{"id":9029,"date":"2014-01-10T00:21:28","date_gmt":"2014-01-09T22:21:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=9029"},"modified":"2014-01-26T01:38:47","modified_gmt":"2014-01-25T23:38:47","slug":"lasagnes-09","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/lasagnes-09\/","title":{"rendered":"Lasagnes \u2022 Chapitre 9"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/PC270113.jpg\" rel=\"lightbox[9029]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/PC270113-168x300.jpg\" alt=\"Finestra\" width=\"168\" height=\"300\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-9041\" srcset=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/PC270113-168x300.jpg 168w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/PC270113-576x1024.jpg 576w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/PC270113.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 168px) 100vw, 168px\" \/><\/a><\/p>\n<p><br ><\/p>\n<h3><font color=\"#990000\">Chapitre 9<\/font><\/h3>\n<p><br ><\/p>\n<p>Le soleil levant venait agripper ses doigts aux persiennes et se tranchait sur elle pour s&rsquo;effiler sur le plafond, les murs et le pavement de graniglia. C&rsquo;\u00e9tait une ligne interrompue, une stalactite qui occupait le tiers sup\u00e9rieur de la chambre. Et puis d&rsquo;autres formes se trouvaient bris\u00e9es sur telle ou telle paroi. De grands flocons de neige, des lueurs fugaces, aussi ac\u00e9r\u00e9es que fragiles. Leur migration \u00e9tait lente, mais dans les al\u00e9as du sommeil elles avan\u00e7aient parfois d&rsquo;un coup, jusqu&rsquo;\u00e0 ce moment o\u00f9 le dos ne supporte plus d&rsquo;\u00eatre allong\u00e9. Encore une journ\u00e9e qui commence t\u00f4t, pourquoi cette fatigue ne se contente-elle pas du sommeil, quelle sorte de nourriture fallait-il lui donner pour l&rsquo;assouvir ?<\/p>\n<p>La mer dont on ne voyait qu&rsquo;un petit morceau par la fen\u00eatre \u00e9tait encombr\u00e9e par un ferry-boat qui occupait tout l&rsquo;espace. Il semblait si pr\u00e8s qu&rsquo;on avait l&rsquo;impression qu&rsquo;il allait venir se fracasser sur les immeubles. Ce qui cr\u00e9erait un peu d&rsquo;animation. Le soleil \u00e9tait \u00e0 pr\u00e9sent d\u00e9chir\u00e9 par l&rsquo;horizon, l\u00e0 o\u00f9 se m\u00ealent les \u00e9l\u00e9ments, les souvenirs et les monstres.<\/p>\n<p>Quand T. \u00e9tait l\u00e0 hier, Carlos Futuna avait retrouv\u00e9 un peu de son sourire, celui qui dessinait de petites et nombreuses rides autour des yeux. Elle avait amen\u00e9 l&rsquo;un de ces vins \u00e2pres qui \u00e0 la fin du premier verre ont d\u00e9gris\u00e9 les murs et d\u00e9poussi\u00e9r\u00e9 l&rsquo;os de l&rsquo;\u00e2me. Ils avaient d\u00een\u00e9 de calamars, de l\u00e9gumes frits et de baccal\u00e0 qu&rsquo;il avait ramen\u00e9 du port.<\/p>\n<p>Elle avait d\u00e9pos\u00e9 peu \u00e0 peu les tissus qui la dissimulaient et ils s&rsquo;\u00e9taient lov\u00e9s dans la fra\u00eecheur de la nuit et dans leur fra\u00eecheur \u00e0 eux ; celle, d\u00e9sabus\u00e9e, de l&rsquo;une, et celle, m\u00e9lancolique, de l&rsquo;autre. Un beau couple qu&rsquo;ils formaient ces deux-l\u00e0. Ils \u00e9taient faits de la m\u00eame \u00e9toffe inqui\u00e8te, dont la ville s&rsquo;enveloppait, la ville dans ses meilleurs moments. Leur rencontre avait \u00e9t\u00e9 hasardeuse, et hasardeuse encore la mani\u00e8re dont ils se retrouvaient chez l&rsquo;une ou l&rsquo;autre, ou ailleurs. Ils \u00e9taient deux voix contrari\u00e9es par un mal plus ancien encore que la nuit des hommes, lorsqu&rsquo;ils d\u00e9cident, \u00e0 leurs risques et p\u00e9rils, de se rassembler en ronde urbaine.<\/p>\n<p>Leur commerce \u00e9tait ferm\u00e9, leurs voyages fig\u00e9s, leurs habitudes perdues. Il y avait peu de raisons qu&rsquo;ils restent ici plut\u00f4t que l\u00e0, fondamentalement je veux dire ; ils \u00e9chappaient aux r\u00e8gles communes \u2014 on l&rsquo;a dit \u2014\u00a0et se forgeaient leur propre reflet \u2014\u00a0en se faufilant dans les art\u00e8res et les ruelles, dans les m\u00e9t\u00e9os les plus diverses et essentiellement le silence de leurs peaux.<\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p>En s&rsquo;habillant, Carlos Futuna se d\u00e9piautait la nuit, d\u00e9senfourchait son grand cheval, et redevenait une silhouette \u00e9cras\u00e9e, \u00e9cras\u00e9e par sa chemise, \u00e9cras\u00e9e par le soleil ou le vent, \u00e9cras\u00e9e par cette irascible veine de poix qui le maintenant fermement au sol.<\/p>\n<p>Il se d\u00e9gondait ainsi p\u00e9niblement quand il vit vibrer son t\u00e9l\u00e9phone cellulaire sur la table, qui lui faisait faire cette petite danse ridicule, avec son souffle grommel\u00e9. Dehors l&rsquo;aube s&rsquo;\u00e9tait compl\u00e8tement d\u00e9chir\u00e9e apr\u00e8s le passage de l&rsquo;\u00e9norme b\u00e2timent, et la mer \u00e9tait toujours l\u00e0, \u00e9paisse, dense cobalt.<\/p>\n<p>[num\u00e9ro inconnu] lui demandait de venir \u00e0 la sortie (<font face=\"century gothic\">\u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e !<\/font>) de l&rsquo;autoroute est, celle qui doit se pencher tr\u00e8s fort pour descendre de sa rampe perch\u00e9e dans les nuages.<\/p>\n<p>Non sans manger une orange, sur la route du caf\u00e9, il lisait et relisait le message. Il aurait pu appeler mais n&rsquo;en avait ni le go\u00fbt, ni tellement le temps, puisque le rendez-vous avec [num\u00e9ro inconnu] \u00e9tait \u00e0 moins d&rsquo;une heure. Le caf\u00e9 \u00e9tait vide, et lorsqu&rsquo;il commanda le caf\u00e9 amer tout en jetant les \u00e9pluchures d&rsquo;orange \u00e0 m\u00eame le sol jonch\u00e9s de tickets de caisse pi\u00e9tin\u00e9s, la tenanci\u00e8re lui dit \u2014 ou bien comprit-il mal \u2014 <i>les mensonges ont les jambes courtes, n&rsquo;est-ce pas ?<\/i>.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Pardon, vous dites ?<br \/>\n\u2014 Un caf\u00e9 serr\u00e9 ? Ah oui, on ne sait pas ce que va nous r\u00e9server le temps aujourd&rsquo;hui. Peut-\u00eatre la pluie. Il en faut. Ou le soleil. \u00c7a nous ferait du bien. <\/p>\n<p>Carlos Futuna qui n&rsquo;avait pas pr\u00eat\u00e9 attention au devenir du jour depuis le r\u00e9veil, essentiellement caract\u00e9ris\u00e9 par le d\u00e9part de T., se tournant vers la vitrine, constata en effet que la lumi\u00e8re ind\u00e9cise ne tenait pas qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;heure matutinale mais conditionnait d\u00e9j\u00e0 le jour (et son th\u00e9\u00e2tre de gestes et d&rsquo;ombre).<\/p>\n<p>En effet cette journ\u00e9e ne pr\u00e9sageait rien de grandiose. Le soleil \u00e9tait gris, ne parvenait pas \u00e0 percer ce qui semblait tenir plus \u00e0 un entre-deux fig\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 une r\u00e9elle masse nuageuse \u2014 f\u00fbt-elle b\u00eatement t\u00f4t cueillie.<\/p>\n<p>Inutile de songer \u00e0 prendre les transports en commun, pour un tel lieu, il fallait la voiture. Mais la voiture \u00e9tait perch\u00e9e dans les hauteurs et, pour s&rsquo;y rendre, Carlos Futuna dut faire un effort suppl\u00e9mentaire, in\u00e9dit, sur les petits pav\u00e9s moussus, rendus glissant par tout le reste, comme une vengeance personnelle, des muleti\u00e8res qui cisaillaient les gros blocs d&rsquo;immeubles. Lorsqu&rsquo;il y parvint, il constata que son r\u00e9troviseur, qu&rsquo;il avait oubli\u00e9 de replier, pendait de mani\u00e8re ridicule, retenu par presque rien. <font face=\"century gothic\">Un \u0153il en moins<\/font>. Mis \u00e0 part \u00e7a, la voiture poss\u00e9dait encore ses pneus intacts, et les roues pour les porter, et elle \u00e9tait l\u00e0. C&rsquo;\u00e9tait plus qu&rsquo;il n&rsquo;en fallait pour redescendre, \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un skieur, tous les lacets que la mont\u00e9e avait saign\u00e9s. Virages ac\u00e9r\u00e9s et gymkana entre les bus courts mais press\u00e9s, les pi\u00e9tons rares, et les autres voitures gar\u00e9es, elle, avec leurs yeux repli\u00e9s. Un bout de ligne droite et retour aux virages, mais ceux de l&rsquo;autoroute cette fois-ci.<\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p>Au lieu dit ou compris du message de [num\u00e9ro inconnu], le soleil avait finalement d\u00e9cid\u00e9 de s&rsquo;en tenir \u00e0 une pr\u00e9sence minimale, n&rsquo;insistant ni sur la lumi\u00e8re ni sur la chaleur, ce qui rendait la d\u00e9solation plus frappante encore. Rehauss\u00e9 sur une esp\u00e8ce de banqu\u00e8te au-dessus de la vall\u00e9e largement \u00e9quip\u00e9e de centres commerciaux et m\u00eame d&rsquo;usines, d&rsquo;\u00e9changeurs divers et autres flux routiers et ferr\u00e9s, vall\u00e9e d&rsquo;o\u00f9 parvenaient les sons affair\u00e9s et sourds du trafic, la sortie d&rsquo;autoroute \u00e9taient engonc\u00e9e, \u00e9troite (une seule cabine automatique) et jonch\u00e9e de d\u00e9tritus divers : meubles bris\u00e9s, arbres et autres d\u00e9chets verts, emballages nombreux, \u00e9clats de caoutchouc provenant de v\u00e9hicules, verre bris\u00e9, et ans doute, \u00e7a et l\u00e0, quelques tissus perclus, cadavres d&rsquo;animaux inquiets, une cassette audio ayant d\u00e9j\u00e0 d\u00e9gueul\u00e9 une partie de ses entrailles magn\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Des voitures allaient et venaient, pas trop vite cependant, \u00e9tant donn\u00e9 le p\u00e9age, mais le bruit \u00e9tait tout de m\u00eame assourdissant, redoubl\u00e9 par l&rsquo;entonnoir rouill\u00e9 de la vall\u00e9e. Contre la falaise de la montagne, corset\u00e9e d&rsquo;un grillage \u00e9pais destin\u00e9 \u00e0 retenir les blocs qui pourraient venir exploser un pare-brise ou \u00e9craser un capot, et dont certains s&rsquo;\u00e9taient accumul\u00e9s \u00e0 mi-hauteur, provoquant une esp\u00e8ce d&rsquo;abc\u00e8s au filet pourtant d\u00e9mesur\u00e9, il y avait quelques places o\u00f9 Carlos Futuna se gara. Il attendit ainsi en se roulant la premi\u00e8re cigarette du jour, le caf\u00e9 ayant r\u00e9veill\u00e9 des aigreurs qui semblaient pilot\u00e9es par le flux des v\u00e9hicules. Lorsque passait un camion, c\u2019\u00e9tait presque la nuit qui revenait ; il \u00e9coutait de la musique, un vieux disque de post-punk qui faisait partie de la petite collection portative de la voiture. Rien ne se passait et personne n&rsquo;arrivait, et Carlos Futuna pensait \u00e0 T. <\/p>\n<p>A ses seins. Aux petits seins de T. Seins qu&rsquo;il ne pouvait saisir, tant ils \u00e9taient petits. Il pensa aussi \u00e0 sa peau, qui d\u00e9notait, sur lui, tant elle se nourrissait aux racines m\u00eames de la terre. <font face=\"century gothic\">Ou bien ce sont ses cheveux, sa toison, qui viennent d\u00e9gouliner sur sa peau qui est un buvard.<\/font> Sa toison, ses poils, \u00e9taient en effet d&rsquo;un noir brillant, plus profond que l&rsquo;obsidienne ou le fond des mers, et c&rsquo;est probablement \u00e0 leur encre, m\u00eal\u00e9e de sueur, que s&rsquo;abreuvait sa peau. Sa peau elle-m\u00eame \u00e9tait brillante, non pas huileuse, mais doucement lisse&#8230; <font face=\"century gothic\">Mat en fait, ce qui est contradictoire.<\/font> Lorsque, docile (mais prudent), l&rsquo;esprit de CF se dirigeait vers les \u00e9chafaudages naturels qui viennent d&rsquo;une relation, de grandes herses jaillissaient de la terre de son cerveau, plus rien, le vide, le vide sid\u00e9ral. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;avenir \u00e0 cette histoire, avec T., en tout cas Carlos Futuna ne voulait (ne pouvait ?) franchir ce qui qui fait \u2014\u00a0somme toute \u2014\u00a0l&rsquo;univers mental et physique du quotidien : un habitacle de voiture ; le pas d&rsquo;un jour ; une chemise parfois ; une couverture de brume. Celle-ci \u00e0 pr\u00e9sent commen\u00e7ait \u00e0 vaincre sur le manque de courage du soleil. Au fur et \u00e0 mesure la vall\u00e9e disparaissait, noy\u00e9e dans la brume qui avalait du m\u00eame coup les sons. Quelque chose montait d&rsquo;elle, de poisseux, de fuligineux, d&rsquo;arachn\u00e9en.<\/p>\n<p>Si bien que Carlos Futuna eut un sursaut lorsqu&rsquo;une main vint toquer \u00e0 sa fen\u00eatre, alors qu&rsquo;il n&rsquo;avait vu s&rsquo;arr\u00eater aucune voiture \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. La main \u00e9tait un peu crisp\u00e9e \u2014\u00a0sans doute par le froid gla\u00e7ant \u2014 et chaque phalange \u00e9tait tapiss\u00e9e de poils tr\u00e8s noirs eux aussi, pratiquement jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ongle. La main menait \u00e0 un bras, couvert de la manche d&rsquo;une gabardine, et l&rsquo;un et l&rsquo;autre appartenait \u00e0 un homme d&rsquo;une cinquantaine d&rsquo;ann\u00e9e, aux yeux rieurs et dont le bouche ressemblait plut\u00f4t \u00e0 un orifice anal qu&rsquo;\u00e0 une bouche. Lorsque Carlos Futuna sortit de la voiture, mettant un pied au sol, celui-ci lui dit simplement : \u00ab\u00a0Ne vous d\u00e9rangez pas, je n&rsquo;en ai pas pour longtemps. \u00bb Il avait un fort accent slave, et comme Carlos Futuna insista pour sortir tout de m\u00eame, l\u2019\u00e9tranger referma brusquement la porte, \u00e9crasant ainsi la jambe \u00e0 moiti\u00e9 sortie.<\/p>\n<p><br ><br \/>\n<font size=\"1\"><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/lasagnes-08\">< Pr\u00e9c\u00e9dent<\/a> \u2022 <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/lasagnes-10\">Suivant ><\/a><\/font><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 9 Le soleil levant venait agripper ses doigts aux persiennes et se tranchait sur elle pour s&rsquo;effiler sur le plafond, les murs et le pavement de graniglia. C&rsquo;\u00e9tait une ligne interrompue, une stalactite qui occupait le tiers sup\u00e9rieur de la chambre. Et puis d&rsquo;autres formes se trouvaient bris\u00e9es sur telle ou telle paroi. De&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1090,2484,2525],"tags":[],"class_list":["post-9029","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fiction","category-le-dossier-carlos-futuna","category-les-chroniques-de-carlos-futuna"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9029","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9029"}],"version-history":[{"count":8,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9029\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9109,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9029\/revisions\/9109"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9029"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9029"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9029"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}