Spoon River 223

11 août 2012




Spoon River, la Rivière Cuillère, ce sont des dialogues des habitants du village qui porte ce nom. Tous : morts. Pour le sommaire des chansons, c’est ici.


Willie Metcalf

J’étais Willie Metcaf.
Ils avaient l’habitude de m’appeler docteur Meyers
parce qu’ils disaient que je lui ressemblais beaucoup.
Et selon Jack McGuire, il était mon père.
J’habitais dans une étable,
je dormais sur le sol
flanc contre flanc, avec le bulldog de Roger Baughman,
ou même dans n’importe quelle étable.
Je pouvais me faufiler entre les pattes des chevaux les plus sauvages
sans être touché • on se connaissait bien.
Au printemps je divaguais dans la campagne
pour trouver la sensation, qui parfois m’échappait,
de n’être pas une chose séparée de la terre.
Je me perdais souvent, comme dans le sommeil,
étendu dans les bois les yeux entrouverts.
Parfois je parlais avec les bêtes — même les crapauds et les serpents
• tout ce qui avait un œil où regarder.
Un jour j’ai vu une pierre au soleil
qui essayait de se transformer en confiture.
En avril dans ce cimetière
les morts se rassemblaient autour de moi,
et se figeaient, comme une assemblée dans une prière silencieuse.
Je n’ai jamais compris si j’appartenais à la terre
avec des fleurs qui poussaient en moi, ou bien si je marchais —
maintenant je sais.

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