \u00e9mu : lande \u00e0 gen\u00eat, santolines, rocailles, plateau, je reste bouche b\u00e9e &#8211; et bien d\u00e9\u00e7u de ne plus avoir d&rsquo;appareil photo : il est mort \u00e0 Balan, dans d&rsquo;eau de la l\u00f4ne de la Violette, qu&rsquo;il n&rsquo;a pas go\u00fbt\u00e9e.<\/p>\n<p>Je trouve la clef, la chambre (dans un rempart de l&rsquo;h\u00f4tel de ville &#8211; village m\u00e9di\u00e9val) et les indications de la propri\u00e9taire qui n&rsquo;est pas disponible. Je vais manger dans le seul lieu ouvert, le camping, tr\u00e8s gilet jaune (et tr\u00e8s rassurant sur l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 de mes concitoyens).<\/p>\n<p>Le matin \u00e0 l&rsquo;aube, je descend vers Prades par le col de Boca Jal\u00e8re, et je r\u00e9alise peu \u00e0 peu que cette impression d&rsquo;exotisme est due notamment \u00e0 tous ces toponymes catalans. Je n&rsquo;avais jamais pris la mesure de <em>\u00e7a<\/em> (exag\u00e9r\u00e9 par la folklorique revendication locale). Le jour se l\u00e8ve \u00e0 peine, mais dans la descente, et ses paysages \u00e9poustouflants, une autre surprise m&rsquo;attend : le Canigou que je n&rsquo;avais vu jusque l\u00e0 que de loin, tr\u00f4ne, majestueux, sur la vall\u00e9e du T\u00eat. La t\u00e2che, cette fois, est ingrate (longer la route pour inventaire botanique), mais \u00e9paul\u00e9 par un tel guide, en de tels paysages, c&rsquo;est presque un plaisir.<\/p>\n<p>Pas tout \u00e0 fait, tout de m\u00eame, car la circulation y est continuelle et donc le pi\u00e9tinement infernal. Mais apr\u00e8s beaucoup d&rsquo;heures, je suis satisfait de passer sur le lac de Vin\u00e7a. Et finalement, je vais plus vite que pr\u00e9vu, et je m&rsquo;autorise, la visite du village d&rsquo;E\u00fcs ; la journ\u00e9e \u00e9tant longue, d&rsquo;ailleurs, je reprends la route et passe de nouveau par Sournia, pour payer, toujours sans la voir, la propri\u00e9taire, car j&rsquo;ai finalement d\u00e9cid\u00e9 de ne rester qu&rsquo;une nuit, contre les deux pr\u00e9vues initialement, puis passe par Ballesta, puis Latour-de-France, m&rsquo;arr\u00eate un bon moment \u00e0 Tautavel, et arrive \u00e0 Rivesaltes par Vingrau puis le camp Joffre (autre camp militaire). Il fait tr\u00e8s chaud mais dans les Corbi\u00e8res, du moins \u00e0 Tautavel, un tel vent soufflait que j&rsquo;imaginais mal dormir ainsi sans plus d&rsquo;abri. Je pointe vers la mer et Port-Leucate, je pique une t\u00eate (la premi\u00e8re de l&rsquo;ann\u00e9e) et profite des derniers rayons. D&rsquo;abord tent\u00e9 pour rester l\u00e0, l&rsquo;armada de moustiques m&rsquo;oblige \u00e0 me replier vers les montagnes, et je remonte alors sur Roquefort-des-Corbi\u00e8res, dans une vigne, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>5<\/strong>. Une nouvelle aventure d\u00e9bute le lendemain ; je dois me rendre \u00e0 S\u00e8te, pour rencontrer les coll\u00e8gues, nous mangeons ensemble, dans un restaurant magique en bordure de l&rsquo;\u00e9tang (j&rsquo;en garde un souvenir un peu \u00e9mu), et je file \u00e0 Montpellier sur le cinqui\u00e8me et dernier site, qui me prendra un peu plus d&rsquo;une journ\u00e9e. Il s&rsquo;agit de ces missions peu spectaculaires (et comme on voit, v\u00e9loces pour ne pas dire exp\u00e9di\u00e9es) d&rsquo;inventaire en zone \u00e0 urbaniser : quartier Trifontaine en bordure de Saint-Cl\u00e9ment. Je me perds, comme habitude, dans cette gargantuesque urbanit\u00e9, et accomplit la t\u00e2che sous le cagnard et avec entrain (je veux quitter l&rsquo;endroit !). La tristesse de ces maisonnettes condamn\u00e9es, flanqu\u00e9es de fourrages et de pois chiches ! Je dormirai apr\u00e8s Prades-le-Lez, \u00e0 Assas.<\/p>\n<p>En milieu d&rsquo;apr\u00e8s-midi du jour suivant, apr\u00e8s inventaire matutinal, je suis libre. J&rsquo;ai rendez-vous le lendemain dans le Var pour la derni\u00e8re r\u00e9union, le compte-rendu de la cartographie des Maures. Je vais \u00e0 Pignans, chez E et D, d&rsquo;autres amis, pour une douche r\u00e9paratrice et ne pas trop avoir \u00e0 courir. Mais je suis encore dans l&rsquo;H\u00e9rault et je me dirige, sans me presser, d&rsquo;abord \u00e0 travers la Camargue aux Salins de Giraud, pour manger des tellines. Je passe le Rh\u00f4ne avec le bac de Barcarin, puis je file plein nord vers la Crau, j&rsquo;ai envie de Crau.<\/p>\n<p>J&rsquo;herborise un peu dans le coussoul, je crame litt\u00e9ralement sous le cagnard, encore plus fort que dans l&rsquo;H\u00e9rault ou l&rsquo;Aude. Puis je me dirige doucettement vers Marseille par la nationale, puis Gardanne, un chou\u00efa d&rsquo;autoroute et Pignans. Les retrouvailles sont \u00e9mouvantes, il y a la m\u00e8re de D., fragile mais sereine, en pleine \u00e9pid\u00e9mie. Le lendemain, je me rends tranquille au Cannet, o\u00f9 je retrouve ma coll\u00e8gue, nous traversons toutes la plaine des Maures et une belle partie du massif (un ravissement, un ravissement, ne serait-ce que les bords de route \u00e0 stipes faux-bromes &#8211; je ne parle pas m\u00eame des pignons et des li\u00e8ges !) pour la r\u00e9union \u00e0 Collobri\u00e8res.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la r\u00e9union, je suis v\u00e9ritablement libre. Je rends la voiture samedi \u00e0 Nice, c&rsquo;est jeudi, je file vers les amis de Colomars, pour quelques derni\u00e8res heures de d\u00e9tente ; la chaleur fera craquer le ciel. Nous chantons avec E. (ou tout comme) et N., surprise, nous rejoint le lendemain.<\/p>\n<p>Quand je monte dans le train j&rsquo;ai deux mille six-cents kilom\u00e8tres dans les pattes, je n&rsquo;ai plus d&rsquo;appareil photo et donc aucune photographie depuis le 01 (pas de 07, 30, 34, 11, 66, 13, 83, 06 !), je n&rsquo;ai pas pris beaucoup d&rsquo;\u00e9chantillons pour l&rsquo;herbier (pas la place) (sauf le <a href=\"http:\/\/www.reserves-naturelles.org\/coussouls-de-crau\" rel=\"noopener noreferrer\" target=\"_blank\">stipe du Coussoul<\/a><sup class='footnote'><a href='#fn-15264-5' id='fnref-15264-5' onclick='return fdfootnote_show(15264)'>5<\/a><\/sup>), je n&rsquo;ai pas vu un <a href=\"http:\/\/www.animalbase.uni-goettingen.de\/zooweb\/servlet\/AnimalBase\/home\/picture?id=13798\" rel=\"noopener noreferrer\" target=\"_blank\"><em>Otala punctata<\/em><\/a>, \u00e0 cette \u00e9poque encore enterr\u00e9, mais j&rsquo;en ai plein les yeux, plein les mirettes, vraiment, de quoi nourrir un imaginaire constamment (et de plus en plus) affam\u00e9 de paysages &#8211; heureusement que le monde est infini.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class='footnotes' id='footnotes-15264'>\n<div class='footnotedivider'><\/div>\n<ol>\n<li id='fn-15264-1'> Alpes-Maritimes, Alpes de Haute-Provence, Dr\u00f4me, Hautes-Alpes, Is\u00e8re, Ain, Rh\u00f4ne, Dr\u00f4me encore, Ard\u00e8che, Vaucluse, Gard, H\u00e9rault, Aude, Pyr\u00e9n\u00e9es Orientales, et de nouveau Aude et H\u00e9rault, puis Bouches-du-Rh\u00f4ne, Var et de nouveau Alpes-Maritimes. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-15264-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-15264-2'> 37 ! : Pays ni\u00e7ois, Haute-Vall\u00e9e du Var, Haut-Verdon, Pr\u00e9alpes de Digne, Sisteronais, (Bu\u00ebch), Baronnies, (Diois), Tri\u00e8ves, Gr\u00e9sivaudan, Chartreuse, Terres Froides, Isle Cr\u00e9mieu, (Bugey), Dombes et retour vers Chartreuse, puis (Chambarans), Valentinois, Valdaine, Tricastin, (Bas-Vivarais, Comtat, Garrigues), Costi\u00e8res, Montpelli\u00e9rais, (Bitt\u00e9rois), Narbonnais, (Corbi\u00e8res), Roussillon, Fenouill\u00e8des, Conflent, et retour via Corbi\u00e8res vers Montpelli\u00e9rais, puis Camargue, Crau, Pays d&rsquo;Aix, Brignolais, Maures, Est\u00e9rel, Ven\u00e7ois, et retour Pays Ni\u00e7ois. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-15264-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-15264-3'> On peut noter que tous les d\u00e9partements m\u00e9diterran\u00e9ens ont \u00e9t\u00e9 travers\u00e9s ou effleur\u00e9s, et un peu plus (Is\u00e8re, Ain, Rh\u00f4ne), \u00e0 d\u00e9faut peut-\u00eatre de la Loz\u00e8re. Concernant les r\u00e9gions naturelles, ceux qui ont \u00e9t\u00e9 absolument ignor\u00e9s (et donc enserr\u00e9s par ceux qui ont contraire l&rsquo;ont \u00e9t\u00e9) sont : Vercors, Pays de Sault, Pays de Forcalquier, Pays d&rsquo;Apt, Pays d&rsquo;Aigues, Verdon, Drac\u00e9nois, Pays de Fayance, Pays de Grasse.) <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-15264-3'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-15264-4'> De Castillon (728m), de Turini (1604m), de la Couillole (1678m), de la Cayolle (2326m), de Vars (2108m), d&rsquo;Izoard (2360 m), du Lautaret (2058m), du Galibier (2645m), du T\u00e9l\u00e9graphe (1566m), de l&rsquo;Iseran (2770m), de Roselend (1968m), des Aravis (1486 m), de la Colombi\u00e8re (1613m), des Gets (1170m), jusqu&rsquo;\u00e0 Morzine et Thonon-les-Bains. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-15264-4'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-15264-5'> J&rsquo;en profite pour renvoyer au site de la r\u00e9serve, parce que je trouve qu&rsquo;il est excellemment fabriqu\u00e9. De plus, les r\u00e9serves (nationales ou r\u00e9gionales) sont de v\u00e9ritables outils de pr\u00e9servation et de gestion, \u00e0 mon avis les plus pertinents, apr\u00e8s les parcs nationaux (les parcs r\u00e9gionaux ne sont que des outils de d\u00e9veloppement touristiques &#8211; comme on le disait avec les gestionnaires des Maures ; dans mon parcours, j&rsquo;aurais \u00e9galement pu aller dans une autre r\u00e9serve, le Val d&rsquo;Allier, o\u00f9 j&rsquo;ai une mission aussi, mais c&rsquo;\u00e9tait trop de route et de temps. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-15264-5'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du fait de la pand\u00e9mie de Covid19, j&rsquo;ai d\u00fb regrouper un certain nombre de missions que je n&rsquo;ai pu r\u00e9aliser au d\u00e9but du printemps. Du 15 (ouverture de la fronti\u00e8re fran\u00e7aise) au 26 juin, j&rsquo;ai ainsi parcouru plus de 2500km, traversant (parfois \u00e0 peine \u00e0 la marge : Dr\u00f4me, Rh\u00f4ne, Gard, Vaucluse) 15 d\u00e9partements1, et&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3274,106],"tags":[3553,4081,3552,2114,3438,79,3576,3581,3588,3564,3571,90,3573,3568,3577,3585,3439,3579,3586,3565,3572,366,87,3584,3554,3578,3567,3561,3560,2746,3555,2115,3570,88,3580,3582,3557,3587,3559,1485,3562,3556,3551,1832,3583,3563,3569,465,1473,3566,3575,3574,3558,1078,3589,1168],"class_list":["post-15264","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-notes-sur-le-territoire","category-vers-le-dehors","tag-ain","tag-alpes-de-hautes-provence","tag-alpes-maritimes","tag-ardeche","tag-aude","tag-baronnies","tag-bas-vivarais","tag-bitterois","tag-brignolais","tag-buech","tag-bugey","tag-camargue","tag-chambarans","tag-chartreuse","tag-comtat","tag-conflent","tag-corbieres","tag-costieres","tag-crau","tag-diois","tag-dombes","tag-drome","tag-esterel","tag-fenouilledes","tag-gard","tag-garrigues","tag-gresivaudan","tag-haut-verdon","tag-haute-vallee-du-var","tag-hautes-alpes","tag-herault","tag-isere","tag-isle-cremieu","tag-maures","tag-montpellierais","tag-narbonnais","tag-ouches-du-rhone","tag-pays-daix","tag-pays-nicois","tag-paysage","tag-prealpes-de-digne","tag-pyrenees-orientalesb","tag-region-naturelle","tag-rhone","tag-roussillon","tag-sisteronais","tag-terres-froides","tag-territoire","tag-tricastin","tag-trieves","tag-valdaine","tag-valentinois","tag-var","tag-vaucluse","tag-vencois","tag-voyage"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15264","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15264"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15264\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15616,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15264\/revisions\/15616"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15264"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15264"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15264"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}