{"id":1,"date":"2010-03-29T01:08:22","date_gmt":"2010-03-28T23:08:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=1"},"modified":"2023-04-30T14:59:10","modified_gmt":"2023-04-30T12:59:10","slug":"litterature-et-internet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/litterature-et-internet\/","title":{"rendered":"Litt\u00e9rature et internet"},"content":{"rendered":"<p>Les choses ont boug\u00e9. M\u00eame ici, sur A(i)L.<\/p>\n<p>Il y a d&rsquo;abord que des chantiers dans le chantier se sont ouverts, progressivement. C&rsquo;est la joie d&rsquo;internet, son exp\u00e9rience presque quotidienne, en tout cas continue. En 2007, je me suis attel\u00e9 \u00e0 \u00e9crire un texte par jour pendant un an. De l\u00e0 sont n\u00e9s ou se sont affirm\u00e9s des th\u00e8mes, des projets, que le seul travail d&rsquo;immersion profonde, et en apn\u00e9e, dans le texte, le fait de tracer le m\u00eame sillon, le fait de tarauder \u00e0 ce point la phrase et le mot, mais aussi ce qui prendrait corps sous forme d&rsquo;\u0153uvre (?) a pu propulser.<\/p>\n<p>En 2008, j&rsquo;ai \u00e9crit peu mais me suis concentr\u00e9 sur le <i>finir<\/i> des grands travaux commenc\u00e9s parfois dix ann\u00e9es auparavant. C&rsquo;\u00e9tait <i><a href=\"http:\/\/publie.net\/tnc\/spip.php?article28\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">L&rsquo;anonyme. Maurice Blanchot<\/a><\/i>, et <i><a href=\"http:\/\/publie.net\/tnc\/spip.php?article257\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Le revenant. Pascal Quignard<\/a><\/i>, publi\u00e9s tous deux chez <a href=\"http:\/\/www.publie.net\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Publie.net<\/a>. C&rsquo;\u00e9tait n\u00e9cessaire et ext\u00e9nuant, mais il me fallait enfin me d\u00e9barrasser de nombreux dossiers, pages \u00e9crites \u00e0 la main ou imprim\u00e9es, notes \u00e9parses, bibliographies&#8230;<\/p>\n<p>Bibliographie que dans le cas de Blanchot, j&rsquo;ai pu offrir, avec l&rsquo;aide de <a href=\"http:\/\/obliterature.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Parham Shahrjerdi<\/a>, au site <a href=\"http:\/\/www.blanchot.fr\/fr\/index.php?option=com_frontpage&#038;Itemid=1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Espace Maurice Blanchot<\/a>, et <a href=\"\">de nouveau<\/a> tout r\u00e9cemment dans la revue <a href=\"http:\/\/www.hors-sol.net\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Hors-Sol<\/a> dont je parlerai plus bas.<\/p>\n<p>En 2009, j&rsquo;ai concentr\u00e9 mon travail sur la \u00ab\u00a0r\u00e9cup\u00e9ration\u00a0\u00bb de plusieurs textes pour des revues (<i>Voix d&rsquo;encre<\/i> et <i>Po&#038;sie<\/i>, merci \u00e0 Alain Blanc et Martin Rueff). Ce n&rsquo;\u00e9taient que quelques pages, mais quelques pages peuvent vous suffoquer pour un bout de temps.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai mieux arm\u00e9 les ateliers d&rsquo;\u00e9criture, qui se sont multipli\u00e9s, gr\u00e2ce encore \u00e0 Fran\u00e7ois Bon et <a href=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/bnf\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Ecrire la ville<\/a>.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai pu entreprendre le grand chantier de 2010 et au-del\u00e0 que sera <i><a href=\"http:\/\/www.litteratureinquiete.net\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">La litt\u00e9rature inqui\u00e8te<\/a><\/i>, qui sera un peu une position, en un temps donn\u00e9, mais un temps \u00e9tir\u00e9, fluctuant, qui ne sied pas \u00e0 la page du livre, mais plus \u00e0 la navigation du net.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai entrepris, avec beaucoup d&rsquo;ambition, \u00e0 rassembler textes et autre mat\u00e9riaux pour deux \u00ab\u00a0blogues\u00a0\u00bb, l&rsquo;un (<i>Bobines<\/i>) sur les <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/bobines\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">usines<\/a> de mon enfance, o\u00f9 travaillait mon p\u00e8re (et cela vient de <i><a href=\"http:\/\/publie.net\/tnc\/spip.php?article43\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Trame<\/a><\/i>, publi\u00e9 aussi chez Publie.net), l&rsquo;autre (<i>Bornes<\/i>) sur le <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/bornes\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">territoire<\/a> que je parcours dans le cadre de mon \u00ab\u00a0vrai\u00a0\u00bb travail d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.maisondelalance.org\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00e9ducateur \u00e0 l&rsquo;environnement et botaniste<\/a>.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai \u00e9galement ouvert le site \u00e0 une dynamique plus souple. Le site que vous tenez entre vos paupi\u00e8res est donc un blogue ; mais le site auquel il est flanqu\u00e9, <a href=\"amboilati.org\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Ambo(i)lati<\/a>, faut-il le rappeler, est construit <b>enti\u00e8rement \u00e0 la main<\/b>, c&rsquo;est-\u00e0-dire que tous les codes, toute la structure, tous les liens, images et autres animations sont saisis par mes petits doigts en langage html, xhtml, php et javascript. C&rsquo;est une volont\u00e9 ontologique de ce site, mais cela ne permet pas, toutefois, de recourir sans grande fatigue et temps qui manque \u00e0 toutes les fonctionnalit\u00e9s du &lsquo;web 2.0&rsquo; : pas de commentaires possibles, pas d&rsquo;articles s\u00e9par\u00e9s, peu de convivialit\u00e9 et de rebond propre aux blogues traditionnels. Et c&rsquo;est bien comme \u00e7a. C&rsquo;est voulu comme tel.<\/p>\n<p>Aussi, pour raccrocher ces wagons, sans que cela semble non plus une n\u00e9cessit\u00e9 (il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 mesurer ma constance et mon assiduit\u00e9 sur leurs pages), j&rsquo;ai ouvert un compte <a href=\"http:\/\/fr-fr.facebook.com\/people\/Benoit-Vincent\/1787007107\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Facebook<\/a> et un compte <a href=\"http:\/\/www.twitter.com\/amboilati\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Twitter<\/a>. Si Facebook ne m&rsquo;apporte presque rien, d&rsquo;un point de vue poi\u00e9tique (poi\u00e9tique oui, vous avez bien lu), Twitter m&rsquo;a permis de d\u00e9velopper de nouveaux projets du fait de la simple <a href=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/spip\/spip.php?article2010\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">contrainte fameuse<\/a> des 140 caract\u00e8res.<\/p>\n<p>Et le chantier, le cahier des notations quotidiennes, des \u00e9bauches et des esquisses, je c\u00e8de et le propose sous forme d&rsquo;un CMS, contre lesquels pourtant je nourris beaucoup de r\u00e9serve (d&rsquo;anciens textes du m\u00eame chantier, en attestent, mais il faudra du temps pour les ins\u00e9rer ici !).<\/p>\n<\/p>\n<p><i>On avance dans le noir, \u00e9tranger au mouvement des spirales<\/i><\/p>\n<\/p>\n<p>Enfin, et c&rsquo;\u00e9tait le gros boulot de ce d\u00e9but d&rsquo;ann\u00e9e, Parham Shahrjerdi d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9, Pierre-Antoine Villemaine le noble et moi-m\u00eame avons lanc\u00e9, accompagn\u00e9 de Jean Lebrun et Gonzague de Montmagner, une revue de critique et po\u00e9tique en ligne, <i><a href=\"http:\/\/www.hors-sol.net\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Hors-Sol<\/a><\/i>. Je n&rsquo;en parlerai pas plus pour l&rsquo;instant mais ce projet, fou, qui a n\u00e9cessit\u00e9 lui aussi beaucoup d&rsquo;heures de programmations diverses (sommaires comme apparence et informatique), est enfin lanc\u00e9 \u00e0 l&rsquo;adresse : <a href=\"http:\/\/www.hors-sol.net\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.hors-sol.net<\/a>. Que tous ceux qui ont bien voulu se jeter \u00e0 l&rsquo;eau du premier num\u00e9ro (sur Blanchot ! mais je vous jure que c&rsquo;est fini apr\u00e8s, je le lirai \u00e0 voix basse !) soient ici publiquement remerci\u00e9s : Maurice Attias, Philippe Bentley, Vassilis Gkiokas, Prisicilla Grosjean, V\u00e9ronique Hotte, Charlotte Mandell, Laurence Morizet, Paul-Emmanuel Odin, Amandine Roussin, Parham Shahrjerdi, Pierre-Antoine Villemaine, Michel Woelffl\u00e9, Giuseppe Zuccarino.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai r\u00e9actualis\u00e9 aussi le boulot quotidien \u00e0 travers cette exp\u00e9rience de l&rsquo;espace g\u00e9nois : <i>GEnove<\/i>, ou <i>G9<\/i>, que je finalise pour qui sait quel \u00e9diteur&#8230; C&rsquo;est par l&rsquo;\u00e9cran que m&rsquo;est venue la structure telle qu&rsquo;elle porte, une s\u00e9rie de 9 fois 9 textes sur la ville de G\u00eanes. Et je ne peux que remercier dans cette entreprise Elisa Bricco, Luisella Carretta, Simona Gabrielli, Giuseppe Zuccarino, Mattia Perdomi, Luca Brozzo, et tous les autres, Domingo Donato, Maurizio Olita, Silvia Ballerini, Rufus, Cinghiale, Vito, etc. (pardon pour ceux que j&rsquo;oublie)&#8230;<\/p>\n<p>Et le dernier chantier en cours, ce sera de donner consistance litt\u00e9raire au g\u00e9n\u00e9ral Instin, initi\u00e9 sur <a href=\"http:\/\/remue.net\/spip.php?article3125\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Remue.net<\/a> et l\u00e0 encore, je ne peux que saluer, amicalement, le travail de <a href=\"http:\/\/www.facebook.com\/people\/Boutouillet-Guenael\/100000389732953?ref=search\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Gu\u00e9na\u00ebl Boutouillet<\/a> et <a href=\"http:\/\/twitter.com\/pas_le_bon\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Patrick Chatelier<\/a>.<\/p>\n<p>Ainsi peut-on enfin le dire : oui, internet transforme notre rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture, si encore il fallait le d\u00e9montrer \u00e0 travers les sites habituels et \u00e0 pr\u00e9sent bien ancr\u00e9s dans notre paysage d&rsquo;rss, tels que <a href=\"http:\/\/poezibao.typepad.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Florence Trocm\u00e9<\/a>, <a href=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Fran\u00e7ois Bon<\/a>, <a href=\"http:\/\/liminaire.fr\/spip\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Pierre M\u00e9nard<\/a>, <a href=\"http:\/\/affordance.typepad.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Olivier Ertzscheid<\/a>, ou <a href=\"http:\/\/towardgrace.blogspot.com\/2009\/01\/le-clavier-cannibale.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Claro<\/a> pour ne citer que ceux qui sont devenus vitaux, en n\u00e9gligeant <a href=\"http:\/\/www.netvibes.com\/ambo_i_lati\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">tous les autres<\/a>, m\u00eame si je ne suis pas aussi visible sur leurs pages comme j&rsquo;aimerais l&rsquo;\u00eatre.<\/p>\n<p>Pourquoi ? Pourquoi l&rsquo;\u00e9cran \u00e0 ce point stimule l&rsquo;\u00e9criture (et la lecture) ? On serait bien en peine de r\u00e9pondre, sinon le fait que de \u00ab\u00a0poster\u00a0\u00bb un article propose une version presque termin\u00e9e, une \u00e9dition  bel et bien. Et subitement, encore. Une touche \u00e0 presser.<\/p>\n<p>Ce qui nous ram\u00e8ne au livre, vers lequel l&rsquo;internet pointe, et tant pis si ce livre est virtuel. Un dernier exemple : <a href=\"http:\/\/l-autofictif.over-blog.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">l&rsquo;incroyable, minutieux, fac\u00e9tieux, constant et roboratif travail d&rsquo;Eric Chevillard<\/a> et ses mondes cruels hant\u00e9s du bestiaire et surtout des tissus \u00e9th\u00e9r\u00e9s du monde d\u00e9chir\u00e9s en texte. <i>L&rsquo;autofictif<\/i> est devenu n\u00e9cessaire, et pour de nombreux amis qui ne sont pas forc\u00e9ment vers\u00e9s dans la litt\u00e9rature. Pour eux <i>Choir<\/i> vient \u00e0 point nomm\u00e9 pour d\u00e9montrer en acte que la litt\u00e9rature est encore, toujours possible. Inclus dans mon paysage d&rsquo;auteurs contemporains de renom, qui m&rsquo;entourent et m&rsquo;\u00e9paulent, avec <a href=\"http:\/\/pointn.free.fr\/doc\/introduction.html\">Nicole Caligaris<\/a> et Arno Bertina, par exemple, et tous les autres, et tous les autres.<\/p>\n<p>Une page nouvelle s&rsquo;ouvre, t\u00e2chons d&rsquo;en \u00e9triller une s\u00e8ve neuve, et instiller en elle une exigence qui celle, condition sans condition, vide qui creuse encore, faim qui d\u00e9vore le corps, et cela s&rsquo;appelle, <i>encore<\/i>, la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p> <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les choses ont boug\u00e9. M\u00eame ici, sur A(i)L. Il y a d&rsquo;abord que des chantiers dans le chantier se sont ouverts, progressivement. 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