{"id":12357,"date":"2003-09-15T21:37:26","date_gmt":"2003-09-15T19:37:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=12357"},"modified":"2021-10-03T10:17:29","modified_gmt":"2021-10-03T08:17:29","slug":"saisons","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/saisons\/","title":{"rendered":"Saisons"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>1.<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;infini saison pr\u00e9caire est mon bonheur constant. Ce qui semble ne semble pas changer. Et ce qui ne change pas sans cesse change. Ce qui vacille renouvelle. Ce qui s&rsquo;effondre est solide. Ce qui para\u00eet immobile, indiff\u00e9rent se meut. Ce qui se meut sans secousse ne se meut pas.<\/p>\n<p>Chaque souvenir un pas en avant.<\/p>\n<p>Chaque cicatrice un horizon.<\/p>\n<p>Un mot. Chaque mot, chaque fontaine. Ce qui avance en d\u00e9rive. Ce qui d\u00e9rive reste coi.<\/p>\n<p>Ce qui prend vie en mourant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>2.<\/strong><\/p>\n<p>Saison : comme ce mot r\u00e9sonne.<\/p>\n<p>Sarment cueilli de la terre. Sourire donn\u00e9 au pr\u00e9cipice. Haltes prolong\u00e9es, chemin d&rsquo;infortune. La mer, happ\u00e9e par la lune.<\/p>\n<p>Mouvement saccad\u00e9 ou long mobile fluide.<\/p>\n<p>Le fleuve est en nous, nous le taisons chaque jour.<\/p>\n<p>L&rsquo;eau renverse toujours la sc\u00e8ne. C&rsquo;est l&rsquo;oc\u00e9an qui repousse les rivi\u00e8res dans les vall\u00e9es. On remonte toujours les rivi\u00e8res. Aucune rivi\u00e8re ne d\u00e9vale. S&rsquo;il n&rsquo;y avait pas les saumons, il n&rsquo;y aurait pas d&rsquo;eau.<\/p>\n<p>Il y a l&rsquo;insomnie qui creuse la nuit, mais elle creuse sa tranch\u00e9e aussi dans la nuit, \u00e0 la pioche, \u00e0 la pelle, elle sape les contreforts du jour sans blindage.<\/p>\n<p>La fleur est en nous, elle nous pousse \u00e0 gravir. Ces collines membres \u00e9pars.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>3.<\/p>\n<p>Sarment serr\u00e9 sur la poitrine.<br \/>\nBrin de lavande s\u00e9ch\u00e9.<br \/>\nGalet ramass\u00e9.<br \/>\nBranche d&rsquo;\u00e9pine cass\u00e9e.<br \/>\nJambe harass\u00e9e.<\/p>\n<p>Tu ploies jour factice.<\/p>\n<p>Tu regardes les vaguelettes s&rsquo;\u00e9lident.<br \/>\nTu imagines le monde \u00e0 v\u00e9lo.<br \/>\nTu ne vois rien tu ne sais rien.<\/p>\n<p>Tu ouvres les cuisses. J&rsquo;explore ton patient roseau. Ton nerf humide et lisse.<br \/>\nTon app\u00e9tit d&rsquo;oiseau. Ton \u00e9tendue vorace. Ton \u0153il. Ton orifice.<br \/>\nJ&rsquo;aime \u00e0 lever les fuseaux. J&rsquo;aime \u00e0 sentir que \u00e7a crisse.<br \/>\nTu arpentes de mon ventre. Tu ramasses tes ciseaux.<br \/>\nTu me tournes sur le dos. Et tu pisses.<\/p>\n<p>J&rsquo;appr\u00e9cie l&rsquo;instant se d\u00e9flore. J&rsquo;appr\u00e9cie que midi se d\u00e9robe. J&rsquo;appr\u00e9cie que tu le laisses bien seul au pied de la couche. Que tu le laisses en boule dans la bouche.<\/p>\n<p>J&rsquo;appr\u00e9cie qu&rsquo;avant de te rompre tu te couches. J&rsquo;appr\u00e9cie que tu d\u00e9roules un caillou. Bracelet qui accouche. Cendrier d&rsquo;autrefois, escarboucles. Tu escalades mon bras. Tu fais feu de tout bois. Toi : la souche.<\/p>\n<p>L&rsquo;initiale du mot est une blessure cr\u00e9nel\u00e9e. L&rsquo;ogre est une signature.<\/p>\n<p>J&rsquo;aime quand dans l&rsquo;eau tu me pousses, j&rsquo;aime quand tu \u00e9clabousses. J&rsquo;aime le chant de la rivi\u00e8re. J&rsquo;aime l&rsquo;esprit de tes chansons. J&rsquo;aime les rides et les peines.<\/p>\n<p>J&rsquo;aime caresser la mousse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; 1. L&rsquo;infini saison pr\u00e9caire est mon bonheur constant. Ce qui semble ne semble pas changer. Et ce qui ne change pas sans cesse change. Ce qui vacille renouvelle. 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