{"id":205,"date":"2017-02-18T11:14:03","date_gmt":"2017-02-18T10:14:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/wikijura\/?p=205"},"modified":"2017-05-31T15:16:14","modified_gmt":"2017-05-31T13:16:14","slug":"bibliotheques-viry","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amboilati.org\/wikijura\/bibliotheques-viry\/","title":{"rendered":"Viry"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Pour le d\u00e9tail du d\u00e9roulement de l&rsquo;atelier et les consignes, se rendre <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/wikijura\/atelier-numero-deux\/\">ici<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>03. Fen\u00eatres<\/h2>\n<p><strong>Fen\u00eatre la plus ancienne<\/strong><br \/>\nDeux enfants regardent.<br \/>\nLa rue \u00e9troite et longue. Les maisons immobiles. Elles s\u2019alignent dangereusement le long de la route. Pas de bruit. Pas de vie.<br \/>\nDes chars passent. Il fait froid.<br \/>\nDes soldats dans une jeep. Un signe de la main.<br \/>\nLes enfants r\u00e9pondent.<br \/>\nEtre vu. Etre reconnu de l\u2019autre. Ne plus \u00eatre seul et sourire.<br \/>\n<strong>VV<\/strong><\/p>\n<p>Je n&rsquo;ai jamais su ce qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole maternelle, une \u00e9cole des ann\u00e9es 70, un peu enfonc\u00e9e sous de grands arbres que je ne savais pas nommer (des conif\u00e8res ?). L&rsquo;cole \u00e9tait de plein pied. A c\u00f4t\u00e9 il y avait la piscine municipale. A midi ma m\u00e8re venait me chercher.<br \/>\nEcole maternelle, entre 3 et 5 ans, c&rsquo;ets le plus vieux souvenir que j&rsquo;ai. Il y avait Charaf aussi. Charaf, on l&rsquo;appelait, mais son vrai nom c&rsquo;\u00e9tait Hichem. Je ne sais pas si pour lui aussi cette situation \u00e9tait exceptionnelle ; pour moi \u00e7a l&rsquo;\u00e9tait, je languissais. Je ne sais plus s&rsquo;il est parti avant moi, parfois je crois que oui, parfois je crois que non. J&rsquo;ai toujours bien aim\u00e9 Charaf, il \u00e9tait tr\u00e8s gentil (je ne l&rsquo;ai pas revu depuis au moins 15 ans. IL est coureur pro je crois). C&rsquo;ets peut-\u00eatre parce que nous nous sommes retrouv\u00e9s coinc\u00e9s, seuls, derri\u00e8re cette grande baie pleine de conif\u00e8res que je l&rsquo;aimais bien.<br \/>\n<strong>FB<\/strong><\/p>\n<p>Je ne me souviens pas de la fen\u00eatre de mon enfance. Elle devait \u00eatre petite, tr\u00e8s petite, pour s&rsquo;\u00eatre effac\u00e9e ainsi de ma m\u00e9moire. Elle n&rsquo;\u00e9tait peut-\u00eatre qu&rsquo;une mince ouverture, un filet. Une fen\u00eatre comme une fente de lumi\u00e8re jaune, qui me tenait \u00e9veill\u00e9e, et nourrissait mon espoir d&rsquo;\u00eatre plus grande, toujours plus grande, plus vaste, \u00e9clabouss\u00e9e et vivante.<br \/>\n<strong>AB<\/strong><\/p>\n<p>Le soleil r\u00e9chauffe le matin, me r\u00e9veille. L\u2019horizon barr\u00e9 par la for\u00eat toute proche. La p\u00e2ture \u00e0 ses pieds, \u00e9tal\u00e9e, nue, seul relief : le pommier un peu au milieu qui nous offre les \u00ab puchins \u00bb dont on fait la gel\u00e9e \u00e0 l\u2019automne, hmm&#8230;<br \/>\n<strong>MR<\/strong><\/p>\n<p>A travers la fen\u00eatre de la maison de Romainville en 1970, j&rsquo;aper\u00e7ois<br \/>\nle potager de mes parents. Surtout les hautes lignes de haricots grimpant le long des perches \u00e9lanc\u00e9es. Les choux et les feuilles de carottes se d\u00e9veloppent all\u00e8grement sur la terre encore mouill\u00e9e de la pluie de la veille. Autour de la maison, au pied de la fen\u00eatre, s&rsquo;\u00e9tire le long trottoir rouge brique o\u00f9 je faisais des courses d&rsquo;escargots.<br \/>\n<strong>FM<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Fen\u00eatre de la maison<\/strong><br \/>\nIls sont trois. Ils sont jeunes. Le moteur de la voiture en marche. Les vitres entrouvertes.<br \/>\nJ\u2019entends les murmures, les mots, les rires, les cris, le verre bris\u00e9, les porti\u00e8res qui claquent.<br \/>\nIl fait sombre. La nuit les prot\u00e8ge.<br \/>\nSilhouettes anonymes \u00e0 la lumi\u00e8re du plafonnier.<br \/>\nLa voiture d\u00e9marre.<br \/>\nLe parking est vide.<br \/>\nLes roses tombent sur les canettes oubli\u00e9es.<br \/>\nLe silence.<br \/>\n<strong>VV<\/strong><\/p>\n<p>Comme je suis dans le pass\u00e9, j&rsquo;y reste. J&rsquo;adorais la vue que j&rsquo;avais depuis ma chambre. Elle me semble aujourd&rsquo;hui r\u00e9sumer toute mon enfance. Il y avait l&rsquo;usine quasiment sous la fen\u00eatre (des pans de murs rouges, rainur\u00e9s ou emboutis, indescriptibles formes d&rsquo;un alliage inconnu), avec son \u00e9ternel ronron&#8230; tout au fond, \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-plan, il y avait la plus belle vue qu&rsquo;on puisse imaginer sur Mi\u00e9landre, l&rsquo;une des plus belles montagnes de mon pass\u00e9. Plein est, plein soleil. Toute la vie alors se r\u00e9sumait \u00e0 toute la vue sur Mi\u00e9landre, que je n&rsquo;aurais gravie que mille ans plus tard en vrai, et par des acc\u00e8s qui la pr\u00e9sentent bien bien diff\u00e9rente (et ses habitants ne la connaissent sans doute pas tous comme je la voyais, dans mon enfance).<br \/>\nC&rsquo;\u00e9tait une d\u00e9it\u00e9, d\u00e9esse dress\u00e9e (tu sais comme les dieux t&rsquo;apparaissent familiers dans leur \u00e9loignement ; quand tu la fouleras, les dieux seront tomb\u00e9s, chang\u00e9s en marmottes peut-\u00eatre), une masse mythique, une ombre famili\u00e8re, protectrice, rassurante. La nature au loin, son fa\u00eete pel\u00e9 de pelouse, ou souvent sous la neige, et l&rsquo;industrie devant, la r\u00e9partition des t\u00e2ches, d\u00e9clin\u00e9e aussi dans la famille : ma m\u00e8re r\u00e9v\u00e9rait Mi\u00e9landre, mon p\u00e8re vivait dans l&rsquo;usine.<br \/>\n<strong>FB<\/strong><\/p>\n<p>Un rideau de coton blanc masque la moiti\u00e9 de sa hauteur. La moiti\u00e9 qu&rsquo;il me reste est faite de montagne : un mont comme un pain de sucre, devant une ligne douce, qui prend l&rsquo;oblique et un point de fuite dans son creux blanchi par la neige. J&rsquo;aime ne voir que cette moiti\u00e9, la plus belle.<br \/>\nMais ce matin, la fen\u00eatre est embu\u00e9e et je ne vois rien.<br \/>\n<strong>AB<\/strong><\/p>\n<p>Eblouissement quand la lumi\u00e8re d\u00e9j\u00e0 haute traverse les petits carreaux de verre ancien. Leur surface d\u00e9forme l\u2019image qu\u2019on voit \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. L\u2019espagnolette n\u2019existe pas sur cette fen\u00eatre. J\u2019aime la sobri\u00e9t\u00e9 de sa fermeture : autour d\u2019un axe m\u00e9dian, en actionnant la barre transverse, on maintient ferm\u00e9e en haut et en bas les ventaux de cette fen\u00eatre. Syst\u00e8me simple et efficace, pourtant d\u00e9laiss\u00e9, comme pour effacer le souvenir trop rustique du monde rural.<br \/>\n<strong>MR<\/strong><\/p>\n<p>Depuis ma baie vitr\u00e9e la vue s&rsquo;\u00e9tend sur mon terrain de 9 ares o\u00f9 l&rsquo;herbe et la mousse poussent inlassablement. Les branches du fr\u00eane tomb\u00e9es durant l&rsquo;hiver jonchent le sol et forme un entrelacs inextricable de rameaux m\u00e9lang\u00e9s. Le vert domine tout bien que le sombre des arbres, des arbustes et de la terre du jardin apportent une note triste dans ce matin de f\u00e9vrier.<br \/>\n<strong>FM<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Fen\u00eatre du travail<\/strong><br \/>\nLe jardin. Les pommiers nus. La cabane et ses jouets abandonn\u00e9s. Cass\u00e9s.<br \/>\nLa neige, gris\u00e2tre. Elle fond dans le pr\u00e9.<br \/>\nLa for\u00eat, obscure, grimpe jusqu\u2019au ciel. Bleu lav\u00e9.<br \/>\n<strong>VV<\/strong><\/p>\n<p>La fen\u00eatre de mon lieu de travail est immense. C&rsquo;est elle, pr\u00e9cisement \u2013 elle et ses horizons, elle et son ciel qui en mange la moiti\u00e9, elle et ses d\u00e9clinaisons de saison -, qui m&rsquo;a fait choisir ce lieu. Un lieu de projet et de vie pour mara\u00eecher. C&rsquo;est elle qui s&rsquo;ouvre en premier le matin \u00e0 mon arriv\u00e9e, au d\u00e9bouch\u00e9 des noisetiers : c&rsquo;est un foce.<br \/>\nSoudain s&rsquo;ouvre et me donne le ton de la journ\u00e9e.<br \/>\n<strong>AB<\/strong><\/p>\n<p>Num\u00e9ro 115, j\u2019engage la clef dans la serrure, j\u2019y suis. L\u00e0, \u00e0 travers le cadre en bois du plafond en sous pente, les nuages passent et se fondent progressivement dans la masse du ciel qui s\u2019assombri, devient t\u00e9n\u00e8bres. Ce grand tableau noir veillera sur ma nuit. Rien \u00e0 offrir au regard. Sentiment d\u2019enfermement dans cette chambre d\u2019h\u00f4tel.<br \/>\n<strong>MR<\/strong><\/p>\n<p>Depuis chez Lilou mon regard se porte sur le Val de Bienne et ses berges abruptes couvertes de buissons et de troncs plus ou moins droits. Le lit de la rivi\u00e8re serpente dans un tumulte bouillonnant. La couleur du cours d&rsquo;eau tire sur le vert marron, couleur due aux s\u00e9diments calcaires et aux alluvions charri\u00e9es par la Bienne. C&rsquo;est mercredi il est 15h15 et je replonge dans la le\u00e7on que je dispense \u00e0 mon \u00e9l\u00e8ve.<br \/>\n<strong>FM<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Fen\u00eatre en mouvement<\/strong><br \/>\nLa montagne et le vide. A pic o\u00f9 tout tombe. Absorb\u00e9.<br \/>\nPendant des kilom\u00e8tres, la peur, l\u2019angoisse, la fascination, l\u2019appel, l\u2019envie, le d\u00e9sir.<br \/>\nRegarder et \u00eatre aspir\u00e9.<br \/>\nImaginer ce qu\u2019il y a dessous. Ce qui est apr\u00e8s. Plus loin. Plus bas. Plus profond.<br \/>\nVoir un n\u00e9ant et le peupler de vie et de carcasses abandonn\u00e9es.<br \/>\nFerraille ou ossements.<br \/>\n<strong>VV<\/strong><\/p>\n<p>Toujours l&rsquo;enfance. On allait tout le teps faire des courses dans la ville bourgade voisine qui abritait le lyc\u00e9e, les grands parents, les grandes surfaces. j&rsquo;\u00e9tais pris d&rsquo;une somnolence permanente alors, hors jeux en for\u00eats ou achats compulsifs, seule \u00e9chappatoire comme l&rsquo;ami, \u00e0 la d\u00e9pression infantile qui mena\u00e7ait. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;au retour des couses, souvent je m&rsquo;allongeais sur la banquette arri\u00e8re. Alors je contemplais les lumi\u00e8res des vitrines, des lampadaires qui passaient, ou bien les formes organiques des gouttes qui s&rsquo;\u00e9crasaient sur la vitre, leurs trajets de rus aussi modestes qu&rsquo;obstin\u00e9s, en tous sens, selon la vitesse ou les vents. A de tr\u00e8s rares exceptions pr\u00e8s, c&rsquo;\u00e9tait toujours une immersion dans l&rsquo;abstraction, la rencontre-projection avec la mati\u00e8re de l&rsquo;espace m\u00eame.<br \/>\n<strong>FB<\/strong><\/p>\n<p>Le Ventoux glisse dans la fen\u00eatre du train. Face nord, puis flan ouest, puis face sud. Toujours son col blanchi par les vents, par le d\u00e9nuement.<br \/>\n&#8211; Par quelle face montent les cyclistes du Tour\u00a0? &#8211;<br \/>\nJe suis immobile et r\u00eaveuse. J&rsquo;ai le temps pour \u00e7a. Pour voir le paysage se mouvoir et se transformer comme au ralenti. C&rsquo;est un grand et m\u00eame paysage qui n&rsquo;en finit pas, c&rsquo;est le m\u00eame qui ne s&rsquo;arr\u00eate pas. Le paysage, d&rsquo;espace, devient temps. Il devient r\u00e9cit.<br \/>\n<strong>AB<\/strong><\/p>\n<p>Mur taill\u00e9 \u2013 descend &#8211; pleine lumi\u00e8re \u2013 haut talus \u2013 plate plaine \u2013 tunnel noir \u2013 maisons \u2013 encore \u2013 portes closes \u2013 les coulisses \u2013 de la ville \u2013 derri\u00e8re \u2013<\/p>\n<p>Dans le train<\/p>\n<p>La fen\u00eatre<\/p>\n<p>D\u00e9file<\/p>\n<p>Le paysage<\/p>\n<p>A peine vu<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 perdu<br \/>\n<strong>MR<\/strong><\/p>\n<p>Le long de la ligne Paris gare de Lyon Mouchard au niveau de Troyes, les champs cultiv\u00e9s du d\u00e9partement de l&rsquo;Aube d\u00e9filent inlassablement. Les brumes matinales se d\u00e9chirent et laissent appara\u00eetre des terres arables ensemenc\u00e9es de graines v\u00e9g\u00e9tales qui, une fois d\u00e9velopp\u00e9es, fourniront les l\u00e9gumes et les fruits dont l&rsquo;homme a besoin.<br \/>\n\u00ab\u00a0Mouchard : deux minutes d&rsquo;arr\u00eat\u00a0\u00bb. Mes souvenirs agricoles s&rsquo;\u00e9vaporent. Je descends du train. Les vacances commencent.<br \/>\n<strong>FM<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Fen\u00eatre \u00e9cran<\/strong><br \/>\nRegarder le regard de l\u2019autre qui te regarde. Ses yeux verts. Un peu marron fonc\u00e9.<br \/>\nVoir ses paupi\u00e8res se baisser, fuir l\u2019insistance.<br \/>\nAttendre qu\u2019il rel\u00e8ve la t\u00eate et regarder ses yeux verts, un peu marron, fonc\u00e9s.<br \/>\n<strong>VV<\/strong><\/p>\n<p>Je suis happ\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9cran. Tout est noir sauf lui. Lumi\u00e8re, couleurs, formes, mouvements. Tout est silence sauf lui. Musique, instruments. Grand \u00e9cran. Je m&rsquo;y projette enti\u00e8re, sans concession, sans d&rsquo;autre raison que d&rsquo;\u00eatre moi-m\u00eame le paysage qui d\u00e9file sous mes yeux. Je suis la femme qui regarde la mer, je suis la vague qui monte \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran, je suis l&rsquo;\u00e9cume qui blanchit sa ligne de fa\u00eete, je suis le sable-miroir quand la vague &#8211; je &#8211; se retire, je suis la coquille vide d\u00e9pos\u00e9e l\u00e0 et qui chante \u00e0 l&rsquo;oreille. Je suis oublieuse.<br \/>\n<strong>AB<\/strong><\/p>\n<p>Cadre ouvert, dans un cadre, puis un autre cadre<br \/>\nR\u00e9duit, r\u00e9duit, r\u00e9duit aussi<br \/>\nToutes les fen\u00eatres, dans la barre<br \/>\nOuvert, r\u00e9duit, enregistr\u00e9<br \/>\nSouris magique glisse<br \/>\nN\u2019en fait-elle qu\u2019\u00e0 sa guise\u00a0?<br \/>\n<strong>MR<\/strong><\/p>\n<p>Ambiance, ferveur, stade, pelouse, couleurs, joueurs, ballon, passes, dribbles, contr\u00f4le, reprise de vol\u00e9e, tirs, but, explosion de joie, all\u00e9gresse, victoire, 1998.<br \/>\n<strong>FM<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour le d\u00e9tail du d\u00e9roulement de l&rsquo;atelier et les consignes, se rendre ici. &nbsp; 03. Fen\u00eatres Fen\u00eatre la plus ancienne Deux enfants regardent. La rue \u00e9troite et longue. Les maisons immobiles. Elles s\u2019alignent dangereusement le long de la route. Pas de bruit. Pas de vie. Des chars passent. Il fait froid. 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