{"id":15979,"date":"2013-06-02T13:54:47","date_gmt":"2013-06-02T11:54:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=15979"},"modified":"2021-11-21T15:08:52","modified_gmt":"2021-11-21T13:08:52","slug":"trop-nombreuses-les-idees-seffilochent","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/trop-nombreuses-les-idees-seffilochent\/","title":{"rendered":"Trop nombreuses, les id\u00e9es s&rsquo;effilochent"},"content":{"rendered":"<p>Il y avait l&rsquo;id\u00e9e de la porcelaine.<\/p>\n<p>Il y avait l&rsquo;id\u00e9e du pendulaire qui, pour de triviales raisons, pension, travail, aventure, revient inlassablement dans la m\u00eame gare, qu&rsquo;il entreprend de d\u00e9crire dans toutes ses dimensions, au fil des saisons, devient sa maison perp\u00e9tuelle.<\/p>\n<p>Il y avait l&rsquo;id\u00e9e, d\u00e9clin\u00e9e en trois parties, des m\u00e9ditations solitaires et inqui\u00e8tes d&rsquo;un VRP, repr\u00e9sentant d&rsquo;une grande maison de (quoi ?).<\/p>\n<p>1. que les routes qui traversent les massifs, courent les plateaux, hachurent les for\u00eats et coupent les cours d&rsquo;eau, ne faisaient jamais qu&rsquo;effleurer le monde et que, derri\u00e8re la route, tout son long, dessous, de part et d&rsquo;autre, dessus, s&rsquo;\u00e9tendaient les \u00e9tendues comme les profondeurs, sauvages, grouillantes de mille aventures, d&rsquo;effroi, de sexe, de sang, de courage, de fame et de r\u00e9flexes.<br \/>\n2. que l&rsquo;on s&rsquo;\u00e9merveill\u00e2t de ces longues tra\u00een\u00e9es poisseuses de gros nuages noirs et gris et qui, s&rsquo;\u00e9panchant dans l&rsquo;espace, s&rsquo;\u00e9corchant aux montagnes les plus hautes et escarp\u00e9es, explosaient violemment en rivi\u00e8res, \u00e9boulis et foudres majestueuses, en d\u00e9pit de nos petites vies contemporaines, personne qui ne comprenne rien de tout cela, quand m\u00eame on parviendrait \u00e0 les d\u00e9crire, et dont nous ignorons superbement les m\u00e9caniques.<br \/>\n3. qu&rsquo;enfin il souhaitable de ne pas sous-estimer le travail des saisons, de l&rsquo;hiver \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9, si l&rsquo;on ne veut pas succomber \u00e0 la tentation du suicide.<\/p>\n<p>Il y avait l&rsquo;id\u00e9e de la maison suite de Fibonacci.<\/p>\n<p>Il y avait l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un compartiment et des portraits, tant\u00f4t cruels tant\u00f4t tendres, de ses visiteurs : la jeune femme qui dort, un rictus semble soulever ses l\u00e8vres ; le couple mixte, elle qui se coiffe, lui qui lui tient le miroir, ce p\u00e8re avec ses enfants et son lot d&rsquo;humiliations qui leur l\u00e8gue, ces jeunes dans leur langue et leur malaise, ces amants \u00e0 peine secrets, ces travailleurs, etc.<\/p>\n<p>Il y avait l&rsquo;id\u00e9e de ces deux \u00e9gar\u00e9s que le hasard a plac\u00e9 voisins, se sont parl\u00e9s et aujourd\u2019hui s&rsquo;entra\u00eenent en s&rsquo;\u00e9tonnant \u00e0 devenir \u00e0 nouveau amoureux ! L&rsquo;avaient-ils us\u00e9, ce sentiment, l&rsquo;avaient-ils \u00e9gar\u00e9 au fond d&rsquo;une poche ou d&rsquo;un placard, mais l&rsquo;avaient-il r\u00e9ellement d\u00e9j\u00e0 connu ?<\/p>\n<p>Il y avait l&rsquo;id\u00e9e de ce po\u00e8te g\u00e9nial qui n&rsquo;avait jamais rien \u00e9crit, se sentant incapable de le faire, noy\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait de sa fulgurance, l&rsquo;acier de ses constructions mentales, roul\u00e9 par l&rsquo;excellence de son talent, et pourtant inacceptable, de la machine en mouvement, et qui employait le plus clair de son temps \u00e0 discr\u00e9diter m\u00e9ticuleusement, m\u00e9thodiquement, \u00e0 \u00e9viter avec brio toute page blanche et tout instrument d&rsquo;\u00e9criture, maniant avec la m\u00eame dext\u00e9rit\u00e9 \u00e0 la fois l&rsquo;ironie et l&rsquo;impuissance, l&rsquo;angoisse et le d\u00e9sir, tout cela dans un grand ramdam de tourne-\u00e0-vide&#8230;<\/p>\n<p>Il y avait des id\u00e9es, celles-ci et puis d&rsquo;autres, mais manquait le temps pour les saisir.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y avait l&rsquo;id\u00e9e de la porcelaine. Il y avait l&rsquo;id\u00e9e du pendulaire qui, pour de triviales raisons, pension, travail, aventure, revient inlassablement dans la m\u00eame gare, qu&rsquo;il entreprend de d\u00e9crire dans toutes ses dimensions, au fil des saisons, devient sa maison perp\u00e9tuelle. Il y avait l&rsquo;id\u00e9e, d\u00e9clin\u00e9e en trois parties, des m\u00e9ditations solitaires et&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[242],"tags":[],"class_list":["post-15979","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chantiers"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15979","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15979"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15979\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15981,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15979\/revisions\/15981"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15979"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15979"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15979"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}