Spoon River 148

27 mai 2012




Spoon River, la Rivière Cuillère, ce sont des dialogues des habitants du village qui porte ce nom. Tous : morts. Pour le sommaire des chansons, c’est ici.


Searcy Foote

Moi je voulais aller à l’université
mais ma riche tente Persis n’a pas voulu m’aider.
C’est comme ça que je me suis occupé des jardins et des plates-bandes
et me suis acheté les livres de John Alden avec mes sous
et travaillé dur pour me sortir de là.
Je voulais épouser Delia Prickett,
mais comment aurai-je pu y arriver avec ce que je gagnais ?
Pendant ce temps il y avait tante Persis et ses soixante-dix ans passés,
assise à moitié morte sur un fauteuil roulant,
le visage à moitié paralysé, quand elle déglutissait
la soupe lui coulait de la bouche comme à une oie —
pourtant toujours cupide, elle investissait ses revenus
dans des hypothèques, toujours inquiète
des comptes, des loyers et des paperasses.
Un jour je sciais du bois pour elle
et durant les pauses je lisais Proudhon.
Je suis entré pour boire un verre d’eau,
et Proudhon était là, sur la table,
et il y avait une bouteille de chloroforme sur le livre,
elle s’en servait de temps à autres pour le mal de dents !
J’ai versé le chloroforme sur un mouchoir
et l’ai tenu contre son nez jusqu’à ce qu’elle meure. —
Ô Delia, Delia, toi et Proudhon
m’avez affermi la main, et le procureur déclara
qu’elle mourut d’un arrêt cardiaque.
J’ai épousé Delia et touchai l’argent —
une revanche sur toi Spoon River ?

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