{"id":10111,"date":"2015-06-02T14:07:05","date_gmt":"2015-06-02T12:07:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/?p=10111"},"modified":"2024-02-04T18:43:14","modified_gmt":"2024-02-04T16:43:14","slug":"nouveau","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/nouveau\/","title":{"rendered":"Nouveau !"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Un texte de <a href=\"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/pistes-et-sillages\/\"><em>Pistes et sillages<\/em><\/a>, une s\u00e9rie de textes po\u00e9tiques n\u00e9s de l&rsquo;\u00e9coute des pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de la discoth\u00e8que. Base d&rsquo;improvisation, ou simplement paysage et divagation. Une anthologie.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i.discogs.com\/T0e0J_SjbyMX3r3Qzu5JP5lIbcNXp50qexNY5ycNKFE\/rs:fit\/g:sm\/q:90\/h:600\/w:600\/czM6Ly9kaXNjb2dz\/LWRhdGFiYXNlLWlt\/YWdlcy9SLTIzNzYz\/ODYtMTYwMDUyMDAx\/Ny01MzU2LmpwZWc.jpeg\" width=\"300\" title=\"Neu !, \u2018Neu !\u2019\"\/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>{\u00e0 partir de <em>Neu !<\/em>, Neu !, 1973}<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Orgie<\/h2>\n<p>L&rsquo;heure n&rsquo;importe pas mais je vais,<br \/>\nl&rsquo;heure n&rsquo;importe pas mais je vas (bis)<\/p>\n<p>Je descends les escaliers, les rues, les villes, je cherche \u00e0 rejoindre le plus loin possible sans pouvoir m&rsquo;arr\u00eater. Les rues entre les marches, les villes entre les rues, les campagnes entre les villes, les pays entre les campagnes, les continents et ainsi de \u2013, ainsi de suite.<\/p>\n<p>Je trace. Comme on dit.<\/p>\n<p>(La mer par exemple est une \u00e9ventualit\u00e9 qui ne m&rsquo;effleure jamais l&rsquo;esprit, ni une opportunit\u00e9 qui m&rsquo;inspire confiance ou m&rsquo;enchante. Il faut bien comprendre que je n&rsquo;ai pas sp\u00e9cialement d&rsquo;id\u00e9e du bonheur en t\u00eate, que tout ce qui m&rsquo;importe est marcher, avancer, d&rsquo;ailleurs serait plus juste. Je ne m&rsquo;arr\u00eate pas, je ne m&rsquo;arr\u00eate jamais, ce n&rsquo;est pas pour b\u00eatement devoir contourner de l&rsquo;eau mouvante en s&rsquo;enfon\u00e7ant b\u00eatement dans le sable. Mouvant. Ce n&rsquo;est pas pour simplement songer \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un bonheur possible. Si tu savais d&rsquo;o\u00f9 je viens.)<\/p>\n<p>L&rsquo;heure n&rsquo;importe pas mais je vais,<br \/>\nl&rsquo;heure n&rsquo;importe pas mais je vas (bis)<\/p>\n<p>J&rsquo;avance, je trace, comme on dit, ce que je croise n&rsquo;a peu ou pas d&rsquo;importance, tous les visages sont les m\u00eames dans les villes sont les m\u00eames dans les paysages sont les m\u00eames dans les plan\u00e8tes les tableaux les continents, au fur et \u00e0 \u2013, au fur et \u00e0 mesure, et aucune de ces occurrences ne me concerne.<\/p>\n<p>J&rsquo;avance, ce que je pourrais voir du paysage, si je le voyais, ne m&rsquo;apporterait pas plus d&rsquo;apaisement que d&rsquo;aversion. (Il faut bien comprendre que, si je ne me m\u00eale pas de paysage je ne me m\u00eale pas de paysage, mais si je ne me m\u00eale pas de paysage je ne me m\u00eale pas de rapports sociaux de visages de fonction phatique ou de propos de comptoir avin\u00e9, je ne me m\u00eale de rien, tout m&rsquo;indiff\u00e8re sauf \u00e0 avancer. Je suis de ce monde-ci, celui qui avance avec moi, je ne pleurniche pas sur les \u00e9paves qui encombrent autant qu&rsquo;elles g\u00eanent mon passage.)<\/p>\n<p>Je ne fais que passer, mais je le fais avec passion, rigueur, obstination, un certain rythme et une certaine fid\u00e9lit\u00e9. Au fur. Et mesure. Au fur. Et mesure. Fur. Et mesure. Je ne suis pas pay\u00e9 pour faire autre chose. Je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 choisi pour \u00eatre faible, je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 choisi pour ne pas me distinguer. Je fais ce que je dois faire. &#038; j&rsquo;essaie de le faire bien, sinon \u00e0 quoi \u2013, sinon \u00e0 quoi bon. Alors j&rsquo;avance. <\/p>\n<p>Je trace comme on dit.<\/p>\n<p>J&rsquo;avance, je trace, comme on dit, ce que je croise n&rsquo;a peu ou pas d&rsquo;importance, j&rsquo;avance, je trace, comme on dit, ce que je croise n&rsquo;a peu ou pas d&rsquo;importance, j&rsquo;avance, je trace, comme on dit, ce que je croise n&rsquo;a peu ou pas d&rsquo;importance, j&rsquo;avance, comme on dit, je trace, ce que je croise n&rsquo;a peu ou pas d&rsquo;importance.<\/p>\n<p>L&rsquo;heure n&rsquo;importe pas mais je vais,<br \/>\nl&rsquo;heure n&rsquo;importe pas mais je vas (bis)<\/p>\n<p>Je trace comme on dit.<\/p>\n<p>Je trace et je ne trace rien, je n&rsquo;ai pas le temps pour \u00e7a, pour m&rsquo;abaisser \u00e0 laisser des traces. Ni laisser de paiements, ni d\u00e9chets alimentaires ou \u00e9lectriques, ni caoutchouc, ni empreintes purulentes dans c\u0153urs trop saillants, ni cicatrices, ni ecchymoses. Non seulement je n&rsquo;ai pas que \u00e7a \u00e0 faire, mais en plus je ne saurais pas comment m&rsquo;y prendre. Je suis n\u00e9 pour avancer. Fait pour \u00e7a. Alors j&rsquo;avance.<\/p>\n<p>Je trace comme on dit. Les paysages d\u00e9j\u00e0 s&rsquo;estompent, je ne suis plus que le pied, la jambe, je jambage, l&rsquo;amble, l&#8217;emblave, la course, le courtage, et puis d\u00e9j\u00e0, bient\u00f4t, je ne suis que la course, l&rsquo;itin\u00e9raire, la destination. Le pays, le paysage. Je suis d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 \u2013, je suis d\u00e9j\u00e0 l\u00e0-bas. Plut\u00f4t, je suis toujours d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, je suis toujours d\u00e9j\u00e0 l\u00e0-bas. D&rsquo;ailleurs ailleurs, qui ici. Je ne suis jamais l\u00e0.<\/p>\n<p>L&rsquo;heure n&rsquo;importe pas mais je vais,<br \/>\nl&rsquo;heure n&rsquo;importe pas mais je vas (bis)<\/p>\n<p>Mettons que je ne vous ai pas adress\u00e9 a parole. Reprenez-la. Et laissez moi filer. Laissez \u2013, laissez-moi ; laissez \u2013 mais laissez-moi ; laissez \u2013 mais laissez-moi. Je trace.<\/p>\n<p>Comme on dit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Offre sp\u00e9ciale<\/h2>\n<p>Dans le tunnel j&rsquo;entends des voix.<br \/>\nCe ne sont pas des voix dans un tunnel. C&rsquo;est le tunnel lui-m\u00eame qui n&rsquo;a trouv\u00e9 que des voix pour exister.<\/p>\n<p>\u00c9coutez ! \u00c9coutez ! Vous m&rsquo;en direz,<br \/>\ndes nouvelles.<\/p>\n<p>Le tunnel est une fonction de sa propre courbure. Il n&rsquo;est pas certain que la lumi\u00e8re, son arasement jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, n&rsquo;ait pas son mot \u00e0 dire. La lumi\u00e8re en quelque sorte justifie le tunnel par la fonction de sa courbure.<\/p>\n<p>\u00c9coutez !<\/p>\n<p>Je ne vous le fais pas dire.<\/p>\n<p>Apprenez \u00e0 parler allemand \u00e0 un mur de sout\u00e8nement ; vous aurez le m\u00eame r\u00e9sultat. Le tunnel ne se dompte pas par de simples recettes psychologiques.<\/p>\n<p>\u00c9coutez ! Le mur courbe du tunnel (je dis \u00e7a pour aller vite, et pour les moins vifs d&rsquo;entre vous), le mur tout en courbe du tunnel secoue.<\/p>\n<p>Apprenez d\u00e9j\u00e0 \u00e0 parler allemand, on en reparlera.<\/p>\n<p>T\u00f4les stri\u00e9es, rayures racines ciment. Ongles criss\u00e9s. Dents froiss\u00e9es.<\/p>\n<p>Le lexique du b\u00e9ton n&rsquo;est pas disponible, quatre-cents quatre.<\/p>\n<p>CRISSE, CRISSE, CRISSE ! crie le tunnel, le boyau, la baleine, l&rsquo;\u00e9crevisse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Blanchemer<\/h2>\n<p>Il n&rsquo;y aura plus les voix qui parlent, mais \u00e9coutez la plainte du tunnel.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un peu comme si vous vouliez inviter les vagues de la mer \u00e0 un gala de charit\u00e9. C&rsquo;est tout de suite une suite de complications sans nom qui \u00e0 la fin vous retombent sur les bras.<\/p>\n<p>Chut ! \u00c9coutez un peu.<\/p>\n<p>La plainte du tunnel, le chant du tunnel. Il expire comme une \u00e9quation, vous ne trouvez pas ?<\/p>\n<p>Allez donc savoir.<\/p>\n<p>Chut ! Chut !<\/p>\n<p>Avez-vous d\u00e9j\u00e0 song\u00e9 qu&rsquo;il y a plus de paysages dans un tunnel que dans n&rsquo;importe quel autre segment lin\u00e9aire ? Il touche sinon \u00e0 la perfection, du moins \u00e0 une haute estime de la symphonie des espaces.<\/p>\n<p>Vous y songerez \u00e0 deux fois.<\/p>\n<p>Chut ! chut ! \u00c9coutez, \u00e9coutez voir !<\/p>\n<p>C&rsquo;est un m\u00e2le, je crois\u2026 Tr\u00e8s amoureux\u2026<\/p>\n<p>Et\u2026 ah\u2026 il poss\u00e8de une autre couleur en lui\u2026 chut ! Plus douloureux qu&rsquo;une entorse, mais plus solitaire qu&rsquo;un chagrin\u2026 Un mal propre aux pierres, aux pierres m\u00eames. Un mal min\u00e9ral, d\u00e9vou\u00e9 au tunnel. Mycose ou cancer, Effritement le guette. Le mal du tunnel.<\/p>\n<p>Qui le retourne comme un gant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Chanceux<\/h2>\n<p>Sous, dessous.<\/p>\n<p>\u00c7a tremble, \u00e7a bouge, \u00e7a respire.<br \/>\n\u00c7a patiente.<\/p>\n<p>\u00c7a sent l&rsquo;eau glac\u00e9e. \u00c7a sent l&rsquo;eau noire. L&rsquo;eau v\u00e9g\u00e9tale des fonds.<\/p>\n<p>Vagues, qui d\u00e9chirent le trait ; tout \u00e0 coup se recompose. L&rsquo;obstination de l&rsquo;eau touche au respect.<\/p>\n<p>Dessous, on s&rsquo;habitue \u00e0 l&rsquo;obscurit\u00e9. On s&rsquo;habitue \u00e0 tout. Des formes dessinent des lumi\u00e8res comme des glissements de sons furtifs.<\/p>\n<p>Vous qui restez en surface (toujours toujours en surface) (toujours tellement en surface) (adeptes de la surface) (drogu\u00e9s de la surface) (toujours du bon c\u00f4t\u00e9, mes saligauds) (toujours du bon c\u00f4t\u00e9 du manche) (toujours positifs) (sur, dessus) (mes salauds) vous ne savez pas ce qui se passe de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>N\u00e9gatif du pays<\/h2>\n<p>De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 : bordel, cris, clames, fureurs, fruits pourris, sir\u00e8nes, bombardements, \u00e9chos d&rsquo;acier, \u00e9cart\u00e8lements, barres fondues dans la bouche.<\/p>\n<p>Scie dent scie dent scie, mati\u00e8re meuble, chairs flasques, d\u00e9coupage, boucherie.<\/p>\n<p>Du doigt (sur la braguette), m\u00e8ne la danse, petit coup de fouet, bottes de cuir, talon sur t\u00e9ton, tu la sens, tu la sens ma chair ? Tu l&rsquo;aimes mon sturm&#038;dr\u00e4ng ? Est-ce que tu l&rsquo;aimes ? Et mon aufkl\u00e4rung tu l&rsquo;aimes mon aufkl\u00e4rung ? Et mon panzerdasein, tu l&rsquo;aimes mon panzerdasein ?<\/p>\n<p>Genou dans la gorge.<\/p>\n<p>Tibia dans l&rsquo;estomac.<\/p>\n<p>On a du mal \u00e0 d\u00e9glutir, transit incomplet.<\/p>\n<p>Du doigt (dans la bouche), m\u00e8ne la danse, fusil au vent, troupe \u00e9chevel\u00e9e et joyeuse, cuirs cintr\u00e9s, corps saisis dans leur posture fatale. Coup de pied (dans la gueule).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Soudain \u00e9cho<\/em><\/p>\n<p>On repart (comme en quatorze).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Soudain \u00e9chos<\/em><\/p>\n<p>Du doigt (dedans), on repart. Et mon unheimlichkeit ? Tu la trouves bandante mon unheimlichkeit ? Tu peux toucher tu sais. Caresse-moi. Mets en branle ta petite arm\u00e9e. Parachute-moi. Envahis-moi. Anchluss-moi, meine kleine ubermarechalf\u00fcrher. U-boat-moi. V2-moi. Si \u00e7a se trouve. <\/p>\n<p>Fukushima mon amour !<\/p>\n<p>Marche sur moi, dispose tes bataillons, prends position, prends position ! Sanctionne, s\u00e9vis, \u00e9cart\u00e8le, censure !<\/p>\n<p>Sanctionne, s\u00e9vis, \u00e9cart\u00e8le, censure !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Soudains \u00e9chos<\/em><\/p>\n<p>On repart (comme en quarante).<\/p>\n<p>D\u00e9b\u00e2cle,<br \/>\nd\u00e9b\u00e2cle, d\u00e9b\u00e2cle, d\u00e9b\u00e2cle, d\u00e9b\u00e2cle,<br \/>\nd\u00e9b\u00e2cle, d\u00e9b\u00e2cle, d\u00e9b\u00e2cle, d\u00e9b\u00e2cle,<br \/>\nd\u00e9b\u00e2cle, marche, d\u00e9b\u00e2cle, d\u00e9b\u00e2cle, d\u00e9b\u00e2cle,<br \/>\nmarche, marche<br \/>\nd\u00e9b\u00e2cle, marche, d\u00e9b\u00e2cle, marche, d\u00e9b\u00e2cle, d\u00e9place<br \/>\nmarche, marche, marche, marche, marche<br \/>\nd\u00e9b\u00e2cle, marche, marche, d\u00e9place, d\u00e9b\u00e2cle, d\u00e9place, marche<br \/>\nd\u00e9place, d\u00e9b\u00e2cle, marche, d\u00e9b\u00e2cle, d\u00e9porte, d\u00e9classe, d\u00e9b\u00e2cle, marche<br \/>\nheiun, deuh,<br \/>\nd\u00e9porte<\/p>\n<p>d\u00e9porte, d\u00e9porte, d\u00e9porte.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Ch\u00e9rie en mieux<\/h2>\n<p><em>Comptine du vaincu<br \/>\n(sur guitare pleine de mouchoir morveux pour moulin \u00e0 larmes)<\/em><\/p>\n<p>Sur la nappe qu&rsquo;on avait \u00e9tal\u00e9e dans les grandes herbes (elles nous piquaient le cul les cuisses ces connes), on avait sorti tout ce qu&rsquo;on avait mis un peu en vrac dans le panier : les pots les couverts, les assiettes et les plats, et les fruits le pain les bouteilles. On nous l&rsquo;avait racont\u00e9. On agissait de m\u00eame. On travaillait de concert.<\/p>\n<p>Et la radio.<\/p>\n<p>Ce qu&rsquo;on laissait tomber, de grosses fourmis noires comme un poing les emportaient sous l&rsquo;eau. <\/p>\n<p>\u00c0 moins que ce ne soient des poings. <\/p>\n<p>On r\u00e9p\u00e9tait ces gestes qu&rsquo;on avait pris d&rsquo;un tableau, d&rsquo;une m\u00e9moire, qu&rsquo;on avait pli\u00e9s soigneusement en quatre et gliss\u00e9s dans le portefeuille. On rameutait tout \u00e7a comme des fables apprises en classe, ou des couvertures brod\u00e9es sorties de vieux placards. Les mites \u00e9taient pass\u00e9es par l\u00e0, mais il fallait bien remettre le couvert.<\/p>\n<p>Ce qu&rsquo;on daignait sortir, les exocets venaient taillader leur base, et on se retrouvait nus, en sang, et bient\u00f4t min\u00e9ral.<\/p>\n<p>\u00c0 moins que ce ne soient des poings.<\/p>\n<p>Alors on cherchait \u00e0 s&rsquo;\u00e9tourdir, qui \u00e0 embrasser le soleil (pff, crev\u00e9), qui \u00e0 se noyer de nage (pff, crev\u00e9), qui \u00e0 abuser de la convive la plus faible (en l&rsquo;occurrence une nana qui nous servait de d\u00e9potoir, de centre de tri, de vide-ordure, on la prenait \u00e0 tour de bras et on la couvrait de tout ce que les muqueuses et les glandes retiennent de myst\u00e9rieuses humeurs), en l&rsquo;occurrence la plus liquide, elle \u2014 muscle comme un poisson, elle \u2014 glisse comme les souvenirs.<\/p>\n<p>Le plaisir qu&rsquo;on en tirait nous menait droit au but, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 peine plus loin que la mort.<\/p>\n<p>\u00c0 moins que ce ne soient des poings.<\/p>\n<p>On n&rsquo;en revenait pas !<br \/>\nL&rsquo;in\u00e9dit tue.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Nouveaux \u00e9chos<\/em><\/p>\n<p>Pellicule liquide, qu&rsquo;on cr\u00e8ve comme un \u0153il.<br \/>\nUn pique-nique sur l&rsquo;eau.<br \/>\n\u00c7a peut d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un texte de Pistes et sillages, une s\u00e9rie de textes po\u00e9tiques n\u00e9s de l&rsquo;\u00e9coute des pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de la discoth\u00e8que. Base d&rsquo;improvisation, ou simplement paysage et divagation. Une anthologie. &nbsp; &nbsp; {\u00e0 partir de Neu !, Neu !, 1973} &nbsp; Orgie L&rsquo;heure n&rsquo;importe pas mais je vais, l&rsquo;heure n&rsquo;importe pas mais je vas (bis) Je descends&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[242,3533,1056],"tags":[],"class_list":["post-10111","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chantiers","category-pistes-et-sillages","category-poesies"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10111","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10111"}],"version-history":[{"count":16,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10111\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17849,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10111\/revisions\/17849"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10111"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10111"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.amboilati.org\/chantier\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10111"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}