Spoon River 69

9 mars 2012




Spoon River, la Rivière Cuillère, ce sont des dialogues des habitants du village qui porte ce nom. Tous : morts. Pour le sommaire des chansons, c’est ici.


Dora Williams

Quand Reuben Pantier s’est enfui et me laissa tomber
je me rendis à Springfield. J’ai rencontré là un libertin
à qui le père, à peine décédé, avait laissé une fortune.
Il m’épousa, complètement saoul. Ma vie était un enfer.
Un an passa puis on le découvrit mort.
Ce qui me rendit riche. J’allais à Chicago.
Quelques temps plus tard, je rencontrai Tyler Rountree, un sale type.
J’allais à New York. Un magnat aux cheveux gris
devint fou de moi — nouvelle fortune.
Il mourut une nuit dans mes bras, vous savez.
(J’ai vu pendant des années son visage pourpre.)
Cela a presque causé un scandale. Je bougeais encore,
cette fois pour Paris. J’étais à présent une femme,
insidieuse, subtile, experte de la vie mondaine.
Mon appartement chéri, tout près des Champs Elysées,
devient un point obligé pour toutes sortes de gens,
musiciens, poètes, dandies, artistes, aristocrates,
et on y parlait français et allemand, italien, anglais.
J’épousai le Comte Navigato, natif de GEnova.
Nous nous installâmes à Rome. Je pense qu’il m’a empoisonnée.
A présent dans le Campo Santo en observant
la mer où le jeune Colomb rêva de nouveaux mondes,
voyez ce qu’ils ont gravé : « Contessa Navigato
implora eterna quiete
 »

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