{"id":11276,"date":"2016-06-25T00:00:54","date_gmt":"2016-06-24T22:00:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=11276"},"modified":"2023-04-24T09:29:06","modified_gmt":"2023-04-24T07:29:06","slug":"lettre-a-nathalie-quintane-02","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/lettre-a-nathalie-quintane-02\/","title":{"rendered":"Lettre \u00e0 Nathalie Quintane (2)"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.lafabrique.fr\/spip\/IMG\/arton879.jpg\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>Lettre \u00e9crite suite \u00e0 la lecture de son livre <em>Les ann\u00e9es 10<\/em>, paru \u00e0 la Fabrique en 2014. Divis\u00e9 en deux parties : <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/lettre-a-nathalie-quintane-01\/\">1<\/a> &#8211; <strong>2<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>3. Le c\u0153ur du probl\u00e8me,<\/em><\/strong> peu \u00e0 peu, vous le d\u00e9voilez, avec toutes les pr\u00e9cautions qui font la qualit\u00e9 de votre prose, c&rsquo;est cette difficult\u00e9 que nous avons et aurons tous, nous qui pr\u00e9tendons ne pas \u00eatre pauvres sans \u00eatre tout \u00e0 fait riches, et surtout nourris de cet esprit critique que nous a gracieusement enseign\u00e9 la fr\u00e9quentation de la contre-culture, qui est la culture avec une once d&rsquo;ironie.<\/p>\n<p>Vous ne vous privez pas de nous inclure, vous et moi, et tous les autres qui pr\u00e9tendons \u00eatre assez libres pour savoir, et montrez bien la b\u00eatise (au sens flaubertien, tiens, soyons g\u00e9n\u00e9reux) qui anime nos gestes \u00e9coresponsables, par exemple lorsque nous refusons d&rsquo;utiliser la caisse automatique (qui d\u00e9truit les emplois de caissiers et caissi\u00e8res), alors m\u00eame que la possibilit\u00e9 de l&rsquo;utiliser demeure, ou que l&rsquo;obligation de l&rsquo;utiliser ne soit effective. De petits gestes snobs, en somme, et tellement referm\u00e9s sur eux-m\u00eames qu&rsquo;ils perdent leur poids politique : \u00ab Des refus non identifi\u00e9s comme tels par les autres n&rsquo;en sont pas \u00bb (163).<\/p>\n<p>Dans le <em>Discours du 14 mai 2014<\/em>, vous vous en prenez \u00e0 notre responsabilit\u00e9 personnelle, partag\u00e9e, intelligente. Ce texte est perturbant. Et habile. Les guillemets sans doute. Qui parle ? En effet, il y va de notre responsabilit\u00e9 et, partant, de notre cr\u00e9dibilit\u00e9. Car nous sommes trops malins, trop inform\u00e9s, trop critiques pour n&rsquo;\u00eatre pas cyniques ! Vous le dites ailleurs, il faudrait faire \u00ab une pause dans tout \u00e7a \u00bb, \u00ab exerc[er], sur soi-m\u00eame, une bonne purge, on se vomirait d&rsquo;abord \u00bb (174). Il faudrait d&rsquo;abord nettoyer devant chez soi, tourner sa langue sept fois dans sa bouche, mettre les b\u0153ufs avant la charrue. Il faudrait clarifier nos positions. Pas facile, \u00e9tant donn\u00e9e la puissance du discours.<\/p>\n<p>Ceci m&rsquo;\u00e9voque, hasard des rencontres, le passage du film <em>Ecce bombo<\/em> de Nanni Moretti dans lequel le personnage se demande quelle posture adopter dans une f\u00eate afin de para\u00eetre \u00eatre de \u201cgauche\u201d.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"420\" height=\"315\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/yaiH2lGIvVw\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Alors vous parvenez \u00e0 des virtuosit\u00e9s d&rsquo;analyses, des r\u00e9flexions qu&rsquo;on ne lit jamais ou presque. Par exemple lorsque vous dites : \u00ab Favoriser les r\u00e9gions au d\u00e9triment des nations est sans doute tactiquement juste pour l&rsquo;Europe \u2014 mais cela n&#8217;emp\u00eache pas que le fonctionnaire qui d\u00e9cide d&rsquo;accorder de l&rsquo;argent \u00e0 un artiste r\u00e9gionaliste venge quelque chose qu&rsquo;il s&rsquo;imagine devoir \u00eatre veng\u00e9, ou au moins compens\u00e9 \u2014\u00a0la minorit\u00e9 horizontale de ce artiste dans l&rsquo;ensemble majoritaire et vertical de l&rsquo;art contemporain, par exemple (car les fonctionnaire europ\u00e9ens ont tous lu Deleuze\u00a0\u00bb) (111), vous touchez (ing\u00e9nument ou non \u2014\u00a0j&rsquo;aime croire que non \u2014 inconsciemment ou non \u2014\u00a0j&rsquo;aime croire que non) \u00e0 un autre des n\u0153uds du probl\u00e8me. Vous pointez pr\u00e9cis\u00e9ment la distance maintenue entre une politique locale en r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9connect\u00e9e du territoire (et plus elle \u00e9voque le terroir, le patrimoine, les ressources naturelles, etc, et plus elle est suspecte), <em>d\u00e9territorialis\u00e9e<\/em> en somme, et la politique elle-m\u00eame qui ne parle presque que de souverainet\u00e9. <\/p>\n<p>Je ne sais pas si c&rsquo;est la rigueur de votre fil qui vous m\u00e8ne \u00e0 ces consid\u00e9rations, ou bien autre chose, mais vous \u00eates pr\u00e9cis\u00e9ment en train de cerner ce que \u2014 pour aller vite \u2014 bien des mouvements alternatifs se refusent d&rsquo;entr&rsquo;apercevoir ou, comme vous dites concernant les luttes engag\u00e9es dans le val de Susa <sup class='footnote'><a href='#fn-11276-1' id='fnref-11276-1' onclick='return fdfootnote_show(11276)'>1<\/a><\/sup>, \u00ab\u00a0il est possible que la limite des <i>r\u00e9sistances diffuses<\/i> ne soient pas dans leur fragilit\u00e9 ni leur dispersion [\u00e0 ces militants] mais bien plut\u00f4t la mani\u00e8re dont, sans le vouloir, sans le pr\u00e9voir, elles viennent seconder l&rsquo;Etat \u2014\u00a0peut-\u00eatre parce que la mani\u00e8re dont certaines posent les questions (de la lutte) est trop litt\u00e9ralement calqu\u00e9e sur la r\u00e9ponse du pouvoir [&#8230;] Or, non seulement ils [les citoyens qui croient \u00e0 la d\u00e9mocratie participative] viennent seconder l&rsquo;\u00e9tat, mais ils l\u00e9gitiment son action, puisqu&rsquo;elle se d\u00e9duit de [cette participation]. \u00bb Vous croyez peut-\u00eatre encore que l&rsquo;Etat est mauvais de nature, mais ces citoyens-l\u00e0 en tout cas, ne sont gu\u00e8re plus malins : \u00ab\u00a0Une d\u00e9mocratie radicale serait par cons\u00e9quent constitu\u00e9e de citoyens beno\u00eets qui r\u00e9pondraient beno\u00eetement \u00e0 un \u00e9tat en roue libre \u2014\u00a0un peuple de Maurel, somme toute : un peuple de santons.\u00a0\u00bb (119-121)<\/p>\n<p>Oui, je ne sais pas tr\u00e8s bien jusqu&rsquo;\u00e0 quel point vous voyez que ce que vous dites s&rsquo;\u00e9loigne d\u2019autant plus de ces fadaises postd\u00e9mocratiques (d\u00e9mocratie participative et <em>tutti quanti<\/em>) qu&rsquo;il d\u00e9signe sans le savoir la qualit\u00e9 d&rsquo;un \u00e9tat ind\u00e9pendant de son d\u00e9tournement par des repr\u00e9sentants avilis ou des technocrates europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>Mais laissons-l\u00e0 ce sujet, qui est trop vaste pour cette lettre et qui n\u00e9cessiterait peut-\u00eatre une r\u00e9ponse de votre part \u00e0 d\u00e9faut de la provoquer (je sais que les gens engag\u00e9s sont tr\u00e8s sensibles sur le sujet de l&rsquo;Etat, de la nation, etc.)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>4. Votre livre<\/em><\/strong> aussi porte enfin une solide r\u00e9flexion (j&rsquo;ai l&rsquo;impression de me r\u00e9p\u00e9ter) sur le r\u00f4le de la litt\u00e9rature dans tout cela. Il est vrai que la litt\u00e9rature rassemble un peu \u00e0 elle tout ce qu&rsquo;on imagine de ce qu&rsquo;est un \u00e9crivain, la noblesse du livre, le recul de la pens\u00e9e, toutes ces sortes de choses ; ceci m&rsquo;\u00e9voque, dans un bouquin que je suis en train de lire, Vila-Matas citant Sergio Chejfec citant l&rsquo;innocence de Victoria de Stefano, \u00ab\u00a0pourtant dernier bastion d&rsquo;une narration con\u00e7ue comme un art<sup class='footnote'><a href='#fn-11276-2' id='fnref-11276-2' onclick='return fdfootnote_show(11276)'>2<\/a><\/sup>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u00e0 encore je ne sais pas tr\u00e8s bien (dans votre cas, mais pourquoi pas aussi dans le mien) si le recours \u00e0 la litt\u00e9rature, et m\u00eame la litt\u00e9rature \u00ab\u00a0con\u00e7ue comme un art\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas une feinte, une esquive pour ne pas trop rester sur un terrain politique qui est soit trop s\u00e9rieux pour nous, soit trop complexe finalement, et pour investir le mar\u00e9cage beaucoup plus mouvant et incertain de la litt\u00e9rature, des id\u00e9es dans la litt\u00e9rature, des id\u00e9es <em>sur<\/em> la litt\u00e9rature, <em>locus<\/em> hostile qui convient mieux sans doute \u00e0 nos \u00e2mes m\u00e9lancoliques.<\/p>\n<p>Ce qui est rigolo (pour parler comme vous), c&rsquo;est que vous \u00e9voquez justement deux \u00e9crivains, Bataille et Blanchot, pour qui la politique a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cue, disons, pour le dire crument et rapidement, avec les \u0153ill\u00e8res de la litt\u00e9rature, et de la litt\u00e9rature con\u00e7ue comme un art, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec l\u2019orgueil et le d\u00e9dain tout romantique, nihiliste et, \u00e0 dire la v\u00e9rit\u00e9, un peu aristocrate (mais ceci est peut-\u00eatre surtout vrai pour Blanchot). C&rsquo;est dans <em>Kant, Michelet, P\u00e9guy<\/em><sup class='footnote'><a href='#fn-11276-3' id='fnref-11276-3' onclick='return fdfootnote_show(11276)'>3<\/a><\/sup>, ou vous posez que ce retrait du politique dans le livre ne serait gu\u00e8re plus qu&rsquo;une posture de plus. Or s&rsquo;il y a deux auteurs chez qui l&rsquo;engagement politique \u00e9tait tout sauf facile, \u00e9vident ou postural, dans leur d\u00e9chirement dramatique, c&rsquo;est bien Bataille et Blanchot ! On pardonne beaucoup aux staliniens et mao\u00efstes de nos jours, pour peu qu&rsquo;ils se plient avec ferveur au dogme n\u00e9olib\u00e9ral, mais je ne suis pas s\u00fbr et certain que Bataille et Blanchot ne souffriraient pas le m\u00eame sort que certains intellectuels \u201cpopulistes r\u00e9actionnaires\u201d vou\u00e9s aujourd&rsquo;hui \u00e0 la vindicte populaire<sup class='footnote'><a href='#fn-11276-4' id='fnref-11276-4' onclick='return fdfootnote_show(11276)'>4<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>Beaucoup plus loin dans le recueil, dans <em>Pourquoi l&rsquo;extr\u00eame gauche ne lit pas de litt\u00e9rature<\/em>, vous \u00e9voquez encore la ch\u00e8vre du fran\u00e7ais scolaire, planqu\u00e9e derri\u00e8re certaines belles phrases de textes contemporains, ou dit autrement, le \u00ab\u00a0bordel actuel \u00bb, dont certains s&rsquo;\u00e9chinent \u00e0 vouloir rendre compte, passe entre les fourches ou cornes caprines de la belle phrase \u00ab\u00a0\u00e0 la fran\u00e7aise\u00a0\u00bb. On fait du neuf avec du vieux, on peut dire aussi. Ou : on se paie de mots<sup class='footnote'><a href='#fn-11276-5' id='fnref-11276-5' onclick='return fdfootnote_show(11276)'>5<\/a><\/sup>. Oui. En effet c&rsquo;est un risque, et c&rsquo;est un risque souvent efficace (si j&rsquo;ose dire), un risque qui op\u00e8re (et par ricochet : l&rsquo;aventure a foir\u00e9).<\/p>\n<p>Vous poursuivez dans un beau final sur l&rsquo;utilit\u00e9 actuelle de la litt\u00e9rature ((quasi) nulle, nous en conviendrons), final sur lequel je ne m&rsquo;appesantirai pas plus pour deux raisons ; en premier lieu car cette lettre est d\u00e9j\u00e0 bien trop longue et, dans son d\u00e9sir d&rsquo;\u00eatre \u00e9logieuse elle s&rsquo;est rendue coupable de trop maintes fois \u00e0 la paraphrase ; et ensuite parce que ce d\u00e9bat est tout entier ouvert, depuis des si\u00e8cles et pour tr\u00e8s longtemps encore : il faudrait d&rsquo;abord d\u00e9samorcer la sacralisation de l&rsquo;art, puis retrouver une fonction sociale dans la narration (et non pas le <em>story-telling<\/em>) ; il faudrait encore qu&rsquo;il y ait des \u00e9crivains pour qui cela compte (c&rsquo;est peut-\u00eatre vous, entre autres, entre plein d&rsquo;autres d&rsquo;ailleurs, mais qui n&rsquo;ont pas l&rsquo;honneur des best-sellers)&#8230; il me semble que ce pourrait \u00eatre l&rsquo;objet de dix autres livres, ou peut-\u00eatre d&rsquo;un bel essai que vous \u00e9crirez dans <em>Les ann\u00e9es 20<\/em>. <\/p>\n<p>Je serai ravi, pour conclure enfin, si un d\u00e9bat pouvait s&rsquo;amorcer sur ces propositions qui ne sont souvent pas tr\u00e8s originales (gu\u00e8re critiques) \u00e0 votre \u00e9gard, ou \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de votre texte, si ces lignes provoquaient un d\u00e9but de d\u00e9bat, plus vivant, avec vous. Je dirais d&rsquo;ailleurs que, pour cette raison, je reste un peu sur ma faim, tout en relisant mes notes ; parce qu&rsquo;au-del\u00e0 de la qualit\u00e9 de votre texte, il nous semble n\u00e9cessaire d\u00e9sormais de d\u00e9passer le simple bon mot po\u00e9tique, astucieux, ou litt\u00e9raire (m\u00eame contre-culturellement) ; mais ce que je voulais dire, vous me l&rsquo;\u00f4tez encore de la bouche, et voici : \u00ab\u00a0le livre, pour \u00eatre politique, devrait parler politique \u00bb (197).<\/p>\n<p>Bien \u00e0 vous,<\/p>\n<div class='footnotes' id='footnotes-11276'>\n<div class='footnotedivider'><\/div>\n<ol>\n<li id='fn-11276-1'> Voir <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/non-lettre-a-erri-de-luca\/\">la non-lettre \u00e0 Erri de Luca<\/a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-11276-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-11276-2'> Enrique Vila-Matas, <em>Chet Baker pense \u00e0 son art<\/em>, Mercure de France, 2011 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-11276-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-11276-3'> Marrant de voir aussi P\u00e9guy, vou\u00e9 durant des d\u00e9cennies aux g\u00e9monies retrouver cette aura aupr\u00e8s des penseurs et \u00e9crivains \u201cde gauche\u201d. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-11276-3'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-11276-4'> C&rsquo;est-\u00e0-dire condamn\u00e9s au silence m\u00e9diatique, puisque le peuple, de tout cela, il s&rsquo;en contrefiche. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-11276-4'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-11276-5'> Voir par exemple <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/l-ecrivain-justicier\/\">L&rsquo;\u00e9crivain justicier<\/a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-11276-5'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Lettre \u00e9crite suite \u00e0 la lecture de son livre Les ann\u00e9es 10, paru \u00e0 la Fabrique en 2014. Divis\u00e9 en deux parties : 1 &#8211; 2 &nbsp; 3. Le c\u0153ur du probl\u00e8me, peu \u00e0 peu, vous le d\u00e9voilez, avec toutes les pr\u00e9cautions qui font la qualit\u00e9 de votre prose, c&rsquo;est cette difficult\u00e9 que nous&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[30,2972],"tags":[1080,2686,1127,304,2986,91,136,2990,38,2991,2985,483,2987,2988],"class_list":["post-11276","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-critique-chronique","category-notes-sur-la-contre-culture","tag-art","tag-contre-culture","tag-enrique-vila-matas","tag-erri-de-luca","tag-etat","tag-georges-bataille","tag-gilles-deleuze","tag-litterature","tag-maurice-blanchot","tag-nanni-moretti","tag-nathalie-quintane","tag-politique","tag-sergio-chejfec","tag-victoria-de-stefano"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11276","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11276"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11276\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12143,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11276\/revisions\/12143"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11276"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11276"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11276"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}