{"id":16213,"date":"2022-03-16T17:27:25","date_gmt":"2022-03-16T15:27:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=16213"},"modified":"2024-02-01T20:33:33","modified_gmt":"2024-02-01T18:33:33","slug":"homogene","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/homogene\/","title":{"rendered":"Homog\u00e8ne"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Un texte de <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/pistes-et-sillages\/ \"><em>Pistes et sillages<\/em><\/a>, une s\u00e9rie de textes po\u00e9tiques n\u00e9s de l&rsquo;\u00e9coute des pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de la discoth\u00e8que. Base d&rsquo;improvisation, ou simplement paysage et divagation. Une anthologie.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i.discogs.com\/RRWB8wK6UGBNcOEIY-jAoW2MCAtItp3DNvA635FPFJQ\/rs:fit\/g:sm\/q:90\/h:600\/w:600\/czM6Ly9kaXNjb2dz\/LWRhdGFiYXNlLWlt\/YWdlcy9SLTc0MjYz\/LTE0OTcyMTQ5MTgt\/OTM1Mi5qcGVn.jpeg\" width=\"300\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Chasseur<sup class='footnote'><a href='#fn-16213-1' id='fnref-16213-1' onclick='return fdfootnote_show(16213)'>1<\/a><\/sup><\/h2>\n<p>J&rsquo;avais, \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, la rigidit\u00e9 comme man\u0153uvre.<\/p>\n<p>J&rsquo;\u00e9tais born\u00e9. Je croyais encore au corps.<br \/>\nJe ne croyais pas \u00e0 quelque chose qui me domine, ou me mate.<\/p>\n<p>Mais je venais de traverser une saison plut\u00f4t froide et s\u00e8che, j&rsquo;\u00e9tais parti en ville, pour des boulots mal pay\u00e9s, et plut\u00f4t d\u00e9sagr\u00e9ables \u00e0 la main comme au ventre. Les soir\u00e9es \u00e9taient longues, dans ces nuits \u00e9ternelles, et le mors de la houle isolait souvent le port o\u00f9 je marnais.<\/p>\n<p>J&rsquo;avais une piaule minable sous la rue, comme \u00e7a se fait dans ces bleds, comme si on n&rsquo;avait pas assez de l&rsquo;exc\u00e8s de ciels pour manquer respirer. Je mettais un point d&rsquo;honneur \u00e0 ranger mes maigres affaires et \u00e0 tenir propre l&rsquo;unique pi\u00e8ce, de mani\u00e8re \u00e0 ce que si par extraordinaire quelqu&rsquo;un passait \u00e0 l&rsquo;improviste, je ne passe pas pour un clodo.<\/p>\n<p>Je le faisais surtout pour me rappeler chaque jour, apr\u00e8s chaque repas, apr\u00e8s chaque nuit, que je n&rsquo;\u00e9tais pas encore un clochard.<\/p>\n<p>D&rsquo;ailleurs personne ne passait \u00e0 l&rsquo;improviste.<\/p>\n<p>Je cr\u00e2nais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, de n&rsquo;avoir que le minimum vital. Je me saoulais de cette indigence, j&rsquo;y trouvais mon compte, j&rsquo;y trouvais une esp\u00e8ce de r\u00e9demption, destin\u00e9e \u00e0 racheter une faute que je n&rsquo;avais d&rsquo;ailleurs pas commise (mais je ne le savais pas).<\/p>\n<p>L&rsquo;automne \u00e9tait pass\u00e9 dans ces conditions, l&rsquo;hiver s&rsquo;annon\u00e7ait rugueux, et bient\u00f4t mon contrat toucha \u00e0 sa fin. Le moment n&rsquo;\u00e9tait pas propice pour rentrer, l&rsquo;air \u00e9tait pesant, et je revins aux fondamentaux. Avec Marti, un coll\u00e8gue, le seul avec qui j&rsquo;ai \u00e9chang\u00e9 autre chose qu&rsquo;un tchin \u00e0 la taverne, on avait d\u00e9cid\u00e9 de partir encore plus au nord, histoire de se d\u00e9gourdir les id\u00e9es, une fameuse id\u00e9e.<\/p>\n<p>Mais quelque chose clocha, d&rsquo;entr\u00e9e de jeu, dans le regard de Marti. Il s&rsquo;arr\u00eata bient\u00f4t, lest\u00e9 par le regard d&rsquo;avalanche qu&rsquo;une foutue serveuse lui avait fait dans une de ces villes o\u00f9 tu n&rsquo;es rien sans chemise \u00e0 carreau.<\/p>\n<p>Moi j&rsquo;ai continu\u00e9, pouss\u00e9 par la faim sans but, et par la conviction que se perdre \u00e9tait le meilleur moyen de me retrouver. J&rsquo;avan\u00e7ais.<\/p>\n<p>On m&rsquo;avait trahi, on m&rsquo;avait oubli\u00e9, et on m&rsquo;avait l\u00e2ch\u00e9, c&rsquo;\u00e9tait suffisant pour moi : la faim, l&rsquo;art de la faim, la virtuosit\u00e9 du manque.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>L&rsquo;amie<sup class='footnote'><a href='#fn-16213-2' id='fnref-16213-2' onclick='return fdfootnote_show(16213)'>2<\/a><\/sup><\/h2>\n<p>Je m&rsquo;arr\u00eatai longtemps dans une ville qui \u00e9tait un port la moiti\u00e9 de l&rsquo;ann\u00e9e. L&rsquo;autre moiti\u00e9 (celle o\u00f9 j&rsquo;atterris), c&rsquo;\u00e9tait plut\u00f4t les pellet\u00e9es de neige.<\/p>\n<p>Je passe sur les d\u00e9tails, mais je restai bloqu\u00e9 assez longtemps pour \u00e9changer avec les habitants, puis les conna\u00eetre et sympathiser, et je sortis m\u00eame avec une fille avec des yeux en biseau. Elle \u00e9tait douce comme une pelote de laine, et sans aucune esp\u00e8ce de ce qui jusqu&rsquo;ici avait fait tout le sang des relations que j&rsquo;entretenais avec mes pairs : la duplicit\u00e9. Elle n&rsquo;avait aucune arri\u00e8re-pens\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;intimit\u00e9, toutefois, elle \u00e9tait chaude comme un volcan, elle \u00e9tait extr\u00eamement aimante et d\u00e9sirante, et elle donnait beaucoup.<\/p>\n<p>Ce qui \u00e9tait nouveau pour moi c&rsquo;\u00e9tait les fourrures et les plumes, tout cet arsenal de cocon dans la maison, et la facilit\u00e9 et m\u00e9langer la simplicit\u00e9 de la routine avec l&rsquo;\u00e2pret\u00e9 du sexe, aussi cru et violent qu&rsquo;elle \u00e9tait douce et timide. Mais c&rsquo;\u00e9tait comme une esp\u00e8ce de r\u00e9ceptacle, peut-\u00eatre de la confusion des paysages, en tout cas celle qui m&rsquo;entourait (les avais-je port\u00e9s moi-m\u00eame en cet endroit, les avais-je \u00e9lev\u00e9s \u00e0 cet \u00e9tat ?), et qui mariait la pierre de lune rugueuse \u00e0 la douceur neigeuse.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on apporte dans son voyage ?<\/p>\n<p>Je demeurais comme cela, inquiet dans cette magnifique volupt\u00e9, aux aguets dans la torpeur, \u00e0 l&rsquo;aff\u00fbt dans l&rsquo;opulence.<\/p>\n<p>Je ne la remercierai jamais assez.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>D\u00e9m\u00ealer<sup class='footnote'><a href='#fn-16213-3' id='fnref-16213-3' onclick='return fdfootnote_show(16213)'>3<\/a><\/sup><\/h2>\n<p>Je restais comme \u00e7a comme \u00e9m\u00e9ch\u00e9, comme happ\u00e9, ou saisi, interdit, par une petite phrase de violoncelle, ou quelques notes d&rsquo;orgue, au d\u00e9tour d&rsquo;une rue, jailli du cul d&rsquo;une usine, ou sorti d&rsquo;une loggia dans le quartier r\u00e9sidentiel.<\/p>\n<p>Chaque fois que je m&rsquo;\u00e9loignais, je voulais revenir.<\/p>\n<p>Et chaque fois que je rentrais, je voulais faire l&rsquo;amour, comme la premi\u00e8re fois.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>C\u00e9libataire<\/h2>\n<p>\u00c7a coulait douce et filait doux.<br \/>\nNous n&rsquo;\u00e9tions que cette vague, perdue dans la mar\u00e9e.<br \/>\nMontant, descendant.<br \/>\nUne \u00e0 une.<br \/>\nMain \u00e0 main.<br \/>\nRien de nous \u00e9chappait.<br \/>\nLibres comme pas des orques.<br \/>\nFontaines sang.<br \/>\n(Marti disparut.)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Lume toute n\u00e9on<\/h2>\n<p>Je commen\u00e7ais \u00e0 me d\u00e9faire, rel\u00e2cher les filins qui tiraillaient le corps et surtout l&rsquo;esprit.<br \/>\nJe d\u00e9couvrais le monde une nouvelle fois. Elle se r\u00e9pandait sur moi, dame lune, comme si d&rsquo;un chevalier h\u00e9riss\u00e9 la courtoise araign\u00e9e faisait un nourrisson fragile.<\/p>\n<p>Je prenais toute cette lumi\u00e8re en moi, c&rsquo;\u00e9tait une \u00e9nergie.<\/p>\n<p>Elle admonestait la col\u00e8re. Et, \u00e9lectrique, la d\u00e9branchait.<\/p>\n<p>(Entre-temps l\u2019ou\u00efe engrangeait un ensablement ; c&rsquo;\u00e9tait nouveau grain, rythme refoul\u00e9 \u00e0 pr\u00e9sent re\u00e7u, comme les mailles naissaient de l&rsquo;entrelacement.)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>5 ann\u00e9es<\/h2>\n<p>Chaque jour je m&rsquo;\u00e9tonnais \u00e0 nouveau. Dame lune poursuivait son \u00e9grenage.<\/p>\n<p>Tout \u00e9tait nouveau chaque jour et je parvenais \u00e0 peine \u00e0 r\u00e9aliser combien j&rsquo;avais laiss\u00e9 de moi tant de jach\u00e8res, de mon carquois tant de fl\u00e8ches. Mes oreilles n&rsquo;en croyaient pas leurs yeux. J&rsquo;\u00e9tais devenu anguille, paume \u00e9crite, fil conducteur, de tous c\u00f4t\u00e9s.<\/p>\n<p>Elle admonestait, chapitrait \u00e0 l&rsquo;aube, comme au nimbe. Je n&rsquo;osais bouger, cinq ann\u00e9es durant, elle mena\u00e7ait de bienveillance, inqui\u00e8te, r\u00e2peuse, triste et belle \u00e0 pleurer, une \u00e9l\u00e9gance rare. La ville et son territoire autour, qui embrassait les voies, mais les arbres, mais les collines aras\u00e9es, mais la lande, mais les ondes de l&rsquo;oc\u00e9an, seuls, seuls, \u00e9tait repue de ce silence acquies\u00e7ant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Immature<\/h2>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait une \u00e9preuve, que je vivais. Je croyais avoir rejoint la for\u00eat matricielle, j&rsquo;errais dans la lande d\u00e9sol\u00e9e entre les myrtilles et les airelles, les cassiopes et les saules nains. Les seules dryades que je voyais \u00e9taient des saules nains.<\/p>\n<p>J&rsquo;avais cru voir des arbres, mais depuis quand n&rsquo;avais-je pas vu d&rsquo;arbre ?<\/p>\n<p>Comment ai-je pu me laisser berner \u00e0 ce point ? Le temps ici \u00e9tait \u00e0 la modestie, et \u00e0 la jeunesse. Puisqu&rsquo;il \u00e9tait de volcan.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Sonnette d&rsquo;alarme<\/h2>\n<p>Je n&rsquo;eus plus peur.<br \/>\nJe voulus gravir, plonger, tracer ! Je n&rsquo;avais plus peur.<\/p>\n<p>Quelque chose s&rsquo;est renvers\u00e9, cela m&rsquo;a alert\u00e9.<\/p>\n<p>Je n&rsquo;avais plus peur : je c\u00f4toyai les gens, les peuples, je peux dire que je les aime.<\/p>\n<p>Quelque chose s&rsquo;est \u00e9clair\u00e9, cela m&rsquo;a alert\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le convoi te r\u00e9chauffe, le convoi te transporte, le convoi te nourrit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elle m&rsquo;avait lav\u00e9 des noirceurs, des gribouillages et des naus\u00e9es. J&rsquo;avais deux jambes, deux bras, le ventre, le c\u0153ur et un organe phonatoire.<\/p>\n<p>Je voulais lib\u00e9rer le monde.<\/p>\n<p>Et plus tu m&rsquo;enfermes dans la pi\u00e8ce, plus je d\u00e9gueule dans l&rsquo;univers.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Pluton<\/h2>\n<p>Un volcan, tel Pluton, soudain jaillit et elle s&rsquo;affaissa, tel un volcan.<br \/>\nElle explosa, elle explose.<\/p>\n<p>J&rsquo;\u00e9tais en elle, maintenant, plan\u00e8te devenue noire, jaillissante.<\/p>\n<p>Elle explosa. Naquit, neuve \u00e0 nouveau.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Tout est plein d&rsquo;amour<\/h2>\n<p>Alignement des contacts, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;auxiliaire, soudain (et cela prit ce temps, encapsul\u00e9 dans une petite forme argent\u00e9e), j&rsquo;entrai dans le si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Je descendis les latitudes comme des gradins. J&rsquo;atterris moi-m\u00eame, lav\u00e9, et pouvais \u00e0 nouveau.<\/p>\n<p>Renouvel\u00e9 de l&rsquo;int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class='footnotes' id='footnotes-16213'>\n<div class='footnotedivider'><\/div>\n<ol>\n<li id='fn-16213-1'> Notes pr\u00e9paratoires :\n<p><em>Une phrase dans la claire<br \/>\nle reste dans un rythme<br \/>\neffr\u00e9n\u00e9<br \/>\nune pulsation avec une accolade<br \/>\nensemble<br \/>\nidentiques<\/em>.<br \/>\n&nbsp; <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-16213-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-16213-2'> Notes pr\u00e9paratoires :\n<p><i>Imagine les montagnes du haut-arri\u00e8re-pays,<br \/>\nloin de la mer pourtant l\u00e0<br \/>\nloin de l\u2019histoire pourtant l\u00e0<br \/>\nloin des choses simples<br \/>\nde la vie simple<br \/>\ncomme l\u2019huile, l\u2019eau, le feu<\/p>\n<p>Cailloux moussus, lichens, longues cornes abattues \u00e0 terre<br \/>\nmuscles raidis, sangs,<br \/>\nch\u00e2teaux en partie effondr\u00e9s<br \/>\nrecal\u00e9s dans un coin<br \/>\npar un foyer une \u00e9table<br \/>\nun semblant de portail<\/p>\n<p>Je vois le jeune en monture<br \/>\napr\u00e8s la s\u00e9paration bris\u00e9, ext\u00e9nu\u00e9,<br \/>\nimpr\u00e9par\u00e9 \u00e0 se d\u00e9samourer<br \/>\n\u00e0 se d\u00e9saimanter<br \/>\net ce sont des cors, des cordes gr\u00e8ges, des cris d\u2019orfraie<br \/>\ndes temp\u00eates qui approchent<br \/>\ndes paysans qui puent.<\/p>\n<p>Il traverse les montagnes<br \/>\nsans gr\u00e2ce sans appr\u00eat<br \/>\nsans souffle<br \/>\nsans envie<br \/>\ntout est noir et schiste et granit<br \/>\nmais o\u00f9 va-t-il<\/p>\n<p>et je le vois.<\/i><br \/>\n&nbsp; <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-16213-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-16213-3'> Notes pr\u00e9paratoires :\n<p><i>Ces m\u00eames terres sont celles<br \/>\nde la pelouse, arros\u00e9s des embruns<br \/>\ndes fleurs qui fleurissent sur<br \/>\nles pierres de murs abattus<br \/>\ndes bruy\u00e8res et des ajoncs<\/p>\n<p>Des c\u0153urs tremp\u00e9s<br \/>\nd\u2019acier se fendent \u00e0 l\u2019\u00e9cume<br \/>\ndevant le carroi de la mer<br \/>\nsavoir partir<br \/>\nsavoir rentrer<br \/>\nne pas savoir<\/p>\n<p>ne pas savoir<br \/>\nne pas savoir<br \/>\nne pas savoir&#8230;<\/i><br \/>\n&nbsp; <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-16213-3'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un texte de Pistes et sillages, une s\u00e9rie de textes po\u00e9tiques n\u00e9s de l&rsquo;\u00e9coute des pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de la discoth\u00e8que. 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