{"id":12421,"date":"2016-12-17T13:03:26","date_gmt":"2016-12-17T11:03:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=12421"},"modified":"2021-07-06T10:05:35","modified_gmt":"2021-07-06T08:05:35","slug":"les-orgues-en-barbarie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/les-orgues-en-barbarie\/","title":{"rendered":"XLVIII. Les orgues en Barbarie"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/7\/79\/Seventh_ecumenical_council_%28Icon%29.jpg\"><\/p>\n<blockquote><p>Ce <strong>texte<\/strong> [Acte 4, sc\u00e8ne XLVIII], qui aurait pu s&rsquo;intituler \u00e9galement <em>Dauphins sautant hors de l&rsquo;eau<\/em> ou <em>La haine de la peinture<\/em>, appartient \u00e0 <em>De par la ville de par le monde<\/em>, un <strong>roman<\/strong> en cours d&rsquo;\u00e9criture, en <strong>six actes<\/strong> et <strong>soixante-douze sc\u00e8nes<\/strong>, qui traite de la figure d&rsquo;<strong>Auguste<\/strong> dans l&rsquo;<strong>Empire romain<\/strong> et <strong>au-del\u00e0<\/strong>, sporadiquement mis en ligne ici&#8230; et expos\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/travaux\/de-par-la-ville-de-par-le-monde\/\">l\u00e0<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est sans doute parce qu&rsquo;il a chi\u00e9 dans les fonts baptismaux au moment crucial (le moment o\u00f9, aujourd&rsquo;hui, toutes les lentilles des cam\u00e9ras auraient \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9es vers lui, avides de l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement) que le futur empereur se voit affubl\u00e9 de ce terrible surnom de \u201c<em>Copronyme<\/em>\u201d (\u00ab au nom de merde, au nom couvert de merde \u00bb).<\/p>\n<p>Qu&rsquo;on rapporte en revanche que le saint p\u00e8re du moment, Germain I<exp>er<\/exp>, en aurait profit\u00e9 pour glisser une crasse du gente : <em>ce petit va empester toute l&rsquo;Eglise<\/em>, est sans doute exag\u00e9r\u00e9 : cette phrase a probablement \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e apr\u00e8s coup, puisque la r\u00e9putation de Constantin V, faite par les chroniqueurs monastiques pour les si\u00e8cles, est tr\u00e8s discr\u00e8te sur ses capacit\u00e9s politiques, et l&rsquo;on pr\u00e9f\u00e8re souvent \u00e9voquer son amour immod\u00e9r\u00e9 pour les jeunes gar\u00e7ons ou les chevaux<sup class='footnote'><a href='#fn-12421-1' id='fnref-12421-1' onclick='return fdfootnote_show(12421)'>1<\/a><\/sup>, ce qui demeure tr\u00e8s injuste et tr\u00e8s partial, au regard de son engagement dans les \u00e9v\u00e8nements du premier iconoclasme. Ces patronymes et rumeurs sont le fait des seuls \u201cauteurs\u201d de l&rsquo;\u00e9poque, tous iconodules.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<center>\u271a<\/center><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>La vue est, de nos sens, le plus utilis\u00e9, et de tr\u00e8s loin : jusqu&rsquo;\u00e0 95% de l&rsquo;activit\u00e9 sensorielle. Qui souhaite p\u00e9n\u00e9trer dans un monde plus profond doit fermer les yeux. La vue, et par cons\u00e9quent l&rsquo;image, ne repr\u00e9sentent que les surfaces et la superficialit\u00e9 du monde.<\/p>\n<p>En ce sens l&rsquo;\u00e9crivain est un iconoclaste. Gustave Flaubert le disait \u00e0 sa mani\u00e8re, lorsqu&rsquo;il refusait les illustrations dans ses romans : \u00ab\u00a0Vous voulez que le premier imb\u00e9cile venu dessine ce que je me suis tu\u00e9 <em>\u00e0 ne pas montrer<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p>Plut\u00f4t que des images, devant lesquelles on ne peut que se rendre, le livre renferme (et prot\u00e8ge) des voix : des voix amass\u00e9es, des voix perdues, des voix du pass\u00e9, des voix inaudibles, des voix inou\u00efes.<\/p>\n<p>Les livres r\u00e9pondent d&rsquo;une voix. Les livres r\u00e9pondent \u00e0 une voix. Les livres sont la r\u00e9ponse d&rsquo;une voix, les livres sont un tombeau de voix. Aucun des sens ne peut suppl\u00e9er \u00e0 ce que les livres peuvent donner \u00e0 saisir, ou plus justement approcher. Les voix des livres ne sont pourtant pas tout \u00e0 fait du domaine de l&rsquo;audible, de la phonation ou de l&rsquo;audition.<\/p>\n<p>Chance ou malheur, l&rsquo;\u00e9crivain doit se d\u00e9brouiller avec la pelote embrouill\u00e9e du langage, sans pouvoir recourir aux raccourcis de l&rsquo;illustration.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<center>\u271a<\/center><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Il existe une p\u00e9riode obscure de l&rsquo;histoire de l&rsquo;ancien monde et celle-ci s&rsquo;\u00e9tend plus ou moins du IV<exp>e<\/exp> au IX<exp>e<\/exp> si\u00e8cle. Cinq si\u00e8cles o\u00f9 les informations manquent et les all\u00e9gations \u2014 la fiction \u2014\u00a0sont monnaie courante. Nous nous glissons facilement dans cet univers.<\/p>\n<p>L&rsquo;Empire romain n&rsquo;est plus que \u201cd&rsquo;Orient\u201d alors, et de multiples arrangements aussi habiles que nourris de realpolitik, ont favoris\u00e9 l&rsquo;accession aux plus hautes responsabilit\u00e9s de Barbares, non pas plus fins, mais moins but\u00e9s, sans doute, que d&rsquo;autres hordes d\u00e9barqu\u00e9es des steppes centro-asiatiques ou des landes scandinaves. Ces Barbares sont les Francs.<\/p>\n<p>En 757, bien apr\u00e8s Clovis I<sup>er<\/sup>, le dernier des M\u00e9rovingiens, son lointain h\u00e9ritier, P\u00e9pin le Bref, re\u00e7oit de Constantinople un pr\u00e9sent merveilleux : un instrument de musique jamais vu, ni jamais entendu.<\/p>\n<p>Les chroniqueurs relatent l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement qui impressionna durablement la \u201ccour\u201d de l&rsquo;\u00e9poque, cour de l&rsquo;\u00e9poque qui devait rassembler deux trois guerriers plus \u00e9m\u00e9rites, quelques notable \u00e0 peine d\u00e9grossis avec leur dame aussi, des chevaux, un ou deux clercs \u00e9corch\u00e9s et effarouch\u00e9s, et peut-\u00eatre quelques oies et lapins, avec un b\u0153uf et un \u00e2ne \u2014 b\u00e2tarde cr\u00e8che en devenir.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<center>\u271a<\/center><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>De r\u00e9centes d\u00e9couvertes arch\u00e9ologiques ou philologiques pr\u00e9cisent que le surnom \u00ab le Bref \u00bb de P\u00e9pin ne viendrait pas de sa taille ou de son \u00e2ge, mais de la qualit\u00e9 de son \u00e9coute et de la raret\u00e9 de ses paroles. P\u00e9pin le Taiseux. P\u00e9pin le Livre.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<center>\u271a<\/center><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Le pape \u00c9tienne II avait demand\u00e9 son aide \u00e0 Constantin pour d\u00e9fendre l&rsquo;Italie d&rsquo;autres barbares encore, mais Constantin \u00e9tait emp\u00eatr\u00e9 dans la querelle des images et ne sut r\u00e9pondre \u00e0 temps. Pour la premi\u00e8re fois depuis les temps imm\u00e9moriaux de l&rsquo;Empire \u2014\u00a0c&rsquo;est-\u00e0-dire depuis Auguste \u2014\u00a0le pape ne se tourne pas vers l&rsquo;Empereur (le seul en titre, le seul qui reste) mais vers un nouveau roi (P\u00e9pin le Bref) qui s&rsquo;accommode fort bien de cette nouvelle \u00e9lection qui scellera le lien ind\u00e9fectible entre l\u2019\u00c9glise et le nouvel \u00e9tat naissant, et sera m\u00eame \u00e0 l&rsquo;origine des \u00c9tats pontificaux contre la reconnaissance de la part de l&rsquo;autorit\u00e9 eccl\u00e9siastique de la nouvelle dynastie carolingienne (754). Le r\u00e9cit de la travers\u00e9e des Alpes par le pape et son convoi ne nous est pas connu et reste \u00e0 \u00e9crire.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 ce revers diplomatique, et en guise de gage de paix et d&rsquo;alliance, Constantin V Copronyme envoie alors en 757 un messager avec le cadeau \u00e0 P\u00e9pin en sa demeure de Compi\u00e8gne, sous-pr\u00e9fecture de l&rsquo;Oise, et ce cadeau est un orgue : le premier orgue r\u00e9apparu depuis les invasions barbares, et personne ne sait ce que c&rsquo;est, ni comment le nommer, ni quels sons il produit, ni comment en jouer.<\/p>\n<p>On ne sait pas ce qu&rsquo;il est devenu (il n&rsquo;est pas rest\u00e9 \u00e0 Compi\u00e8gne, en tout cas, peut-\u00eatre transf\u00e9r\u00e9 en la villa royale de Quierzy, canton de Vic-sur-Aisne, d\u00e9partement de l&rsquo;Aisne) mais Charlemagne (fils de P\u00e9pin) poss\u00e8dera un orgue tr\u00e8s semblable en la cath\u00e9drale d&rsquo;Aix-la-Chapelle.<\/p>\n<p>Une fois l&rsquo;instrument utilis\u00e9, l&rsquo;un des chroniqueurs parlera pour le d\u00e9crire de \u00ab\u00a0dauphins sautant hors de l&rsquo;eau\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<center>\u271a<\/center><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Pascal Quignard avait trois tantes qui s&rsquo;occupaient de l&rsquo;orgue d&rsquo;Ancenis, sous-pr\u00e9fecture de la Loire-Atlantique. Il est singulier de constater que l&rsquo;entretien des soupapes et des tubes, des clapets et des soufflets, soit souvent confi\u00e9 \u00e0 des femmes.<\/p>\n<p>Comme on l&rsquo;apprend \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, les mots <em>amour<\/em>, <em>d\u00e9lice<\/em> et <em>orgue<\/em> sont les trois seuls de la langue fran\u00e7aise qui sont masculin au singulier et f\u00e9minin au pluriel<sup class='footnote'><a href='#fn-12421-2' id='fnref-12421-2' onclick='return fdfootnote_show(12421)'>2<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<center>\u271a<\/center><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;on lui demande pourquoi il \u00e9crit des romans alors qu&rsquo;il avait d\u00e9clar\u00e9 vouloir cesser en \u00e9crire (et se consacrer exclusivement \u00e0 <em>Dernier Royaume<\/em>) Pascal Quignard r\u00e9pond que le roman lui permet de donner vie \u00e0 des personnages f\u00e9minins, \u00e0 incarner son d\u00e9sir de f\u00e9minin.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<center>\u271a<\/center><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Il existe de nombreuses relations de voyageurs, de chroniqueurs, de po\u00e8tes, qui assimilent les dauphins aux sir\u00e8nes. Par exemple Mim\u00ec Nastasi, dans <em>Horcynus Orca<\/em>, qui affirme que dauphins et sir\u00e8nes partagent la m\u00eame g\u00e9n\u00e9alogie.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n<center>\u271a<\/center><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Un obscur po\u00e8te de l&rsquo;\u00e9poque, Ernold le Noir, en hommage \u00e0 Louis le D\u00e9bonnaire, troisi\u00e8me fils de Charlemagne, qui fait construire le premier orgue \u00e0 soufflets d&rsquo;Europe, \u00e9crit : \u00ab\u00a0M\u00eame l\u2019orgue que jamais la France ne connut, dont le fier empire grec s\u2019enorgueillit excessivement, par lequel Constantinople pensait avoir brill\u00e9 plus que toi, le palais d\u2019Aix le poss\u00e8de maintenant. Peut-\u00eatre est-ce pour l\u2019Orient le signe qu\u2019il doit se soumettre \u00e0 la France, puisqu\u2019il a perdu cet ornement extraordinaire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il renverse la vapeur, la causalit\u00e9 historique : Constantin V offrit l&rsquo;orgue comme un message \u00e0 P\u00e9pin : non de soumission, mais de reconnaissance, comme de la restauration de la partition de l&rsquo;Empire en deux : celui d&rsquo;Occident incarn\u00e9 par le Franc, et celui d&rsquo;Orient incarn\u00e9 par le Byzantin. L&rsquo;orgue est le souffle, la voix qui permet d&rsquo;unir deux mondes, tout comme le livre est l&rsquo;instrument qui permet de dire l&rsquo;indicible, de saisir le monde qui \u00e9chappe aux sens.<\/p>\n<p>Je ne sais pas si c&rsquo;est par p\u00e9ch\u00e9 d&rsquo;orgueil, ou tout du moins par choix tactique, que P\u00e9pin reste sourd \u00e0 la voix muette de Constantin. Je ne sais pas si les h\u00e9ritiers de P\u00e9pin sont demeur\u00e9s fid\u00e8les \u00e0 sa courte parole et \u00e0 la joie et \u00e0 l&rsquo;\u00e9merveillement qu&rsquo;il d\u00fbt avoir en voyant les tubes plaqu\u00e9s d&rsquo;or et les bois rares sertis de pierres pr\u00e9cieuses. <\/p>\n<p>Toujours est-il que les orgues rest\u00e8rent silencieuses encore un peu, puis se turent tout \u00e0 fait comme les sir\u00e8nes, assassin\u00e9es par le retour des ic\u00f4nes, je veux dire la victoire des images (jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui : le cin\u00e9ma, la t\u00e9l\u00e9vision, internet, tous les \u00e9crans qui surfacent le monde) sur l&rsquo;imaginaire.<\/p>\n<p>Certes l&rsquo;Empire romain perdurerait \u2014\u00a0et comment ! \u2014 et notamment gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00c9glise, et gr\u00e2ce aux images qui surfacent le monde \u2014 mais la naissance du Saint-Empire germanique qui se profile, et qui provient peut-\u00eatre d&rsquo;un malentendu entre Constantin et P\u00e9pin, abolirait d\u00e9finitivement la voix grecque et maritime \u2014 ou en tout cas la hi\u00e9rarchiserait durablement \u00e0 l&rsquo;image continentale et germanique. Les dauphins c\u00e8derent devant le b\u0153uf.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class='footnotes' id='footnotes-12421'>\n<div class='footnotedivider'><\/div>\n<ol>\n<li id='fn-12421-1'> On le surnomme aussi \u201cCaballinos\u201d. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-12421-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-12421-2'> Le mot orgue se distingue dans la distinction en pr\u00e9sentant une exception subsidiaire ; il est en effet f\u00e9minin au pluriel si l&rsquo;on parle d&rsquo;un seul instrument, mais reste masculin si l&rsquo;on parle de plusieurs instruments. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-12421-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce texte [Acte 4, sc\u00e8ne XLVIII], qui aurait pu s&rsquo;intituler \u00e9galement Dauphins sautant hors de l&rsquo;eau ou La haine de la peinture, appartient \u00e0 De par la ville de par le monde, un roman en cours d&rsquo;\u00e9criture, en six actes et soixante-douze sc\u00e8nes, qui traite de la figure d&rsquo;Auguste dans l&rsquo;Empire romain et au-del\u00e0, sporadiquement&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[242,3144,1090],"tags":[],"class_list":["post-12421","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chantiers","category-de-par-la-ville-de-par-le-monde","category-fiction"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12421","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12421"}],"version-history":[{"count":22,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12421\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15626,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12421\/revisions\/15626"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12421"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12421"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12421"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}