{"id":18728,"date":"2024-09-20T12:49:47","date_gmt":"2024-09-20T10:49:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=18728"},"modified":"2024-12-16T22:39:40","modified_gmt":"2024-12-16T20:39:40","slug":"archivive-deux-ou-trois-mots-sur-la-critique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/archivive-deux-ou-trois-mots-sur-la-critique\/","title":{"rendered":"Archivive &#8212; deux ou trois mots sur la critique"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_20241015_182516_230-scaled-e1731345300439-300x169.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"169\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-19000\" srcset=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_20241015_182516_230-scaled-e1731345300439-300x169.jpg 300w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_20241015_182516_230-scaled-e1731345300439-1024x576.jpg 1024w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_20241015_182516_230-scaled-e1731345300439-768x432.jpg 768w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_20241015_182516_230-scaled-e1731345300439-1536x865.jpg 1536w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_20241015_182516_230-scaled-e1731345300439-2048x1153.jpg 2048w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/IMG_20241015_182516_230-scaled-e1731345300439-850x478.jpg 850w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>J&rsquo;ai pass\u00e9 plusieurs heures \u00e0 nager dans les notules et paperolles, les fiches et les feuilles de classeur du dossier de travail du second volume, impubli\u00e9 (en tant que tel), des <em>Fleurs de Tarbes<\/em>, consacr\u00e9 plut\u00f4t \u00e0 la Rh\u00e9torique &#8212; face \u00e0 la Terreur. J&rsquo;accumule aussi ainsi ces r\u00e9flexions pour l&rsquo;\u00e9tat critique de la critique en France &#8212; <em>le d\u00e9faut critique<\/em>.<\/p>\n<p>En cherchant une citation de Paulhan (sur internet) je tombe sur celle-ci, de Blanchot (<em>La part du feu<\/em>) :<\/p>\n<blockquote><p>Le langage courant est tel que nous ne pouvons pas le voir, en m\u00eame temps, dans son ensemble, sous ses deux faces. Si alors il n\u2019en existe pas moins (en droit), cela tient au fait qu\u2019il est essentiellement un dialogue\u00a0: il appartient \u00e0 un couple, le parlant et l\u2019interlocuteur, l\u2019auteur et le lecteur. Les deux rapports du langage se manifestent, dans leur duplicit\u00e9, par cette autre duplicit\u00e9 de l\u2019homme qui parle et de l\u2019homme qui \u00e9coute\u00a0: aspect id\u00e9e, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, du c\u00f4t\u00e9 parlant le plus souvent \u2014 aspect mot, du c\u00f4t\u00e9 du parl\u00e9. \u00ab\u00a0Pens\u00e9e d\u2019auteur, mots de lecteur, dit Jean Paulhan\u00a0; mots d\u2019auteur, pens\u00e9e de lecteur.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Et en revanche je trouve chez ce dernier (je dois encore r\u00e9f\u00e9rencer ces notules, si elles sont dans les <i>\u0152uvres<\/i> ou non &#8212; je n&rsquo;ai pas le livre avec moi)  :<\/p>\n<blockquote><p>Chaque doctrine obtient l&rsquo;oppos\u00e9<sup class='footnote'><a href='#fn-18728-1' id='fnref-18728-1' onclick='return fdfootnote_show(18728)'>1<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>Recomposant ainsi l&rsquo;\u00e9tat impensable par une collaboration.<\/p>\n<p>(Il est ais\u00e9 de l&rsquo;imaginer collaboration, mais peut \u00eatre dans un seul homme, \u00e0 la fois auteur-lecteur.)<\/p><\/blockquote>\n<p>Cet \u00e9tat, myst\u00e9rieux, est leur horizon, et, chez Paulhan, un lieu mystique o\u00f9 advient leur \u00e9pousaille, sans doute, non sans mal, \u00ab\u00a0celui dans lequel nous cherchons \u00e0 <i>revenir<\/i> : celui qui obstin\u00e9ment, obscur\u00e9ment, nous recherchons\u00a0\u00bb, mais aussi un \u00e9tat \u00ab\u00a0o\u00f9 le plaisir et la douleur ne font qu&rsquo;un\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Sans revenir ici sur les tenants et aboutissants des deux versions, d&rsquo;ailleurs binaires et disons m\u00e9thodologiques, heuristiques, de la Terreur et de la Rh\u00e9torique, comme j&rsquo;avais \u00e9voqu\u00e9 par ailleurs<sup class='footnote'><a href='#fn-18728-2' id='fnref-18728-2' onclick='return fdfootnote_show(18728)'>2<\/a><\/sup> la n\u00e9cessit\u00e9 de cette collaboration (mais je trouve le mot ici et maintenant), Paulhan m&rsquo;am\u00e8ne de sa main leste et \u00e9l\u00e9gante, de l&rsquo;eau \u00e0 ce moulin :<\/p>\n<blockquote><p>Que veulent-elles toutes deux : un <i>tao<\/i>. Une fusion = mot &#8211; id\u00e9e<\/p><\/blockquote>\n<p>O\u00f9 &#8212; en s&rsquo;abstrayant de cette image, et de toute la mystique du secret qui est \u00e9voqu\u00e9e souvent, notamment dans <i>Clef de la po\u00e9sie<\/i> l&rsquo;on retrouve donc l&rsquo;esp\u00e8ce de forme multifactorielle, multidimensionnelle, approchable depuis la ligne de cr\u00eate dont j&rsquo;ai \u00e9galement aussi parl\u00e9<sup class='footnote'><a href='#fn-18728-3' id='fnref-18728-3' onclick='return fdfootnote_show(18728)'>3<\/a><\/sup> et dont la silhouette se dessine \u00e9trangement &#8212; \u00e9trangement se dessine, veux-je dire.<\/p>\n<p>N&rsquo;en d\u00e9plaise aux antimodernes, aux Romantiques de tout poil, par exemple ceux qui, aujourd&rsquo;hui, d\u00e9fendent une philosophie du vivant (\u00e9videmment non-humain) (j&rsquo;y reviendrai, par la force des choses ; il m&rsquo;importe de pr\u00e9ciser la nature du trouble), qui rejettent arbitrairement la diff\u00e9rence sujet-objet (et comme par ricochet culture-nature), et \u00e0 tous les <em>no-borders<\/em> de la pens\u00e9e, j&rsquo;ai l&rsquo;intuition que c&rsquo;est un assemblage complexe de couples (donc binaires par d\u00e9finition) qui forme cette forme \u00e9trange, ce tao, cet \u00e9tat.<\/p>\n<p>Le couple rh\u00e9torique\/terreur (la forme\/le fond) ; le couple odyss\u00e9e\/illiade (Ulysse\/Achille, le voyage\/le si\u00e8ge, la ruse\/la force<sup class='footnote'><a href='#fn-18728-4' id='fnref-18728-4' onclick='return fdfootnote_show(18728)'>4<\/a><\/sup>) ; le couple sujet\/objet donc (l&rsquo;\u00e9motion\/la science) ; le couple nature\/culture (le sauvage\/le domestique) ; etc.<\/p>\n<p>Or c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment dans la barre oblique, \/, dans l&rsquo;entre-deux, que se situe ce myst\u00e8re, ce tao, et que, suivant ici un chemin connu et d\u00e9j\u00e0 parcouru, chaque couple, chaque opposition binaire est en r\u00e9alit\u00e9, un peu comme en musique, une r\u00e9alit\u00e9 ternaire, une triade, les \u00ab\u00a0trois faces\u00a0\u00bb (mot, chose, pens\u00e9e) qui forment, toujours selon Paulhan, chaque mot. L&rsquo;entre-deux est un entre-trois, ou plus justement, l&rsquo;entre-deux est le tiers lieu, le tiers manquant de toute critique. Car la critique, finalement, \u00e0 son point le plus haut (son point de fusion) pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme la fusion de la lecture et de l&rsquo;\u00e9criture, que j&rsquo;aime \u00e0 repr\u00e9senter sous forme d&rsquo;&#038;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/archivive-archimorte\/\">\u279f<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class='footnotes' id='footnotes-18728'>\n<div class='footnotedivider'><\/div>\n<ol>\n<li id='fn-18728-1'> En l&rsquo;occurrence, la position de la Terreur, celle de la Rh\u00e9torique. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-18728-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-18728-2'> <em>La litt\u00e9rature inqui\u00e8te<\/em>, o\u00f9 je parlais, sans savoir &#8212; on parle souvent sans savoir &#8212; de <i>Tao<\/i>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-18728-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-18728-3'> <i>Ibid.<\/i> <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-18728-3'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-18728-4'> Occasion, encore, que je retrouve plus tard chez Lacoue-Labarthe\u00a0: \u00ab\u00a0Deux \u201csc\u00e8nes primitives\u201d, c\u2019est probable, commandent l\u2019Occident. Et sa litt\u00e9rature. Ou l\u2019Occident comme litt\u00e9rature.<br \/>\n\tElles sont toutes deux install\u00e9es \u2013 \u00e0 jamais \u2013 par les po\u00e8mes hom\u00e9riques. C\u2019est la sc\u00e8ne de la col\u00e8re (Achille, <em>L\u2019Illiade<\/em>)\u00a0; et c\u2019est la sc\u00e8ne de l\u2019<em>exp\u00e9rience<\/em> (&#8230;) (Ulysse, <em>L\u2019Odyss\u00e9e<\/em>).\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0La naissance est la mort\u00a0\u00bb, fonds Lacoue-Labathe, Imec.) <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-18728-4'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; J&rsquo;ai pass\u00e9 plusieurs heures \u00e0 nager dans les notules et paperolles, les fiches et les feuilles de classeur du dossier de travail du second volume, impubli\u00e9 (en tant que tel), des Fleurs de Tarbes, consacr\u00e9 plut\u00f4t \u00e0 la Rh\u00e9torique &#8212; face \u00e0 la Terreur. 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