{"id":1135,"date":"2010-11-28T02:24:05","date_gmt":"2010-11-28T00:24:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=1135"},"modified":"2021-10-03T17:00:51","modified_gmt":"2021-10-03T15:00:51","slug":"le-devenir-vegetal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/le-devenir-vegetal\/","title":{"rendered":"Le devenir-v\u00e9g\u00e9tal"},"content":{"rendered":"<p>\u00c7a y est, suis contraint de le faire ce texte que je mets de c\u00f4t\u00e9 depuis longtemps, mais qui pousse en moi \u00e9galement depuis d&rsquo;autant. A cause de Fran\u00e7ois Bon, <a href=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/spip\/spip.php?article2355\" target=\"_blank\" rel=\"lightbox noopener noreferrer\">et de sa m\u00e9taphore du livre comme arbre<\/a>, dans cette fabuleuse quotidienne (<a href=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/spip\/spip.php?rubrique63\" target=\"_blank\" rel=\"lightbox noopener noreferrer\">Apr\u00e8s le livre<\/a>) o\u00f9, dit-il, <em>j\u2019\u00e9crivais ici uniquement pour l\u2019\u00e9criture m\u00eame<\/em>, type de phrase qui a le don de me fasciner de longues minutes durant.<\/p>\n<p>Alors oui, tentons d&rsquo;aborder ce th\u00e8me qui, par le biais de <a href=\"http:\/\/utime.unblog.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"lightbox noopener noreferrer\">Gonzague de Montmagner<\/a>, partenaire <a href=\"http:\/\/www.hors-sol.net\" target=\"_blank\" rel=\"lightbox noopener noreferrer\">Hors-Sol<\/a> (d\u00e9cid\u00e9ment), et la revue <a href=\"http:\/\/www.revue-chimeres.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"lightbox noopener noreferrer\">Chim\u00e8res<\/a>, lorgne directement dans la direction de Deleuze et <a href=\"http:\/\/www.hors-sol.net\/revue\/felix-guattari-les-trois-ecologie\" target=\"_blank\" rel=\"lightbox noopener noreferrer\">Guattari<\/a>&#8230;<\/p>\n<p><\/p>\n<hr \/>\n<p><br ><\/p>\n<p><strong>Graines<\/strong><\/p>\n<p>Chiendent.<br \/>\nLuzerne. Lin. H\u00e9lianth\u00e8me. Millepertuis.<br \/>\nAncolie, m\u00e9lilot.<br \/>\nGesse, vesce.<br \/>\nGen\u00eat.<br \/>\nAup\u00e9bine, \u00e9glantier, prunelier.<br \/>\nBadasse, rouvet, fustet, aphyllanthe.<\/p>\n<p><strong>Plantes.<\/strong><\/p>\n<p>Plantes qui indiff\u00e9remment, obstin\u00e9ment croissent, quelle que soit la nature ou la qualit\u00e9 du sol, les al\u00e9as du climat ou la violence de ce qui broie \u2014 dents ou lames.<\/p>\n<p>Plantes qui continuent, qui s&rsquo;enfoncent et se r\u00e9pandent comme un genre d&rsquo;eau solide qu&rsquo;elles imitent r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;ont-elles \u00e0 nous apprendre sur nous ? Qu&rsquo;ont-elles \u00e0 nous r\u00e9v\u00e9ler sur notre \u00eatre m\u00eame, que savent-elles de nous, elles qui nous fascinent pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&rsquo;elles appartiennent au <i>tout autre<\/i> ?<\/p>\n<p>Les travaux de la science (botanique aujourd&rsquo;hui, qui n&rsquo;es plus enseign\u00e9e en France, phytosociologie m\u00e9connue) commencent tout juste (Francis Hall\u00e9) \u00e0 d\u00e9couvrir ce nouveau monde, un monde qui n&rsquo;est pas fait de mouvements, de cris, de crainte et de fuites, mais d&rsquo;accointance presque ontologique avec cette terre qui les nourrit. <\/p>\n<p>Je v\u00e9rifie en quelques propositions s&rsquo;il est possible d&rsquo;imaginer une \u00e9criture qui, lib\u00e9r\u00e9e de la transcendance dans laquelle le langage (qui n&rsquo;est presque qu&rsquo;une extension, p\u00e9riph\u00e9rique de nos appareils sensoriels et locomoteurs) la jette, tenterait d&rsquo;approcher de l&rsquo;immanence propre au monde v\u00e9g\u00e9tal&#8230; Trois facult\u00e9s probables (A), trois applications possibles (B).<\/p>\n<p><strong>A1 | Une horizonte<\/strong><\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas sa faute, \u00e0 l&rsquo;arbre, d&rsquo;\u00eatre comme il est, bien droit, roide et vertical, pour rev\u00eatir une symbolique qu&rsquo;il n&rsquo;approuve pas, ne saurait approuver, tant il est lui-m\u00eame t\u00e9moin de l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre droit, roide et vertical.<\/p>\n<p>Toutes les soci\u00e9t\u00e9s humaines l&rsquo;ont \u00e9lu comme symbole de connaissance ou d&rsquo;autorit\u00e9, mais c&rsquo;est bien mal conna\u00eetre sa biologie et son \u00e9cologie. Rien de moins <i>un<\/i> ; rien de moins <i>unanime<\/i>. Rien de moins <i>plastique<\/i>, h\u00e9ritant sa forme \u00e9lanc\u00e9e des conditions physiques de notre plan\u00e8te, en des conditions extr\u00eames (vent, pente, eau), il cro\u00eet tout aussi bien couch\u00e9, en travers du regard. Et puis quel monde il repr\u00e9sente : presque autant de racines que de houppier, monde souterrain, et donc secret (on peut se demander pourquoi), g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9velopp\u00e9 en un ancrage central vertical accompagn\u00e9e d&rsquo;un chevelu concentrique, proprement \u00e9chevel\u00e9, serpent infini de minuscules bouches, doigts, su\u00e7oirs&#8230; On voit l&rsquo;arbre comme un trait, un b\u00e2ton, mais c&rsquo;est l&rsquo;erreur d&rsquo;avant Galil\u00e9e : il est plut\u00f4t circulaire, enroul\u00e9 autour de son duramen, de son liber, de son \u00e9corce.<\/p>\n<p>Alors en ce cas, d&rsquo;accord pour voir avec Bon l&rsquo;arbre non comme m\u00e9taphore du livre, ou en tout cas non du livre traditionnel, celui qu&rsquo;on appelle parfois saint, et qui est l&rsquo;intouchable, mais comme cette ramification de notre vie litt\u00e9raire aux diff\u00e9rents <em>\u00e9tages<\/em> de l&rsquo;\u00e9criture : carnet ou cahier, t\u00e9l\u00e9phones, r\u00e9seaux sociaux, \u00e9crans, articles de revues, conf\u00e9rences, d\u00e9dicaces, etc. Cette <em>ramification<\/em> est celle de l&rsquo;horizon, elle est celle qui associe recherche et d\u00e9veloppement aux furetages de la vie qui se dirige vers de nouveaux paysages comme de nouvelles aventures.<\/p>\n<p>Et puis l&rsquo;arbre n&rsquo;est qu&rsquo;une plante qui s&rsquo;est perfectionn\u00e9e \u00e0 franchir les caps des saisons. Une plante annuelle, comme cette petite cardamine, qui pousse dans toutes les villes au printemps, ne d\u00e9montre-t-elle pas non plus cette facult\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9talement&#8230; ou cette renou\u00e9e qu&rsquo;on dirait cerceaux venus du caillou jet\u00e9 \u00e0 l&rsquo;eau.<\/p>\n<p>La surface (le plan d&rsquo;immanence ?) nous constitue : nous ne pouvons faire autrement, l&rsquo;horizon est toujours lat\u00e9ral et m\u00eame l&rsquo;\u00e9cran, comme le ciel, ou l&rsquo;eau, nous le tranchons de notre regard pour en faire un plan d&rsquo;immanence, c&rsquo;est-\u00e0-dire un lieu ad\u00e9quat pour que surgisse un \u00e9v\u00e8nement. Une terre qu&rsquo;on retourne pour faire germer les graines. Ou, loin de l&rsquo;agricole, un sol qui devient pelouse, vie.<\/p>\n<p>Mais c&rsquo;est simplement la ligne, la ligne d&rsquo;\u00e9criture ou la ligne de la port\u00e9e, la page, avec son tranchant ac\u00e9r\u00e9, c&rsquo;est simplement l&rsquo;unique et longue phrase et infinie, que l&rsquo;invention du <em>codex<\/em> a artificiellement rompu en ligne bris\u00e9e mais que le <em>volumen<\/em> d\u00e9roulait infiniment. Plus qu&rsquo;un seul livre, nous ne sommes faits que d&rsquo;une seule ligne&#8230;<\/p>\n<p><strong>A2 | Une multiplicit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Car on ne peut \u00e9videmment pas consid\u00e9rer le v\u00e9g\u00e9tal comme le si\u00e8ge de l&rsquo;unique, mais bien plut\u00f4t de la <em>multiplicit\u00e9<\/em>. Directement provenant du point pr\u00e9c\u00e9dent, cette facult\u00e9 est celle du pluriel. L&rsquo;\u00e9criture pour \u00eatre <em>horizonte<\/em>, doit \u00eatre plurielle, c&rsquo;est-\u00e0-dire nombreuse, polyphonique (Bakhtine).<\/p>\n<p>S&rsquo;il y a plusieurs voix, il doit donc y avoir plusieurs bouches, comme il y a plusieurs extr\u00e9mit\u00e9s au racinaire. L&rsquo;une des grandes inventions du monde animal \u00e7&rsquo;a \u00e9t\u00e9 de s\u00e9parer l&rsquo;orifice liminaire de l&rsquo;orifice final, de s\u00e9parer donc la bouche de l&rsquo;anus, l&rsquo;oral de l&rsquo;anal. Cela s&rsquo;est transmis \u00e0 tous les taxons jusqu&rsquo;\u00e0 nous. Sans faire de psychanalyse qui, sur ces questions, demeure d&rsquo;une pauvret\u00e9, d&rsquo;une indigence conceptuelle et d&rsquo;une ignorance biologique hallucinantes, nous pouvons constater que cette invention technique n&rsquo;a pas seulement pos\u00e9 les limites entre un dedans, un dehors et un dedans-dehors, cr\u00e9ant l&rsquo;invagination du m\u00eame coup, elle a \u00e9galement frein\u00e9 consid\u00e9rablement les capacit\u00e9s d&rsquo;adaptation au monde alentour et ce, durablement.<\/p>\n<p>En effet, cela am\u00e8ne de fait une sp\u00e9cialisation des organes, l\u00e0 o\u00f9 pr\u00e9cis\u00e9ment, les plantes, le v\u00e9g\u00e9tal, ne comporte qu&rsquo;un nombre limit\u00e9 de fonctions cellulaires : cro\u00eetre, se nourrir\/reproduire, prot\u00e9ger\/soutenir.<\/p>\n<p><br ><br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/static0.intellego.fr\/uploads\/1\/1\/1163\/media\/600_Comparaison%20cellule%20animale%20-%20cellule%20animale.gif\"  rel=\"lightbox\"><br \/>\n<br ><\/p>\n<p>On me dira alors que cette animalit\u00e9 est multiple, et sans doute l&rsquo;est-elle, mais au service d&rsquo;un unique \u00ab\u00a0individu\u00a0\u00bb. Alors que chez la plante, la relative pauvret\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments constituants autorise de mani\u00e8re beaucoup plus spectaculaire et r\u00e9pandue, l&rsquo;instauration de collectivit\u00e9s ou d&rsquo;\u00eatres collectifs, de devenir-multiple : la colonie. Un arbre n&rsquo;est pas, c&rsquo;est-\u00e0-pr\u00e9sent bien d\u00e9montr\u00e9, un individu. Si un individu est un \u00e9l\u00e9ment du monde autonome, autog\u00e9r\u00e9 et litt\u00e9ralement qu&rsquo;on ne peut couper (sans de graves dommages \u00e0 son int\u00e9grit\u00e9 m\u00eame), il n&rsquo;en va pas de m\u00eame chez la plante. Si vous sciez la patte de votre chat, il souffrira, et risquera toutes les infections ; de plus, par la suite, il fonctionnera beaucoup moins bien. Chez l&rsquo;arbre ou l&rsquo;herbe, qu&rsquo;on taille, coupe, divise, marcote, fait drageonner, clone \u00e0 tour de bras depuis la nuit des temps dans nos champs et jardins, rien de tel, bien au contraire.<\/p>\n<p>C&rsquo;est le principe m\u00eame du chiendent, qui (\u00e0 l&rsquo;image de certains vers parasites toutefois), peut faire d&rsquo;une pierre deux coups, ou d&rsquo;un accident deux corps. C&rsquo;est le principe m\u00eame de l&rsquo;arbre de haut port, l&rsquo;arbre futaie (\u00e0 l&rsquo;image des r\u00e9cifs coralliens), dont il est av\u00e9r\u00e9 aujourd&rsquo;hui que le g\u00e9nome des racines les plus profonde est diff\u00e9rent de celui des ultimes feuilles.<\/p>\n<p>Telle est la multiplicit\u00e9 : l&rsquo;\u00eatre collectif, le devenir coloniaire, qui aurait bien entendu, dans un contexte d&rsquo;\u00e9criture, des port\u00e9es tout \u00e0 fait singuli\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>A3 | Une diversit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Un peu diff\u00e9rente de la multiplicit\u00e9, la diversit\u00e9. Une \u00e9criture v\u00e9g\u00e9tale serait celle qui se laisse ouvrir, prendre ou envahir, de la vari\u00e9t\u00e9 des langues, mais aussi des bouches, et des mains. Il y a cette facult\u00e9 de se d\u00e9prendre de son \u00eatre constitutif et d&rsquo;adopter la langue de l&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n<p>La traduction est un \u00e9minent si\u00e8ge de ce principe de diff\u00e9renciation ; car c&rsquo;est ici l&rsquo;attention au diff\u00e9rent, \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, \u00e0 l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 qui est appel\u00e9e ; alors si la litt\u00e9rature est le lieu o\u00f9 se parle un langage que rien ne parle ni qui ne parle aucune langue, encore faut-il accompagner cette proposition de ses effets concrets tr\u00e8s nets : s&rsquo;ouvrir \u00e0 la langue \u00e9trang\u00e8re dans une babel rejou\u00e9e pour d\u00e9monter ce qui, dans la langue, parle, domine, commande, explique. <\/p>\n<p>Ce qui parle est l&rsquo;autorit\u00e9 ; ce langage que nous appelons de nos bouches \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 m\u00eame du langage, \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger au langage ne peut \u00eatre celui de l&rsquo;autorit\u00e9, mais celui de ce qui sape l&rsquo;autorit\u00e9 dans son fondement m\u00eame (le langage). Mais qui d\u00e9cide de se passer d&rsquo;autorit\u00e9 doit encore se passer d&rsquo;auteur. Etrange processus quand on constate depuis des si\u00e8cles (Mallarm\u00e9, Blanchot) que l&rsquo;\u0153uvre (mais il faut arr\u00eater avec l&rsquo;\u0153uvre comme semi-dieu, comme autre chose que la b\u00e9ance du d\u00e9s\u0153uvrement) est cela m\u00eame qui nie l&rsquo;auteur comme autorit\u00e9. Les r\u00e9cents soubresauts d l&rsquo;id\u00e9e : Barthes, Foucault, <a href=\"http:\/\/www.fabula.org\/compagnon\/auteur1.php\" target=\"_blank\" rel=\"lightbox noopener noreferrer\">on en rit presque<\/a>, alors que ce qui fut \u00e9nonc\u00e9 l\u00e0 n&rsquo;a pas encore donn\u00e9 les implications techniques escompt\u00e9es (sinon chez un Chevillard, un Volodine, un Claro ?).<\/p>\n<p>Alors bien s\u00fbr, l&rsquo;attention au r\u00e9seau m\u00eame \u2014 quoi de plus proche d&rsquo;un racinaire qu&rsquo;un r\u00e9seau \u2014 internet, et aux r\u00e9seaux sociaux en particulier, avec ses mensonges, ses avatars, ses ruptures de faisceaux, l&rsquo;omnipr\u00e9sence de l&rsquo;\u00e9cran, le lien hypertexte, son d\u00e9bit et sa navigation, ses flux, son corps de machine, ses extensions et autres applications, est un profond renouvellement de la pratique ; un outils indispensable et, comme on le constate r\u00e9guli\u00e8rement, trop peu utilis\u00e9 par les \u00e9crivains. (Etrange d&rsquo;ailleurs, de se plaindre de Google quand il pr\u00e9tend que l&rsquo;homme est une information \u2014 ou un document \u2014\u00a0comme les autres, et que le romancier ne se sente pas pi\u00e9tin\u00e9 sur son propre terrain, symboliquement : <em>celui de la biblioth\u00e8que<\/em>).<\/p>\n<p>Enfin la diversit\u00e9 c&rsquo;est aussi l&rsquo;\u00e9change, le va-et-vient : si l&rsquo;auteur dispara\u00eet, il existe aussi le parasitisme ou la symbiose d&rsquo;un auteur \u00e0 l&rsquo;autre, d&rsquo;un auteur l&rsquo;autre. Personne ne s&rsquo;est pos\u00e9 la question du droit de l&rsquo;auteur lorsqu&rsquo;il int\u00e8gre telle tradition populaire, telles l\u00e9gendes histori\u00e9es (Rabelais), ou morceaux entiers d&rsquo;une autre \u0153uvre, \u00ab\u00a0parce que c&rsquo;\u00e9taient eux\u00a0\u00bb (Montaigne). On peut noter ici l&rsquo;exp\u00e9rience d\u00e9concertante de l&rsquo;accueil sur territoire pr\u00e9cis de langue autre : <a href=\"http:\/\/www.facebook.com\/group.php?gid=104893605886\" target=\"_blank\" rel=\"lightbox noopener noreferrer\">les vases communicants<\/a>. Telle est l&rsquo;expression de la diversit\u00e9, qu&rsquo;\u00e0 bon droit (non d&rsquo;auteur) s&rsquo;arrogent les scripteurs des sites \u2014\u00a0et que fait le lecteur sinon actualiser la diversit\u00e9 m\u00eame ?<\/p>\n<p><i>Je reste dans le lin\u00e9aire, car nous n&rsquo;avons pas encore les moyens de nos d\u00e9sirs. Je pose trois application possibles, mais il y aurait encore bien des choses \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir. Je propose de jeter une id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, puis d&rsquo;y revenir avec des exemples techniques glan\u00e9s \u00e0 droite et \u00e0 gauche.<\/i><br \/>\n<br ><\/p>\n<p><strong>B1 | Une collaboration<\/strong><br \/>\nUne \u00e9criture qui ne serait pas seulement celle d&rsquo;un unique auteur mais une \u00e9criture collective, exp\u00e9rience <a href=\"http:\/\/www.inculte.fr\/\" target=\"_blank  rel=\"lightbox\"\">Inculte<\/a> ou <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?rubrique105\" target=_blank\"  rel=\"lightbox\">Instin<\/a>, peu importe.<br \/>\n<br ><\/p>\n<p><strong>B2 | Une parth\u00e9nogen\u00e8se<\/strong><br \/>\nUne \u00e9criture qui est capable de se reproduire seule : d\u00e9rivation \u00e0 partir d&rsquo;un mot, exploration de la famille ou du champ lexical, mais aussi d\u00e9structuration du mot, qui trop souvent fait bloc, et de la phrase qui est engonc\u00e9e dans sa ponctuation et son ordre canonique.<br \/>\n<br ><\/p>\n<p><strong>B3 | Une contamination<\/strong><br \/>\nSans doute le plus important, le capital, le cardinal, la th\u00e9matique de la maladie, du germe, de la prolif\u00e9ration, de l&rsquo;expansion du territoire, de la guerre, bref tout ce que nous avons cherch\u00e9 (et tout cas moi en tant qu&rsquo;organe) \u00e0 d\u00e9velopper dans <i>Climax<\/i>&#8230; <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c7a y est, suis contraint de le faire ce texte que je mets de c\u00f4t\u00e9 depuis longtemps, mais qui pousse en moi \u00e9galement depuis d&rsquo;autant. A cause de Fran\u00e7ois Bon, et de sa m\u00e9taphore du livre comme arbre, dans cette fabuleuse quotidienne (Apr\u00e8s le livre) o\u00f9, dit-il, j\u2019\u00e9crivais ici uniquement pour l\u2019\u00e9criture m\u00eame, type de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[30],"tags":[553,585,427,278,247,11,604,561,560,557,564,555,594,593,556,589,14,597,19,529,602,22,23,356,598,499,579,1973,3816,293,559,590,383,582,38,581,3070,135,552,562,554,1989,563,576,588,567,596,568,569,550,355,565,580,595],"class_list":["post-1135","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-critique-chronique","tag-antoine-volodine","tag-arbre","tag-auteur","tag-botanique","tag-chimere-revue","tag-claro","tag-codex","tag-collectif","tag-colonie","tag-contamination","tag-desoeuvrement","tag-devenir","tag-differance","tag-difference","tag-diversite","tag-ecran","tag-eric-chevillard","tag-francis-halle","tag-francois-bon","tag-francois-rabelais","tag-galileo-galilei","tag-general-instin","tag-gonzague-de-montmagner","tag-google","tag-gregory-bateson","tag-guerre","tag-horizon","tag-hors-sol-revue","tag-inculte","tag-individu","tag-instin","tag-ligne","tag-lircrire","tag-maladie","tag-maurice-blanchot","tag-michel-de-montaigne","tag-michel-foucalt","tag-michel-foucault","tag-mikhail-bakhtine","tag-mort-de-lauteur","tag-multiplicite","tag-multirudes-revue","tag-oeuvre","tag-parasite","tag-plan-dimmanence","tag-plante","tag-polyphonie","tag-racine","tag-rhizome","tag-rolland-barthes","tag-stephane-mallarme","tag-vegetal","tag-vertical","tag-voix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1135","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1135"}],"version-history":[{"count":29,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1135\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15886,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1135\/revisions\/15886"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1135"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1135"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1135"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}