{"id":10455,"date":"2015-09-07T17:34:17","date_gmt":"2015-09-07T15:34:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=10455"},"modified":"2021-10-03T17:04:20","modified_gmt":"2021-10-03T15:04:20","slug":"je-ne-sais-quel-miroitement-en-dessous-peu-separable-de-la-surface-concedee-a-la-retine","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/je-ne-sais-quel-miroitement-en-dessous-peu-separable-de-la-surface-concedee-a-la-retine\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Je ne sais quel miroitement, en dessous, peu s\u00e9parable de la surface conc\u00e9d\u00e9e \u00e0 la r\u00e9tine\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/IMG_5728.jpg\" rel=\"lightbox[10455]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/IMG_5728-1024x576.jpg\" alt=\"IMG_5728\" title=\"Boigneville, 91\" width=\"470\" height=\"264\" class=\"aligncenter size-large wp-image-10465\" srcset=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/IMG_5728-1024x576.jpg 1024w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/IMG_5728-300x169.jpg 300w, http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/IMG_5728.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 470px) 100vw, 470px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Cette phrase de St\u00e9phane Mallarm\u00e9 \u2014\u00a0j&rsquo;ai horreur des citations cens\u00e9es justifier absolument les m\u00e9diocres id\u00e9es, au regard des \u00e8res g\u00e9ologiques, qui parcourent nos maigres synapses et neurones \u2014 port\u00e9e en titre comme un \u00e9tendard, voudrait d\u00e9signer une r\u00e9flexion qui se fait chaque jour plus pressante.<\/p>\n<p>Obtemp\u00e9rer \u00e0 l&rsquo;instinct, f\u00fbt-il celui de la divagation rh\u00e9torique ou de la th\u00e9orie d\u00e9lirante, en somme rassembler en son assiette le corps et les tentacules de la pens\u00e9e, dont certaines formes nous \u00e9chappent, et d&rsquo;autres encore nous sont refus\u00e9es (sont refus\u00e9es \u00e0 l&rsquo;entonnoir rouill\u00e9 de la langue). <\/p>\n<p>Obtemp\u00e9rer, obtemp\u00e9rer, il y aura d&rsquo;autres occasions pour la d\u00e9chirure.<\/p>\n<p>Voici le propos, il est toujours le m\u00eame : le texte, le texte, qu&rsquo;importe le format, le texte ! Un \u00e9diteur ami me demande de formuler en quelques phrases mon parcours d&rsquo;auteur comme on dit (pour aller vite) <em>venu du net<\/em> (ce qui ne veut strictement rien dire). Avec plaisir. Sauf que depuis, je m&rsquo;en suis \u00e9loign\u00e9, \u00ab\u00a0du net\u00a0\u00bb, accompagnant de fait le mouvement du \u00ab\u00a0venu de\u00a0\u00bb, parall\u00e8le \u00e0 ou concomitant de l&rsquo;\u00ab\u00a0\u00e9loign\u00e9 de \u00bb | <strong>Note pour plus tard :<\/strong> <em>l\u00e0 d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;on vient, c&rsquo;est l\u00e0 que l&rsquo;on quitte<\/em>.<\/p>\n<p>Je dois donc revenir sur ce que j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit, bri\u00e8vement. Ce sont surtout cinq dates : 1994, 1999, 2008, 2008, 2015.<br \/>\n<br ><\/p>\n<h3>Radots et m\u00e9duses<\/h3>\n<p>Si j&rsquo;\u00e9crivais d\u00e9j\u00e0 avant, de nombreux brouillons de romans absolument insignifiants, j&rsquo;ai commenc\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire <i>vraiment<\/i> en <strong><font color=\"#660000\">1994<\/font><\/strong>, ayant quitt\u00e9 la maison familiale, apr\u00e8s avoir achet\u00e9 dans cette intention un carnet de marque Clairefontaine destin\u00e9 express\u00e9ment \u00e0 cela (et num\u00e9rot\u00e9 #1 en cons\u00e9quence<sup class='footnote'><a href='#fn-10455-1' id='fnref-10455-1' onclick='return fdfootnote_show(10455)'>1<\/a><\/sup>). | Prolepse. Vingt ans plus tard, ce cahier et ses fr\u00e8res, trente-sept suivants, sont toujours le lieu privil\u00e9gi\u00e9 de l&rsquo;\u00e9criture m\u00eame s&rsquo;il est vrai qu&rsquo;une grande partie de mes textes prend \u00e9galement naissance \u00e0 travers un \u00e9cran d&rsquo;ordinateur.<\/p>\n<p>En <strong><font color=\"#660000\">1999<\/font><\/strong>, alors qu&rsquo;internet commence \u00e0 r\u00e9pandre ses rhizomes un peu partout dans l&rsquo;espace plus ou moins public, j&rsquo;ouvre une premi\u00e8re \u00ab\u00a0page web\u00a0\u00bb destin\u00e9e, elle aussi, \u00e0 recueillir, avec beaucoup d&rsquo;orgueil, les textes \u00e0 venir. Mais ce n&rsquo;est gu\u00e8re commode, dans un format impos\u00e9, alors je me suis mis au \u00ab\u00a0langage\u00a0\u00bb html pour finalement avoir, en 2004-2005, a un site complet, bien que sommaire et aust\u00e8re (et plein d&rsquo;erreurs condamn\u00e9es par le W3C), avec fichiers xml et tout et tout.<\/p>\n<p>En <strong><font color=\"#660000\">2008<\/font><\/strong>, on passe la vitesse sup\u00e9rieure, et sur ce site maladroitement fait \u00e0 la main, qui s&rsquo;appelle d\u00e9sormais <em>Ambo(i)lati<\/em>, on se donne pour consigne d&rsquo;\u00e9crire un texte par jour pendant un an. Ce que je ferai, donc, et ce qui donnera \u00e0 tout le mouvement une r\u00e9gularit\u00e9 enfin n\u00e9cessaire. En 2010, je c\u00e8de \u00e0 regret au g\u00e9n\u00e9ral, et j&rsquo;abandonne le site artisanal, trop difficile \u00e0 g\u00e9rer dans le bain de l&rsquo;internet devenu r\u00e9seau social int\u00e9gr\u00e9 permanent (un cirque en somme). Apr\u00e8s moulte h\u00e9sitation, je migre (comme on dit)  vers la modernit\u00e9 du CMS (du site-blogue), en l&rsquo;occurrence vers WordPress \u2014\u00a0Spip apparaissant alors, et encore aujourd&rsquo;hui, aussi mal fichu que peu pratique. L&rsquo;\u00e9criture se poursuit, se solidifie.<\/p>\n<p>Entre-temps Fran\u00e7ois Bon, que j&rsquo;avais rencontr\u00e9 dans les ann\u00e9es 2000, m&rsquo;a invit\u00e9 \u00e0 participer au lancement de l&rsquo;aventure <a href=\"http:\/\/publie.net\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Publie.net<\/a>. Paraissent ainsi entre 2008 et 2010 quatre \u201clivres\u201d, deux essais, un po\u00e8me et un r\u00e9cit bref. J&rsquo;avais par le pass\u00e9 \u201cautopubli\u00e9\u201d quelques r\u00e9cits, mais on a enfin l&rsquo;impression d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;\u00e9dition \u2014\u00a0quand bien m\u00eame ces livres n&rsquo;\u00e9taient pas de papier. J&rsquo;ai toujours consid\u00e9r\u00e9 que le texte pr\u00e9valait sur le format sur lequel il apparaissait ; cela ne posait donc pas de probl\u00e8me.<\/p>\n<p>En <strong><font color=\"#660000\">2012<\/font><\/strong> je lance un site entier (fait main, on y tient pour ce final) sur la ville de G\u00eanes, o\u00f9 texte et \u00e9cran sont indubitablement li\u00e9s (<em>GE-nove<\/em> : <a href=\"http:\/\/www.ge-nove.net\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.ge-nove.net<\/a>). Ce sera le cinqui\u00e8me texte, achev\u00e9 en 2013-2014, perp\u00e9tuellement remis sur le grill (avantage du num\u00e9rique).<\/p>\n<p>En <strong><font color=\"#660000\">2015<\/font><\/strong>, je publie un \u00ab premier\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0roman\u00a0\u00bb\u00a0\u00ab\u00a0papier\u00a0\u00bb, <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/publications\/farigoule-bastard\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>Farigoule Bastard<\/em><\/a> : pour la plupart du minuscule monde de lecteurs <sup class='footnote'><a href='#fn-10455-2' id='fnref-10455-2' onclick='return fdfootnote_show(10455)'>2<\/a><\/sup>, c&rsquo;est \u00e0 ce moment seulement qu&rsquo;est n\u00e9 Beno\u00eet Vincent, auteur. Pour moi, c&rsquo;est mon sixi\u00e8me texte publi\u00e9.<\/p>\n<p><br ><\/p>\n<h3>Cinq r\u00e9flexions \u00e9parses<\/h3>\n<p>Lorsque internet est arriv\u00e9, il a tout de suite suscit\u00e9 un immense espoir ainsi que des myriades d&rsquo;exp\u00e9rimentations textuelles (du m\u00eame acabit que celles suscit\u00e9es par l&rsquo;arriv\u00e9e du \u201ctraitement de texte\u201d, c&rsquo;est-\u00e0-dire plus ou moins heureuses, c&rsquo;est-\u00e0-dire plus ou moins pertinentes). Certains ont surv\u00e9cu \u00e0 cette vague (encore vive), d&rsquo;autres ont disparu. Les formes sont ainsi faites, et les avant-gardes, si celle-ci en est une, ont le m\u00e9rite d&rsquo;en essayer de nouvelle, avec plus ou moins de fortune. Mais en aucun cas, <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/les-ressorts-objectifs-de-la-creation\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">avons-nous \u00e9crit ailleurs<\/a>, la forme ne peut d\u00e9terminer le contenu, le sel du propos artistique et singulier. Croire que l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;une technique va renouveler la port\u00e9e des \u0153uvres est une illusion infantile.<\/p>\n<p>Lorsque Publie.net est lanc\u00e9, pour moi comme pour d&rsquo;autres sans doute, c&rsquo;est l&rsquo;espoir de voir certains de ses textes enfin \u201cpubli\u00e9s\u201d, c&rsquo;est-\u00e0-dire litt\u00e9ralement rendus publics. Le monde du livre, en France, est tel qu&rsquo;il est, il n&rsquo;y a pas grand&rsquo;chose \u00e0 redire \u00e0 ce propos. La cha\u00eene du livre, le prix unique, le r\u00e9seau des biblioth\u00e8ques, les \u00e9diteurs historiques, les concentrations, les petits \u00e9diteurs&#8230; Publie.net repr\u00e9sentait l&rsquo;espoir d&rsquo;une lecture plus libre, en ce sens qu&rsquo;elle \u00e9tait moins d\u00e9termin\u00e9e par des pr\u00e9occupations de rentabilit\u00e9. Mais pour moi, cela n&rsquo;a jamais vraiment repr\u00e9sent\u00e9 une r\u00e9volution en tant que telle du processus d&rsquo;\u00e9criture et de lecture. De plus en plus r\u00e9fractaire aux exp\u00e9rimentations, aux dispositifs, aux installations, aux projets, je constate aujourd&rsquo;hui que l\u2019irruption du livre num\u00e9rique n&rsquo;a pas eu de v\u00e9ritable effet sur la litt\u00e9rature en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Les r\u00e9seaux sociaux, Facebook et Twitter en t\u00eate, j&rsquo;en ai beaucoup parl\u00e9, ont peu \u00e0 peu grignot\u00e9 tout l&rsquo;internet plus ou moins libre ou libertaire des d\u00e9buts. On s&rsquo;extasie g\u00e9n\u00e9ralement trop facilement devant eux, et on oublie que ce ne sont que de simples outils ; outils qui, certes, peuvent accompagner le processus d&rsquo;\u00e9criture\/lecture, mais en aucun cas le remplacer. En aucun cas un algorithme, un code, aussi astucieux ou pratique soit-il, ne remplacera le travail de lecture et d&rsquo;\u00e9criture, \u00e2pre et d\u00e9solant, qui est au c\u0153ur de la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p>Le monde de l&rsquo;\u00e9dition est le monde du livre ; notre monde est le monde du livre. J&rsquo;en ai fait l&rsquo;am\u00e8re (mais pas si d\u00e9terminante) exp\u00e9rience : l&rsquo;auteur n&rsquo;existe qu&rsquo;une fois le livre papier paru. Je le vois bien : tous ceux qui m&rsquo;ont accompagn\u00e9 comme auteurs venus de Publie.net ou du net en g\u00e9n\u00e9ral envoient <i>malgr\u00e9 tout<\/i> leurs manuscrits \u00e0 des maisons qui n&rsquo;\u00e9ditent que du papier. Certains m\u00eame les envoient aux maisons les plus r\u00e9fractaires au num\u00e9rique, les maison les plus traditionnelles. J&rsquo;en ai subitement l&rsquo;impression ; que de s&rsquo;\u00e9chiner sur les claviers et les \u00e9crans d\u00e9courage, d\u00e9motive les jeunes auteurs. D&rsquo;autant que le monde fran\u00e7ais du livre est tel (peut-\u00eatre parce qu&rsquo;il est arm\u00e9 de ses nombreuses aides) qu&rsquo;il existe ce panorama tr\u00e8s vaste et vari\u00e9 de petits \u00e9diteurs qui, eux, parfois, cherchent des formes nouvelles et des noms \u00e0 promouvoir.<\/p>\n<p>Un dernier point concerne les ressorts politiques et philosophiques de ces questions. Ce n&rsquo;est pas une mince donn\u00e9e. Philosophiquement, et depuis longtemps, on songera \u00e0 Benjamin, la r\u00e9flexion de l&rsquo;influence de la technique sur l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;art, est pos\u00e9e. On a \u00e9crit via les blogues, et m\u00eame via Twitter et Facebook : avons-nous r\u00e9ellement \u00e9crit ? L&rsquo;id\u00e9e que la publication est imm\u00e9diate (et donc cette id\u00e9e est roborative) ne masque-t-elle pas l&rsquo;image d&rsquo;un public qu&rsquo;on dirait m\u00e9dus\u00e9, lui-m\u00eame contraint par la m\u00e9diation d&rsquo;un support mal connu ? Enfin, l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;une surface de code puisse se substituer \u00e0 la profondeur du texte n&rsquo;est-elle pas, finalement, contre-productive ? Pourquoi publie-t-on les photos horribles faites par nos portables ? Est-ce par ce qu&rsquo;on le peut ou est-ce parce qu&rsquo;on le doit ? Se dissoudre dans l&rsquo;illusion d&rsquo;une identit\u00e9 num\u00e9rique (qui n&rsquo;est jamais qu&rsquo;une pluralit\u00e9 malheureuse, parce que frustr\u00e9e) nous autorise-t-il \u00e0 rompre le silence ? Pourquoi ne nous tairions-nous pas enfin, \u00e9touff\u00e9s dans la moiteur du texte, plut\u00f4t que bavards sur son couvercle ? pourquoi ne pas se taire un peu ? S&rsquo;adonner \u00e0 la discr\u00e9tion propre \u00e0 la litt\u00e9rature, \u00e0 son domaine d&rsquo;\u00e9lection : le silence.<\/p>\n<p>L&rsquo;aspect politique est plus insidieux encore : en assouvissant notre d\u00e9sir d&rsquo;expression (qui trahit peut-\u00eatre une soif de reconnaissance \u2014 mais mettons que l&rsquo;artiste y soit soumis), nous confions notre parole \u00e0 des canaux externes, dont on conna\u00eet la passion du commerce et les ambitions autoritaires. Nous c\u00e9dons pourtant \u00e0 nous-m\u00eames et \u00e0 ceux-ci, de notre plein gr\u00e9. Imaginons un pouvoir politique dont l&rsquo;un des buts serait la num\u00e9risation totale du monde, ou la cr\u00e9ation d&rsquo;un \u00eatre transg\u00e9n\u00e9rationnel : que ne d\u00e9clencherait-il pas de consternation, d&rsquo;affliction et, par cons\u00e9quent, de combats, de d\u00e9nonciations ! Pourtant nous \u00e9crivons ing\u00e9nument avec Google Earth ou Google Street View ; nous confions toutes nos donn\u00e9es aveugl\u00e9ment \u00e0 Facebook ; nous favorisons ce que nous d\u00e9non\u00e7ons en achetant sur Amazon. Sommes-nous \u00e0 ce point d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s ou bien sommes-nous simplement terriblement, passionn\u00e9ment, na\u00effs ? <\/p>\n<p><br ><center>*<\/center><br ><\/p>\n<p>Je ne dis pas qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas, qu&rsquo;il n&rsquo;y aura pas, de bons auteurs et de bons livres \u201cnatifs\u201d de l&rsquo;\u00e9cran ou de la toile. Mais je me dis \u2014\u00a0personnellement, pour mon travail, et cela n&rsquo;engage que moi \u2014\u00a0qu&rsquo;il est plus urgent, aujourd&rsquo;hui, de se retourner sur son propre monde, que de persister \u00e0 penser que la r\u00e9volution du net est autre chose que l&rsquo;immense march\u00e9 qu&rsquo;il est devenu.<\/p>\n<p>Nous sommes impayables ! Nous donnons les verges pour nous faire battre, nous scions a branche sur laquelle nous sommes assis, nous nous enfermons, de nous-m\u00eames, dans des prisons de formats, de soci\u00e9t\u00e9s&#8230; Alors qu&rsquo;il faudrait, plus simplement, laisser place \u00e0 la fureur de la horde-fiction. Il faut d\u00e9sencapsuler (<em>unembed<\/em>) le r\u00e9cit, le d\u00e9liter, c&rsquo;est-\u00e0-dire le faire sortir de son lit. <\/p>\n<p>Notre effort devrait \u00eatre celui de la crue.<\/p>\n<div class='footnotes' id='footnotes-10455'>\n<div class='footnotedivider'><\/div>\n<ol>\n<li id='fn-10455-1'> Dans cette routine tant d\u00e9sir\u00e9e, \u00e0 part quelques entorses, il y a eu bien des r\u00e9volutions : le passage en 1999 du format 16,5 x 21 cm au format 14,8 x 21 cm, qui permettait de le glisser partout et notamment dans une sacoche \u2014 RIP \u2014 acquise dans la bonne ville d&rsquo;Isola di Capo Rizzuto (KR), o\u00f9 les santolines avaient ravi une partie de mon \u00e2me, et, depuis quelques semaines, le passage \u00e0 un autre format encore plus menu, de marque Pigna, sur de minuscules carreaux, strictement A5 et encore plus pratiques \u00e0 transporter. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-10455-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-10455-2'> Que j&rsquo;\u00e9value, les bons jours, \u00e0 5000 personnes en France, <em>\u00e0 tout casser<\/em>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-10455-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette phrase de St\u00e9phane Mallarm\u00e9 \u2014\u00a0j&rsquo;ai horreur des citations cens\u00e9es justifier absolument les m\u00e9diocres id\u00e9es, au regard des \u00e8res g\u00e9ologiques, qui parcourent nos maigres synapses et neurones \u2014 port\u00e9e en titre comme un \u00e9tendard, voudrait d\u00e9signer une r\u00e9flexion qui se fait chaque jour plus pressante. 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