GEnove. Villes épuisées

juillet 24th, 2017 § 0 comments § permalink

Benoît Vincent ¶ GEnove
 

Le texte

numérique : ISBN 978-2-9541654-0-0 – 9×9 textes + 9 péritextes – 0 €
papier : 979-10-95244-07-3 – 306 pages – 20€
couverture : Cheeri
✓ Texte publié en 2012 (version internet) et le 12 mai 2017 (papier)
♨ écriture et publication en ligne, 2008-2015 – reprise jusqu’à début 2017

Attention Le site internet qui a vu naître le texte est toujours en ligne [www.ge-nove.net] mais, dans le cours d’une radicale mise à jour suite à la publication papier, tous les liens sont désactivés.

 

Quatrième

Par le biais de neuf chapitres de neuf textes, l’auteur évoque la complexité de la ville de Gênes en Italie et la relation qu’il entretient avec elle. Essai autogéographique, ce texte fascinant décortique l’organisme urbain, son vernaculaire et ses épiphanies (cuisine, chansons, paysages, transports, économie, culture, histoire…)

 

Echos

Presse, radio, blogues…

Jacque Josse, sur le site de larevue remue.net (20 juillet 2017) : « Cet ensemble – que l’on peut arpenter en empruntant plusieurs itinéraires – n’a évidemment rien du guide touristique. C’est d’abord un ouvrage foisonnant, conçu par un curieux qui ne cesse de noter ses étonnements, de questionner ce qu’il découvre d’une ville trop riche pour qu’on puisse n’en faire qu’une lecture linéaire. C’est à une marelle étonnante, à une imparable parade oulipienne, à une savante déconstruction (pivotant autour du chiffre 9) que s’adonne Benoît Vincent, en inventant Gênes au pluriel, et en invitant le lecteur à en faire de même. »

Alain Nicolas, dans L’Humanité (19 juillet 2017) : « C’est aussi le rendez-vous des mots et du réel, auquel Benoît Vincent ne se dérobe pas en donnant une furieuse envie de ne jamais refermer ce livre et de partir, toutes affaires cessantes, pour Gênes. »

Hugues Robert, sur le blog de la librairie Charybde (9 juillet 2017) : « Tout ce qui peut s’avérer nécessaire à la reconstruction patiente, fiévreuse et poétique, de l’identité de cette ville coincée entre ciel et eau, qui fut la Superbe et qui demeure une extraordinaire bizarrerie, sera soigneusement mobilisé et projeté contre les 80 autres éléments, nous offrant des séries entières de chocs libérateurs. Et c’est ainsi que Benoît Vincent nous offre bien davantage qu’une ville, fût-elle unique : une démarche littéraire fondamentale, construite et étagée, pour appréhender une essence par nature volatile et fragile, sous les amoncellements de l’Histoire et du réel – comme nous l’annonçait sans ambages le beau sous-titre de « Villes épuisées ». »

Emmanuelle Caminade, sur le blog L’Or des Livres (21 juin 2017) : « Cette étrange façon de raconter la ville évoque bien sûr Marco Polo, ce voyageur étranger décrivant les propres villes de son empire au grand Khan dans Les villes invisibles, et surtout le grand oeuvre de ce marchand et explorateur vénitien dont s’est inspiré Italo Calvino : deux textes qui, entre autres, irriguent fortement GEnove »

« Se prêtant à de nombreuses relectures car permettant une redistribution des cartes pour changer la donne à l’infini, offrant ainsi au lecteur mille et un chemins pour affiner sa perception de cette ville symbolique à la fois visible, invisible et imprévisible, GEnove est un livre foisonnant et vertigineux totalement atypique. Une expérience de lecture(s) exigeante et exaltante que je conseille vivement. »

Sean J. Rose, dans la Livres-Hebdo #1127 (28 avril 2017) : « Car GEnove c’est aussi le récit de cette relation-là, s’enchevêtrant dans une cartographie singulière qui n’a d’autre boussole que le sens poétique. »

François Bon (aussi plus bas !), dans son Service de Presse #33 (25 avril 2017) sur la plateforme vidéo bien connue. C’est à 25’45 » :

 

Du temps du site internet

Les premières lectures, bien que tardives, ont été consacrées à la version numérique du texte, c’est-à-dire au site liminaire.

• Ainsi Noëlle Rollet ouvre admirablement le bal sur le site Glossolalie (juin 2014) :
« On s’attendait à de l’aléatoire qui le soit un peu moins, et il y a bien quelques pan­neaux, neu­vains points de repères, qui indiquent bien une direc­tion, mais l’on n’est plus si atta­ché à connaître la des­ti­na­tion, fina­le­ment, on n’a pas hâte d’arriver à connaître la fin. On déam­bule, et on prend l’habitude, ici aussi, de voir se côtoyer la recette des tro­fie al pesto et un poème sur­réa­liste. C’est ainsi que GEnove peu à peu s’organise, devient orga­nique, dans ce désordre de la lec­ture de texte rigou­reu­se­ment ordon­née. L’ennui bien sûr, c’est qu’on pei­nera par­fois à retrou­ver ensuite tel texte qui ne payait pas de mine, l’obscure ruelle qu’il nous prend sou­dain l’envie de revi­si­ter, et qu’on se retrou­vera à lâcher quand même le fil d’Ariane pour se perdre fran­che­ment, cette fois-ci, le cœur léger, heu­reux de s’égarer au fil du texte. […] Or, beau­coup plus que la com­plexité du dis­po­si­tif mis en place, c’est au fond cela que j’appelle l’écriture expé­ri­men­tale, celle qui per­met une expé­rience de lec­ture, au sens plein du terme, c’est-à-dire qui me fait vivre une lec­ture dont j’ignorais qu’elle était pos­sible (et peut-être par­fois ne l’était-elle pas avant tel auteur). GEnove y réus­sit, en tirant parti de la spa­tia­li­sa­tion effec­tive du web pour « col­ler » à celle de la ville, non pas en creuse mime­sis, mais en décalque fonc­tion­nel, afin que puissent s’y ins­crire autant de tra­jets que de lec­teurs – un vir­tuel redou­ta­ble­ment plus proche de l’expérience réelle que le livre?

 

• « magnifique expérience narrative et expérimentale » (François Bon, Grues jaunes de Gênes, in Tiers Livre, 22 juillet 2014 : http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article1741

 

On dirait du (on l’a dit)…

• Italo Calvino
• Julio Cortázar
• Jean-Yves Jouannais
• Sébastien Ménard
• OULIPO
• Georges Pérec
• Marco Polo
• Emmanuel Ruben
• Antonio Tabucchi

 

Petit traité d’itérologie | 1. Corpus (La littérature inquiète)

septembre 14th, 2011 § 0 comments § permalink

En son temps, Michel Butor avait proposé la création d’une “science” nouvelle, l’itérologie, ou science des déplacements humains, des voyages, des exils, des nomadismes.

En tant qu’ils sont objets de l’imaginaire et du langage, je soupçonne les “livres” de littérature (peu importe le genre) de participer, par la téléportation qu’ils provoquent et le déplacement de l’ordre des choses, à l’itérologie (comme corpus, comme agent).

Il n’y a pas que la topologie : qui s’exprime dans les livres sous forme de traité de géographie, de géologie, d’urbanisme ou de tactique militaire (Sun-Zu) ; il y a l’itérologie, ou le nomadisme, quel qu’en soit la cause, et qui est l’expression, littéralement, de la déterritorialisation : on déplace les choses, on chamboule l’espace, on agence, on occupe, on habite.

Voici un premier corpus de textes à ce titre exemplaires. Ces livres sont exorbitants : ils jaillissent du livre (du format-livre) même. Ces livres sont pluriels. Ils traitent de déplacements et d’espace ; ils mélangent les dimensions, les trajets, ils les cartographient. Ils traversent, passagent, dérivent, diffèrent.

Nous cherchons, nous chercherons en quoi ces livres peuvent se retrouver ensemble dans une même main.


— Italo Calvino • Les villes invisibles
Vassili Golovanov • Eloge des voyages insensés
— Iain Sainclair • London orbital
— Henri Michaux • Ailleurs
— Rem Khoolaas • Mutations
Arno Bertina, Bastien Gallet, Ludovic Michaux et — Yann de Roeck • Anastylose
Georges Pérec • Espèce d’espaces
— François Bon • Une traversée de Buffalo

— et peut-être Michel Butor lui-même : Mobile, par exemple.



Lire, écrire, lir&crire, c’est une expérience de l’espace, c’est une expérience de la déterritorialisation. Toute littérature devrait être ceci, pour la bonne raison de la faille, de la rupture de pente, entre la langue/le langage qui est l’universel, et l’expérience singulière de l’auteur-scripteur et du lecteur.

Lir&crire c’est manger les mots de l’autre, c’est parler dans la bouche de l’autre, c’est se déposséder. Ou être possédé. C’est précisément le fantôme-le spectre qui fait surface, c’est l’indit qui se dit, l’inédit qui se fait entendre. C’est la voix impersonnelle.

C’est Personne, le nom joué, le nom passé, le nom échangé ; l’espace : c’est le support, le plan, le vecteur, la scène. La littérature est spatiale parce qu’elle est inquiète. La littérature est inquiète quand elle est espace. Pas d’évidence. Le langage ne dit pas ce qui est. Il est prospectif, prédictif, et même carrément menteur ou délirant. Le langage de la littérature, sur la scène d’espace, n’est pas le langage qui dit les choses comme irl.

C’est le langage qui devient espace (de la lettre/son, à la syllabe, au mot, au chapitre, au livre, et à tout le péri-para-archi-pré-méta-hypo-ad-poly-texte), c’est la littérature en tant qu’elle est un monde propre — avec toponymie, géographie, et sa propre physique (plutôt alchimie peut-être). Il y a des principes de la thermodynamique dans la littérature. Comme des théories du don. Ou des systématiques et des phylogénies.

Justement parce qu’il désigne irl, l’espace littéraire dénonce que quelque chose comme le « réel » puisse exister — ou en tout cas puisse prendre le pas sur les autres life. Ces livres nous le montrent, ne cessent d’y référer.

Dit Claro, à Jean-Clet Martin, à propos de CosmoZ.

Plus qu’une traduction, donc, une série de glissements, de déclinaisons, obéissant à la logique intérieure du livre, lequel traduit pour le coup la fiction en réalité et cette nouvelle réalité en fiction.

Il existe des engins, des mécanismes, des machines à remonter l’espace — ou à démonter l’espace, qui sont un peu des livres, qui sont bien plus, un au-delà du livre, un livre excédé, un livre sorti de ses gonds ; le dehors qui permette de sursoir à tous les irl du monde.

Maintenant, il faut ouvrir ! (Il y aurait bien d’autres textes : Volodine, Chevillard’s Choir, Claro’s Cosmoz sans doute, Borges donc… on y travaille !)

Twitter • janvier-mars 2011

mars 31st, 2011 § 0 comments § permalink

On me suit ici : http://wwww.twitter.com/amboilati | @amboilati


Janvier-Mars 2011


#IE9 pas compatible avec Windows XP, non mais ils sont trop forts. #SurtoutNeChangezRien
31 Mar

@brigetoun &pense être devant l’écran à ce moment pour les fb et tw…
31 Mar

@brigetoun ok, il est dans la boîte ; il sort à minuit et une minute. moi non plus touche plus (faisais allusion à derniers tw où cité je)
31 Mar

@brigetoun Vous êtes incorrigible, Brigitte, mais sans vous nous zéro, sachez-le.
31 Mar

Me suis reposé sur un tabouret précoce •
30 Mar

A peine si je puis me follow moi-même. Friday ou tout autre jour…
30 Mar

IRL prend toute la place • A cause de la fleur…
30 Mar

Assure le service minimum du tweet ; une réduction ; un carré négatif.
30 Mar

Jour dérangé • pas facile rameuter la paix.
29 Mar

Grands fantômes en littérature : Hamlet, Pedro Pàramo, Beloved, Spoon River, Général Instin et ma petite Anna :
23 Mar

@oeuvres_o @regisjauffret C’est un peu comme de jouer de la guitare électrique en cachette. Au sein même de l’institution…
23 Mar

Triple satisfaction : K. lit, K. lit un livre, K. lit un livre de @regisjauffret ; et il aime ça.
23 Mar

Lire @regisjauffret en atelier d’écriture devant des mineurs est-il répréhensible ?
23 Mar

Pays du soleil couché.
20 Mar

dépasse les bornes, et chute de la carte.
20 Mar

vote aux cantonales contre l’Ancien Régime.
20 Mar

@joachimsene une tweet larme ?

20 Mar

part en voyage en Gorecki ; en revient acéré et braiseux.
20 Mar

dénonce la ponctuation dans les tweets.
20 Mar

dépose une demande de subvention pour qu’on le laisse tranquille.
20 Mar

mâche les cardamines, les oseilles, les crépides, ramassées sous les pas.
20 Mar

croise un renard abattu sur le chemin ; se coule dans sa peau.
20 Mar

@fbon reMar
que 200000 visiteurs c’est 199800 de trop selon chiffres #Michaux.
20 Mar

RT @fbon Les écrivains : on les rassemble une fois par an après le salon de l’agriculture | mais 3,5x moins de visiteurs
20 Mar

@angkhistrophon @brigetoun vous me faites du bien ! l’impression de passer inaperçu (non que je veuille luire dans la nuit, mais bon)
18 Mar

hardcore contemporain : voilà ; aussi bien, ça fera vendre. Et le roi se frotte les mains. « Des auteurs plus vivants que vivants. »
18 Mar

« non moi je suis contemporain, mais pas extrême, quand même ; je suis contemporain d’hier, pas d’aujourd’hui » ??
18 Mar

Puisque mon éditeur refuse de me lire, je n’écrirai plus.
18 Mar

n’aime pas le mot d’ « extrême contemporain » ; encore truc pour se voiler la face ; comme si contemporain pouvait être ailleurs qu’au présent
18 Mar

Et via bouffons puissants : le bouffon #Sollers, par exemple, qui porte son miroir, éloigne toute lumière plus vive que le terne du roi .
18 Mar

Pas assez de poches dans l’imper du roi des éditeurs pour planquer les bouquins qu’il exhibe aux petites filles à la sortie des coteries.
18 Mar

@regisjauffret @fbon Les syndicats ont cassé la révolte. Nous mettrons le feu et brûlerons avec le papier de leurs livres.
17 Mar

@fbon @ActuaLitte @lemotif on a l’impression qu’il sont froissés… l’avantage du numérique sur le papier.
15 Mar

ô révoltes, ô courages (ô secours) | RT @laquadrature LOPPSI: Le Conseil Constitutionnel valide la censure du Net
10 Mar

dans sa folie, il essayait de fabriquer du texte avec les syntagmes proposés par les réducteurs d’url…
9 Mar

constate que tout l’appareil fragmentaire s’est déplacé du cahier au site, puis du site au réseau social. #paradigme
27 Fév

termine son paquet de feuilles à rouler en même temps que celui de tabac. Pourquoi mais ça rassérène ?
27 Fév

Jean, la radio incarnée RT @Telerama: Jean Lebrun remplace Patrice Gélinet sur France Inter avec « La Mar
che de l’histoire », le 28 Fév
rier.
17 Fév

Le monde des écrans et de l’internet n’est pas moins réel que le réel. Faut-il se le rappeler, se l’écrire.
17 Fév

A nous la ramification, la dissémination, l’éparpillement.
17 Fév

Finis télévision (mais on vous offre la TNT est vous vous fouinez dans wikileaks), ministres, syndicats, journalistes, tous citrons bavards.
17 Fév

Chancelle le capo. Wikileaks, réseaux sociaux, actions éparses, semblant isolées, transferts d’information, hydre anonyme, synonyme, lassée.
17 Fév

Le livre était bon allié du décideur : car il avait un nom propre et un titre ; de plus il était objet manufacturé. Maintenant il chancelle.
17 Fév

Le décideur, le chef, le capo n’aime pas internet, car internet n’aime pas les grosses têtes.
17 Fév

Nous entrons dans le monde de l’horizon. L’horizhome.
17 Fév

Nous avons scié, à force de fatigue, d’humiliation, nous avons scié l’arbre.
17 Fév

@madmanclaro après moi y’en a pas être traducteur, prends mes aises en texte ; par contre si tu vx publier dans Lot49 ok 😉 (nan j’rigole)
16 Fév

#LOPPSI (Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, quand même) la culture du lien mort.
15 Fév

@fbon Echappée belle : à tout prix évitée, traversée buffalogrill > pentes crx-rousse bouchon exquis. #quenelle #meurette #villepourduvrai
13 Fév

va se promener en liesse.
11 Fév

#FF Si vis pacem para tapenade et pastaga.
11 Fév

le @general_instin me corrige (@madmanclaro) : Hosni soit qui Benali pense.
11 Fév

@madmanclaro eh oui, depuis c’est plutôt faceberne.
11 Fév

@madmanclaro Hosni soit qui mal y pense.
11 Fév

@fbon @pifarely @remuenet vais refourguer livebox et vous inviter tous les soirs.
11 Fév

tu mets trois mecs ensemble, et ça te fait internet : texte, image, son : @fbon @pifarely #jonckheere, @remuenet
11 Fév

@liminaire @petiteracine @joachimsene Rigolo, parlé loi #SRU ce matin pour #PLU, et #dentcreuse, se réapproprier les centres-ville.
9 Fév

Plus d’esclaves aujourd’hui qu’avant la Guerre de Sécession. Elle est pas belle ma démocratie capitaliste ?
9 Fév

ædificavit: L∞, 1 • ædificavit: L∞, 2 • ædificavit: L∞, 3 | Tourner autour du #∞, autour de quoi d’autre peut-on tourner ? A suivre
5 Fév

Parce que le texte livré à lui-même libéré de la gangue du livre, #fantomatique, s’approche de sa forme la plus organique. S’adonne au flux.
1 Fév

(2/2) parce que peuple, langue et culture arabes méritent mieux que des pantins engrossés par les fonds occidentaux : nos respect & cœur.
1 Fév

a rêvé d’une grande révolte pan#arabe, embrassant le #Maghreb et le #Mashrek, du Mar
oc à Oman, et d’Oman au Mar
oc, (1/2)
1 Fév

Tiens c’est la Ste Perpétue, et la St Paul Trois Châteaux ! Mais surtout, à Aoste, par exemple, c’est la Saint #Ours…
1 Fév

(Ou alors on leur vend des tablettes uniques ? A usage unique… Une par livre ? Tablette jetable, comme leurs bouquins quoi) #thinktankfnac
1 Fév

Quoi les tablettes font lire ? Mais nous on veut pas que les gens lisent, on veut qu’ils achètent des livres, ce n’est pas du tout pareil !
1 Fév

@hubertguillaud & si littérature qui parle du net était sur net • que délire auquel on assiste irl soit en vérité loin, très loin, d’elle ?
1 Fév

2/2 Mort noble, celle de la pourriture, du feu, de l’eau… à la hauteur de la mission du livre. Pas fichier corrompu ou matériel obsolète.
1 Fév

1/2 La résistance au numérique, c’est désir de posséder des trucs qui s’entassent et jaunissent.
1 Fév

Refonte des sites : work in ogresse | nouveau domaine |
1 Fév

@theoneshotmi mais c’est que pendant deux jours on était en hiver. la neige, la neige sur les montagnes et au col d’aleyrac glissade.
31 Jan

Internet : extension, module, usb, plug-in, du langage…
31 Jan

« Plus personne ne lit Sollers » (H. Stendhal)
31 Jan

Il s’attelait à présent à construire un texte entier via réducteurs d’URL comme bit.ly ou t.co, furetant mot dans la chaine créée au hasard.
30 Jan

Celui-ci avait réussi, à force de répétition, de patience et d’abnégation, à ne créer un texte qu’avec les mots des #captcha.
30 Jan

pourquoi ai rêvé de @madmanclaro m’adressant mail disant : « en-dessous glouti [sic] » et puis texte sous forme de widgets. malade.
29 Jan

RT @barrabe: Tout ██va█████ ████bien ███ █ ████ #Hadopi. ████ █████ est ███ ton ███am████ie██ #Loppsi ████ aussi ████ #France #censure
29 Jan

Ils ne voyaient pas que le texte se propageait, comme un virus, et continuaient à publier des livres qui ne pouvaient tous le contenir.
27 Jan

Benoît Vincent
3/3 en tête. Projets&aléas&tentatives&impasses formeraient non pas une sous-œuvre œuvre au rabais, mais son essence même | « bio-graffitis ».
27 Jan

2/3 œuvre dans les réseaux sociaux de son auteur. Cet espèce de paratexte, d’antitexte, offrirait des clefs insoupçonnées. Twitter et FB
27 Jan

1/3 Nouveau domaine de la recherche littéraire | Quelques chercheurs de l’université du Colorado analysent avec finesse la naissance d’une
Tu dépiautes mes mégots | en fais des cigarillos.
27 Jan

Quelle espérance de vie pour un tweet ou un statut facebook ? Quelle valeur pour la littérature à péremption ?
25 Jan

Il existe des formes littéraires qui ne s’apparient à aucun livre.
25 Jan

Commode ! Impavides et dociles comme un seul homme.
25 Jan

aimerait peut-être les gens, s’ils vivaient. Un écran parfois frétille plus que des gradins hurlants. (Les gradins peuvent être canapés).
25 Jan

Aimerait gueuler das les oreilles des gens Lâchez vos télés de merde, quitte à pas prendre de livre, et venez ici lire ces textes de braise.
25 Jan

Qui a dit qu’Henri Guano écrit de la merde ?
25 Jan

24 Jan

La fille de dos.
24 Jan

À nouveau le bruit de la mer. Et d’encre.
24 Jan

@angkhistrophon c’est le monde qu’est noir, les idées sont ternes, mais juste derrière oui on y va, y a juste à traverser la réalité
24 Jan

La mémoire est un arbre irrationnel.
24 Jan

@fbon « Tous les mots sont adultes » s’est planqué derrière la bibliothèque (avec Perec et Surya). Voulait pas bosser aujourd’hui.
18 Jan

2/2 que la machine à détecter les fautes | la machine à écrire juste | considère qu’il s’agissait d’une langue inconnue, et abandonne.
18 Jan

1/2 Le jeu constituait à écrire un texte dans une langue si singulière — et pourtant du français, et pourtant compréhensible | la poésie |
18 Jan

2/2 Où trouvaient-ils leur source ? Sauf à penser qu’ils étaient déjà là. Le temps n’est rien | mais la décantation.
17 Jan

1/2 Mais à force, ce qui parvenait toujours à sortir, de toi, de ce corps, de celui des autres, tous ces mots. D’où tiraient-ils leur sève ?
17 Jan

@cjeanney oui… et pourtant (et aussi) on voudra tjs lire soi-même, pas qu’on lise à notre place, parce que lire est écrire #lir&crire
17 Jan

Possible avenir au gaspillage et à inutile de l’illusion technique : blu-ray/TNT/3D | Nous ça parle fracture, frontière, pas pareil #SCAM
17 Jan

L’assiette est pas la même. On bouffe à tous les râteliers. #scam
17 Jan

Gallimarre résiste, mouhahaha. #scam
17 Jan

Gallimarre exploite #Blanchot sans vergogne, qui a dit le livre à venir, la fin du livre et refusait le posthume. Posthune. #scam mortuaire
17 Jan

Exploitation est le mot. #scam
17 Jan

Gallimarre #scam
17 Jan

ouvre BorakHTML X, et se remet à un site pour du vrai, pour GE9, projet en finition.
17 Jan

Littérature antiphylactique.
15 Jan

La littérature se répand comme un virus ; elle passe de main en bouche, de bouche en main, ce n’est pas un écran qui va l’arrêter. Anzi.
15 Jan

Parait que pans entiers littérature ne sont en réalité que des collages hasardeux de tessons de textes-jadis ; tesses, tesstes, jamais lu…
15 Jan

2/2 depuis l’invention du net sans qu’on sache jamais qui avait relayé, ni pourquoi…
15 Jan

1/2 On découvrit qu’un tweet était en réalité un fragment d’un écrit apocryphe de Plutarque, traduit par Amyot, et tournant sur les serveurs
15 Jan

De sorte que son œuvre, petites briques infimes, peu à peu devenait l’internet, devenait l’écran, devenait ta vie. Grignotait tout l’espace.
14 Jan

Avait poussé le vice à prendre d’autres avatars et commenter ses propres statuts, retwitté ses propres twits…
14 Jan

Avait disséminé ses livres en phrases minuscules sur les réseaux sociaux. Comme si l’écran avait percuté son corps, éparpillé les morceaux.
14 Jan

J’entends les enfants rire, et une grosse voix. « Au pied, main’nant ! ». Je n’ai vu le chien qu’après.
14 Jan

Il s’ingénie à écrire ses meilleurs textes dans les notes de bas de page, comme tu noircis les Mar
ges du livre, en vain, sans lecteur.
14 Jan

Et la somme des tags construisait une autre livre, une autre œuvre, l’envers de l’œuvre, le désœuvre.
14 Jan

@fbon big up html !
12 Jan

#livredeschansons n°15 | Afro Sound | Jungle fever :
11 Jan

3/3 cielo blu, città d’arte, donne assai belle, lingua, musica e letteratura… e si vorrebbe che gli Italiani facessero la rivoluzione ?
7 Jan

2/3 vitel tonè, lasagne al pesto, mozzarella, spaghetti ai bianchetti, osso buco, scaloppine milanese, i prodotti, gli artigiani, i negozi
7 Jan

1/3 Bollito, focaccia, cappuccio, Chianti o Nero d’Avola, stoccafisso, polpettone, cotechino, prosciutti vari, stracchino, certosa, arrosti

De l’espace au texte

février 11th, 2011 § 0 comments § permalink

Redevable bien entendu à François Bon.

Aé 1 | Décrire > désécrire > écrire

Définition | Qu’est-ce qu’un texte ?
Support Roland Barthes, Le plaisir du texte [lecture + débat]
Après prise de contact, la présentation de chacun, le parcours, le goût et la pratique pour la lecture et l’écriture, on essaie de définir ce qu’est un texte, notamment par rapport à un livre.

Exercice | Photographies
Support Jeu de photographies [dossier], disponible ici :
Chacun tire au sort une photographie dans un jeu (PJ) et l’exercice se présente en deux temps ; 1. décrire simplement à l’oral ce que l’on voit, imaginer où nous nous trouvons, ce que la photo représente, etc. ; 2. essayer d’écrire ce qu’il s’est passé avant et ce qu’il se passera après ce moment saisi, cet arrêt sur image.

anbsp;

Aé 2 | “Cadrer c’est inclure, c’est exclure en même temps” (Ronis)

Exercice | Les fenêtres
Support Raymond Bozier, Fenêtres sur le monde [lecture]
On cadre toujours l’expression. On va essayer d’écrire, de raconter, de décrire, le paysage qu’on peut trouver derrière cinq fenêtres bien précises, des fenêtres connues : la plus ancienne (le plus ancien souvenir de fenêtre) ; la préférée (celle du lieu où l’on se sent le mieux) ; celle de son lieu de travail ; une fenêtre en mouvement (voiture, train, hublot, visière) ; une fenêtre-écran : téléphone, télévision, ordinateur, etc.

 

Aé 3 | L’espace du texte

Exercice | La carte
Support Cartes géographiques historiques • Un plan de la ville où on est (un chacun) • Georges Perec, Espèces d’espaces • Philippe Vasset, Un livre blanc [lecture + dossier]
On distribue une carte ou un plan à chacun ; plan de villes, cartes IGN, petit plan touristique, tout est bon ; France, étranger, campagne, ville, idem. Chacun va suivre avec le doigt et noter tous les noms sous forme de liste rencontrés entre un point A et un point B choisis au hasard sur la carte.

Exercice | Itinéris
Support Paul Auster, Trilogie new-yorkaise [lecture + dossier + débat]
Sur une feuille pliée en quatre, on demande d’écrire un texte qui occupe le quart de la page ainsi obtenu. On va décrire un déplacement dans la ville, imaginaire ou réel, mais dans une ville ou un lieu qu’ils connaissent. Avec un point A de départ, un point B d’arrivée, toujours, et deux stations, 1 et 2 [A > 1 >  2 > B]. La consigne est de décrire non le déplacement mais le lieu, les quatre lieux.

Exercice | Ecrire la ville
Support Plans de villes • Italo Calvino, Les villes invisibles [l’auteur, le livre, lecture]
Sur le modèle/catalogue de Calvino, écrire une ville avec une particularité géographique, ou physique, ou de ses habitants ; rendre compte à un notable, un élu, un roi, de ces villes imaginées-visitées. Le vraisemblable.

Une ville comme un livre comme une ville

septembre 19th, 2007 § 0 comments § permalink

Faire un livre comme une ville, avec ses quartiers, ses monuments imposants, ses ghettos, ses pauvres rues étroites, ses bruits, ses odeurs, ses femmes, son histoire empilée ou évacuée comme gravats, ses déchets, ses impasses, ses lieux, ses lieux intimes, ses lieux publics, ses lieux aveugles, ses non-lieux, ses souterrains.

En profiter pour dire aux autres qu’il existe de ces livres, comme Un livre blanc, de Philippe Vasset, qui vient de sortir, où les cartes sont percées de zones blanches que le texte ne cherche même pas à épuiser ; penser à Georges Perec, Marc Augé, et penser bien sûr à toutes ces cartes étudiées jadis dans mon mémoire Maison maudite ! : celles de Calvino, Butor, Michaux, Artaud, Deleuze, Foucault, etc. Leur rendre cet hommage là. Insérer même un morceau de ce texte (le temps de le retrouver, pardonnez-moi, revenez-y). Par exemple avec ces géographies photographiées sur les lisses façades ou les pavements torturés.

Désigner des béances dans l’espace (repenser à ce texte écrit pour Jean-Luc Nancy, y faire référence, le remettre à jour : Trous), mais se refuser à commenter, à décider ce qu’il en est, et comment on s’en départit, ou on s’en accommode.

C’est ici, dans ce non-lieu (rejouer l’hétérotopie) qu’est internet, déserté par les écrivains (sauf exceptions rares), où est possible justement la pensée du rhizome (fameuse citation, partout répétée :

Il n’y a pas de différence entre ce dont un livre parle et la manière dont il est fait. Un livre n’a donc pas davantage d’objet. En tant qu’agencement, il est seulement lui-même en connexion avec d’autres agencements, par rapport à d’autres corps sans organes. On ne demandera jamais ce que veut dire un livre, signifié ou signifiant, on ne cherchera rien à comprendre dans un livre, on se demandera avec quoi il fonctionne, en connexion de quoi il fait ou non passer des intensités, dans quelles multiplicités il introduit et métamorphose la sienne, avec quels corps sans organes il fait lui-même converger le sien. Un livre n’existe que par le dehors et au-dehors. Ainsi, un livre étant lui-même une petite machine, dans quel rapport à son tour mesurable cette machine littéraire est-elle avec une machine de guerre, une machine d’amour, une machine révolutionnaire, etc… (10-11)

Le livre a cessé d’être un microcosme, à la manière classique, ou à la manière européenne. Le livre n’est pas une image du monde, encore moins un signifiant. Ce n’est pas une belle totalité organique, ce n’est pas non plus une unité de sens. Quand on demande à Michel Foucault ce qu’un livre est pour lui, il répond : c’est une boîte à outils. Proust, qui passe pourtant pour hautement signifiant, disait que son livre était comme des lunettes : voyez si elles vous conviennent, si vous percevez grâce à elles ce que vous n’auriez pas pu saisir autrement ; sinon, laissez mon livre, cherchez en d’autres qui vous iraient mieux. Trouvez des morceaux de livres, ceux qui vous servent ou qui vous vont. Nous ne lisons plus, mais aussi nous n’écrivons plus à l’ancienne manière. Il n’y a pas de mort du livre, mais une autre manière de lire. Dans un livre il n’y a rien à comprendre, mais beaucoup à se servir. Rien à interpréter ni à signifier, mais beaucoup à expérimenter. Le livre doit faire machine avec quelque chose, il doit être un petit outil sur un dehors. Pas représentation du monde, ni monde comme structure signifiante. Le livre n’est pas arbre-racine, il est pièce d’un rhizome, plateau d’un rhizome pour le lecteur auquel il convient. Les combinaisons, les permutations, les utilisations ne sont jamais intérieures au livre, mais dépendent des connexions avec tel ou tel dehors. (71-73)

Voilà bien un programme : outre les impasses du Livre blanc (propre au sujet même du livre, et aussi mis en ligne sur Un site blanc, réalisé avec le collectif l’Atelier de Géographie), qui sont jouissives, et sous ou à côté des diverses « utopies » (comme celles, magnifiques, exposées sur le site Atopia – ces deux sites : alliés nécessaires pour le cheminement), il est aussi question d’un genre de « déprogrammation » (de la littérature) à la Pascal Quignard :

[…] le sentiment que l’art en général et la littérature en particulier feraient bien mieux d’inventer des pratiques et d’être explicitement programmatiques plutôt que de produire des objets finis et de courir après les tout derniers spectateurs pour qu’ils viennent les admirer (Vasset, 54).

Cyber/Liber 1

février 18th, 2007 § 0 comments § permalink

Mise à jour 2012. Comme on s’en rend compte, nous sommes ici sur la partie “blogue” d’un site plus vaste ; on pourra donc en conclure caduc le propos qui suit. Ou pas : certaines choses restent pertinentes, d’autres bien sûr ont profondément et rapidement évolué. Et moi-même, et mon attention avec. On pourra dire aussi que, pour quelqu’un qui récuse la petite boutique familiale, c’est un double échec ou au moins un double revirement. Sauf à considérer le blogue comme un journal à voix haute, ou même un rassemblement de textes ; ce n’est pas précisément ce qu’on appelle un skyblog ici. Ou ailleurs : c’est-à-dire partout à présent que le blogue est la forme surdominante de l’écriture sur internet, avec Facebook et Twitter, notamment. (Après une seconde partie, à nouveau ces questions dans Du matériel comme programme).


Lorsque se pose la question d’internet et du web comme média ou comme support (par exemple littéraire), inlassablement pour moi revient la question de l’espace, espace où l’entendent ou l’ont entendu Barthes (texte-tissu), Deleuze et Guattari (rhizome), Butor (itérologie), Perec (espace), etc. Auxquels on pourrait ajouter une fois encore l’espace littéraire (Blanchot) et l’espace du dedans (Michaux).

Mais ayant rappelé cela, on n’aura rien dit de bien nouveau. Ce sont des classiques et ce sont des vieilleries, face à internet.

Etrange position que de se référer à des textes qui désignent sans le savoir internet, qui se passe au demeurant fort bien d’eux.

Mais le sujet est complexe, est quotidiennement actualisé.

Je prends le cas d’ AMBO(i)LATI. A-t-il fallu attendre huit années dans le noir quasi-total pour considérer toutes les possibilités qu’offrait le réseau ? A-t-il fallu attendre le CSS, le Php et les flux RSS pour en jouir ? Faut-il encore revenir sur le blogue ?

Je pose plusieurs remarques, sans ordre réellement, sans non plus de degré de pertinence.

1. le lien, l’hyperlien Des pages sont liées, au-delà de la continuité d’un livre. C’est un apport suffisant, un potentiel fantastique. Qu’en fait-on ? Des pages de liens, parfois un peu mieux. Je me rappelle, il y a longtemps, un texte sur le cybertexte de Jean-Pierre Balpe. J’en nourrissais beaucoup d’espoir (si j’ose dire). Bien ; presque dix années sont passées et jusqu’au vertige un peu fourbe du « web 2.0 », et les expériences concrètes d’art numérique sont toujours peu nombreuses et confidentielles, et de plus, de surcroît, noyées sous les milliers de « blogues qui ont envahi la toile. Pourtant, l’occasion ne manque pas de créer une espèce de texte, réellement palimpseste, avec strates, souterrains, oubliettes et impasses, c’était le projet de mon tout premier texte numérique, avant même le web, un ensemble de textes reliés entre eux par des hyperliens bleus (Word permettait déjà cela). On n’a pas trouvé peut-être la forme adéquate (tout se réduisant à un écran, et chacun se dépêtrant avec les multiples systèmes d’exploitation). Ni le fond : quel genre de texte serait le mieux adapté à cela (sinon ce genre de chantiers, de tumulte) ? Pourtant aujourd’hui les fournisseurs divers s’échinent à uniformiser au moins les supports techniques (cf. xhtml, xml et cie), avec le risque, pour celui qui ne serait qu’en surface, d’une banalisation des sites. Mais peut-on demandait à un écrivain d’être aussi imprimeur ? A un luthier d’être musicien ? La question de pose. Vraiment. Quoi qu’il en soit, ce qu’on remarque, c’est un désintérêt profond de la part des écrivains, des artistes, parfois, hélas, des intellectuels et universitaires, souvent, aussi, pour le net, à moins qu’il ne soit qu’une courroie de transmission entre la vrai vie et les publics, potentiellement clients. A l’origine du web, le commerce. Les sites, jusqu’aux blogues, forums et chats, étaient fondamentalement commerciaux. Ils le sont encore, me direz-vous, mais là où plusieurs artistes prennent la toile, ce n’est souvent pas comme un nouveau support ou creuset ou chantier ou tumulte, mais plutôt comme un benoît média, un de plus, une autre manière de faire vitrine.

2. le CSS Les moyens ne manquent pourtant pas, donc. Et devant l’explosion des sites durant les années 90, plusieurs « personnes » se sont regroupées pour créer un organe de maintenance et de « recommandation » sur les protocoles et langages du net, le W3C. On croit rêver. Du moins je croyais rêver. Une espèce de Grevisse technique à destination des webmestres, lesquels commettaient, paraît-il un grand nombre d’erreurs difficilement interprétables par les machines. Cela gênait singulièrement la circulation des informations. Il y a là un nœud du problème. En effet, le laisser-faire inhérente au net, la relative simplicité des langages informatiques de type html, permettait à quiconque, sans grande difficulté, de se créer un petit jeu de pages, sans grand dynamisme, certes, mais qui pouvait opérer. Quant à la forme on se rabattait sur la possibilité d’insérer du son, de l’image (on a tous eu recours à Photoshop), voire de l’image en mouvement (et on a tous lorgné vers Flash, sans vraiment arriver à s’en servir). Je me rappelle une époque toute proche où Flash était relativement plus à la mode qu’aujourd’hui. Il faut dire qu’on n’avait pas de haut débit, ce qui grevait terriblement l’usage des vidéos et des sons, mais aussi les architectures trop complexes, comme les recours aux bases de données (genre cgi, asp et même Php). All music était d’une lourdeur incroyable.
Or la naissance de nombreux sites personnels étaient soit hébergés par des fournisseurs gratuits, genre Free, et il fallait connaître un chouïa de html (ou bien recourir au logiciels qui faisaient du html à partir de texte, comme FrontPage de Microsoft, pour ne citer que le plus courant, et pas le meilleur), soit, c’est le cas ici, on pouvait créer des sites au squelette prédéterminé, genre Dromadaire. Cette deuxième solution, plus accessible, démontra vite ses faiblesses : tous les sites se ressemblaient et nous n’avions aucune créativité architecturale. On se mit donc, pour la plupart, au html. On a fait des architectures à base de tableaux, ce qui fut rapidement proscrit par le WC3 (comme je l’appelais), qui préconisa de bien distinguer d’une part le contenu du site (ce qu’on met dans l’html) de sa forme (qui devint le CSS – entre autres). C’est l’épine du problème : en effet, si un écrivain n’est pas typographe ou imprimeur, c’est que ce n’est pas son métier. Il doit en revanche, s’il souhaite se faire entendre, user correctement de la langue qu’il pratique. Il peut certes jouer le matérialisme ou l’abstraction, genre Michaux ou Artaud, mais il ne peut pas éviter l’aspect technique de la langue : canal, air, etc. Ainsi sur la toile : vous pouvez ne pas croire au WC3, si vous écrivez n’importe quoi, votre site ne sera pas vu, lu, n’apparaîtra même pas à l’écran. Alors où se situe la technique, la création ; à l’orée de quel monde ? Le long de quelle frontière ?
Nous nous sommes donc soumis au WC3, pour de simples raisons techniques, mais la question là posée alors est fondamentale. Je cite François Bon .

Mais qui pourrait prétendre, pour Internet comme pour le livre graphique, que la présentation et la mise en page sont indépendants du contenu ?

Je ne saurais répondre complètement.


3. Les blogues Le CSS était déjà une préfiguration du web 2.0, terme qui ne signifie à peu près rien. De nouveaux moyens techniques libérèrent les nouveaux arrivants du net, propulsés par l’adsl post-bulle internet. Et ce fut le moment des blogues, moment qui dure encore et ne semble pouvoir se tarir. Il y a deux ans, mon propriétaire me demande, après que je lui dis avoir un site sur internet : c’est votre blogue ? Bien sûr que non, ce ne peut pas être un blogue ; pour deux raisons : 1. je ne sais pas ce qu’est un blogue ; 2. je n’aime pas les blogues. Je ne reviendrai pas sur le 2., puisque j’en parle assez ailleurs. Pour le point numéro 1, je dirais ceci. Quand je déclare ne pas savoir ce qu’est un blogue, c’est que je trouve singulier de différencier, subitement, dans l’esprit des gens, les blogues des autres sites. Or, si l’on observe les blogues, on se rend compte qu’ils ont tous quelque chose en commun (ou quasi) : leurs auteurs ne s’occupent pratiquement pas de la mise en forme, je veux dire, des codes sources de leurs pages. L’architecture leur est fournie par un « hébergeur », et ils doivent s’en contenter. Si bien que, malgré tout, tous les blogues se ressemblent, ce qui est fort dommageable : 1°. Cela les retire de la création internet, et cela réduit à nouveau la toile à un média, et 2°. Cela s’exclue littéralement de la scène littéraire, puisque cela n’a pour objectif qu’une écriture quotidienne, disons, dans l’actualité (je provoque aussi : il y a bien sûr de bons blogues).

Mais mon propos est ambigu, et je le sens bien. Les blogues correspondent à cette soi-disant liberté acquise dans la technologie, comme les bagnoles, les téléphones cellulaires, les baladeurs mp3. Qu’en est-il ? Des milliers de pages, d’une grande affligeance, pour ne pas dire affliction, dont l’objet est simplement le souci de soi. Il n’y a pas de lien avec d’autres sites (sinon d’autres blogues). Et surtout, on a recours à une architecture monomaniaque : un bandeau, un pied de page, entre les deux, trois colonnes : calendrier, nouveautés, etc. J’y reviendrai plus tard, mais ceci démontre que la plupart des sites, dont les blogues, n’ont que faire du « cambouis » informatique ; que d’autre part, avec l’adsl, la facilité et la quasi-gratuité d’internet, on se précipite, sans contrainte, vers des schémas imposés par ailleurs (et on s’en contente) ; ces schémas de plus miment le journal, c’est-à-dire le format journalistique, avec rubriques, articles, brèves, comme si l’auteur d’un blogue était surtout un explorateur du réel et du moment, un décrypteur, et le texte un simple ramassis de nouveautés ou d’actualités (en ces deux aspects horriblement lointains de ce que j’envisage comme littérature) ; on revient dix ans en arrière. Le temps viendra peut-être du blogue dynamique, et ce sera peut-être le « web 3.0″… En attendant, les grandes ressources du « 2 » sont sous-utilisées et chacun patiente, son blogue à la main, sans chercher à détourner le formidable outil.

4. le RSS Autre invention du Web 2.0, le RSS, la syndication. Si on croit ainsi faire de la politique, on se trompe, puisqu’au moment où les syndicats, nous dit-on, volent en éclats, la syndication sur internet marche du tonnerre. Mais c’est un peu la rançon du succès : il y a tellement de blogues, notamment, et les blogues envahissent tous les sites internet, du moins leur déprimante structure : quotidienneté, opposition rubrique/article, conteneurs identiques, et puis nous nous soumettons bêtement au potentat de l’actualité, qu’il faut bien encourager les visiteurs à revenir, c’est-à-dire, à leur faire croire qu’il y a du nouveau sur le site : il est actualisé. Le fil xml (RSS) permet donc d’afficher sur votre site ou sur un site généraliste, toutes les nouveautés des sites que vous avez choisi de « syndiquer ». En ce cas, on accède directement sur la page nouvelle, ou actualisée, et on ne se préoccupe plus ni des bas-fonds du site, ni de ses archives. Il n’y a qu’un présent perpétuel, lequel, soit dit en passant, se moque lui aussi de l’esthétique, des ressorts internet habituels, les liens hasardeux du flâneur ou les chemins obligatoires choisi par le créateur du site.

5. le Php Dernier point de cette première partie fort technique, l’usage du Php. Le Php est un langage informatique plus complexe que le html. Il nécessite de plus grandes connaissances et aussi un accès total, si possible, à la gestion du site, notamment par la création et la gestion de bases de données (habituellement MySql). Pour aller vite et joindre ce qui nous importe ici en priorité, disons que Php permet de dynamiser un site web ; il est particulièrement efficace pour la gestion des « Blogues », justement, des « Forums de discussions », des « Wiki » et des « CMS ». Les wikis étant des sites ou parties de site qui permettent aux utilisateurs ou visiteurs de modifier depuis leur poste les pages et de les publier directement. Ce système est une véritable révolution, il est malheureusement restreint à des applications spécifiques (comme Wikipédia), et rarement utilisé comme ressource artistique. Les CMS sont les Systèmes de Gestion de Contenu, c’est-à-dire précisément, les structures complètes de sites alimentés par l’auteur sans mettre les mains dans le cambouis, sous formes de rubriques/articles/brèves, etc. Si l’auteur peut inclure son propre html, il laisse en revanche tout le côté technique au logiciel, ou presque tout ; l’auteur moins versé dans l’informatique sera moins libre, quant au spécialiste il pourra adapter son architecture à son propos. Un exemple de CMS est Spip, logiciel libre qui est très utilisé dans le milieu associatif, qui gère essentiellement des sites non-littéraires et, justement, à actualisation récurrente ; Spip peut aussi être utilisé pour un blogue ; plus rarement, il peut l’être par un écrivain, comme c’est le cas pour le Tiers Livre de François Bon, qui en a fait une architecture personnelle et non calquée sur les sites habituels conçus avec Spip.
Je terminerais simplement par une question, que chaque jour je me pose : à quoi me sert le Php sur AMBO(i)LATI, et comment peut m’aider Spip ? Je suis profondément désolé, et cela doit être lié à ma grande méconnaissance du Php, et des scripts en général, mais je ne vois pas en quoi mon site serait plus dynamique avec que sans. Trois raisons à cela : 1. Il est très peu actualisable ; 2. Il n’est pas un blogue ; 3. Il ne permet pas l’écriture par les visiteurs ; 4. Il est tout petit. Lorsque j’installe Spip (je l’ai déjà fait deux fois, deux fois je l’ai effacé), je me retrouve avec une structure imposée qui me déplaît, non seulement physiquement mais aussi logiquement (les rubriques, articles, etc.) ; je dois orienter tout mon contenu par rapport à Spip (sinon quel intérêt d’avoir ces articles ?) ; surtout, je ne peux pas être libre comme je le suis lorsque, patiemment, je crée mes boucles Php pour une nouvelle version du site, dont le seul intérêt pour moi est la dissociation de la structure avec le texte. Donc je le reconnais, je touche au Php, mais je souhaite en saisir les ressorts et les possibilités, en parfaite adéquation avec le CSS (qui est quand même fichtrement efficace), et, solitaire, je ne me résous toujours pas à avoir un blogue, à être actualisable, à suivre toute « actualité » (ce qui n’exclue pas l’usage de la modernité).

Par contre, je n’ai pas terminé sur le chantier, mais réaliser un jeu de liens entre thèmes (rubriques ?) de ces textes écrit pendant une année, plutôt sous forme de carnet que de journal intime ou non, ou entre chacun de ces textes (articles ?), avec rétroliens, tags et compagnie, pourquoi pas ? La seule chose à faire : se mettre dans les protocoles et les langages, les décortiquer, ne pas nous laisser imposer un Web 3.0 poussif et monolithique, – quoique rapide et clinquant. Vive l’internet libre ! A ce propos, je n’ai pas évoqué le P2P (« Peer to peer » ou « Poste à poste », voire « Pair à pair »), ni le site Candidats de l’April, ni celui de l’EUCD. Mais vous aviez compris que c’est par manque de temps…

A SUIVRE…

Dans Cyber-Liber 2 :
6. De l’espace des sites ;
7. De la littérature ;
8. Du roman ;
9. De l’autofiction ;
10. De l’autobiographie ;