{"id":14306,"date":"2019-01-10T17:00:58","date_gmt":"2019-01-10T15:00:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=14306"},"modified":"2024-05-12T12:02:12","modified_gmt":"2024-05-12T10:02:12","slug":"rien-d-impossible","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/rien-d-impossible\/","title":{"rendered":"Rien d&rsquo;impossible<br \/><font size=3>[Champagne berrichonne]<\/font>"},"content":{"rendered":"<p><center><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/IMG_1322-300x169.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"169\" \/><\/center><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>Microfiction (<em>c\u00e9rofiction<\/em>) de la s\u00e9rie <em><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/residences\/\">R\u00e9sidences<\/a><\/em> et \u00e9crite \u00e0 l&rsquo;occasion de la r\u00e9sidence <em><a href=\"http:\/\/livre.ciclic.fr\/labo-de-creation\/benoit-vincent-situer\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Situer<\/a><\/em> organis\u00e9e avec Ciclic en r\u00e9gion Centre-Val de Loire<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p aligne=right><font size=\"2\" face=\"sans-serif\"><em>aucune espace de temps a visiter et lire le sourplus<\/em><br \/>Alain Chartier<\/font><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En fin de journ\u00e9e, quelques rayons livides sont venus taper sur le verre bossel\u00e9 de la fen\u00eatre\u00a0: \u00e0 cause d\u2019une esp\u00e8ce de lentille qu\u2019en d\u00e9faut il portait, ils donnaient au mur un aspect velout\u00e9, un grain sensuel de peau. Le balai souffle les d\u00e9bris, la poussi\u00e8re, et les guide au-dehors, par la porte ouverte. Malgr\u00e9 le petit soleil hivernal, la temp\u00e9rature est douce et un peu d\u2019air neuf permet d\u2019\u00e9vacuer le trop-plein de fum\u00e9e qu\u2019a provoqu\u00e9 la naissance d\u2019un feu.<\/p>\n<p>Car un feu est n\u00e9cessaire, toutefois.<\/p>\n<p>Une fois la porte referm\u00e9e, la marmite est pos\u00e9e entre les chenets orn\u00e9s qu\u2019il faut d\u00e9placer avec peine. De l\u2019eau, d\u2019abord, sera mise \u00e0 chauffer sur les belles flammes coriaces qui peu \u00e0 peu concurrencent les derniers rayons.<\/p>\n<p>Sur la table au centre de la pi\u00e8ce, un lourd panier charg\u00e9 de l\u00e9gumes qu\u2019il s\u2019agit maintenant d\u2019\u00e9plucher.<\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p>Auparavant dans la journ\u00e9e, \u00e0 quelques lieues de l\u00e0, une barque plate, charg\u00e9e elle aussi de paniers de l\u00e9gumes, mue \u00e0 la force du bras par le b\u00e2ton de la bourde, dans le fil de son \u00e9lan, vient doucement butter sur la berge de l\u2019\u00eelot o\u00f9 se trouve la cabane. L\u2019homme \u00e0 la bourde amarre prestement la plate, qui se range dans le courant du coulant. Un autre homme s\u2019aidant de la perche que le premier lui a pass\u00e9e, pose le pied sur la berge. Il ne le salue pas et se dirige directement vers la cabane, sans aucun mot dire, sans regard \u00e0 quiconque ou quoi que ce soit, et s\u2019y enferme sans bruit. Les amarres d\u00e9nou\u00e9es, la plate reprend son chemin et s\u2019enfonce sous un tunnel de saules noirs.<\/p>\n<p>Dans la cabane, la silhouette allume maintenant quatre bougies dont une se trouve sur une petite table \u00e9galement \u00e9clair\u00e9e par une fen\u00eatre sans carreau. Elle sort d\u2019une besace une liasse de papier, se sert un verre de vin clairet et s\u2019assoie lourdement lassement devant les feuilles, r\u00e9ordonn\u00e9es. Apr\u00e8s avoir feuillet\u00e9 dans un sens puis dans l\u2019autre, il se penche sur la derni\u00e8re de ces feuilles, une plume \u00e0 la main, et se met \u00e0 \u00e9crire.<\/p>\n<p>Il est midi tout plein. Il ne fait pas froid mais l\u2019humidit\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 pr\u00e9sente. La silhouette assise frissonne.<\/p>\n<p>Lorsque les derniers feux enrobent d\u2019orang\u00e9 chacun des objets, cinq ou six heures plus tard, la silhouette se r\u00e9veille par une humidit\u00e9 plus prononc\u00e9e, qui avait sombr\u00e9 dans le travail d\u2019\u00e9criture. Antoine sera bient\u00f4t l\u00e0, il s\u2019agit de ranger. La plume, le verre et la bouteille vides, et la liasse est de nouveau enfourn\u00e9e dans la besace. Lorsqu\u2019il sort, la silhouette voit arriver comme un spectre le vieil homme \u00e0 la longue barbe avec un dr\u00f4le de chapeau. Les brumes qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent dans le chien et le loup lui donne l\u2019aspect d\u2019un sinistre nocher d\u2019\u00e2mes. Il n\u2019a pas fini d\u2019amarrer la plate que l\u2019autre est d\u00e9j\u00e0 assis. \u00ab\u00a0Allez\u00a0\u00bb est le seul mot qu\u2019il prononce dans tout le jour mourant.<\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p>Dans les rues de la ville, \u00e0 pr\u00e9sent mal \u00e9clair\u00e9es de torches de suie, prestement avance la silhouette jusqu\u2019au seuil o\u00f9 rien ne bouge. Des pas modestes sur les pav\u00e9s. Un menu grattement et la porte s\u2019ouvre. La chaleur le recouvre avec l\u2019odeur un peu \u00e9c\u0153urante du navet ou de la ravenelle.<\/p>\n<p>Une forme menue l\u2019aide \u00e0 retirer son caban, puis lorsqu\u2019il a pos\u00e9 sa besace, il s\u2019est assis et la forme menue a port\u00e9 la grosse miche qu\u2019avec envie il tranche contre la poitrine. Elle s\u2019assied \u00e0 la droite de la table et, lui, il \u00e9pargne le dos et les \u00e9paules.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai aujourd\u2019hui touch\u00e9 du doigt sans fr\u00e9mir les abysses des ph\u00e9nom\u00e8nes, ma ch\u00e8re Jeanne, j\u2019ai foul\u00e9 en esprit des terres inconnues. Je me suis assoupi un instant, et quand je m\u2019\u00e9veillai, le monde m\u2019est apparu. Plus de coulant, plus de saule, j\u2019\u00e9tais assis au sommet du monde, et je contemplai avec effroi et s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 toutes les cr\u00e9atures ramass\u00e9es dans un bocal. Me sont venues des visions br\u00fblantes, et d\u2019affreux maux de t\u00eate, mais le projet que je mod\u00e8le m\u2019est chaque jour plus clair. Comme un pic d\u00e9barrass\u00e9 des brumes au matin, il se d\u00e9couvre sous la chaleur de mes rayons. Je parviens au sommet dans le m\u00eame temps que je l\u2019embrasse pleinement. C\u2019est comme\u2026 c\u2019est comme si je volais. Ah sers-moi donc du fromage, ma bonne Jeanne, de ce petit ch\u00e8vre qui \u00e9paule ce mal vin\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Jeanne s\u2019ex\u00e9cuta. Muette elle \u00e9tait, muette restait.<\/p>\n<p>M\u00eame si elle entendait ses paroles, elle ne comprenait rien \u00e0 ce que le vieil homme lui racontait. Mais elle aimait sa pr\u00e9sence, et surtout quand il n\u2019\u00e9tait pas col\u00e8re, ou sombre dans sa barbe. Elle posa l\u2019assiette dans le silence revenu, puis elle s\u2019excusa et se retira. Il m\u00e2chait le pain et le fromage sans y prendre garde et, s\u2019\u00e9tant retourn\u00e9, plantait ses yeux \u00e9carquill\u00e9s sur les flammes de l\u2019enfer.<\/p>\n<p>Elle venait d\u2019une modeste ferme, li\u00e9e \u00e0 quelque terrain de vagues parents\u00a0; muette, elle n\u2019\u00e9tait pas utile et pris d\u2019affection pour sa bonhommie berrichonne, il l\u2019en avait arrach\u00e9e. Pour cela elle lui en \u00e9tait \u00e9ternellement, follement reconnaissante. Vingt ou trente ans apr\u00e8s, ils formaient un couple quelque peu singulier, mais g\u00e9n\u00e9ralement serein.<\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait l\u2019un des jours. Il y en eut d\u2019autres. Des moins gais, des plus ferm\u00e9s. L\u2019\u00e9poque \u00e9tait \u00e0 l\u2019incursion. L\u2019\u00e9poque \u00e9tait \u00e0 la transgression des fronti\u00e8res. C\u2019\u00e9tait comme si le monde en cours ne suffisait pas, c\u2019\u00e9tait comme une fi\u00e8vre qui n\u00e9cessitait un autre monde.<\/p>\n<p>La fi\u00e8vre est une d\u00e9pense d\u2019\u00e9nergie n\u00e9cessaire, et chaque fi\u00e8vre nous porte \u00e0 un nouveau soi. Chaque maladie est une mue, et c\u2019est ainsi, par ces d\u00e9p\u00f4ts, ces redditions, que nous avan\u00e7ons vers notre derni\u00e8re \u00e9tape.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait une \u00e9poque fi\u00e9vreuse, qui attendait ou laissait attendre plut\u00f4t, alors qu\u2019elle fomentait d\u00e9j\u00e0 son \u00e9tat successif, qui prendrait forme dans une chevauch\u00e9e incroyable par les mers infinies, et trouverait sa fin sous l\u2019enveloppe d\u2019un capitaine hardi ouvrant une br\u00e8che dans le paysage, l\u2019agrandissant tout \u00e0 coup, tout \u00e0 coup le rendant \u00e0 nouveau vierge de possession, de saisie.<\/p>\n<p>Les nouvelles \u00e9taient parvenues, fatigu\u00e9es, mais toujours merveilleuses : la guerre faisait rage partout, mais apr\u00e8s plusieurs d\u00e9faites sanglantes, le si\u00e8ge d\u2019Orl\u00e9ans avait marqu\u00e9 une \u00e9tape d\u00e9cisive, qui se concr\u00e9tiserait par la victoire de Castillon, au sud. En Orient, la m\u00eame ann\u00e9e, peu avant (mais le temps \u00e9tait long et \u00e9lastique alors et on ne l\u2019apprit qu\u2019apr\u00e8s), Constantinople \u00e9tait tomb\u00e9e, marquant la fin d\u2019un processus ou d\u2019une \u00e8re d\u00e9but\u00e9e sous Auguste.<\/p>\n<p>En somme le monde \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9troit et cherchait nouvelle assiette.<\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p>Viendra un temps o\u00f9 l\u2019homme, priv\u00e9 de servitudes, fera ch\u00e8re et voyages, et occupera son loisir \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9vation. C\u2019\u00e9tait \u00e9crit. Il fallait que cela soit, car on n\u2019imaginait pas quelle cheville pourrait faire d\u00e9faut \u00e0 l\u2019esprit rationnel et la foi bonne et \u00e9ternelle. Cela devait \u00eatre et il faut y travailler, amoindrir la distance n\u00e9cessaire, abolir les emb\u00e2cles qui s\u00e9parent.<\/p>\n<p>Il allait de ville en ville, la plupart du temps, moins pour s\u2019enqu\u00e9rir des nouvelles fra\u00eeches, que pour observer ce qu\u2019il trouvait dans les yeux. Il pr\u00e9f\u00e9rait, et de loin, les nouvelles d\u2019un pass\u00e9 qui pouvait \u00eatre plus ancien que celui de ces maisons de pierre et ces halliers, plus vieilles encore que la m\u00e9moire des hommes, plus vieilles peut-\u00eatre que ce h\u00eatre, cet \u00e9tang, cet ensemble malcommode.<\/p>\n<p>G\u00e9n\u00e9ralement, peu l\u2019occupaient les \u00e9v\u00e8nements de son temps. Il misait tout sur le futur, moins sur les soldats que sur leurs chefs, pour peu qu\u2019ils remettent enfin leurs travaux vulgaires ou domestiques.<\/p>\n<p>Il \u00e9crivait \u00e0 grands gestes, emport\u00e9 par la cadence de sa phrase, excit\u00e9 par le raisonnement qu\u2019il pla\u00e7ait au-dessus de toute soci\u00e9t\u00e9 ou confr\u00e9rie.<\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p>Puis il r\u00eava\u00a0: il r\u00eava d\u2019\u00e9crevisses, qui, fuyant l\u2019assec qui avait d\u00e9natur\u00e9 leur maison, cherchaient un nouvel espace plein d\u2019eau. Cette sortie \u00e9tait p\u00e9rilleuse et, dans son r\u00eave, il ressentait la peur et le d\u00e9nuement qu\u2019impliquait cet hasardeux voyage, \u00e0 la merci de tous les pr\u00e9dateurs.<\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Qu\u2019aux gens de peuple, on ne peut se fier !\u00a0\u00bb hurle-t-il en entrant, furibond, alors que Jeanne est en train de plumer une volaille. \u00ab\u00a0Gredins ! Lascars ! Inconstants comme le temps et indolents comme lui !\u00a0\u00bb Quelque chose s\u2019\u00e9tait pass\u00e9, sans doute, mais la pauvre Jeanne ne savait jamais \u00e0 quoi il se r\u00e9f\u00e9rait exactement.<\/p>\n<p>Elle portait un c\u0153ur de moineau dans une t\u00eate de chat. Si par habitude elle avait acquis la familiarit\u00e9 du bon ma\u00eetre, elle saisissait les mots les uns apr\u00e8s les autres comme les plumes \u00e0 cet instant : des objets, des choses inertes, et s\u00e9par\u00e9es, les unes des autres, irr\u00e9m\u00e9diablement. Parce que c\u2019\u00e9tait l\u00e0 sa t\u00e2che. Dans les plumes amass\u00e9es sur un coin de la m\u00eame table, elle ne voyait plus de volaille, ou un souvenir de volaille, mais des plumes, simplement des plumes. Elle n\u2019y voyait pas plus d\u2019ailleurs la bourre d\u2019un oreiller ou le possible d\u2019un r\u00f4ti. C\u2019\u00e9taient des plumes, pas m\u00eame un d\u00e9chet, et baste.<\/p>\n<p>Le ma\u00eetre s\u2019\u00e9tait assis, boudeur, sur un coin du banc, le menton pos\u00e9 sur sa main ouverte, et songeur. Elle s\u2019approcha et lui prit le bras. \u00ab\u00a0Ma pauvre Jeanne, que sais-tu toi de tous ces \u00e9v\u00e8nements ? Que t\u2019en importe ? Que me dirais-tu si savais parler ? Peut-\u00eatre me raisonnerais-tu ?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>A cet instant dans la rue des \u00e9clats de voix, des bruits de b\u00e2tons ou d\u2019outils heurt\u00e9s aux pav\u00e9s ou aux murs, r\u00e9sonna. \u00ab\u00a0Le peuple\u00a0\u00bb, grommela le ma\u00eetre.<\/p>\n<p>Il se leva et se rhabilla. Elle n\u2019eut pas le temps de la saluer. Il se dirigea dans la direction oppos\u00e9e aux vocif\u00e9rations et aux coups. Il descendit vers le marais. Il frappa \u00e0 la porte du vieil homme barbu. Celui-ci, r\u00e9sign\u00e9, s\u2019habilla \u00e0 son tour, ferma sa lourde porte avec sa lourde clef, lui passa devant et tous deux all\u00e8rent jusqu\u2019au coulant o\u00f9 il tenait sa plate.<\/p>\n<p>Il le laissa et c\u2019\u00e9tait dix heures, la cloche, en haut, sonna. Le vieil homme disparut comme au d\u00e9but de l\u2019histoire. Enferm\u00e9 dans sa cabane, le ma\u00eetre lut un long moment, et recopia m\u00eame une phrase : <em>D\u2019oultraige et de desordonnance vient murmure, de murmure rumeur et de rumeur division et de division desolation et esclandre.<\/em><\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p>Dans un demi-sommeil il ne r\u00eava pas aux \u00e9crevisses, mais aux \u00e9chevins, aux argentiers, aux \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux, \u00e0 l\u2019\u00e9meute qui grondait. Il r\u00eava aussi \u00e0 une terre sans hommes, lib\u00e9r\u00e9e des pestes et des guerres. Il r\u00eava aussi d\u2019un grand incendie, d\u2019un grand incendie qui aurait \u00e9corn\u00e9 toute la figure de la ville et de toutes les villes.<\/p>\n<p><center>*<\/center><\/p>\n<p>Dans la fin de l\u2019hiver, Jeanne, contractant une mauvaise peste, faiblit puis mourut. Il ne se remit pas de ce d\u00e9part sans anticipation.<\/p>\n<p>Elle venait de la campagne berrichonne, au pied de la marche. Elle aurait \u00e9t\u00e9 recueillie par les cisterciens de Noirlac, son \u00e9tat s\u2019accommodait fort bien de leur ordre, et elle eut coul\u00e9 une vie paisible, conforme \u00e0 son temp\u00e9rament de pommier, son fr\u00e9missement d\u2019herbes aromatiques. Mais il intervint avant, il pensait peut-\u00eatre trouver un r\u00e9servoir pour ses \u00e9panchements. Il n\u2019en fut pas tout \u00e0 fait ainsi.<\/p>\n<p>Retrouv\u00e9 seul, il s\u2019enferma r\u00e9solument dans un silence d\u2019anachor\u00e8te. Il avait saisi qu\u2019il n\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus de ce monde.<\/p>\n<p>&amp; il savait que le temps mangeait tout.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Microfiction (c\u00e9rofiction) de la s\u00e9rie R\u00e9sidences et \u00e9crite \u00e0 l&rsquo;occasion de la r\u00e9sidence Situer organis\u00e9e avec Ciclic en r\u00e9gion Centre-Val de Loire &nbsp; aucune espace de temps a visiter et lire le sourplusAlain Chartier &nbsp; En fin de journ\u00e9e, quelques rayons livides sont venus taper sur le verre bossel\u00e9 de la fen\u00eatre\u00a0: \u00e0 cause&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[242,1090,3437],"tags":[3657,3655,3645,3656,3654,3551],"class_list":["post-14306","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chantiers","category-fiction","category-residence","tag-berry","tag-bourges","tag-centre-region","tag-champagne-berrichonne","tag-cher-departement","tag-region-naturelle"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14306","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14306"}],"version-history":[{"count":15,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14306\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18281,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14306\/revisions\/18281"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14306"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14306"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14306"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}