{"id":14823,"date":"2020-02-16T11:53:09","date_gmt":"2020-02-16T09:53:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=14823"},"modified":"2021-10-03T16:01:04","modified_gmt":"2021-10-03T14:01:04","slug":"noir-et-l-alcove","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/noir-et-l-alcove\/","title":{"rendered":"Noir et l&rsquo;alc\u00f4ve"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Texte paru dans le recueil hommage \u00e0 la librairie l&rsquo;Iris Noir, Paris XIIe en mars 2017<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Souvent pos\u00e9 l\u00e0, pos\u00e9 l\u00e0 sans adresse, pourtant il trouve place : location, coordonn\u00e9es, et nom. Ce sont de dr\u00f4les de petites mati\u00e8res. Comme des serviettes trop us\u00e9es, \u00e9tendues dans les rues ; comme des placards \u00e9ventr\u00e9es, \u00e9ventr\u00e9s dans les salons qui re\u00e7oivent ; des assiettes non pas comme offertes, mais entam\u00e9es, et d\u00e9laiss\u00e9es.<\/p>\n<p>Les colonnes n&rsquo;en sont pas : \u00e9rod\u00e9s elles maintiennent leur regard juste, mais leur \u00e9gard est tenace. Les murs pas plus : eux-m\u00eames laborieux, demeurent laborieux, soutiennent pratiquement tout ce qui du monde fait son envers \u2014\u00a0\u00e0 savoir la joie doucereuse de l&rsquo;inqui\u00e9tude.<\/p>\n<p>Petite forme blanche, mal adapt\u00e9e aux roches ou aux ruisseaux, mal adapt\u00e9e \u00e0 la corrosion des villes, petit monde suspendu, comme un souffle, entre deux silences \u00e9tourdis \u2014\u00a0celui qui pr\u00eate-nom parfois et celui qui fait semblant d&rsquo;y croire\u00a0\u2014 entre qui tricote une \u00e9nigme et qui ravaude ses secrets, quitte \u00e0 d\u00e9bouler en faisceaux malades.<\/p>\n<p>&#038; pour le noir, on fond.<\/p>\n<p>Noir est la dimension du pli, et le pli est puissant dealeur d&rsquo;espace : recoins, interstices, intervalles sensibles et musicale \u00e9chelles, siphons, spirales, intestins, et sourires \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des bouches. Le pli est la couleur de l&rsquo;ailleurs : portes, trappes, ganses ou blessures. Dans une pelote un univers.<\/p>\n<p>. . . . .<\/p>\n<p>Je ne suis pas un grand ordonnancier, pr\u00e9pos\u00e9 aux messages : trop entam\u00e9 dans ma chair par une seule de ces cha\u00eenes, je repasse, tranquille, chacun de ses maillons.<\/p>\n<p>Et c&rsquo;est pourquoi je souffle, lorsque je passe proche, \u00e0 m&rsquo;\u00e9tourdir, oublier, entre eux. Et pas beaucoup de repaires, ou d&rsquo;abris, plus s\u00fbrs plus sereins. Je m&rsquo;allonge sous ces corniches, pochette de petites faces et poign\u00e9es d&rsquo;angles, et tout ce bouquet d&rsquo;ar\u00eates.<\/p>\n<p>Et sans la ma\u00eetrise, ni m\u00eame esclave, picore un peu \u00e0 droite, \u00e0 gauche, en haut et en bas, parfois, je d\u00e9valise les cernes ; mais finalement je marche, agripp\u00e9 \u00e0 la peau et, corde, tu me sers d&rsquo;amiti\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte paru dans le recueil hommage \u00e0 la librairie l&rsquo;Iris Noir, Paris XIIe en mars 2017 &nbsp; Souvent pos\u00e9 l\u00e0, pos\u00e9 l\u00e0 sans adresse, pourtant il trouve place : location, coordonn\u00e9es, et nom. Ce sont de dr\u00f4les de petites mati\u00e8res. 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