{"id":14173,"date":"2018-12-03T12:33:21","date_gmt":"2018-12-03T10:33:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=14173"},"modified":"2024-05-12T12:11:49","modified_gmt":"2024-05-12T10:11:49","slug":"menu-fretin","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/menu-fretin\/","title":{"rendered":"Menu fretin<br \/><font size=3>[Brenne]<\/font>"},"content":{"rendered":"<p><center><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-14554\" src=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/IMG_1125-300x169.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"169\" srcset=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/IMG_1125-300x169.jpg 300w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/IMG_1125-768x432.jpg 768w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/IMG_1125-1024x576.jpg 1024w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/IMG_1125.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/center><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>Microfiction (<em>c\u00e9rofiction<\/em>) de la s\u00e9rie <em><a href=\"https:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/travaux\/residence\/\">R\u00e9sidences<\/a><\/em> et \u00e9crite \u00e0 l&rsquo;occasion de la r\u00e9sidence <em>Situer<\/em> organis\u00e9e avec Ciclic en r\u00e9gion Centre-Val de Loire<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"western\">Le cr\u00e9puscule a d\u2019abord dor\u00e9 les brandes, avant m\u00eame l\u2019embrasement du soleil qui projetterait ses rayons rasants au visage et aux yeux. Il restait quelques fleurs sur les ajoncs, et celles-ci se sont enflamm\u00e9es, n\u2019ayant plus rien \u00e0 perdre, signes avant-coureurs du flamboiement qui s\u2019appr\u00eatait \u00e0 surgir. Tout br\u00fblait et s\u2019enveloppait dans le mordor\u00e9 de la fin d\u2019apr\u00e8s-midi. Les \u00e9tangs, par contre, faisaient d\u00e9j\u00e0 crat\u00e8res, flaques noires sans yeux, ou yeux sans vie, \u00e9cras\u00e9s au sol, tacitement reconduits.<\/p>\n<p class=\"western\">Je passai de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, un peu pour me promener, un peu pour braconner : c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque de leur vidange. Je ne cherchais pas de poisson, je furetais plut\u00f4t en qu\u00eate des \u00e9crevisses. Comme l\u2019eau venait \u00e0 manquer, celles-ci prenaient le risque de s\u2019aventurer vers d\u2019autres maisons plus favorables.<\/p>\n<p class=\"western\">Je me sentais peu coupable, mon oncle Rojoint poss\u00e8de plusieurs cha\u00eenes, et j\u2019ai autorisation et possibilit\u00e9 de p\u00e9n\u00e9trer dans sa propri\u00e9t\u00e9. Je ne volais personne, en somme\u00a0; quant \u00e0 ma chasse, mon pr\u00e9l\u00e8vement \u00e9tait si indigent que je ne doutais pas qu\u2019il puisse avoir des cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur la population.<\/p>\n<p class=\"western\">On le fait depuis toujours, depuis que les \u00e9tangs existent, et je me sens chez moi. Oui, je peux bien l\u2019affirmer, ici je me sens \u00e0 la maison. Cette maison, nous la partageons, mes oncles avec mes parents, mes fr\u00e8res avec mes cousins. Il y a qui p\u00eache, il y a qui chasse, il y a qui r\u00e9cup\u00e8re le petit bois (et moins petit) et il y a qui ramasse des herbes ou cueille des baies, comme Marie, ma cousine germaine, qui fait des boutons d\u2019\u00e9pine blanche une si d\u00e9licieuse \u00e9pinette.<\/p>\n<p class=\"western\">Notre terre familiale, nous l\u2019occupons depuis des g\u00e9n\u00e9rations, et bien malin celui qui viendra me dire ce que j\u2019ai droit de faire ou de ne pas faire.<\/p>\n<p class=\"western\">C\u2019est notre terre, certains des anciens l\u2019appellent notre Main, parce qu\u2019avec le temps, elle s\u2019est divis\u00e9e en plusieurs parcelles, \u00e0 peu pr\u00e8s figur\u00e9es par les cha\u00eenes des \u00e9tangs, qui prennent vaguement l\u2019allure de doigts, dessinant une main \u00e0 quatre doigts un peu difforme, l\u2019index accusateur, si c\u2019est lui, un peu bris\u00e9 en son extr\u00e9mit\u00e9, et l\u2019auriculaire, si c\u2019est lui, excentr\u00e9, en avait \u00e9t\u00e9 comme d\u00e9tach\u00e9, avait pivot\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement comme en angle droit par rapport \u00e0 l\u2019aile ext\u00e9rieure de la paume.<\/p>\n<p class=\"western\">Apr\u00e8s l\u2019accident de Rojoint, la famille s\u2019\u00e9tait un peu d\u00e9tach\u00e9e de la Main \u2013 les gens sont peut-\u00eatre un peu superstitieux, et puis c\u2019\u00e9tait une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, les gens allaient travailler loin de Douadic, ou de Rosnay, au Blanc, ou m\u00eame \u00e0 Ch\u00e2tellerault ou Ch\u00e2teauroux, et plus loin, et le plus souvent ils s\u2019installaient \u00e0 proximit\u00e9 de leur travail, dans des maisons nouvelles, avec des familles dont on ne connaissait plus tous les noms.<\/p>\n<p class=\"western\">Moi je suis rest\u00e9 ici. Je suis rest\u00e9 \u00e0 la maison. J\u2019\u00e9tais trop attach\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re des automnes et des printemps. Je ne pouvais pas me d\u00e9tacher de la promenade quotidienne. J\u2019\u00e9tais d\u2019ici, un v\u00e9ritable ventre jaune comme on dit.<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\" align=\"center\">*<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\"><i>En tout temps, l\u2019\u00e9tendue avait marqu\u00e9 comme une marche, une fronti\u00e8re\u00a0; le bout du pays. Les villes en \u00e9taient \u00e9loign\u00e9es, et leur gens n\u2019y venaient point par gr\u00e9 ni d\u00e9lice. Outre, c\u2019\u00e9tait encore diff\u00e9rent, et l\u00e0, on avait am\u00e9nag\u00e9 de nombreuses pi\u00e8ces d\u2019eau, fangeuses et cercl\u00e9es de f\u00e9roces \u00e9pineux. Leurs gens sont terribles, sauvages, de complexion singuli\u00e8re, aux m\u0153urs amphibiennes, superstitieux dans leurs rapport \u00e0 la nature partout qui les environnait, c\u00e9dant aux croyances les plus diverses, aux figures merveilleuses et monstrueuses du peuple de l\u2019au-del\u00e0.<\/i><\/p>\n<p class=\"western\"><i>Pour les nobles et seigneurs locaux, \u00e7\u2019avait \u00e9t\u00e9 une aubaine, une aire d\u00e9sol\u00e9e o\u00f9 ne passaient que peu de chemins, o\u00f9 s\u2019embourbaient les convois, et qu\u2019on pr\u00e9f\u00e9rait \u00e9viter \u00e0 grands frais.<\/i><\/p>\n<p class=\"western\"><i>Pour certains fieff\u00e9s locaux, la r\u00e9ciproque \u00e9tait de mise\u00a0: ils pouvaient \u00e0 leur guise affamer leurs serfs et b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une certaine lib\u00e9ralit\u00e9.<\/i><\/p>\n<p class=\"western\"><i>C\u2019est donc en toute tranquillit\u00e9 que pouvaient passer et s\u00e9journer ici divers personnages qui n\u00e9cessitaient de traverses le pays, ou bien contourner la Loire et ses nombreux p\u00e9ages arm\u00e9s. Le d\u00e9tour ne co\u00fbtait rien au regard de la discr\u00e9tion nouvellement r\u00e9dim\u00e9e.<\/i><\/p>\n<p class=\"western\"><i>Eug\u00e8ne Poisson<\/i><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"center\"><i>*<\/i><\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\">J\u2019\u00e9tais l\u00e0, \u00e0 la cha\u00eene, et je fouillais la marge de l\u2019\u00e9tang, en prenant garde de ne pas mettre le pied dans son dedans, qui pouvait mener \u00e0 de p\u00e9rilleux extr\u00eames. Pendant un fort long temps, je ne remarquais pas de trace fra\u00eeche des crustac\u00e9s. Mais les sangliers ou quelque autre gibier m\u2019avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s, et une large partie de la bande de berge moins herbeuse avait \u00e9t\u00e9 bien remu\u00e9e. Les la\u00eeches dissimulaient les pi\u00e8ges\u00a0; les marisques coupaient net, comme des lames de rasoirs, les bras et les jambes, les mains.<\/p>\n<p class=\"western\">Il y a une zone interm\u00e9diaire, entre l\u2019eau et le sec, entre le n\u00e9nuphar et l\u2019ajonc, et c\u2019est dans cette zone que j\u2019\u00e9voluais. Les roseaux, en quelque sorte, en dessinaient le lin\u00e9ament. Je devais rester attentif, entre les secteurs boueux et dangereux, \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 poser et le pied comme la main, mais l\u2019\u0153il, aussi per\u00e7ant et entra\u00een\u00e9 soit-il, devait \u00e9galement lutter contre les derniers rayons du soleil, qui faisaient contre-jour.<\/p>\n<p class=\"western\">Le silence \u00e9tait grandissant. Les oiseaux s\u2019\u00e9taient tus, apr\u00e8s leur grand concert. J\u2019attendais pr\u00e9cis\u00e9ment cette heure d\u2019entre chien et loup, c\u2019\u00e9tait le moment le plus propice pour d\u00e9busquer ces b\u00eates. Mais il fallait attendre encore.<\/p>\n<p class=\"western\">Ce faisant je m\u2019avan\u00e7ais dans un endroit de hautes herbes, dont je ne connais pas le nom, qui m\u2019arrivaient \u00e0 la taille, bient\u00f4t \u00e0 l\u2019\u00e9paule. Des lieux en haut, on distinguait nettement une \u00e9paisse brume, qui s\u2019\u00e9levait, et aurait t\u00f4t fait de recouvrir toute la Main. La plupart du temps je parvenais \u00e0 ramasser deux ou trois individus avant cet instant fatidique o\u00f9 les formes, dans la p\u00e9nombre qui s\u2019installe, se m\u00e9langent, et o\u00f9 il devient plus ardu encore de retrouver son chemin. Je m\u2019aga\u00e7ais de faire chou blanc et je commen\u00e7ais \u00e0 me r\u00e9signer \u00e0 rentrer bredouille.<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\" align=\"center\">*<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\"><i>Jaunes, on disait qu\u2019ils l\u2019\u00e9taient non seulement dans leur apparence, mais \u00e9galement dedans. R\u00e9fractaires, non par morgue, ni m\u00eame par r\u00e9signation de leur triste condition, mais parce qu\u2019\u00e0 l\u2019image de leur terre gaste, et st\u00e9rile, une esp\u00e8ce de perm\u00e9abilit\u00e9 conditionnait non seulement leurs mani\u00e8res et leur m\u0153urs, mais encore leur soci\u00e9t\u00e9 et les rapports qu\u2019ils entretenaient avec leurs voisins. De fait, s\u2019ils accueillaient volontiers les malandrins, les \u00e9gar\u00e9s ou les aigrefins de tout bord, rarement commer\u00e7aient-ils avec les pays alentours. Ils n\u2019avaient d\u2019ailleurs pas grand-chose \u00e0 offrir, sauf de gras poissons qu\u2019ils avaient nourris dans les seuls champs qui prosp\u00e9raient chez eux\u00a0: les \u00e9tangs.<\/i><\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\"><i>De cette terre comme une quarantaine, on soup\u00e7onnait qu\u2019elle cultivait les germes et les miasmes qui nuiraient \u00e0 tous, aussi, sans aller jusqu\u2019\u00e0 dire que nous la m\u00e9prisions, nous la tenions dans l\u2019indiff\u00e9rence, recluse dans les vapeurs myst\u00e9rieuses de l\u2019arri\u00e8re-pays.<\/i><\/p>\n<p class=\"western\"><i>Eug\u00e8ne Poisson<\/i><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"center\">*<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\">Les \u00e9crevisses, je les vends \u00e0 Ren\u00e9, au caf\u00e9 sur la nationale. Il les fait avec le poulet, un vrai d\u00e9lice. Moi qui suis bon \u00e0 rien ou presque, j\u2019ai l\u2019impression que \u00e7a aide un peu. Parfois je lui am\u00e8ne des champignons. Parfois rien.<\/p>\n<p class=\"western\">Aujourd\u2019hui c\u2019\u00e9tait langue de b\u0153uf. Un vrai r\u00e9gal. Ren\u00e9 est tr\u00e8s fier de ses langues. Il a raison.<\/p>\n<p class=\"western\">Ghislaine, elle, est fatigu\u00e9e des blocages. Il y en a de plus en plus dans le pays. Il y en a un au rond-point de l\u2019entr\u00e9e du village. Parfois la queue de v\u00e9hicule qui se forme est si longue, qu\u2019elle arrive jusqu\u2019\u00e0 la devanture, obturant toute la lumi\u00e8re, surtout les poids-lourds (et ce sont souvent des poids-lourds). Alors elle r\u00e2le.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Avant manger, on a bu une bi\u00e8re avec Marc au caf\u00e9 sur la place. Une vieille dame est venue vers nous et nous a parl\u00e9s. Une petite grand-m\u00e8re affable, avec le lourd accent gr\u00e9seux du coin, qui s\u2019est mise \u00e0 nous dire qu\u2019elle voyait des choses, qu\u2019elle devinait dedans les gens. Elle disait qu\u2019elle savait m\u00eame avant de savoir. Elle parlait de son mari, qui \u00e9tait m\u00e9decin, des maisons qu\u2019elle avait eues, et puis de la t\u00e9l\u00e9vision, qu\u2019elle regardait, cet imitateur dans une \u00e9mission du dimanche. Elle a voulu me prendre les mains\u00a0: elles \u00e9taient froides. Elle m\u2019a regard\u00e9 dans les yeux, un temps que j\u2019ai trouv\u00e9 \u00e9ternel. Elle a dit, et je n\u2019ai pas compris\u00a0: <i>du d\u00e9sordre les murmures, des murmures la rumeur, de la rumeur la division<\/i>. <em><span style=\"font-family: Ubuntu;\">Puis elle est revenue \u00e0 l\u2019humoriste du dimanche\u00a0: dont elle ne trouvait plus le nom. <\/span><\/em><em><span style=\"font-family: Ubuntu;\">Et<\/span><\/em><em><span style=\"font-family: Ubuntu;\"> elle a demand\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Vous voyez qui je veux dire\u00a0?\u00a0\u00bb<\/span><\/em><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"center\">*<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\">Je commen\u00e7ais \u00e0 ne plus distinguer les couleurs, de ces variations du gris qui annoncent la nuit. Il fallait rentrer, il fallait faire demi-tour. <span style=\"font-family: Ubuntu;\">\u00c0<\/span> contre-c\u0153ur je repris mon chemin, et c\u2019est l\u00e0 que je l\u2019ai vue.<\/p>\n<p class=\"western\">Une forme imposante, noire comme la pois mais dans le m\u00eame temps comme velout\u00e9 de reflets translucides, argent\u00e9s (comme on voit parfois dans le gibier nocturne, que cela est d\u00fb peut-\u00eatre \u00e0 la rencontre d\u2019un \u00eatre vivant sur un paysage terne et immobile). Un grand et fier animal, garrot massif, musculeux, sans doute un cerf, des filets de brumes accroch\u00e9s aux membres, les yeux trouant les \u00e9charpes de la nuit. Je fus surpris et j\u2019eus tr\u00e8s peur, mais r\u00e9ussis \u00e0 retenir un cri. Il ne me voyait pas, du moins je crois, il regardait derri\u00e8re moi. Que regardait-il ? Je ne sais pas, mais c\u2019\u00e9tait comme si je n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0, comme s\u2019il voyait <i>\u00e0 travers <\/i>moi. Tout bien consid\u00e9r\u00e9, c\u2019est lui qui semblait inquiet et effectivement, d\u2019un bond d\u2019une d\u00e9tente impossible, il ne fut bient\u00f4t qu\u2019un bouquet de bruy\u00e8re frissonnant. Derri\u00e8re moi, au comble, un autre mouvement brusque et furtif, peut-\u00eatre ce qui effraya le cerf.<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\" align=\"center\">*<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Pierre au caf\u00e9 m\u2019a dit qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 vu des morilles. Je ne l\u2019ai pas cru. (Pierre c\u2019est celui qui m\u2019a montr\u00e9 comment faire l\u2019\u00e9pinette.) C\u2019est l\u00e0 que la vieille dame est arriv\u00e9e. \u00c7a me revient d\u2019un coup, comme \u00e7a.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">\u00c7a me revient d\u2019un coup, elle a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Vos mains sont d\u00e9j\u00e0 froide. Je sais que vous ne mentez pas. Vous savez vous aussi.\u00a0\u00bb Je n\u2019ai pas tellement r\u00e9pondu. Puis quand finalement elle est partie, Marc m\u2019a regard\u00e9 avec un dr\u00f4le d\u2019air, comme si ce n\u2019\u00e9tait pas moi. On s\u2019est demand\u00e9 qui elle \u00e9tait. Elle \u00e9tait menue, toute v\u00eatue de noir, d\u2019une \u00e9l\u00e9gance un peu d\u00e9su\u00e8te (ses v\u00eatement \u00e9taient bien us\u00e9s).<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"center\">*<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\">Je peinais \u00e0 retrouver mon chemin. La brume emplissait tout.<\/p>\n<p class=\"western\">Des derniers flottements de la b\u00eate enfuie, je distinguais comme une esp\u00e8ce de harnachement, que je trouvais tout \u00e0 fait incongru. \u00c9tait-ce bien un cerf\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Microfiction (c\u00e9rofiction) de la s\u00e9rie R\u00e9sidences et \u00e9crite \u00e0 l&rsquo;occasion de la r\u00e9sidence Situer organis\u00e9e avec Ciclic en r\u00e9gion Centre-Val de Loire &nbsp; Le cr\u00e9puscule a d\u2019abord dor\u00e9 les brandes, avant m\u00eame l\u2019embrasement du soleil qui projetterait ses rayons rasants au visage et aux yeux. 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