{"id":19156,"date":"2025-04-13T12:22:50","date_gmt":"2025-04-13T10:22:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=19156"},"modified":"2026-10-17T23:33:40","modified_gmt":"2026-10-17T21:33:40","slug":"qui-veut-la-peau-de-la-nature","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/qui-veut-la-peau-de-la-nature\/","title":{"rendered":"Qui veut la peau de la nature ?"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/IMG_20260621_135520-300x169.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"169\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-19859\" srcset=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/IMG_20260621_135520-300x169.jpg 300w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/IMG_20260621_135520-1024x576.jpg 1024w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/IMG_20260621_135520-768x432.jpg 768w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/IMG_20260621_135520-100x56.jpg 100w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/IMG_20260621_135520-1536x864.jpg 1536w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/IMG_20260621_135520-2048x1152.jpg 2048w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/IMG_20260621_135520-850x478.jpg 850w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>La parution du livre de <em>La nature existe<\/em>, me para\u00eet un excellent pr\u00e9texte pour pour faire un petit bilan de la mode (finissante, je crois) des philosophes ou penseurs de la nature. J&rsquo;ajoute que nombre des r\u00e9flexions ici expos\u00e9es sont \u00e9galement le fruit de la lecture du r\u00e9cent <em>Attachements<\/em> de Charles St\u00e9panoff.<\/p>\n<p>Quelle est le probl\u00e8me ? Depuis un certain temps, g\u00e9n\u00e9ralement plus r\u00e9cent que la date de parution de leurs livres, un certain socle de pens\u00e9e s&rsquo;\u00e9chine, \u00e0 partir de l&rsquo;assertion un peu l\u00e9g\u00e8re du \u00ab\u00a0descolatourisme\u00a0\u00bb que la nature n&rsquo;existe pas. Pour un naturaliste, c&rsquo;est un peu gros. Et pour un philosophe, idem.<\/p>\n<p>L\u00e0-dessus para\u00eet ce beau livre-manuel \u00e0 faire lire \u00e0 nos chers stars philosophes, <em>Natura vicina e lontana<\/em>, de Giulio Ferroni, qui pr\u00e9sente l&rsquo;histoire complexes des relations entre nature et humanisme<sup class='footnote'><a href='#fn-19156-1' id='fnref-19156-1' onclick='return fdfootnote_show(19156)'>1<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 ces probl\u00e8mes, dans <a href=\"https:\/\/amboilati.org\/dehors\/cap-au-seuil\/\" target=\"_blank\"><em>Cap au seuil<\/em><\/a>. Mais j&rsquo;\u00e9tais un peu raide et rapide \u00e0 la fois.<\/p>\n<p>Je serai encore plus bref, mais plus souple :<\/p>\n<p>1. Qui est l&rsquo;homme ? Dire que nature s&rsquo;oppose \u00e0 tout ce qui est humain (oserons-nous dire culture) est une \u00e2nerie, pour plusieurs raisons (difficiles \u00e0 accepter, et pourtant).<br \/>\n1.1 L&rsquo;\u00eatre humain, l&rsquo;esp\u00e8ce humaine, est une esp\u00e8ce naturelle comme les autres.<br \/>\n1.1.1 L&rsquo;esp\u00e8re humaine a la capacit\u00e9 de cr\u00e9er des formes nouvelles qui s&rsquo;ajoutent \u00e0 la nature ; mais elle n&rsquo;est pas la seule : le corail, l&rsquo;hermelle, le vermet, construisent aussi leur environnement, ajoutent de la mati\u00e8re \u00e0 la mati\u00e8re, ou plus exactement d\u00e9placent, comme la fourmi atta, la mati\u00e8re de mani\u00e8re parfois massive (jusqu&rsquo;\u00e0 100t\/km2\/an pour les vers de terre) ;<br \/>\n1.1.2 l&rsquo;esp\u00e8ce humaine est soumise, jusqu&rsquo;\u00e0 preuve du contraire, aux invariants du vivants : na\u00eetre-mourir, vivre (se nourrir respirer), se reproduire.<br \/>\n1.2 L&rsquo;esp\u00e8ce humaine est une esp\u00e8ce naturelle totalement diverse des autres ; si l&rsquo;on consid\u00e8re la notion d&rsquo;esp\u00e8ce (mais les antisp\u00e9cistes la contredisent), l&rsquo;esp\u00e8ce humaine dispose d&rsquo;un monde symbolique et d&rsquo;un langage articul\u00e9, la seule dans ce cas, qui lui conf\u00e8re ce sentiment d&rsquo;hybris bien connue.<br \/>\n1.2.1 ce monde symbolique n&rsquo;est pas \u00e0 confondre avec communication ; il est \u00e9vident que la communication existe dans la nature, quel que soit le rang consid\u00e9r\u00e9, depuis les chants d&rsquo;oiseaux aux couleurs vives des fleurs, des insectes, des champignons, etc.<br \/>\n1.2.2 De fait je ne parviens pas &#8212; pour le oment en tout cas &#8212; \u00e0 ne pas consid\u00e9rer l&rsquo;univers entier comme la superposition, mais ces strates largement s\u2019interp\u00e9n\u00e8trent, entre la g\u00e9osph\u00e8re (ou hydrog\u00e9osph\u00e8re) (le monde inerte), la biosph\u00e8re (le monde vivant) et la noosph\u00e8re (le mode symbolique) ; cette noosph\u00e8re, form\u00e9e de symboles, de mots, de mythes, et de choses bien r\u00e9elles bien que virtuelles (la mort, le bit, les dieux, l&rsquo;ia) est un monde \u00ab\u00a0en plus\u00a0\u00bb dont seul l&rsquo;humain est conscient.<\/p>\n<p>2. Qu&rsquo;est-ce que la nature ? De la nature, le discours souvent urbain et orient\u00e9 donne une image voil\u00e9e ou flout\u00e9e \u00e0 escient.<br \/>\n2.1 La nature, comme je l&rsquo;entends ici est un dehors, un infini univers articul\u00e9, int\u00e9gr\u00e9 en plusieurs mondes \u00e0 son tour. Le mot nature ne veut rien dire, mais si on voulait lui faire dire quelque chose on pourrait dire qu&rsquo;il est le dehors terrestre (de la plan\u00e8te terre) compos\u00e9 d&rsquo;une part inerte (g\u00e9opsh\u00e8re) et d&rsquo;une part sollerte (biosph\u00e8re).<br \/>\n2.2 L&rsquo;origine du vivant sera une \u00e9nigme jusqu&rsquo;\u00e0 la fin des temps ; si on souhaite sortir de la raison vitaliste ou de la raison d\u00e9iste, le hasard est l&rsquo;unique cause possible (et non d\u00e9nu\u00e9e de mystique) aujourd&rsquo;hui tenable (et ce n&rsquo;est gu\u00e8re tenable).<br \/>\n2.2.1 Le vivant se d\u00e9finit par trois invariants : il est un vivant mourant ; il est en contact avec ses pairs et le reste ; il est double, mortel (par l&rsquo;individu) et immortel (par l&rsquo;esp\u00e8ce[1. Et si l&rsquo;esp\u00e8ce meurt ? Eh bien comme \u00ab\u00a0machin\u00a0\u00bb int\u00e9gr\u00e9, on pourra recourir au genre, et ainsi de suite jusqu&rsquo;au vivant total).<br \/>\n2.2.2 Un bogue du non-vivant a cr\u00e9e la vie ; ce vivant est impossible, il \u00e9volue sans cesse, la vari\u00e9t\u00e9 des formes est infinie, ses inventions toujours inimaginables (e il est fascinant, il suscite effroi ou extase, ils agit comme \u00e9motion) ; la naissance des membres fonctionnels est une chose, mais la naissance de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine en est une autre et fort \u00e9trange ; un bogue du vivant (qui est un bogue de nature) a cr\u00e9e le monde symbolique port\u00e9 par le langage.<\/p>\n<p>3. Quel humain pour quelle nature ? C\u2019est lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de proposer un discours tant soit peu \u00e9labor\u00e9 que les pr\u00e9misses volent en \u00e9clat. De part son recul noosph\u00e9rique, de par le langage qui agit comme repoussoir et acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9 \u00e0 la fois, matrice et empreinte (allez), l&rsquo;\u00eatre humain \u00e9prouve le besoin d&rsquo;expliquer le monde, inerte comme sollerte ; non pas seulement le d\u00e9crire et l&rsquo;inventorier, mais encore le g\u00e9rer, l&rsquo;exploiter, le conserver, le prot\u00e9ger, au point de lui conf\u00e9rer une identit\u00e9 (agravant donc ce pr\u00e9\u00e9minence noosph\u00e9rique), quitte \u00e0 en recevoir, par contre-coup, sa propre responsabilit\u00e9 \u00e0 son \u00e9gard.<br \/>\n3.1 L&rsquo;homme est une esp\u00e8ce qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e sur tout le globe, en prenant des voies plus ou moins diff\u00e9rentes, toujours ancr\u00e9es dans son h\u00e9ritage naturel d&rsquo;esp\u00e8ce humaine (langage + ing\u00e9nieur + monde symbolique) ; constater que certaines parties du globe aient pris le pas sur d&rsquo;autres parties du globe, notamment l&rsquo;Europe d\u00e8s l&rsquo;Antiquit\u00e9, puis au XIIe, puis \u00e0 la Renaissance, puis l&rsquo;Occident durant tout le XXe si\u00e8cle n&rsquo;est pas suffisante pour indiquer :<br \/>\n3.1.1 que l&rsquo;homme occidental repr\u00e9sente le mal absolu ;<br \/>\n3.1.2 que l&rsquo;homme non occidental est une victime et un saint ; penser ainsi, revient \u00e0 recr\u00e9er le mythe du bon sauvage qui est proprement colonialiste (et absurde anthropologiquement comme biologiquement).<br \/>\n3.2 Discarder l&rsquo;esp\u00e8ce humaine et dans l&rsquo;esp\u00e8ce humaine l&rsquo;Occidental et dans l&rsquo;Occidental le m\u00e2le cinquantenaire, qui est la tendance, aujourd&rsquo;hui rabougrissante, du <em>woke<\/em>, pose de s\u00e9rieux probl\u00e8mes philosophiques et d&rsquo;\u00e9videntes contradictions politiques.<br \/>\n3.2.1 que l&rsquo;homme n&rsquo;est pas un \u00eatre issue de la \u00ab\u00a0nature\u00a0\u00bb ; de deux choses l&rsquo;une, d&rsquo;accord, mais alors on peut consid\u00e9rer que, dou\u00e9e du monde symbolique, il n&rsquo;est pas une nature \u00ab\u00a0tout court\u00a0\u00bb, ou il est autre chose (la culture), option d&rsquo;o\u00f9 d\u00e9coulent ou bien que c\u2019est la nature qui a produit l&rsquo;homme tel qu&rsquo;il est, donc que la nature n&rsquo;est pas la nature, et que g\u00e9o-, bio- et noosph\u00e8re sont intimement li\u00e9es, ou bien que l&rsquo;homme s&rsquo;est d\u00e9tach\u00e9 de la nature, mais alors tout l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la nature s&rsquo;effondre, et que la noosph\u00e8re \u00e9crase la biosph\u00e8re qui \u00e9crase donc la g\u00e9osph\u00e8re ;<br \/>\n3.2.2 que le monde symbolique est un pi\u00e8ge, car s&rsquo;il est, il est n\u00e9cessairement commun \u00e0 tous les humains, donc \u00e0 toutes les cultures ; que, par cons\u00e9quent, ou bien les cultures non-occidentales n&rsquo;ont pas assez \u00e9volu\u00e9 pour l&rsquo;entendre, ou bien que le monde objectif de la science positive n&rsquo;est qu&rsquo;une autre version du symbolique &#8212; en bref qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de v\u00e9rit\u00e9 objective ;<br \/>\n3.2.3 que le monde non occidental est hypervaloris\u00e9, ce qui pourrait \u00eatre vrai si le monde, et notamment le monde de la science (t du discours rationnel d\u2019inspiration scientifique, qui est aristot\u00e9licien, ou platonicien, mais dans tous les cas, occidental) n&rsquo;\u00e9tait pas lui-m\u00eame occidental (ou pour le dire autrement : si l&rsquo;Europ\u00e9 avait bascul\u00e9 dans le monde sovi\u00e9tique, finis les fast-food, le rock, les s\u00e9ries, les super-h\u00e9ros ; nous ne serions rien de Baltimore ou de Fargo, comme nous ne savons rien de Novossibirsk ou de Syktyvkar (et pourquoi pas une ville de Cor\u00e9e du Nord, d&rsquo;Iran, ou du V\u00e9n\u00e9zuela ?). Et si on me r\u00e9torque qu&rsquo;on a tout de m\u00eame du Japon et de la Cor\u00e9e (du Sud), cela ne fera que confirmer l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain, mieux vaut \u00e9viter l&rsquo;argument.<br \/>\n3.3 Et dans le m\u00eame temps :<br \/>\n3.3.1 que l&rsquo;homme ne favorise ou n&#8217;emp\u00eache jamais des organismes de nature ; l&rsquo;humain prot\u00e8ge comme tout organisme son environnement proche (le seule probl\u00e8me de celui de l&rsquo;humain est qu&rsquo;il est non seulement immense, mais aussi symbolique, donc politique et moral) ;<br \/>\n3.3.2 que le rapport \u00e0 la nature non occidental est bien meilleur ; ce qui sous-entend qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;utilitaristes, de charlatans ou de philosophes dans le ponde non-occidental ; et surtout pas d&rsquo;autoritaire ni de m\u00e9chant, ni de b\u00eate ;<br \/>\n3.3.3 que le savoir vient de toute mani\u00e8re d&rsquo;Occident, et donc, par la force des choses, la solution.<\/p>\n<p>4. Par cons\u00e9quent :<br \/>\n4.1 Sous entendre que l&rsquo;homme s&rsquo;est s\u00e9par\u00e9 de la nature est une contradiction en soi ; si on le fait pour l&rsquo;homme, \u00e0 la limite, cela peut s&rsquo;entendre (c\u2019est le discours utilitariste et dominateur traditionnel) ; mais si on le fait pour l nature, que reste-t-il ?<br \/>\n4.2 Constater que l&rsquo;homme domine la nature est une \u00e9vidence, mais ne s&rsquo;ensuit rien de politiquement appr\u00e9ciable : cela suppose une remise en question des politiques d&rsquo;extraction, de possession ou de mainmise dont l&rsquo;Occident est l&rsquo;un des fleurons, par la post-d\u00e9mocratie n\u00e9olib\u00e9rale et financiaris\u00e9 (UE-UK-Australie.Nouvelle Z\u00e9lande + quelques pays dont le Japon, la Cor\u00e9e du Sud, l&rsquo;Afrique du Sud).<br \/>\n4.3 Sous-entendre que tout le non-occidental a raison est une b\u00eatise crasse, mais il n\u2019est pas besoin je crois de d\u00e9velopper ; tous les groupes humains ont leur cons et leurs connards &#8212; et leur pens\u00e9e d\u00e9faillante.<\/p>\n<p>5. Conclusion. La pens\u00e9e antihumainite pronaturelle est une aporie \u00e0 tous les \u00e9gards : elle se r\u00e9v\u00e8le finalement anthropocentr\u00e9e, occidentaloicentr\u00e9e, et en quelque sorte romantique, b\u00e9ate r\u00e9incarnation de la 4e r\u00e9publique dominatrice ; elle flirte all\u00e9grement avec une certaine pens\u00e9e mystique de la nature, lui conf\u00e9rant un r\u00f4le presque surnaturel, proche du catholicisme augustinien (par ailleurs influenceur du protestantisme dont les USA sont le terrible aboutissement philosophique) ; trop inclusive, par exemple envers les virus ou les robots, elle est dangereuse. Elle est tout bonnement libertaire lib\u00e9rale, elle est n\u00e9olib\u00e9rale et conservatrice sans le savoir. Elle vote b\u00eatement Macron, avec Greta Thumberg et le Dala\u00ef-Lama.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class='footnotes' id='footnotes-19156'>\n<div class='footnotedivider'><\/div>\n<ol>\n<li id='fn-19156-1'> Note de 2026 : livre paru en 2024, aper\u00e7u dans une exposition sur Moby Dick, revu dans une recension int\u00e9ressante du <em>Foglio<\/em> (eh oui), mais que je n&rsquo;aurais lu qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2026. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-19156-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; La parution du livre de La nature existe, me para\u00eet un excellent pr\u00e9texte pour pour faire un petit bilan de la mode (finissante, je crois) des philosophes ou penseurs de la nature. J&rsquo;ajoute que nombre des r\u00e9flexions ici expos\u00e9es sont \u00e9galement le fruit de la lecture du r\u00e9cent Attachements de Charles St\u00e9panoff. 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