GEnove. Villes épuisées

juillet 24th, 2017 § 0 comments § permalink

Benoît Vincent ¶ GEnove
 

Le texte

numérique : ISBN 978-2-9541654-0-0 – 9×9 textes + 9 péritextes – 0 €
papier : 979-10-95244-07-3 – 306 pages – 20€
couverture : Cheeri
✓ Texte publié en 2012 (version internet) et le 12 mai 2017 (papier)
♨ écriture et publication en ligne, 2008-2015 – reprise jusqu’à début 2017

Attention Le site internet qui a vu naître le texte est toujours en ligne [www.ge-nove.net] mais, dans le cours d’une radicale mise à jour suite à la publication papier, tous les liens sont désactivés.

 

Quatrième

Par le biais de neuf chapitres de neuf textes, l’auteur évoque la complexité de la ville de Gênes en Italie et la relation qu’il entretient avec elle. Essai autogéographique, ce texte fascinant décortique l’organisme urbain, son vernaculaire et ses épiphanies (cuisine, chansons, paysages, transports, économie, culture, histoire…)

 

Echos

Presse, radio, blogues…

Jacque Josse, sur le site de larevue remue.net (20 juillet 2017) : « Cet ensemble – que l’on peut arpenter en empruntant plusieurs itinéraires – n’a évidemment rien du guide touristique. C’est d’abord un ouvrage foisonnant, conçu par un curieux qui ne cesse de noter ses étonnements, de questionner ce qu’il découvre d’une ville trop riche pour qu’on puisse n’en faire qu’une lecture linéaire. C’est à une marelle étonnante, à une imparable parade oulipienne, à une savante déconstruction (pivotant autour du chiffre 9) que s’adonne Benoît Vincent, en inventant Gênes au pluriel, et en invitant le lecteur à en faire de même. »

Alain Nicolas, dans L’Humanité (19 juillet 2017) : « C’est aussi le rendez-vous des mots et du réel, auquel Benoît Vincent ne se dérobe pas en donnant une furieuse envie de ne jamais refermer ce livre et de partir, toutes affaires cessantes, pour Gênes. »

Hugues Robert, sur le blog de la librairie Charybde (9 juillet 2017) : « Tout ce qui peut s’avérer nécessaire à la reconstruction patiente, fiévreuse et poétique, de l’identité de cette ville coincée entre ciel et eau, qui fut la Superbe et qui demeure une extraordinaire bizarrerie, sera soigneusement mobilisé et projeté contre les 80 autres éléments, nous offrant des séries entières de chocs libérateurs. Et c’est ainsi que Benoît Vincent nous offre bien davantage qu’une ville, fût-elle unique : une démarche littéraire fondamentale, construite et étagée, pour appréhender une essence par nature volatile et fragile, sous les amoncellements de l’Histoire et du réel – comme nous l’annonçait sans ambages le beau sous-titre de « Villes épuisées ». »

Emmanuelle Caminade, sur le blog L’Or des Livres (21 juin 2017) : « Cette étrange façon de raconter la ville évoque bien sûr Marco Polo, ce voyageur étranger décrivant les propres villes de son empire au grand Khan dans Les villes invisibles, et surtout le grand oeuvre de ce marchand et explorateur vénitien dont s’est inspiré Italo Calvino : deux textes qui, entre autres, irriguent fortement GEnove »

« Se prêtant à de nombreuses relectures car permettant une redistribution des cartes pour changer la donne à l’infini, offrant ainsi au lecteur mille et un chemins pour affiner sa perception de cette ville symbolique à la fois visible, invisible et imprévisible, GEnove est un livre foisonnant et vertigineux totalement atypique. Une expérience de lecture(s) exigeante et exaltante que je conseille vivement. »

Sean J. Rose, dans la Livres-Hebdo #1127 (28 avril 2017) : « Car GEnove c’est aussi le récit de cette relation-là, s’enchevêtrant dans une cartographie singulière qui n’a d’autre boussole que le sens poétique. »

François Bon (aussi plus bas !), dans son Service de Presse #33 (25 avril 2017) sur la plateforme vidéo bien connue. C’est à 25’45 » :

 

Du temps du site internet

Les premières lectures, bien que tardives, ont été consacrées à la version numérique du texte, c’est-à-dire au site liminaire.

• Ainsi Noëlle Rollet ouvre admirablement le bal sur le site Glossolalie (juin 2014) :
« On s’attendait à de l’aléatoire qui le soit un peu moins, et il y a bien quelques pan­neaux, neu­vains points de repères, qui indiquent bien une direc­tion, mais l’on n’est plus si atta­ché à connaître la des­ti­na­tion, fina­le­ment, on n’a pas hâte d’arriver à connaître la fin. On déam­bule, et on prend l’habitude, ici aussi, de voir se côtoyer la recette des tro­fie al pesto et un poème sur­réa­liste. C’est ainsi que GEnove peu à peu s’organise, devient orga­nique, dans ce désordre de la lec­ture de texte rigou­reu­se­ment ordon­née. L’ennui bien sûr, c’est qu’on pei­nera par­fois à retrou­ver ensuite tel texte qui ne payait pas de mine, l’obscure ruelle qu’il nous prend sou­dain l’envie de revi­si­ter, et qu’on se retrou­vera à lâcher quand même le fil d’Ariane pour se perdre fran­che­ment, cette fois-ci, le cœur léger, heu­reux de s’égarer au fil du texte. […] Or, beau­coup plus que la com­plexité du dis­po­si­tif mis en place, c’est au fond cela que j’appelle l’écriture expé­ri­men­tale, celle qui per­met une expé­rience de lec­ture, au sens plein du terme, c’est-à-dire qui me fait vivre une lec­ture dont j’ignorais qu’elle était pos­sible (et peut-être par­fois ne l’était-elle pas avant tel auteur). GEnove y réus­sit, en tirant parti de la spa­tia­li­sa­tion effec­tive du web pour « col­ler » à celle de la ville, non pas en creuse mime­sis, mais en décalque fonc­tion­nel, afin que puissent s’y ins­crire autant de tra­jets que de lec­teurs – un vir­tuel redou­ta­ble­ment plus proche de l’expérience réelle que le livre?

 

• « magnifique expérience narrative et expérimentale » (François Bon, Grues jaunes de Gênes, in Tiers Livre, 22 juillet 2014 : http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article1741

 

On dirait du (on l’a dit)…

• Italo Calvino
• Julio Cortázar
• Jean-Yves Jouannais
• Sébastien Ménard
• OULIPO
• Georges Pérec
• Marco Polo
• Emmanuel Ruben
• Antonio Tabucchi

 

In memoriam Bernard Hœpffner

juin 7th, 2017 § 0 comments § permalink

Durant des années, en tant qu’habitant du village de Dieulefit, j’ai croisé Bernard Hœpffner chez des amis, dans des rencontres, des évènements, sans savoir qui il était.

Je n’avais rien publié de visible, et lui ne la ramenait pas. Nous ne savions pas que nous avions des amis en commun. Aude, par exemple, qui nous a présentés, des années après, au Monte-en-l’Air, lors d’une soirée sur Flatland de Abbott, livre calvinien que j’adorais et que Zone Sensible venait de faire reparaître1.

Alors nous nous sommes connus et vus, à Paris, à Arles, à Dieulefit (une maison extraordinaire dans les Hubacs où j’ai passé une grande partie de mon enfance — nous habitions en-dessous et j’y avais un ami)…

Les anecdotes reviennent, et c’est ce qui maintenant forme la petite pierre, le minuscule monument, qui est devenu son souvenir, entre nos mains. Comment un jour j’ai mangé deux fois avec lui ; comment nous avons chassé les frelons, ou identifié les fleurs ; comment nous avons assisté à la première communication publique du texte français d’Horcynus orca à Arles ; comment nous échangions nos livres (enfin, surtout lui…) ; quand nous nous étions croisés au dernier salon du livre ; comment nous riions, nous nous moquions gentiment de lui… ; comment nous venions d’échanger, en anglais, sur le site, juste avant son départ…

Si cette disparition nous touche, par sa violence, la soudaineté, l’absurde absence d’informations, elle évoque aussi pour nous la fin dramatique d’un parcours unique, dédié tout entier à la langue, à la communication, à la fiction qui nous sert seule d’enveloppe protectrice pour nous accompagner dans le monde contondant.

In memoriam.

Sur Ambo[¡]lati, on trouve Un ruisseau dans le salon, de la série Friction, des fictions autobiographiques.

Sur Hors-Sol, il nous avait également proposé un texte, dans ce même genre borgésien qu’il affectionnait, à l’occasion d’un dossier sur la traduction : Guy Davenport, Ma demeure

 

Ce soir, 7 juin, à 19h00, la Maison de la poésie rend hommage au traducteur. Je suis, hélas-pas hélas, en lecture à l’Iris Noir pour GEnove.

  1. Je crois que c’était le thème de la soirée… mais maintenant je me demande si ce n’était pas un autre livre…

Films 2017

février 3rd, 2017 § 0 comments § permalink

en travaux…

  1. 부산행 [Dernier train pour Busan] •  Yeon Sang-ho • 2016 +++
  2. A cure for wellness [A cure for life] • Gore Verbinsky • 2017 ++
  3. The Guardians of the Galaxy [Les Gardiens de la Galaxie] • James Gunn • 2014 +++
  4. Il grido [Le cri]• Michelangelo Antonioni • 1957
  5. Cristo si è fermato a Eboli [Le Christ s’est arrêté à Eboli] • Francesco Rosi • 1978 ++++
  6. Adua e le compagne [Adua et ses compagnes] • Antonio Pietrangeli • 1960 +++
  7. Anni difficili [Les années difficiles] • Luigi Zampa • 1948
  8. Un maledetto imbroglio [Meurtre à l’italienne] • Pietro Germi • 1959
  9. La la land • Damien Chazelle • 2016
  10. L’amant double • François Ozon • 2017
  11. Non essere cattivo • Caudio Caligari • 2015
  12. Pater • Alain Cavalier • 2011
  13. Astérix et le Domaine des Dieux • Alexandre Astier & Louis Clichy • 2014
  14. Nymphomaniac, vol. 2 • Lars von Trier • 2013
  15. Nymphomaniac, vol. 1 • Lars von Trier • 2013
  16. Love • Gaspar Noé • 2015
  17. Shane [L’homme des vallées perdues] • Georges Stevens • 1953
  18. The cowboys [Les cowboys] • Mark Rydell • 1972
  19. Paper moon [La barbe à papa] • Peter Bogdanovich • 1973
  20. The Gauntlet [L’épreuve de force] • Clint Eastwood • 1977
  21. Little Miss Sunshine • Jonathan Dayton & Valerie Faris • 2006
  22. The Wresler •  Darren Aronofsky • 2008
  23. Logan • James Mangold • 2017
  24. Rogue One : a Star Wars story [Rogue One] • Gareth Edwards • 2016
  25. Billy Liar [Billy le menteur] • John Schlesinger • 1963 +++++
  26. Kes • Ken Loach • 1969 ++++
  27. If… • Lindsay Anderson • 1968 ++++
  28. A taste of honey [Un goût de miel] • Tony Richardson • 1961 +++++
  29. Baby sitting • Philippe Lacheau & Nicolas Benamou • 2014 ☠
  30. Patterson • Jim Jarmush • 2016 [K] ++++
  31. This sporting life [Le prix d’un homme] • Lindsay Anderson • 1963 +++++
  32. The Force awakens [Le réveil de la Force] • Jeffrey Jacob Abrams • 2015 [2e] +++

 

Séries

  • House of Cards, saison 5
  • Twin Peaks, saison 3
  • Luke Cage, saison 1
  • Jessica Jones, saison 1
  • Daredevil, saison 1

Films 2016201520142013

Maintenance : textes en souffrance

septembre 27th, 2016 § 0 comments § permalink

Depuis la parution de Farigoule Bastard — qui vient de recevoir le prix Jean Follain de la prose poétique 2016 ! — un certain nombre de textes ont été entamés et trouvent difficilement leur résolution finale, pour cause de déplacements, de projets urgents, etc. Ou bien ils ont été écrits dans les carnets physiques, mais il faut prendre ce temps de les relire, de les saisir. En observant les brouillons dans ce cms, j’en compte 391, auxquels j’ôte les 250 textes (environ) de l’Anthologie de Spoon River et les 40 textes de Farigoule Bastard, qu’on m’a demandé de retirer, restent donc une centaine, une centaine !, de textes dont certains sans doute ne tiendront pas le choc.

Certains d’entre eux me tiennent très à cœur, aussi les listé-je ci-dessous, en leur adjoignant un lien qui mène vers une page provisoire vide. C’est peut-être une manière de conjurer le sort et me garder à l’esprit qu’il reste du pain sur la planche. Aussi de mettre à jour les mots-clefs, car l’œuvre d’un auteur évolue, et il me reste aussi à revoir dans le détail certains des textes théoriques du passé, dans lesquels parfois je ne me reconnais plus.

 

Dans la section [La littérature inquiète]
Auteurs neutres, textes denses : premières adresses à Pons, Gadenne, Hardellet, et autres auteurs sous-estimés ;
— Sur la voix narrative [de Blanchot] ; texte en cours d’écriture sur l’écriture
— Lignes de crête. Les deux versants de la littérature [l’Odyssée et l’Iliade, Sciascia, Vila-Matas, Calvino, Simenon et Joyce…]; texte sans cesse repris depuis vingt ans sur deux manières de concevoir la littérature ;
Ecologie et poésie : texte de la conférence prononcée à Nantes en novembre 2015, qu’il s’agirait de saisir…
Nouvelles du fond [sur Pierre Senges] ; suite à la parution d’Achab (séquelle) ;
— Le chant des abysses. Essai sur Horcynus orca de Stefano d’Arrigo. Celui-ci, par bonheur, est pratiquement terminé. Il me faut juste deux ou trois jours de voirvenir, qui peuvent en revanche arriver très tard ;
— Auteurs inconnus [sur Antoine Volodine] ; suite à la parution de Terminus radieux ;
L’extrême-fiction [sur Le paradis entre les jambes de Nicole Caligaris] ;
— Souvenir, de Louis-René des Forêts ;
— L’incendie à la chambre [sur Régis Jauffret] ;
— Fragments de Pierre Senges (sur Lichtenberg) ;

 

Dans la section [Récits] / Aujourd’hui la mer. Journal de Carlos Futuna
Au moins une cinquantaine de textes ont été écrits dans les carnets ; c’est le volet II de l’œuvre de CF. A quoi il faut ajouter une page plus explicite que celle actuellement en ligne.

 

Dans la section [Sur le chantier] / Les 20 ans d’Ambo(¡)lati
J’ai entamé la relecture et la sélection de certains textes de mes premiers carnets ; j’en suis au sixième, il en reste trente-trois. A chaque fois je parviens à sauver quatre ou cinq textes ; on peut estimer donc un petit groupe d’une grosse centaine de textes.

 

Dans la section [Traduction] / Horcynus orca
Une dizaine de textes soit entamés, soit non relus, soit simplement évoqués — d’ailleurs, par ailleurs.

 

Dans la section [Polémos]
Se payer de mots ; un texte pratiquement abouti sur les évidences et non-sens politiques — les ennuis afférents — l’inanité de bien des conversations politiques due au manque de logique et de sérieux et de culture politique des gens qui parlent de politique ;
La mort la politique ; un texte pratiquement abouti sur les auteurs engagés politiquement qui ont décidé — par leur engagement — de remiser le geste politique ;
Sur les Carnets de Gramsci
Pasolini, écrivain politique

 

Dans la nouvelle section [TU], pas encore créée
la table des matières ;
— les différents sections et textes qui composent cette anthologie générale.

Non, je n’ai jamais écrit [L’éclat]

avril 23rd, 2016 § 0 comments § permalink

Lorsqu’en octobre 2015, j’étais invité aux Cafés Littéraires de Montélimar (salut Julien, salut Odile, salut Guillemette et salut Yann !), les tables des librairies avaient, aux côtés de Farigoule Bastard (et de l’absence évidente de mes livres immatériels), un livre à mon nom publié chez L’Harmattan, intitulé L’éclat.

Si, étant jeune, j’ai pu parfois être tenté par une publication chez l’Harmattan, je me suis toujours refusé à le faire. En revanche, j’ai été pris d’un sérieux doute quant à l’existence de ce livre, car ç’aurait tout à fait pu être le genre de titre que je produisais plus jeune (cf. L’abandon ou L’accident !) — le livre date de 2011.

« Je suis le clown que vous attendez, les poches bourrées d’antidépresseurs, la phrase alerte. Vous avez payé pour me voir, approchez, oui, plus près, c’est vrai j’ai l’air humain à cette distance, ne vous y fiez pas, je ne suis qu’un clown et vous ne serez jamais que mon public. Au-delà il n’y a rien, oui, venez plus près. » Premier roman, livre malade, livre sans cirque et sans remords. Histoire sans début ni fin, période dont on aurait réussi à garder, à prélever l’éclat.

 

En lisant la quatrième de couverture, le doute s’est maintenu un instant — jusqu’à quel point peut-on parler d’un style personnel ? N’étais-je pas l’auteur de ces lignes ? De doute, il n’y en avait pourtant pas quant à mon nom : Benoît Vincent, c’était bien moi !

Drôle de sensation… qui est est revenue peu après, vraiment quelques semaines après, lorsqu’en cherchant les articles au sujet de GEnove, je suis tombé sur cette page de Solenne Lagedamont, que je ne connaissais pas, où je vois de nouveau que je suis l’auteur de L’éclat ! La page date un peu, au jugé des captures d’écran, d’octobre 2013 au moins, date du dernier article en ligne, sur le Projet El Pocero de l’ami Anthony Poiraudeau (salut !).

Peut-être avais-je réellement écrit L’éclat et, comme cela arrive parfois, j’avais enterré ce fait dans remous de l’inconscient…

Evidemment si ce genre de surprises arrive à François Bon (salut !), cela arrive aussi à Benoît Vincent (et Vincent Benoît), avec ou sans circonflexe, dont on peut facilement trouver les homonymes sur internet : le « sound designer », le responsable de ligne SNCF Laon-Paris, le chercheur au laboratoire de technologie et de biologie halieutique à l’Ifremer, le médecin hospitalier devenu consultant ARS, le fiscaliste au sein du département international tax services chez EY, et les (au bas mot) 141 autres des pages blanches… Il paraît même qu’il y a un Benoît Vincent botaniste !

Mais j’ai beau faire un effort, aussi vrai que je m’appelle Benoît Vincent et aussi vrai que je n’ai jamais eu de relation particulièrement heu, patrimoniale avec mon nom, ce double prénom, je peux l’avouer maintenant : non, je n’ai jamais écrit L’éclat, paru chez l’Harmattan en 2011.

Films 2016

janvier 8th, 2016 § 0 comments § permalink

  1. Rogue One : a Star Wars story • Gareth Edwards • 2016 [K] ++++
  2. Gli indifferenti [Les deux rivales] • Francesco Maselli • 1964
  3. Diario di un maestro [Journal d’un instituteur] • Vittorio di Seta • 1972
  4. L’uomo in più [L’homme en plus] • Paolo Sorrentino • 2001 +++
  5. Le conseguenze dell’amore [Les conséquences de l’amour] • Paolo Sorrentino • 2004 ++++
  6. Tony Erdmann • Maren Ade • 2016 +++++ [K]
  7. Il caimano [Le caïman] • Nino Moretti • 2006 +++
  8. La terrazza [La terrasse] • Etore Scola • 1979 +++ [2e]
  9. Accattone • Pier Paolo Pasolini • 1961 ++++ [2e]
  10. L’isola • Costanza Quatriglio • 2003 ++++
  11. Fuocoamare • Giafranco Rosi • 2016 +++++ [K]
  12. Il divo • Paolo Sorentino • 2008 +++
  13. La verità sta in cielo • Roberto Faenza • 2016 ++ [K]
  14. Il vangelo secondo Matteo • Pier Paolo Pasolini • 1964 ++++
  15. 千と千尋の神隠し|Sen to Chihiro no kamikakushi [Le voyage de Chihiro] • Hayao Miyazaki • 2001 +++
  16. The conjuring [Conjuring : Les Dossiers Warren] • James Wan • 2013 +
  17. Ecce bombo • Nani Moretti • 1978 ++++
  18. L’uomo in più [L’homme en plus] • Paolo Sorrentino • 2001 ++++
  19. X-Men : Apocalypse • Bryan Singer • 2016 ++
  20. La corruzione [La corruption] • Mauro Bolognini • 1963
  21. Prima della rivoluzione • Bernardo Bertolucci • 1964
  22. I pugni in tasca [Les poings dans les poches] • Marco Bellocchio • 1965 +++++ [K]
  23. Deadpool • Tim Miller • 2016 +++
  24. Bella e perduta • Pietro Marcello • 2015 +++++
  25. Captain America : Civil War • Anthony Russo & Joe Russo • 2016 +
  26. Fortapàsc • Marco Risi • 2009 +++
  27. Un oso rojo [L’ours rouge] • Adriano Caetano • 2002 ++++
  28. The servant • Joseph Losey • 1963 +++++
  29. Saturday night sunday morning [Samedi soir, dimanche matin] • Karel Reisz • 1960 +++++
  30. Look back in anger [Les corps sauvages] • Tony Richardson • 1958 +++++
  31. Je suis un no man’s land • Thierry Jousse • 2011 ++++
  32. The loneliness of the long distance runner [La solitude du coureur de fond] • Tony Richardson • 1962 +++++
  33. Comment c’est loin • Orelsan et Christophe Offenstein • 2015 ++++
  34. Le filmeur • Alain Cavalier • 2004
  35. Le combat dans l’île • Alain Cavalier • 1962 ++++
  36. Thelonious Monk : Straight no chaser • Charlotte Zwerin • 1988 ++++
  37. Merci patron ! • François Ruffin • 2015 +++
  38. Harry Potter and the Deathly Hallows [2] [Harry Potter et les Reliques de la Mort [2]] • David Yates • 2011 [avec Lou]
  39. Harry Potter and the Deathly Hallows [1] [Harry Potter et les Reliques de la Mort [1]] • David Yates • 2010 [avec Lou]
  40. Harry Potter and the Half-Blood Prince [Harry Potter et le Prince de sang-mêlé] • David Yates • 2009 [avec Lou]
  41. Harry Potter and the Order of the Phoenix [Harry Potter et l’Ordre du Phénix] • David Yates • 2007 [avec Lou]
  42. Harry Potter and the Goblet of Fire [Harry Potter et la Coupe de Feu] • Mike Newell • 2005 [avec Lou]
  43. Harry Potter and the Prisoner of Azkaban [Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban] • Alfonso Cuarón • 2004 [avec Lou] ++++
  44. Harry Potter and the Philosopher’s Stone [Harry Potter à l’École des Sorciers] • Chris Columbus • 2001 [avec Lou] +++
  45. Harry Potter and the Chamber of Secrets [Harry Potter et la Chambre des Secrets] • Chris Columbus • 2002 [avec Lou] +++
  46. The Blair Witch Project [Le projet Blaitr Witch] • Daniel Myrick & Eduardo Sánchez • 1999 [2e] [avec Lou] ++
  47. As mil e uma noites: volume 3, O encantado [Les mille et une nuits : volume 1, L’inquiet] • Miguel Gomes • 2015 +++++
  48. As mil e uma noites: volume 2, O desolado [Les mille et une nuits : volume 1, L’inquiet] • Miguel Gomes • 2015 +++++
  49. 砂の女 [La femme des sables] • Hiroshi Teshigahara • 1964 +++++
  50. 切腹 [Hara-kiri] • Masaki Kobayashi • 1962 +++++
  51. Lola [Lola, une femme allemande] • Rainer Werner Fassbinder • 1981 ++++
  52. Martha • Rainer Werner Fassbinder • 1974 ++++
  53. Liebe ist kälter als der Tod [L’amour est plus froid que la mort] • Rainer Werner Fassbinder • 1969 ++++
  54. L [Les Larmes amères de Petra von Kant] • Rainer Werner Fassbinder • 1972 +++


Séries

  • The young pope • saison 1 • Paolo Sorrentino • 2016 ++
  • Le Bureau des Légendes • saison 2 • Eric Rochant/AAVV • 2015 ++
  • Le Bureau des Légendes • saison 1 • Eric Rochant/AAVV • 2015 +++
  • Gomorra • saison 2 • Roberto Saviano/Stefano Sollima • 2016 ++++
  • Gomorra • saison 1 • Roberto Saviano/Stefano Sollima • 2014 +++++
  • Games of throne • saison 6 • David Benioff, D. B. Weiss/AAVV • 2016 +++
  • Marseille • saison 1 • Dan Franck/Florent Emiilio-Siri • 2016 ☠
  • House of cards • saison 4 • Beau Willimon/AAVV 2016 +++
  • House of cards • saison 3 • Beau Willimon/AAVV 2015 +++
  • True detective • saison 2 • Nic Pizzolatto • 2014 ++
  • Ancient Rome: The Rise and Fall of an Empire • Nick Murphy, Nick Green, Christopher Spencer, Andrew Grieve, Tim Dunn, Arif Nurmohamed • 2006 ++
  • « Je ne sais quel miroitement, en dessous, peu séparable de la surface concédée à la rétine »

    septembre 7th, 2015 § 0 comments § permalink

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    Cette phrase de Stéphane Mallarmé — j’ai horreur des citations censées justifier absolument les médiocres idées, au regard des ères géologiques, qui parcourent nos maigres synapses et neurones — portée en titre comme un étendard, voudrait désigner une réflexion qui se fait chaque jour plus pressante.

    Obtempérer à l’instinct, fût-il celui de la divagation rhétorique ou de la théorie délirante, en somme rassembler en son assiette le corps et les tentacules de la pensée, dont certaines formes nous échappent, et d’autres encore nous sont refusées (sont refusées à l’entonnoir rouillé de la langue).

    Obtempérer, obtempérer, il y aura d’autres occasions pour la déchirure.

    Voici le propos, il est toujours le même : le texte, le texte, qu’importe le format, le texte ! Un éditeur ami me demande de formuler en quelques phrases mon parcours d’auteur comme on dit (pour aller vite) venu du net (ce qui ne veut strictement rien dire). Avec plaisir. Sauf que depuis, je m’en suis éloigné, « du net », accompagnant de fait le mouvement du « venu de », parallèle à ou concomitant de l’« éloigné de » | Note pour plus tard : là d’où l’on vient, c’est là que l’on quitte.

    Je dois donc revenir sur ce que j’ai déjà écrit, brièvement. Ce sont surtout cinq dates : 1994, 1999, 2008, 2008, 2015.

    Radots et méduses

    Si j’écrivais déjà avant, de nombreux brouillons de romans absolument insignifiants, j’ai commencé d’écrire vraiment en 1994, ayant quitté la maison familiale, après avoir acheté dans cette intention un carnet de marque Clairefontaine destiné expressément à cela (et numéroté #1 en conséquence1). | Prolepse. Vingt ans plus tard, ce cahier et ses frères, trente-sept suivants, sont toujours le lieu privilégié de l’écriture même s’il est vrai qu’une grande partie de mes textes prend également naissance à travers un écran d’ordinateur.

    En 1999, alors qu’internet commence à répandre ses rhizomes un peu partout dans l’espace plus ou moins public, j’ouvre une première « page web » destinée, elle aussi, à recueillir, avec beaucoup d’orgueil, les textes à venir. Mais ce n’est guère commode, dans un format imposé, alors je me suis mis au « langage » html pour finalement avoir, en 2004-2005, a un site complet, bien que sommaire et austère (et plein d’erreurs condamnées par le W3C), avec fichiers xml et tout et tout.

    En 2008, on passe la vitesse supérieure, et sur ce site maladroitement fait à la main, qui s’appelle désormais Ambo(i)lati, on se donne pour consigne d’écrire un texte par jour pendant un an. Ce que je ferai, donc, et ce qui donnera à tout le mouvement une régularité enfin nécessaire. En 2010, je cède à regret au général, et j’abandonne le site artisanal, trop difficile à gérer dans le bain de l’internet devenu réseau social intégré permanent (un cirque en somme). Après moulte hésitation, je migre (comme on dit) vers la modernité du CMS (du site-blogue), en l’occurrence vers WordPress — Spip apparaissant alors, et encore aujourd’hui, aussi mal fichu que peu pratique. L’écriture se poursuit, se solidifie.

    Entre-temps François Bon, que j’avais rencontré dans les années 2000, m’a invité à participer au lancement de l’aventure Publie.net. Paraissent ainsi entre 2008 et 2010 quatre “livres”, deux essais, un poème et un récit bref. J’avais par le passé “autopublié” quelques récits, mais on a enfin l’impression d’accéder à l’édition — quand bien même ces livres n’étaient pas de papier. J’ai toujours considéré que le texte prévalait sur le format sur lequel il apparaissait ; cela ne posait donc pas de problème.

    En 2012 je lance un site entier (fait main, on y tient pour ce final) sur la ville de Gênes, où texte et écran sont indubitablement liés (GE-nove : http://www.ge-nove.net). Ce sera le cinquième texte, achevé en 2013-2014, perpétuellement remis sur le grill (avantage du numérique).

    En 2015, je publie un « premier » « roman » « papier », Farigoule Bastard : pour la plupart du minuscule monde de lecteurs 2, c’est à ce moment seulement qu’est né Benoît Vincent, auteur. Pour moi, c’est mon sixième texte publié.


    Cinq réflexions éparses

    Lorsque internet est arrivé, il a tout de suite suscité un immense espoir ainsi que des myriades d’expérimentations textuelles (du même acabit que celles suscitées par l’arrivée du “traitement de texte”, c’est-à-dire plus ou moins heureuses, c’est-à-dire plus ou moins pertinentes). Certains ont survécu à cette vague (encore vive), d’autres ont disparu. Les formes sont ainsi faites, et les avant-gardes, si celle-ci en est une, ont le mérite d’en essayer de nouvelle, avec plus ou moins de fortune. Mais en aucun cas, avons-nous écrit ailleurs, la forme ne peut déterminer le contenu, le sel du propos artistique et singulier. Croire que l’arrivée d’une technique va renouveler la portée des œuvres est une illusion infantile.

    Lorsque Publie.net est lancé, pour moi comme pour d’autres sans doute, c’est l’espoir de voir certains de ses textes enfin “publiés”, c’est-à-dire littéralement rendus publics. Le monde du livre, en France, est tel qu’il est, il n’y a pas grand’chose à redire à ce propos. La chaîne du livre, le prix unique, le réseau des bibliothèques, les éditeurs historiques, les concentrations, les petits éditeurs… Publie.net représentait l’espoir d’une lecture plus libre, en ce sens qu’elle était moins déterminée par des préoccupations de rentabilité. Mais pour moi, cela n’a jamais vraiment représenté une révolution en tant que telle du processus d’écriture et de lecture. De plus en plus réfractaire aux expérimentations, aux dispositifs, aux installations, aux projets, je constate aujourd’hui que l’irruption du livre numérique n’a pas eu de véritable effet sur la littérature en général.

    Les réseaux sociaux, Facebook et Twitter en tête, j’en ai beaucoup parlé, ont peu à peu grignoté tout l’internet plus ou moins libre ou libertaire des débuts. On s’extasie généralement trop facilement devant eux, et on oublie que ce ne sont que de simples outils ; outils qui, certes, peuvent accompagner le processus d’écriture/lecture, mais en aucun cas le remplacer. En aucun cas un algorithme, un code, aussi astucieux ou pratique soit-il, ne remplacera le travail de lecture et d’écriture, âpre et désolant, qui est au cœur de la littérature.

    Le monde de l’édition est le monde du livre ; notre monde est le monde du livre. J’en ai fait l’amère (mais pas si déterminante) expérience : l’auteur n’existe qu’une fois le livre papier paru. Je le vois bien : tous ceux qui m’ont accompagné comme auteurs venus de Publie.net ou du net en général envoient malgré tout leurs manuscrits à des maisons qui n’éditent que du papier. Certains même les envoient aux maisons les plus réfractaires au numérique, les maison les plus traditionnelles. J’en ai subitement l’impression ; que de s’échiner sur les claviers et les écrans décourage, démotive les jeunes auteurs. D’autant que le monde français du livre est tel (peut-être parce qu’il est armé de ses nombreuses aides) qu’il existe ce panorama très vaste et varié de petits éditeurs qui, eux, parfois, cherchent des formes nouvelles et des noms à promouvoir.

    Un dernier point concerne les ressorts politiques et philosophiques de ces questions. Ce n’est pas une mince donnée. Philosophiquement, et depuis longtemps, on songera à Benjamin, la réflexion de l’influence de la technique sur l’œuvre d’art, est posée. On a écrit via les blogues, et même via Twitter et Facebook : avons-nous réellement écrit ? L’idée que la publication est immédiate (et donc cette idée est roborative) ne masque-t-elle pas l’image d’un public qu’on dirait médusé, lui-même contraint par la médiation d’un support mal connu ? Enfin, l’idée qu’une surface de code puisse se substituer à la profondeur du texte n’est-elle pas, finalement, contre-productive ? Pourquoi publie-t-on les photos horribles faites par nos portables ? Est-ce par ce qu’on le peut ou est-ce parce qu’on le doit ? Se dissoudre dans l’illusion d’une identité numérique (qui n’est jamais qu’une pluralité malheureuse, parce que frustrée) nous autorise-t-il à rompre le silence ? Pourquoi ne nous tairions-nous pas enfin, étouffés dans la moiteur du texte, plutôt que bavards sur son couvercle ? pourquoi ne pas se taire un peu ? S’adonner à la discrétion propre à la littérature, à son domaine d’élection : le silence.

    L’aspect politique est plus insidieux encore : en assouvissant notre désir d’expression (qui trahit peut-être une soif de reconnaissance — mais mettons que l’artiste y soit soumis), nous confions notre parole à des canaux externes, dont on connaît la passion du commerce et les ambitions autoritaires. Nous cédons pourtant à nous-mêmes et à ceux-ci, de notre plein gré. Imaginons un pouvoir politique dont l’un des buts serait la numérisation totale du monde, ou la création d’un être transgénérationnel : que ne déclencherait-il pas de consternation, d’affliction et, par conséquent, de combats, de dénonciations ! Pourtant nous écrivons ingénument avec Google Earth ou Google Street View ; nous confions toutes nos données aveuglément à Facebook ; nous favorisons ce que nous dénonçons en achetant sur Amazon. Sommes-nous à ce point désespérés ou bien sommes-nous simplement terriblement, passionnément, naïfs ?


    *

    Je ne dis pas qu’il n’y a pas, qu’il n’y aura pas, de bons auteurs et de bons livres “natifs” de l’écran ou de la toile. Mais je me dis — personnellement, pour mon travail, et cela n’engage que moi — qu’il est plus urgent, aujourd’hui, de se retourner sur son propre monde, que de persister à penser que la révolution du net est autre chose que l’immense marché qu’il est devenu.

    Nous sommes impayables ! Nous donnons les verges pour nous faire battre, nous scions a branche sur laquelle nous sommes assis, nous nous enfermons, de nous-mêmes, dans des prisons de formats, de sociétés… Alors qu’il faudrait, plus simplement, laisser place à la fureur de la horde-fiction. Il faut désencapsuler (unembed) le récit, le déliter, c’est-à-dire le faire sortir de son lit.

    Notre effort devrait être celui de la crue.

    1. Dans cette routine tant désirée, à part quelques entorses, il y a eu bien des révolutions : le passage en 1999 du format 16,5 x 21 cm au format 14,8 x 21 cm, qui permettait de le glisser partout et notamment dans une sacoche — RIP — acquise dans la bonne ville d’Isola di Capo Rizzuto (KR), où les santolines avaient ravi une partie de mon âme, et, depuis quelques semaines, le passage à un autre format encore plus menu, de marque Pigna, sur de minuscules carreaux, strictement A5 et encore plus pratiques à transporter.
    2. Que j’évalue, les bons jours, à 5000 personnes en France, à tout casser.

    Sur /Farigoule Bastard/

    mai 28th, 2015 § 2 comments § permalink

    Texte publié sur Remue.net, « en trois temps », grâce à Guénaël Boutouillet, que je remercie.

    1. Origine et genèse de FB

    Farigoule Bastard est né sur les réseaux sociaux, je vais de suite y revenir, mais dès auparavant une première fois dans le réel.

    C’est à l’occasion d’une soirée de l’association La Commère, dans l’extrême sud de la Drôme et les marches de Farigoule-personnage que celui-ci est né. La Commère s’incarne par des personnages, des mannequins grandeur réelle, disposés dans le village (coins de rue, balcons) et relaie les nouvelles du pays. Elle organise également une soirée annuelle, avec différentes animations, balades, stands. On était à la salle des fêtes dudit village, Sahune. Je suis allé fumer une cigarette sur la terrasse, et là fumait également une jeune femme. Devisant avec elle, elle m’apprend qu’elle est bergère1. Je lui dis que je suis botaniste et elle me demande si je connais une plante dont raffolent les bêtes et que les anciens appellent la farigoule bâtarde. Je ne la connaissais pas. Après bien des recherches sur les différents sites et dans les différents ouvrages traitant de taxinomie populaire, je n’ai jamais trouvé de mention de la « farigoule bâtarde ». Farigoule, en patois provençal, c’est le thym. Si le thym est bâtard, c’est qu’on a affaire à une espèce ressemblant au thym. Soit d’un point de vue morphologique (badasse, marjolaine par exemple) soit d’un point de vue biologique (les autres espèces du genre Thymus sont les serpolets, qui sont très nombreux et relativement difficiles à distinguer les uns les autres — et plusieurs sont très courants dans la région).

    Le nom, ou binom, au sens linnéen du terme, est resté, et j’ai commencé à le trouver pertinent du point de vue de la fiction, c’est-à-dire qu’il commençait à donner. Farigoule Bastard est ainsi arrivé, comme un binom, au sens patronymique et administratif du terme — Bastard étant un nom de famille répandu un peu partout en France2.

    Poussant cette frontière à son bout, j’ai même changé mon nom sur Facebook en Farigoule Bastard, pour écrire quelques statuts inspirés de Haute-Provence : de thym et de moyenne montagne. Certains amis se sont interrogés3.

    De là l’idée de développer ce personnage, de nom Bastard, de surnom Farigoule (prénom Jean-Louis), qui passera par son propre canal : une page Facebook par exemple. Dans le même temps, j’entre en contact avec Anthony Poiraudeau et nous convenons d’une série de textes pour Le convoi des glossolales. Farigoule intervient alors, et, pour une durée indéterminée, je cède à Farigoule qui impose son arbitraire à l’ensemble de l’écriture. C’est un peu comme si Farigoule avait été, par mon entremise, en résidence dans le Convoi.

    Dans le Convoi on a la possibilité d’être auteur contraint ou non (et donc affranchi). La contrainte d’un paragraphe vaut pour tous, mais l’auteur contraint s’impose une récurrence. Dans ce contexte, Farigoule est intervenu de manière hebdomadaire, le vendredi, parce que, disait-il, « c’est le jour du poisson » (?).

    Et c’est ainsi que chaque jeudi soir, je livrais au Convoi le « Farigoule » du vendredi, et ce durant neuf mois entre 2011 et 2012. Et c’est ainsi que le récit s’est construit, pas à pas, dans le flux de l’internet, sur la base d’une rencontre réelle, et par le biais d’une fiction incarnée en langage.

    Extrait (Chapitre VIII, page 31)

    Les pieds de Farigoule Bastard ne trempent pas, mais s’évertuent, et se campent ou se frottent tout contre le monde qui n’est pas rond, mais complexe polygone de faces et leurs revers, poches toujours répétées, ralentissements détours renversements. À quoi peut bien servir la mesure On ne connaît pas les sous-sols les
    niches & alcôves les avens et les plissures il pense. Le monde il est infini Comment veux-tu savoir les chiffres il pense, ahanant. Dans les interstices de ce cairn il y a un monde des fissures des cavités des zones d’air sans contact parce que rien n’est droit ni rigide pareil au froissé du corps pareil à tout ce qui demande un
    nom Espacement est séparation. L’espace est possible rencontre & rencontre est juste agencement. Quelques mètres à vol d’oiseau pour ramasser les débris de la Vieille. Mais vol d’oiseau ? Tout ce qui rampe comme Moi et les vers les pourceaux les plus beaux étalons & les cloportes, nous, tous autant, c’est : Un pied devant l’Autre. C’est : (1) par (1). Je ne sais pas même si j’y arriverai, peut-être que cent mètres Presque je renifle un fumet de
    marmite éteinte de peu Une maison Une femme Un système Mais qui sait si jamais je pourrai me présenter au seuil toquer gaillardement peut-être appeler sourire faire face. Une poignée d’herbes est tellement loin déjà. Soupire, Farigoule.


    2. Domestication du bastard

    a. Structure originelle du livre

    À l’origine, après le déploiement dans le Convoi, le texte global fut repris sur mon propre site, où il fut alors question d’une première mise en forme de second niveau (au niveau du texte, et plus au niveau du contenu4). Cette nouvelle mouture (qualifiée de geste, alors) était constituée de trois parties (trois cycles) ; il y avait des chapitres numérotés de romain — mais certains de ces chiffres étaient inversés (ou mal écrits, ou incohérents ou erronés : VIX, IVII, IXX par exemple) ; d’autres chapitres, les chapitre cinq, dix, quinze, etc., étaient eux numérotés en chiffres arabes, et constituaient une biasse de correspondances, elle-même double : trois lettres de Farigoule Bastard et d’autres personnages du récit, et trois lettres de voyageurs égarés, de migrants totalement extérieurs au récit ; il y avait des chapitres classés par lettre, de A à E, portraits plus ou moins poétiques de Farigoule Bastard ; il y avait enfin, à la fin de chaque cycle un long poème d’une page dense, de Farigoule Bastard, développé en rhizome depuis une citation d’un auteur existant, sur lequel — à l’époque — je n’avais jamais écrit et le regrettais : Roubaud, Roche, Volodine.

    Comme on voit cette structure était plus que complexe et destinée à perdre à l’envi le lecteur. Or le texte étant déjà ardu, il a fallu émonder un peu les frisottis de ce bouillonnement.

    b. L’éditeur et l’édition

    J’ai envoyé le texte ainsi harnaché à quelques éditeurs choisis (je savais que ce texte n’était pas pour tous), et pratiquement tous m’ont répondu positivement quant à la qualité intrinsèque ; un seul a toutefois bien voulu s’y atteler, Benoît Virot, alors aux éditions Attila, aujourd’hui au nouvel Attila. Le texte fut prêt à être publié en 2013-2014, mais la scission de la maison Attila a contraint à le repousser, ce qui est une bonne chose. Le texte, décanté, a permis qu’on le travaille plus tranquillement, et sereinement. Il n’a pas trop moufté.

    Première chose, BV refuse une telle structure : les chapitres poétiques sont évacués (ils ont été publiés par Mathieu Brosseau sur son site Plexus-S) ; les lettres des migrants également (n’ont rien à faire là). On réorganise également l’ordre des chapitres, afin de balancer les chapitres “réels” des chapitres “rêvés”.

    Et, chose étrange, on ajoute deux éléments : un chapitre où serait une chanson, le chapitre trente-trois. Deux chapitres sont écrits, dans le va-et-vient et le temps dispersés, dans la confusion des versions, un 33 et un XXXIII, et ils seront finalement mêlés.

    L’autre élément, suite à une demande singulière de la part de BV à BV, celle de composer pour l’occasion une chanson. J’ai écrit des chansons, par le passé, dont le ton et la forme sonnaient justement avec ce genre de récit, des histoires de ruisseaux, d’hirondelles (elles ont le ventre blanc) ou de martinets (ils sont noirs faucille), d’amours déçues et d’aulx. Benoît les a entendues. J’ai donc écrit Le couteau, car c’est bel et bien le cœur du récit, sur la base d’un morceau que j’avais abandonné (vous savez qu’on écrit des choses, et puis elles ne tiennent pas dans le temps, trop fragiles, ou vous changez, et elles s’étiolent et meurent, petits ombilics racornis à vue d’œil).

    Dans le chapitre trente-trois il est question d’une chanson.

    Extrait (Chapitre trente-trois, version inédite, feuillets 84-85)
    Elle a fermé les battants des fenêtres. Elle a déposé le voile et défait son chignon. Elle a froissé le tilleul, et jeté des épices dans le petit feu. Elle a infusé le thym avec la sarriette, pétri les pâtes de lierre et écrasé dans le mortier les siliques de vélar mélangées avec les akènes du séséli et du buplèvre.

    Elle a épuisé l’aristoloche.

    Elle a posé à côté d’elle la cuiller d’argent.

    Déjà la boucane a envahi la pièce, nourrit les angles. Les lumières sont baveuses, floutées par l’excès de suie. Les formes chancelantes, et les sons étouffés. Elle peut alors lâcher la bride de la raison, à son aise.

    Elle tremble, vieille carne, et se raidit d’un coup, puis tremble à nouveau. Ce manège se poursuit encore et à chaque fois plus brusque. On dirait qu’elle rajeunit et, si elle dansait, ce serait de ces danses des terres arides, où des femmes ensorcelées dévident leurs gestes à la manière des bestes, leurs yeux devenus chas.

    Les siens sont révulsés, rougies par l’air vicié, sa bouche est soudain pâteuse. Il faut une langue de terre pour dire ce qu’il advient. Lécher serait plus proche que le langage, du reste. Son insomnie prend racine ici, dans un subit dérèglement des lumières. Les cordes se mêlent, et les trames s’épuisent comme neige au sol. La voix se dénoue.

    Un son comme au travers d’une porte de chêne, pleine de visserie et large d’une paume, dont la clef est définitivement paumée. Un son rauque et scarieux s’élève du bouquet de caieux, et s’effiloche enfin en hoquets et chuintements. Elle déroule des paysages.

    Il y a une ville, une vraie ville, une ville en vrai, en plein, avec des costumes, des odeurs de cuisine, des chaleurs, des misères, des lumières, des objets infinis entassés sur d’infinies limandes.

    Il y a une montagne, un grand dévès dénudé, parsemé de boustrigas, de clapas, de failles et d’avens et peut-être une sente tortueuse. Quelques arbres décharnés, déjetés, en quête de soleil ou de terreau plus cléments, miment, arthritiques.

    Dans les deux tableaux il est là. Ombre allongée et claudiquante, elle semble chercher chemin. Pourtant non, elle sait très bien où elle va. Elle passe.


    3. Envoûtement

    a. Possession récurrente

    Comme dit précédemment, Farigoule Bastard est né du désir de feuilleton au sein du Convoi des Glossolales. Cette récurrence (hebdomadaire) est le fait, au départ, du bon plaisir de l’auteur, celui de s’adonner au développement pratiquement aléatoire, comme au fil de l’eau, d’un noyau narratif vers son épanouissement. Très sensible à la structure singulière de la revue (aujourd’hui on dirait la série), et nourri en partie à elle, je me suis donc lancé dans l’aventure de poursuivre une histoire à partir de ce simple fait, élémentaire : le nom même de Farigoule Bastard, passé du théâtre réel au masque poétique.

    Les premiers textes posent le cadre, et ne semblent pas devoir porter d’autres enjeux littéraires particuliers (autres que celui-ci). Mais dès le début, la langue prend. Une langue singulière, à la fois un peu archaïque, un peu revêche, rocailleuse, me prend.

    Pour citer une anecdote qui n’est peut-être pas en ma faveur : je livrais le texte le jeudi pour le vendredi (publié le samedi), chaque semaine. Et, ç’a été le cas plus d’une fois, il m’est arrivé de n’avoir pas du tout préparé la semaine suivante et de devoir écrire en vitesse le prochain “épisode”. Mais au moment de me présenter à la page blanche, la langue venait d’elle même — et avec elle le récit.

    Un phénomène rarement éprouvé, me concernant, puisque j’ai cédé pas mal par le passé à des projets d’écriture, comment dire, normés : structurés par une figure (c’est le cas de Local héros qui sort en fin d’année chez Publie.net), épaulés par une configuration particulière (Ge-nove en ce sens en est un peu la démesure), aiguillés par la circonstance (l’écriture quotidienne sur le site, par exemple), ce qui revient finalement à ne faire que du “montage” textuel. C’est une données importante, aujourd’hui, dans la littérature, que de s’emparer d’un sujet du réel et de tourner autour, et dans cette spire trouver un souffle propre. C’est comme si l’on avait peur du récit, de s’adonner totalement à la force intrinsèque du chant5. Au reste, cette puissance narrative, nous l’avons abandonnée à des auteurs qui, pour autant, n’ont pas bougé d’un iota depuis Balzac. On peine aujourd’hui à trouver des auteurs qui ne s’affublent pas d’un dispositif (je ne supporte plus ce mot) d’écriture ou d’un prétexte ponctionné dans le réel, une vie ou une œuvre préexistante.

    Je ne dis pas que je n’ai pas fait cela ici, ou que je ne le referai plus jamais, je pose un constat.

    Cette peur du récit, sans doute l’ai-je eue moi aussi — on se demande comment on peut écrire la première page d’un texte qui pourrait en compter mille. Mais dans le cas de Farigoule Bastard le personnage était si imposant, son histoire pratiquement insignifiante, et il m’était pourtant tellement familier, que je puis dire que nous avons coécrit ce texte ensemble, qu’enfin je n’ai servi que de support ou de medium pour le laisser venir. En quoi on peut parler peut-être d’une petite mort de l’auteur.

    b. Mort de l’auteur

    Aujourd’hui le livre est sorti. Comme disait l’autre, maintenant je n’ai plus mon mot à dire. Farigoule Bastard et Farigoule Bastard ne m’appartiennent plus — mais à dire le vrai il ne m’ont jamais beaucoup appartenu.

    Je peux l’apprécier pour ce qu’il est, un texte où je trouve de plus en plus de défauts, un chant épique brisé, un réservoir poétique, une ode à mon pays natal, etc. ; mais revenir à son assourcement me semble bien difficile. Chaque jour, chaque lecture, m’éloigne de lui. Je réalise peu à peu son ampleur, je veux dire ce qu’il porte de ces gens, de ces paysages, de ces mots, et cela me convient.

    Je le réalise d’autant plus fort qu’il reçoit maintenant des lecteurs, avec leurs impressions, leurs commentaires6.

    Je le réalise d’autant plus fort que, malgré vingt ans d’écriture assidue, depuis le texte numéro un et jusqu’au dernier qui est le texte numéro quatre mille trois cent vingt cinq de mon trente-septième carnet, ce livre est mon “vrai” premier livre, mon premier livre papier, en conséquence de quoi j’accède au statut “réel” d’auteur 7.

    Accession un peu faussée si l’on considère que nous avons été plusieurs, et même beaucoup, j’en prends conscience en relisant ces trois textes de présentation non dénués d’égocentrisme, à l’écrire.

    Écrire devrait toujours nous démettre du propre de la propriété, comme il le fait de l’auteur, de toute autorité.

    Extrait (Chapitre XXVI, pages 85-86)

    Une voix au fuselage de coton, c’est elle qui venait, heurtoir mou, pointiller sur la coque de Farigoule Bastard, là où derrière se cache du remuant. Il ne parvenait pas pourtant à saisir cette longe trop mince ou trop courte ou trop cassante paille, évaporée entre ses doigts plutôt, dans le miroir les qualités s’étreignent. Confusément on agite autour de lui des corps, un ballet d’épileptiques. Il ne voit pas, puisque dort, ou plutôt dans la profondeur replète de lui-même s’enfonce, comme dans du tissu, comme dans du drap. Il ne voit pas mais devine – la masse d’air ? les tacts électriques ? ce ne peut qu’être simplement du son – il ne devine pas mais flaire, c’est d’un état précis du monde qu’il s’agit, cela demande un inventaire précis, une méthode et un rapport. Il se passe quelque chose. Les outils hélas ne sont pas adaptés, et tous nécessitent une maintenance qui est à cet instant déficiente. Inopérante. Limier erratique, avance au hasard, croit suivre une piste mais ce n’est que le gras de lui-même quand il sombre. Farigoule Bastard s’est effondré en lui.

    La voix persiste, lointaine, humide, un filet de voix, une brume, à peine la moue ou l’inspiration. « Monsieur Fayaaaaaaard. » Et se perd, ricoche de limbe en limbe – soit : ne ricoche pas, glisse. « Monsieur Fayaaaaaaard. » S’entend répondre Farigoule Bastard Mon nom est Bastard mais les a-t-il même prononcés. Ces mots. Ne sont-ils pas restés à l’état de chenille de mot, qui tortille sans grâce, cette petite flamme qui résonne dans la coque, dans le creux de l’oeuf, à peine formulés, ou pas, à peine engagés dans l’énonciation ? Qu’est-ce que c’est un mot ? Un morceau de soi qui se décroche et vient toucher dehors. Mais si le soi n’est pas tenu, si le soi est évacué ? Si l’occupant déserte ? Comment, le trafic des mots ? À quelles inclinaisons se rendent-ils ? « Monsieur Fayaaaaaard ? »

    1. Les bergers sont aujourd’hui eux-mêmes souvent des transhumants, appelés par les éleveurs.
    2. Et plutôt dans le nord ! J’ai découvert depuis que derrière la tombe du GI, il y a le tombeau de la famille Bastard. N’est-ce pas beau ?
    3. On m’a même traité de « Claro ».
    4. J’ai peu d’idées, mais une conception personnelle de la forme littéraire, qui se construit comme un système emboîté, depuis le phonème et le graphème, jusqu’au mot, la phrase, le texte, le livre ou l’œuvre ; chacun de ces niveaux possède son réseau de renvois, d’échos et de tourbillon sémantique, et chacun de ces niveaux peut correspondre avec l’autre ; certains textes ne travaillent que sur un niveau, d’autres les embrassent tous, y compris l’œuvre, impliquant jusqu’à la fiction du nom d’auteur (Blanchot, Pessoa, Tabucchi, Volodine) ; cette conception évacue toute problématique du genre, qui ne me convient pas, ne m’a jamais convenu
    5. Ou qu’on en n’a pas les moyens. Il est vrai que Farigoule Bastard déménage…
    6. Les références à Giono sont évidentes ; celles à André de Richaud, Pierre Guyotat ou Rabelais plus surprenantes, mais évidemment elles me ravissent !
    7. Mais il est vrai que sera passé par là, entretemps, le Général Instin, qui déporte considérablement l’égo littéraire dans ses retranchements textuels

    Espace(s) #11

    avril 6th, 2015 § 0 comments § permalink

    Le revue Espace(s) du CNES accueille l’un de mes textes dans son numéro 11 qui paraîtra le 15 avril. Le copieux sommaire associe Olivier Bleys, Marie Quéau, Éric Pistouley, Claire Rengade, Tomás Saraceno, Bernard Chambaz, Jean-Claude Pinson, Karin Serres, Éric Suchère, Marc Molk, Sylvain Renard, Emmanuelle Pagano, Nicole Caligaris, Jakuta Alikavazovic, Vincent Gelot, Sabine Macher, Christine Montalbetti, Véronique Pittolo, Cécile Coulon, Frédéric Danos, Arno Bertina, Emmanuel Adely, Philippe Malone, Pacôme Thiellement, Carla Demierre, Florent Trochel, Bruno Meyssat, Stéphane Olry, Christophe Kihm, Coline Pierré, Boris Crack, Ian Monk, Sabine Normand, Élodie Boivin, François-Xavier Denis, Yannick Torlini, Philippe Mangano


    &

    Mon texte, Un nouvel espoir, est une récréation et un hommage à Alexandre Astier et à la série Kaamelott. En ce sens, il ne fait que retenir quelques procédés récurrents dans la série, notamment autour du très riche personnage de Perceval.

    Jef Klak #02

    avril 2nd, 2015 § 0 comments § permalink


    Après La Moitié du Fourbi, une autre revue nouvelle a bien voulu accepter un texte pour son numéro 2. Cette vivacité des revues est excitante. Il s’agit de la revue Jef Klak (critique sociale et expériences littéraires), qui décline également chaque parution autour d’un thème, par rapport à la comptine des Trois p’tits chats. Après Marabout, ce numéro 2 est donc Bout d’ficelle, occasion inespérée pour moi d’amorcer le projet déjà évoqué bien des fois de Bobines.

    Jef Klak est bien parti, je crois :


    Jef Klak, c’est un collectif, une revue papier tous les six mois (à pagination variable), un disque de création sonore, un site Internet et un journal mural. Nous ne consacrons aucune page à la publicité et ne sommes rattachés à aucun groupe. Nous avons reçu des aides ponctuelles pour l’impression de ce numéro et sommes toutes et tous bénévoles. Jef Klak se prolongera de votre lecture, des sentiments, des discussions et des joutes qu’elle suscitera. Un collectif n’est jamais figé. Ni éternel.


    Le sommaire est cousu d’or :


    THÈME BOUT D’FICELLE (Coudre & en découdre)

    « Je lui dis des secrets et il les garde en lui »
    Quatre enfants, dix mille doudous

    Propos recueillis par Mathieu Rivat, Émilie Lebarbier, Noémi Aubry, Hélène Pujol, Bruno Thomé et Julia Zortea

    Le dernier fil de la parenté
    Colliers et bouts de tissus : signes de reconnaissance

    des enfants abandonnés à Paris au XIXe siècle
    par Guillaume Normand

    Chaussettes noires de rage
    Les premiers pas émeutiers du rock and roll français

    par Mickaël Correia

    Armé d’épingles et de glaviots
    Richard Hell : quand le punk n’était pas un uniforme

    par Émilien Bernard

    L’humide colle de veste
    Poème
    par Lou Nicollet

    « Ça, c’est de la mode socialiste ! »
    Créateurs d’État et couturières privées, s’habiller à la soviétique. Entretien avec Larissa Zakharova

    Propos recueillis par Julia Zortea et Norah Benarrosh-Orsoni

    Chronique Biographiques
    Nom : Tissé

    Édouard Kazimirovich Tissé : cinéaste pseudonyme
    par Oswaldo Rider

    « Le voile islamique est un fossile vivant
    qui se porte comme un charme »
    Histoire des régimes de visibilité dans les cultures musulmanes
    et chrétiennes. Entretien avec Bruno Nassim Aboudrar

    Propos recueillis par Raphaël Kempf

    Quelques aventures des cagoules
    La vérité sur un mouvement terroriste (un de plus !) qui fait trembler l’État ou comment devenir anarcho-autonome en 4 leçons

    Bande dessinée par Jessica Gould

    « Je cocotte, mais c’est la classe »
    Entretien avec le Bachelor, sapologiste d’élite
    et tenancier de la boutique Sape & Co

    Propos recueillis par Émilien Bernard

    Comment les artistes doivent s’habiller
    Précis de mode à l’usage des artistes en herbe

    par Roger White
    Traduit de l’anglais (US) « I like your work : art and etiquette »
    par Maxime Dargaud-Fons

    Chronique Perdu/Trouvé

    Rapport de l’élément de décor numéro 12
    Fashion week janvier 2015

    par Antoine Bérard, poète public

    Milano, guide rouge
    Mode, précarité et biosyndicats

    Reportage par Ferdinand Cazalis

    Chronique Biographiques
    Nom : Couturier

    Louis-Augustin Couturier : architecte rétrofuturiste
    par Oswaldo Rider

    L’art de bien s’habiller
    par Jesús Miguel Soto
    Nouvelle traduite de l’espagnol (Vénézuela) tirée de
    Perdidos en Frog
    par Dominique Normand et Julia Zortea

    « L’organisation du marché ne me facilitait pas la tâche »
    Récit d’un commerce de textile aventureux, du Caire à Bangkok

    par Romain André et Youssef El Khayat

    Esclaves de la mode
    Conditions de travail des ouvrières du textile

    par Albert Sales i Campos
    Traduit de l’espagnol
    par Jef Klak

    Les tailleurs de Port-au-Prince
    Portfolio : Libéralisme postcolonial et artisanat de couture

    par Leah Gordon

    King Cotton
    Fragments de l’histoire textile du capitalisme au XIXe siècle

    par Mathieu Léonard

    Sur les ruines du futur
    Contre-récit de la révolution des textiles innovants à Roubaix

    Reportage par Mickaël Correia

    Les trois « R » du Relais textile
    Recycler les vêtements, recycler les hommes, rénover le capitalisme

    Reportage par Mathieu Rivat

    Du fil à la bourre
    Nouvelle par Benoît Vincent

    « Moi, je suis venue ici, et j’ai vu c’était quoi »
    Rencontre avec une classe de CAP couture flou à Saint-Denis

    Propos recueillis par Léa Aurenty

    Jours bruts à la « S »
    Atelier textile avec des artistes handicapés mentaux

    Reportage par Marion Dumand

    À chaque boxeur sa manière de bander
    Essai littéraire par Pierre-Alexis Tchernoïvanoff

    « Si tu enlèves la notion du temps, il n’y a plus de musique »
    Entretien avec Marco Marini sur le tissu sonore

    Propos recueillis par Joëlle Kehrli et Raphaël Mouterde

    « Comme la page déchirée d’un journal intime »
    L’art du paño en prison

    Propos recueillis par Mickaël Correia

    Le vêtement comme seconde peau
    Brève biographie textile de Frida Kahlo

    par Rachel Viné-Krupa

    Mujercitos
    Portfolio : Travestis glamour dans la presse mexicaine

    par Susana Vargas Cervantès

    La fabrique de l’aérobic
    Chimie, lycra et VHS

    par Rafael Luna
    Traduction du fanzine barcelonais Clift
    par Julia Zortea

    New wave cool tendance ultra droite
    Quand Alain Soral faisait dans la dentelle

    par Jean-Baptiste Bernard

    Le mâle vulnérable
    Culture cuir et culture bear : déconstruire la « nature masculine »

    par Javier Sàez
    Traduit du catalan
    par Angelina Sevestre

    Le Remonte- couilles toulousain
    Slips chauffants et contraception masculine

    par Xavier Bonnefond et Paulin Dardel

    Chronique Contre la science-fiction
    Fashion, sex and sci-fi
    Nichons de l’espace et slips du futur

    par Patrick Imbert

    Chronique Comics Politics
    Super-slips vs Bat-masques
    Vérité et Justice VS Terreur et Sécurité

    par Bruno Thomé

    Chronique Pas perdus
    Faire son sac
    Tentative de recommandation algorithmique
    aux marcheurs sur le départ

    par Nicolas Marquet

    La saga des ficelles
    De quelques cordes qui unirent l’Europe et l’Amérique nordiques

    par Jacob Durieux

    HORS THÈME

    L’armure des journées de travail
    Nouvelle par Antoine Mouton

    Anatopées
    Portfolio

    Portfolio d’Arnaud Lesage

    Chronique L’usure des mots
    L’extensible démesure des choses
    par Zig Blanquer

    Chronique Bandes déclinées
    Topor & Gébé, Torpeur & Bédé
    Traits mêlés à l’encre de Chine

    par Marion Dumand

    Chronique Musique des entremondes
    Éloge du quatre-pistes
    King Tubby et Lee « Scratch » Perry, le gros son du ghetto

    par Bruno Le Dantec

    Je dois te dire une chose importante,
    très importante, très très importante

    par Sergio Bianchi
    Nouvelle traduite de l’italien par Serge Quadruppani

    Chronique Ciné-persistances
    « Je m’en vais lire en refilmant »
    Conversation avec Martine Rousset, cinéaste « cabane »

    Propos recueillis par Nicolas Rey

    Avant-propos sur les sociétés de ciblage
    Une brève histoire des corps schématiques

    par Grégoire Chamayou

    Chronique ANGLES MORTS
    Super pouvoir noir
    Les comics à l’épreuve du Black Power

    par Casey Alt
    Traduit de l’américain par le collectif Angles morts

    Lichens, chewing-gums
    et la petite tâche du langage là-dedans

    Essai littéraire par Adrien Bardi-Bienenstock et Prune Bécheau

    Chronique Sur la crête
    Trois jeunes garçons dans le vent contraire
    Du punk à l’édition critique

    par Paulin Dardel

    Chronique Master de création littéraire
    En Empathie
    par Sylvain Pattieu
    Alma-Lina-Laura
    par Laura Sellies
    Le jour où j’ai décapité la Sainte Vierge
    par Pauline Guillerm

    Chronique Dernière saison
    Peine de mort, J+1
    Notes sur la série TV Rectify
    par Sébastien Navarro

    Autoportrait en cagoule
    Georges Courtois, malfaiteur professionnel,
    preneur d’otage de la cour d’assises de Nantes

    Propos recueillis par Clémence Durand et Ferdinand Cazalis

    Chronique Stade critique
    D’équilibre et d’ovale
    Ruffec 15 – La Rochefoucauld 10

    par Alexis Berg

    IMAGES Bout d’ficelle

    Couverture
    Par le collectif Jef Klak

    Intérieur
    Lou Nicollet

    Couvre-feu
    François de Jonge / Super Structure

    Varese, 1977
    Baptiste Alchourroun

    Chemins
    Photogrammes du film par Martine Rousset

    Tom Reck
    Mireille Mireille

    Argobert
    Bruno Thomé & Anna Guiborat-Pujol

    Tissus d’abandon
    Aurelien Gillier

    «Sheet». Thread and clothes
    Maria Lai

    Deux blousons
    Aurélie William Levaux et Moolinex

    Richard Hell
    Lizzy Mercier Descloux

    La Veste
    Lou Nicollet

    Devantures communistes
    David Hlynsky

    Moscou 1967
    Bruno Barbey / Magnum

    Istanbul
    Emy Nassy

    Sans-titre
    Valfret

    Isä father
    Hanneriina Moisseinen

    Personnages
    Thibald Lifolff

    Milano 1
    Alexis Berg

    Milano 2
    Ferdinand Cazalis

    Ville tissu
    Camille Benarab-Lopez

    Filature de Barentin
    Barbara Pellerin

    Tanneurs de Sidi Moussa
    Bruno Barbey / Magnum

    Outburst Gaza
    Doriane Souilhol

    Ouvrières textiles au Cambodge
    Martin Barzilai / Sub.coop

    Roubaix
    Florent Grouazel

    tartan / 1.wav et unravelled dots
    Claire Williams

    CAP Couture Flou Saint-Denis
    Léa Aurenty

    Louis
    Photos par Nicolas Bomal / La S Grand atelier

    Cahiers de broderie
    Lucie Picandet

    Marco Marini, Agrigento
    Photo par Jean-Marie Châtelier

    Paños
    Collection privée Reno Leplat-Torti

    Frida
    Maud Guely

    Dépôt de tête
    Julie Jardel

    Hommage à Freud
    Michel Journiac

    Le Pisse-debout jetable
    Papier Gâchette

    Anjelica, Louredo
    La balançoire, Urdax
    Gabrielle Duplantier

    Robe de Bonneval
    Anonyme / Photographie : Philip Bernard

    Batman et Superman
    Frédéric Logez

    Histoire de la pacification sociale
    Guillaume Trouillard

    La saga des ficelles
    Yacine Gouaref & Yann Bagot

    Maquinas
    Ana Tamayo

    Sample de comics
    Samplerman

    Voyage à Tokyo
    Manu Jougla

    Laure
    Gabrielle Duplantier

    Le scooter de Popey
    Géraldine Stringer

    &

    Des nœuds dans les doigts, mon texte, est dans mon travail un texte liminaire, là encore, qui pose les bases d’une enquête intime et sociale autour de la figure paternelle, laborieux ouvrier dans une usine de textile dans un village de la Drôme.

    Tout cela aujourd’hui a disparu : l’usine démantelée, l’entreprise délocalisée, la maison familiale rasée, mon père décédé. Il y a quelques semaines, pas même un mois, je rendais les clefs à leurs propriétaires de la maison voisine où habitait encore ma mère. Je fermais la séquence d’une vie.

    Puisse ce texte ouvrir une nouvelle séquence, textuelle celle-là !

       

    Quel état j'erre ?

    Vous avez brownie le motag IV — Cahiers de médiologie chez Ambo[¡]Lati.