{"id":14582,"date":"2019-04-26T08:27:22","date_gmt":"2019-04-26T06:27:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=14582"},"modified":"2024-05-12T14:29:44","modified_gmt":"2024-05-12T12:29:44","slug":"de-deux-choses-l-une","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/de-deux-choses-l-une\/","title":{"rendered":"De deux choses l\u2019une<br \/><font size=3>[Chinonais]<\/font>"},"content":{"rendered":"<p><center><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-14583\" src=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/IMG_3205-300x169.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"169\" srcset=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/IMG_3205-300x169.jpg 300w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/IMG_3205-768x432.jpg 768w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/IMG_3205-1024x576.jpg 1024w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/IMG_3205.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/center><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>Microfiction (<em>c\u00e9rofiction<\/em>) de la s\u00e9rie <em><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/residences\/\">R\u00e9sidences<\/a><\/em> et \u00e9crite \u00e0 l&rsquo;occasion de la r\u00e9sidence <em><a href=\"http:\/\/livre.ciclic.fr\/labo-de-creation\/benoit-vincent-situer\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Situer<\/a><\/em> organis\u00e9e avec Ciclic en r\u00e9gion Centre-Val de Loire<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"right\"><font size=2><em>De l\u00e0 partans arriv\u00e8rent au port du molin, &amp; trouv\u00e8rent tout le gu\u00e9 couvert de corps mors, en telle foulle qu\u2019ilz avoient enguorg\u00e9 le cours du molin.<\/em><br \/>Fran\u00e7ois Rabelais<\/font><\/p>\n<\/p>\n<p class=\"western\"><i>Le marais est le plus grand de Touraine peut-\u00eatre, assur\u00e9ment le plus grand du secteur, loin s\u2019en faut. Il est un espace de profusion du cours d\u2019eau appel\u00e9 N\u00e9gron.<\/i><\/p>\n<p class=\"western\">Le marais est une prolif\u00e9ration du cours d\u2019eau, il est cours d\u2019eau en forme non de lame (comme on parle de la lame d\u2019eau) mais de nappe. La nappe s\u2019\u00e9coule non d\u2019amont en aval mais lat\u00e9ralement, et d\u2019ailleurs elle ne coule gu\u00e8re. Elle reste, et elle \u00e9labore patiemment cet ensemble f\u00e9erique et diabolique \u00e0 la fois (je le sais moi qui ai travers\u00e9 les marais, habit\u00e9 les marais, arpent\u00e9 les marais, essor\u00e9 les marais).<\/p>\n<p class=\"western\">C\u2019est une structure particuli\u00e8re, qui m\u2019a valu bien des tentatives de relations, tant\u00f4t po\u00e9tiques, tant\u00f4t journalistiques, tant\u00f4t narratives, et la plupart du temps ce furent des \u00e9checs. Il est impossible de rendre le marais\u2026 ses couleurs, son tremblement, ses frimas.<\/p>\n<p class=\"western\">Le froid du marais, le silence du marais, le vide du marais, le brun du marais, quand, plut\u00f4t qu\u2019une sorte de filet il ressemble \u00e0 une bonde. Une bonde pour l\u2019\u00e2me. Un lieu de reddition b\u00e9n\u00e9vole.<\/p>\n<p class=\"western\">Je crois que l\u2019homme, effray\u00e9 par l\u2019ali\u00e9net\u00e9 du marais, effray\u00e9 par le marais, secr\u00e8tement travaille \u00e0 son \u00e9radication. Dans bien des r\u00e9gions il y est parvenu. On ne compte plus le nombre de marais fossilis\u00e9s, ou au contraire envahis d\u2019arbustes, mutil\u00e9s par les griffes de certaines pratiques agricoles, du drainage, de la plantation, du p\u00e2turage de ces machines vivantes trop lourdes pour lui.<\/p>\n<p class=\"western\">Qu\u2019est-ce qu\u2019un marais\u00a0? Une chose\u00a0? Un \u00eatre\u00a0? Un \u00e9on\u00a0? Une entit\u00e9 abstraite\u00a0? Un complexe, un collectif\u00a0? Ou bien un simple mot, abandonn\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame au coin d\u2019un livre, dans la marge d\u2019un roman, une anecdote dans une chronique\u00a0?<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p class=\"western\"><em>\u00ab\u00a0Une ville nouvelle\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p class=\"western\"><em>Une ville nouvelle, et une ville compl\u00e8te. Lev\u00e9e, comme une carte, du vide, de nulle part. Une ville c\u00e9ans, avec ses maisons et ses routes, ses \u00e9difices et ses monuments, ainsi que sa voirie, qui la relie au r\u00e9el (les autres villes, les autres nulle part). Une ville avec ses habitants, qui empruntent, comme par miracle, \u00e0 peine sont-ils construits, les voies et les escaliers, les portes et les ponts. Ils allaient faire une ville nouvelle\u00a0!<\/em><\/p>\n<p class=\"western\"><em>C\u2019est en tout cas se que m\u2019annon\u00e7a le baron mon oncle alors que nous faisions le tour de son domaine. Nous passions \u00e0 proximit\u00e9 du marais de Taligny et lors que nous nous approch\u00e2mes du gu\u00e9 qui aujourd\u2019hui n\u2019est plus, et que le sieur Rabelais se pl\u00fbt \u00e0 nommer de V\u00e8de, plut\u00f4t que de N\u00e9gron. Le baron reprit\u00a0: \u00ab\u00a0Voyez-vous, j\u2019aime \u00e0 consid\u00e9rer que derri\u00e8re chaque chose se dissimule plus d\u2019une r\u00e9alit\u00e9. J\u2019aime \u00e0 consid\u00e9rer les choses duelles, et non fig\u00e9es dans la gangue de leur identit\u00e9 unique.<\/em><\/p>\n<p class=\"western\">\u2013 <em>Les \u00e9v\u00e8nements semblent vous donner raison.<\/em><\/p>\n<p class=\"western\">\u2013 <em>Ils me donneront raison s\u2019ils viennent \u00e0 leur terme\u00a0; d\u2019ici l\u00e0 je crains de tr\u00e9passer avant de pouvoir contempler leur \u0153uvre.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">\u00a0Dans le courant des ann\u00e9es soixante-dix du vingti\u00e8me si\u00e8cle, on d\u00e9cide d\u2019isoler le bief qui alimente le moulin qu\u2019on trouve \u00e0 l\u2019amont du marais, \u00e0 l\u2019ouest, de son chenal principal, et on l\u2019envoie baigner le lavoir m\u00e9di\u00e9val \u00e0 l\u2019oppos\u00e9\u00a0; ce n\u2019est qu\u2019en aval que les deux tresses se rejoignent \u00e0 nouveau en un seul courant. Mais lorsque le bief se s\u00e9pare du cours d\u2019eau, il le traverse via un \u00e9tonnant pont-canal de b\u00e9ton, aujord&rsquo;huit plein de vase et limon et recouvert de mousses, de lichen, de petites annuelles.<\/p>\n<p class=\"western\">On ne conna\u00eet pas la raison de cette s\u00e9paration des eaux. Mais j\u2019aime savoir que quelqu\u2019un, quelque retrait\u00e9 du syndicat des eaux ou du d\u00e9partement (l\u2019Indre-et-Loire affiche maintenant sur ses documents officiels ce logo avec ces mots\u00a0: Touraine, le d\u00e9partement \u2013 ce qui est non seulement absurde, mais probablement anticonstitutionnel) d\u00e9tient ce savoir, conserve comme un tr\u00e9sor la raison qui a conduit \u00e0 faire d\u2019une rivi\u00e8re un huit, un tore, un objet d\u2019Eischer ou de M\u00f6bius.<\/p>\n<p class=\"western\">Ce que vous voyez n\u2019est pas ce que vous voyez.<\/p>\n<p class=\"western\">Vous voyez le N\u00e9gron, mais vous voyez la V\u00e8de.<\/p>\n<p class=\"western\">Vous voyez l\u2019Indre-et-Loire, mais vous voyez la Touraine.<\/p>\n<p class=\"western\">Cet employ\u00e9 aux \u00e9critures, cet homme (ou cette femme) dans son bureau, \u00e0 l\u2019antenne du d\u00e9partement (mais l\u2019antenne du d\u00e9partement d\u2019Indre-et-Loire existait-elle dans les ann\u00e9es 70\u00a0?) ou peut-\u00eatre plut\u00f4t en sous-pr\u00e9fecture \u2013 on est toujours dans la d\u00e9clinaison, dans le duel \u2013 peut-\u00eatre a-t-il sign\u00e9 le document qui autorise la cr\u00e9ation du pont-canal, qui s\u00e9pare et isole la rivi\u00e8re d\u2019elle-m\u00eame\u2026 ou bien quelque ing\u00e9nieur de m\u00e8che avec quelque \u00e9lu et quelque attach\u00e9 de cabinet ont-ils ourdi un dossier en bonne et due forme, de cr\u00e9ation du pont-canal, avec ex\u00e9cution par les services techniques de la ville auxquels on a conc\u00e9d\u00e9 (et adjoint) le mat\u00e9riel de location n\u00e9cessaire pour la bonne r\u00e9alisation de l\u2019ouvrage (je pense ici aux coffrages et aux fers \u00e0 b\u00e9ton, peut-\u00eatre m\u00eame quelque outil moins noble ou on\u00e9reux mais n\u00e9cessaire, et cela permet de rajeunir l\u2019outillage parfois ancien de la mairie, c\u2019est l\u2019occasion, savez-vous par exemple que nous disposons de toute une s\u00e9rie de gouges, de marteaux-taillants, de hies, de tous types et toutes tailles, dont plus personne ne sait pr\u00e9cis\u00e9ment la fonction aujourd\u2019hui\u00a0?)<\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p class=\"western\">\u00a0<em>\u00ab\u00a0Entre-temps le pont, ici s\u2019est une nouvelle fois \u00e9boul\u00e9, emport\u00e9 par la crue. On songe \u00e0 b\u00e2tir un autre passage, moins dangereux, \u00e0 d\u00e9tourner la route&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p class=\"western\">Moi je suis venu deux fois dans le coin. La premi\u00e8re fois j\u2019ai eu l\u2019occasion de visiter certaines caves souterraines, creus\u00e9es dans le tuffeau ; la deuxi\u00e8me fois, j\u2019ai eu l\u2019occasion de visiter le marais ainsi que les ouvrages qui le bornent. Ces deux espaces, de quelque mani\u00e8re, sont appos\u00e9s, les deux versions peut-\u00eatre d\u2019une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9. L\u2019envers et le revers du m\u00eame d\u00e9cor.<\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p class=\"western\">Je d\u00e9ambule sans but dans le paysage et je parviens \u00e0 Ligr\u00e9 o\u00f9 depuis la vall\u00e9e de la Loire l\u2019horizon s&rsquo;est transform\u00e9. Ce sont d\u00e9sormais des vignes, un arlequin de vignes, puis, \u00e0 ma grande surprise, des alignements de ch\u00eanes, pour les truffes. Des truffi\u00e8res, ici ! Quelle n\u2019est pas ma surprise lorsque je constate de mes yeux que les ch\u00eanes sont \u00e0 la fois des ch\u00eanes p\u00e9doncul\u00e9s et des ch\u00eanes verts, des yeuses ! Des yeuses, ici !<\/p>\n<p class=\"western\">Mes yeuses\u00a0!<\/p>\n<p class=\"western\">Avec la pierre et la vigne, les yeuses formaient bel et bien un paysage, et c\u2019est ce paysage que je t\u00e2chais d\u2019\u00e9lucider (si on \u00e9lucide un paysage), mais je ne parvenais justement pas \u00e0 le p\u00e9n\u00e9trer car je le connaissais trop. Il \u00e9tait comme un reflet dans un miroir. Qui peut atteindre son reflet dans le miroir\u00a0?<\/p>\n<p class=\"western\">Et pourtant il fallait revenir, y revenir, sillonner, et arpenter.<\/p>\n<p class=\"western\">Aussi allais-je me perdre le long de la Vienne, le bocage exub\u00e9rant du V\u00e9ron. Apr\u00e8s tout c\u2019\u00e9tait un tout autre bassin versant, aussi. Je grimpai au panorama de Candes-Saint-Martin pour me persuader qu\u2019il n\u2019y avait pas de venteuse montagne au loin, et si moutonnait une esquisse de mer, qu\u2019au moins celle-ci soit froide et temp\u00e9tueuse et indomptable infini. Quelques coquilles de l\u2019ouest me distray\u00e8rent. Ne manquait que la centrale nucl\u00e9aire pour compl\u00e9ter la carte postale proven\u00e7ale.<\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">\u00ab On pr\u00eate beaucoup de qualit\u00e9s aux \u00e9crivains, sans doute trop, mais on ne peut leur reprocher, leur manque de tact au regard des r\u00e9alit\u00e9s du monde. Et cette franchise, quand bien m\u00eame elle prendrait le tour de la fantaisie la plus fugace, de l\u2019audace irr\u00e9fl\u00e9chie qui c\u00e8de volontiers (et non sans malice) \u00e0 la passion, d\u00e9termine par la lecture que nous en faisons notre propre d\u00e9couverte du monde. Je pense pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ceci : si deux g\u00e9ants venaient \u00e0 peupler les collines qui s\u2019\u00e9pandent sous mes yeux, je ne leur donnerais cr\u00e9dit que dans la mesure o\u00f9 les aventures dont ils seraient les protagonistes ne cachaient, en quelque fa\u00e7on, une certaine rigueur topographique, ou bien une instruction de morale ou de politique, ou encore une le\u00e7on de vie, une mani\u00e8re de r\u00e8gle de discours que nous procure leur exemple ou leur soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p class=\"western\">En quoi tout roman est double\u00a0; non seulement le lecteur \u00e9crit le livre que l\u2019auteur lui a lu une premi\u00e8re fois, mais dans ce geste c\u2019est aussi un <em>paysage<\/em> qui est chaque fois \u00e9chafaud\u00e9 et renouvel\u00e9, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un d\u00e9cor de th\u00e9\u00e2tre itin\u00e9rant.<\/p>\n<p class=\"western\">On argue parfois que le principal tort que portent la litt\u00e9rature et les livres, et en particulier les romans, est d\u2019entretenir une certaine duplicit\u00e9 dans la confrontation du monde. Pour ma part, je gage que cette fr\u00e9quentation ne d\u00e9veloppe au contraire un certaine aisance \u00e0 appr\u00e9hender l\u2019\u00e9quivoque qui ne laisse pas de surprendre et susciter le go\u00fbt de poursuivre la route.<\/p>\n<p class=\"western\">Je me souviendrai toujours de ce que notre professeur d\u2019histoire m\u00e9di\u00e9vale, \u00e0 Tours, nous disait de Jeanne d\u2019Arc\u00a0: qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait jamais qui on croyait, car on pr\u00e9f\u00e9rait surtout qu\u2019elle soit ce qu\u2019on voulait. Et il citait ce passage qu\u2019il nous avait fortement incit\u00e9 \u00e0 apprendre par c\u0153ur\u00a0: \u00ab\u00a0Le vingt-quatri\u00e8me jour du mois de f\u00e9vrier 1449, la Pucelle Jehanne qui avait \u00e9t\u00e9 en France, revint dans notre r\u00e9gion, en plusieurs endroits on la vit, et reconnut. Elle se faisait appeler Claude. Elle fut trahie par plusieurs traits de la Pucelle Jehanne de France qui amena Charles \u00e0 Reims. Or lorsque Charles lui demanda quel secret ils partageaient, la chronicque <em>[sic]<\/em> devint obscure\u00a0: pour les uns elle ne le sut pas\u00a0; pour les autres elle ne voulut pas qu\u2019ils l&rsquo;apprissent.<\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p class=\"western\">\u00a0Je sais bien que tout cela va trop vite, que tout cela est exp\u00e9di\u00e9. Les visites, les rencontres. M\u00eames les arr\u00eats aux ronds-points, les stations dans la nature, les h\u00e9sitations \u00e0 la lisi\u00e8re du bois, au perron devant le coton de neige qui s\u2019amoncelle ou dans l\u2019habitacle face au rideau de pluie battante. Je le sais dans mon corps, dans mes mains, dans mes yeux, je le lis aussi dans la pierre de Chinon, dans les rues de Chinon, que je traverse, fant\u00f4me.<\/p>\n<p class=\"western\">Je le trouve encore dans les romans que je lis, dans les lettres que je compulse avidement.<\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p class=\"western\">\u00a0<em>\u00ab\u00a0[\u2026] et je raccompagnais mon bon oncle jusqu\u2019au seuil de son manoir. D\u00e9j\u00e0 le froid exhal\u00e9 des profondeurs de la terre venait ternir les derniers jours de l\u2019ann\u00e9e. Entre chien et loup, les formes et les couleurs se m\u00ealaient en des figures grotesques et gigantesques qui impressionnaient jusqu\u2019au plus farouche des mousquetaires. Derri\u00e8re le mur blanc, qui seul se d\u00e9tachait du fond obscur et brouill\u00e9, le baron disparut\u00a0; j\u2019entendis encore la porte coch\u00e8re se refermer et peut-\u00eatre ai-je aper\u00e7u une lueur venue de l\u2019int\u00e9rieur qui devait \u00eatre douillet, d\u00e9chirer les t\u00e9n\u00e8bres, et porter son fumet de soupe sur le silence du sauvage alentours.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote\">\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Microfiction (c\u00e9rofiction) de la s\u00e9rie R\u00e9sidences et \u00e9crite \u00e0 l&rsquo;occasion de la r\u00e9sidence Situer organis\u00e9e avec Ciclic en r\u00e9gion Centre-Val de Loire &nbsp; De l\u00e0 partans arriv\u00e8rent au port du molin, &amp; trouv\u00e8rent tout le gu\u00e9 couvert de corps mors, en telle foulle qu\u2019ilz avoient enguorg\u00e9 le cours du molin.Fran\u00e7ois Rabelais Le marais est&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[242,1090],"tags":[3645,3687,3688,529,3392,3690,3675,3679,3414,3689,3551,3691,3686],"class_list":["post-14582","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chantiers","category-fiction","tag-centre-region","tag-chinon","tag-chinonais","tag-francois-rabelais","tag-gargantua","tag-guerres-picrocholines","tag-indre-et-loire","tag-loire","tag-marais","tag-picrochole","tag-region-naturelle","tag-service-des-eaux","tag-vienne"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14582","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14582"}],"version-history":[{"count":5,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14582\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18310,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14582\/revisions\/18310"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14582"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14582"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14582"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}