{"id":12146,"date":"2000-03-09T15:29:41","date_gmt":"2000-03-09T13:29:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=12146"},"modified":"2021-10-03T10:20:10","modified_gmt":"2021-10-03T08:20:10","slug":"poudroiement","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/poudroiement\/","title":{"rendered":"Poudroiement"},"content":{"rendered":"<p>M\u00eame aveugle, je vois le ciel s\u00e9cant. Je vois les roches, les arbres et les b\u00e2tisses tachet\u00e9es d&rsquo;ombres comme l&rsquo;entournure nette, comme un r\u00e9cit. Oui, je tremble et me trouble, mon \u00e2me s&rsquo;afaisse, s&rsquo;effondre et s&rsquo;enfonce en d&rsquo;autres divers lieux.<\/p>\n<p>Oui.<\/p>\n<p>Je re\u00e7ois les briques.<\/p>\n<p>Lucarne \u2014 je me recule, je me tapis dans mon propre \u0153il.<\/p>\n<p>Mourir c&rsquo;est reculer : r\u00e9duire l&rsquo;angle de vue, l&rsquo;encadrer. Meurtri\u00e8re.<\/p>\n<p>Vos pas dans l&rsquo;escalier r\u00e9sonnaient qui craquait. Le soir \u00e9tait m\u00e2tin\u00e9 de suie. Le soir bavait \u00e0 travers la chambre. La poussi\u00e8re chargeait l&rsquo;air.<\/p>\n<p>J&rsquo;avais du mal \u00e0 respirer et vous vous approchiez. Tendre et d\u00e9licate comme \u00e0 l&rsquo;accoutum\u00e9e.<\/p>\n<p>Mais vous marchiez, et d\u00e9passiez la porte de la chambre. Les papiers les paperasses et les cadavres de bouteilles jonchaient le sol.<\/p>\n<p>Mon univers \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque \u00e9tait sale et vous aviez pu balayer l&rsquo;obscur qui r\u00f4dait. Vous \u00e9tiez plut\u00f4t l&rsquo;orifice aveugle qui poudroyait la chambre. Vous le f\u00eetes d&rsquo;ailleurs mais comme en mon absence, comme en mon inadvertance, et vous le faites encore.<\/p>\n<p>Mon inattention m&rsquo;a pouss\u00e9, vous a pouss\u00e9, nous a pouss\u00e9s hors du cadre. Ce fut un plongeon dans le sombre le plus total, le plus nutritif. Foudroy\u00e9s.<\/p>\n<p>Vous combliez ma faim. Et ma faim se passa de moi.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00eame aveugle, je vois le ciel s\u00e9cant. Je vois les roches, les arbres et les b\u00e2tisses tachet\u00e9es d&rsquo;ombres comme l&rsquo;entournure nette, comme un r\u00e9cit. Oui, je tremble et me trouble, mon \u00e2me s&rsquo;afaisse, s&rsquo;effondre et s&rsquo;enfonce en d&rsquo;autres divers lieux. Oui. Je re\u00e7ois les briques. Lucarne \u2014 je me recule, je me tapis dans mon&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[242,1905,1056],"tags":[],"class_list":["post-12146","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chantiers","category-continue-poesie","category-poesies"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12146","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12146"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12146\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15826,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12146\/revisions\/15826"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12146"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12146"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12146"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}